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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 13:49

Si vous êtes allé au cinéma dernièrement, il y a  de fortes chances que vous soyez tombés sur cette bande-annonce… sinon, petite séance de rattrapage, c'est à ne surtout pas louper (la bande-annonce, hein, pas le film) :

 

Des bandes-annonces débiles, on en voit toute l’année. Mais je ne me souviens pas avoir été autant consterné auparavant par l’une d’elles. Entre le fou rire et l’incrédulité. Abraham Lincoln chasseur de Vampires ! Tout est dans le titre. S’il avait été question d’un film de série Z, décalé et foutraque, pas de problème, l’idée, dans ce cas précis, aurait même été plutôt réjouissante. Mais non. Aucun humour dans cette bande-annonce, tout nous indique qu’il s’agit d’un film « sérieux », épique, pas d’une farce décalée malgré la présence de Tim Burton à la production.

Ce film est certes tiré d’un roman américain à succès, mais dans quel esprit malade et puéril a pu germer cette idée de faire un grand film d’action sérieux où Abraham Lincoln ferait du karaté la nuit contre des hordes de vampires, et signerait l’abolition de l’esclavage le jour ?

Du très grand n’importe quoi. C’est un peu comme si l'on se lançait dans un « Pompidou chasseur de loups-garou ». Ou « Charles de Gaulle contre les zombies ». Nous verrions le grand Charles, quelques heures après la signature des accords d’Evian, s’en aller dans la nuit pour défoncer des zombies à grands coups de pelle. Un chef-d’œuvre cinématographique, pour sûr…

Ce genre de crossover grotesque est, heureusement, pas vraiment dans les mœurs françaises, il est plus hérité d’une culture « comics » propre aux américains. Si un super-héros de cinéma (Schwarzy) peut devenir homme politique aux Etats-Unis, pourquoi pas l’inverse ? Mais ça n’excuse pas la débilité du sujet, et, surtout de son traitement. Quelle sera la prochaine étape… Kennedy chasseur de démons ? Où l’on apprendrait que Kennedy a organisé son attentat, un faux pour faire croire à sa mort et pouvoir ensuite, en toute discrétion, purger la mafia et la CIA des démons qui possédaient leurs chefs ? A l’aide d’incantations ésotériques et de son fidèle nunchaku ?

George Washington face aux extra-terrestres ? Le jour, il repoussait les anglais, et la nuit, les invasions extra-terrestres ?

George W. Bush et les zombies mutants irakiens ? N’accablez pas W. sur la guerre en Irak. Des armes de destruction massive, il y en avait vraiment, mais pas celles que l’on imagine. Saddam créait une armée de zombies mutants à l’aide de produits chimiques qu’il déversait dans les canalisations, ce qui est resté secret pour ne pas affoler la population mondiale, et George Bush Jr. himself, dans le plus grand secret, enfilait chaque soir son costume moulant en lycra siglé d’un W pour combattre héroïquement ces armées de zombies mutants.

Tout cela rejoint ce que je disais déjà dans Cinéma dépotoir, on a l’impression, plus que jamais, que le cinéma mélange et recycle n’importe quoi. Il l’a toujours un peu fait, mais ce qui est assez effrayant, c’est que ces films qui n’auraient pu être autre chose que de sympathiques et décalés films de série Z pour un public d’amateurs deviennent maintenant de « grands films d’action» qui se prennent très au sérieux. Comme si le peuple était trop con pour s’apercevoir de la crétinerie totale du sujet. Rassurez-moi, vous avez bien tous éclaté de rire en voyant cette bande-annonce ?

Jusqu’où ira-t-on… j’en frémis rien que d’y penser. Jules César contre les Transformers ? Bill Clinton et Cléopâtre ? (le grand mélo de l’été 2016, la momification de Cléopâtre a permis d’en garder des traces d’ADN, on pourra la cloner et elle vivra une grande et belle histoire d’amour avec Bill) et sa fameuse suite (pour automne 2018) Hillary vs Cléopâtre ? Mitterrand et l’attaque des grands requins blancs ? Churchill chevalier Jedi ? Hitler contre Goldorak ? François Ier et les robots martiensRoosevelt, Kung-Fu master ?

Toutes ces idées-là, on les a normalement au cours de soirées très très arrosées. Mais le lendemain, on se réveille en disant « putain, qu’est-ce que j’ai pu raconter comme conneries », pas « ça y est, je la tiens l’idée géniale pour faire un grand film ». A moins de n’avoir pas évolué depuis ses 12 ans… ce qui semble être le cas depuis un moment pour un peu trop de réalisateurs… En même temps, de la part d'une industrie qui a été capable de donner le nom du génial Ludwig à un stupide clébard, plus rien ne m'étonne vraiment... 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 22:46

L’été, les blogs sont désertés... l’occasion de faire passer en douce quelques vieux tubes honteux.

En écoutant le dernier De La Soul, First Serve, un morceau a particulièrement attiré mon attention, Move’em In, Move’em Out. Non pas qu’il soit particulièrement réussi, mais il me disait quelque chose…

De la Soul - Move’em In, Move’em Out

 

 

J’aurais vraiment aimé vous dire que j’ai cherché de longues heures avant de tomber sur « l’original »… mais non, il n’était pas si loin dans ma mémoire, j’ai assez rapidement retrouvé ce morceau que j’aimais beaucoup à l’époque (j’étais très jeune, hein), Feel The Heat de Jean Beauvoir. Pas un des plus gros tubes des années 80, mais il a eu une certaine notoriété, d’autant plus qu’il accompagnait la sortie du Cobra de Stallone (on est là encore dans des références prestigieuses).

Ecoutez le riff d’accompagnement de Move’em In, Move’em Out, puis celui du couplet de Feel The Heat, c’est quasiment la même chose.

 

Je trouvais à l’époque le refrain un peu décevant, mais j’adorais le couplet (cet accompagnement, plus les notes de synthé un peu « fausses » et assez originales, à partir de 0’45). Et sur quels intervalles se font cet accompagnement ? Toujours cette satanée sixte qui m’obsède, et qui me fait vraiment aimer n'importe quoi. La quinte de l’accord qui monte sur la sixte, ce qui donne chez Jean Beauvoir un enchaînement Am-F (chez De La Soul, on n’est pas en la mineur mais en fa mineur).   

Peut-on affirmer que De La Soul a pompé cet accompagnement et ainsi parler de plagiat ? Oui et non. Si Jean Beauvoir attaquait en justice, ça m’étonnerait qu’il puisse faire valoir ses droits. Il y a pourtant bien 4 mesures (on parle de plagiat lorsqu’on a au moins 4 mesures identiques), mais ce n’est pas la mélodie qui est « plagiée », c’est l’accompagnement. Une suite d’accord identique à une autre n’est en général pas considérée comme du plagiat, encore heureux, vu les nombreuses suites d’accords qui ont été utilisées dans des milliers de morceaux (telle la grille de blues en 12 mesures).

Mais ici, en plus des notes du riff, et même si le tempo n’est pas tout à fait le même (il est un peu plus rapide chez De La Soul), le rythme est vraiment identique (et il y a aussi une similitude dans le son, et la basse), ce qui me laisse à penser qu’il y a forcément une influence directe. Enfin, l’essentiel, c’est que De la Soul n’a pas copié le look de Jean Beauvoir… ça, ce serait vraiment criminel.    

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 18:51

Ce n’est pas la question première lorsqu’on se lance dans la composition d’un album, mais ça reste le « nerf de la guerre », une question que l’on se pose forcément à un moment ou à un autre, surtout en cette époque où la distribution de la musique a été révolutionnée par le net.

Avant, la situation était assez claire, pour faire écouter sa musique en dehors de son petit cercle de proches et de concerts dans sa région, il fallait trouver un label. Une fois le bon label trouvé, on s’en remettait à lui pour tout ce qui touche à la rémunération, avec très peu (voire pas du tout) de marge de manœuvre pour l’artiste sur cette question. Maintenant, les choses sont à la fois plus compliquées et plus excitantes : il est tout à fait possible pour un artiste de faire écouter sa musique (et de la vendre) a un nombre de personnes assez conséquent grâce au net, sans passer par une maison de disques et un producteur. Bien sûr, il sera très difficile de toucher un très grand nombre de personnes, noyées dans la masse des sorties de disques, et sans les réseaux de distribution et promotion des labels. Le prix de la liberté...

La diffusion

Il serait plutôt amusant que le grand défenseur du téléchargement que je suis ici depuis des années, lorsqu’il sort enfin son album, vire de bord et veuille en interdire l’écoute gratuite tout en s’inscrivant à la SACEM (l'album sera sous licence Creative Commons) et en pourchassant les salopards qui se l’échangeront « illégalement ». Amusant, mais je continue de placer l’art et la culture avant le business, et il me reste suffisamment de morale pour ne pas tomber dans ce travers. L’album sera en écoute intégrale libre et gratuite, je ne comprends même pas comment il pourrait en être autrement au XXI° siècle. Je préfère gagner moins en étant écouté par plus de monde que l’inverse. Ce qui me semble aller de soi pour tout artiste qui se respecte, et pour tout artiste pour lequel une œuvre n’est pas une marchandise lambda. Pour autant, je ne fais pas de la musique seulement par amour de l’art, je rêve évidemment d’en vivre… ou, au moins, d’en tirer quelques bénéfices matériels, comme tout musicien. Il m’a fallu tout de même des mois de travail pour arriver à terminer cet album (j’ai tous les morceaux, il ne me manque qu’à les peaufiner).

Le juste prix d’un album

Vous pourrez écouter mon album ici (et sur grooveshark, soundcloud etc.), mais vous avez aussi le droit de l’acheter ! Je ne connais pas grand-chose à tout ce qui concerne la fabrication d’un support CD, mais je compte tout de même m’y intéresser pour avoir au moins une cinquantaine de CD avec pochette cartonnée pour commencer. Les vendre à quel prix ? 10 euros me semble correct, sachant qu’il y aura autour de 2 euros de frais de port.

Quel prix pour l’album en format numérique ? 5 euros est à mon sens le maximum. Je trouve scandaleux que l’industrie vende des albums en bête format numérique à 10 euros. Vous n’avez absolument rien de matériel, vous ne disposez d’aucun droit sur la musique que vous achetez, juste celui de l’écouter comme on pouvait écouter dans les années 80 un titre enregistré à la radio sur une K7, tout ça ne vaut pas à mon sens 10 euros. Dans l’absolu, 3 euros serait un prix raisonnable… mais la liberté que nous donne le net permet d’être très souple. A chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. Si l’album vous plaît vraiment et que vous ne galérez pas à chaque fin de mois pour régler vos factures et remplir votre frigo, 5 euros est un prix acceptable. Sinon, 3 euros, voire même 1 euro symbolique. En fait, je pense que pour de la musique numérique, chacun devrait pouvoir payer comme il l’entend. Qu’un étudiant ou un chômeur obligé de racler les fonds de tiroir pour se faire de temps en temps une séance de cinéma ne me file qu’un euro pour l’album en numérique, aucun problème, je le remercie même sincèrement d’avoir accepté d’acheter mon album malgré sa situation difficile…

Maintenant, si vous avez du pognon à ne plus savoir qu’en faire, vous pouvez aussi, pour me soutenir, acheter l’album plus cher, 7 euros en numérique, 10 euros, 20 euros, 100 euros, 1000 euros, 10 000 euros (faut que j’arrête de fantasmer). Car plus je gagnerai d’argent avec cet album, plus je pourrais me consacrer – dans l’idéal à temps plein (je continue de fantasmer) - aux suivants, me payer de meilleurs logiciels et outils et sortir des albums bien meilleurs que ce « premier jet ». Il me faudrait penser à un système de mécénat qui permette à ceux qui veulent « investir » sur ma musique d’être récompensés d’une manière ou d’une autre (en tout bien tout honneur), d’avoir accès plus rapidement à mes nouveaux morceaux, de pouvoir interagir avec moi pour parler des directions musicales que je pourrais prendre etc. Je parle bien de mécénat, système qui me semble au fond plus digne que celui de simple « producteur », le but n’étant pas pour le donateur de gagner du pognon avec un potentiel commercial qu’ils auraient pu déceler dans l’œuvre d’un autre, mais de soutenir un « potentiel artistique » qu’ils apprécient.  

Demander la charité ?

Une petite chose me gêne sur le sujet : le fait que tous ceux que je fréquente depuis des années sur mon blog se sentent obligés d’acheter mon album. Rassurez-vous je ne demande pas la charité, et si ce que je compose ne vous touche pas plus que ça : n’achetez surtout pas mon album ! Soyez sûrs que je ne vous en voudrais pas… Et si vous aimez bien l’album, ne vous forcez pas à l’acheter en CD ou à me filer 5 euros pour du numérique, je serais déjà très satisfait de savoir qu’il vous a plu et que vous déboursiez 1, 2, 3 ou 4 euros… le plus important, pour ceux qui ont un blog, étant surtout que vous en parliez sur le net pour le faire découvrir à d’autres si vous pensez qu’il le mérite…

Bref, à chacun de faire comme il l’entend, c’est le gros avantage de ne pas passer par les carcans des maisons de disques.

Comme de nombreux défenseurs de l’accès libre et gratuit aux œuvres sur le net, j’ai souvent utilisé l’argument « un musicien doit surtout gagner sa vie par des concerts »… sauf que ça ne peut pas vraiment s’appliquer à mon cas. De la musique électro instrumentale qui n’est en rien faite pour la danse, par un type qui n’utilise pas de platines et qui fait tout sur son pc, c’est d’un intérêt extrêmement limité en live. Que voulez-vous que je fasse sur une scène ? Je débarque avec mon pc, je clique sur l’album, je m’assois derrière une chaise pendant une heure, et j’attends que ça passe en consultant mes mails. Ou en lisant un bon bouquin. Ou en rédigeant un article pour mon blog. Voire en écoutant sur mon ipod un autre album… M’étonnerait que ça embrase les foules. Pas question d’apporter ma guitare et de jouer par-dessus, un guitariste qui improvise sur des bandes enregistrées, jamais je ne pourrais aller voir ça et encore moins l’infliger à qui que ce soit. Voilà aussi pourquoi je tenais à un article sur cette question, la vente de mon album est bien le seul moyen à ma disposition pour tirer quelques bénéfices de ces mois de travail…

Un artiste doit-il forcément être rémunéré pour le temps qu’il passe sur son œuvre ? Non, bien sûr, la rémunération d’une création ne fonctionne pas comme cela. C’est au public de disposer, de voir s’il estime que cette œuvre peut lui apporter suffisamment pour qu’il rétribue en échange l’auteur. Un point que les adversaires du téléchargement illégal oublient trop souvent : on ne paie pas un créateur pour son temps de travail, mais pour ce que son œuvre peut nous apporter. Si elle ne nous apporte pas grand-chose, si elle a été aussi vite écoutée qu’oubliée, si on s’en lasse dès la 3° écoute, je ne vois pas de raison de payer (ou faire payer) un centime.

Je suis loin d’être totalement satisfait de mon album, même si je continue à l’arranger et faire tout ce que je peux pour qu’il soit le meilleur possible, je suis limité par le logiciel que j’utilise. Un bon logiciel, mais incomplet, il y a beaucoup de choses que j’aurais aimé faire, des sons et instruments que j’aurais voulu ajouter ou perfectionner, mais je n’ai pas le matériel qu’il faut pour. Ce qui est somme toute normal. Après tout, un musicien n’a pas besoin d’avoir à sa disposition tout pour créer précisément la grande œuvre qu’il ambitionne… si vous avez du talent pour composer de bonnes chansons, un quatre-pistes, votre guitare et une voix suffisent à le prouver, à intéresser le public et des producteurs, et si c’est bien le cas, vous aurez rapidement des moyens pour intégrer sur un prochain album les arrangements sophistiqués dont vous rêvez. Si l’on n’est pas capable de s’adapter, de composer déjà de bons morceaux avec des moyens limités, peu de chance qu’on fasse beaucoup mieux avec de plus gros moyens.  

Il peut sembler un peu présomptueux de ma part de vous livrer un article sur la rémunération de mon album alors qu’il n’est pas encore terminé - et que rien ne dit que quiconque ait envie de l’acheter – mais, au-delà de mon cas personnel, ce dont il est surtout question ici, c’est avant tout d’ une conception de la distribution et de la rémunération de la musique qui est la mienne depuis de nombreuses années, et qui ne va pas changer maintenant que je passe de l’autre côté du miroir (encore heureux). 

En résumé :

Album en écoute intégrale libre et gratuite.

CD à 10 euros

Version numérique à 5 euros, mais possibilité de donner ce que l’on veut, selon ses moyens et l’intérêt qu’on porte à l’album, à partir de 1 euro. Possibilité dans tous les cas de choisir le format qui vous convient (FLAC, MP3, WAV etc.)

Pour ceux qui ont de l’argent à claquer et qui tiennent à me soutenir, je sortirais peut-être une version « collector » à 20 euros. Mais ne la prenez pas juste pour me faire plaisir…

Voilà ce qui me semble à peu près correct en 2012. Maintenant, reste plus qu’à sortir un album qui mérite d’être acheté…

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