Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Recherche

Playlist 2020

Classements d'albums

11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 17:54

Quoi de commun entre Batman et Debussy ? A priori, rien. Pourtant, en me replongeant dans l’œuvre géniale de Debussy pour une playlist en illustration d’un article à venir, la similitude entre un thème de La Sarabande de Debussy (du recueil Pour le Piano) et un thème de The Dark Knight (que j’ai passé pas mal de temps à écouter il y a un peu plus d’un mois pour l’article qui lui a été consacré) m’a sauté aux oreilles. Je savais que j’avais déjà entendu ce thème quelque part, mais je ne me doutais absolument pas que c’était chez Debussy. Et pour cause, Hans Zimmer fait sonner ce thème de manière très romantique, alors que Debussy est, avec Satie, un des tous premiers compositeurs à être non seulement « sorti » de l’esthétique romantique, mais à avoir composé « en réaction » contre le romantisme. Voilà pourquoi ce thème, tel qu’il est orchestré par Hans Zimmer (et/ou James Newton Howard), fait plus penser à du Brahms, du Bruckner ou du (Richard) Strauss qu’à du Debussy.  

 

Ce thème apparaît une première fois à 0'35 :

 

 

Harvey Two-Face (The Dark Knight) A 5'14

 

 

Certains puristes pourraient bondir deux fois, non seulement parce que Zimmer « ose » pomper sur Debussy (je n’ai pas l’album de la BO de The Dark Knight, je n’ai pu donc vérifier dans les crédits, mais ça m’étonnerait fort qu’il le cite), mais, en plus, parce qu’il le « romantise », à contre-sens de l’esthétique impressionniste.

Pour ma part ça ne me dérange pas tant que ça. Tout d’abord parce que la musique, comme je l’ai souvent écrit ici (et ce pourquoi je supporte difficilement les mensonges de l’industrie du disque sur le téléchargement), ça circule : thèmes, rythmes, harmonies, sons ; les musiciens ne cessent d'emprunter les uns aux autres. Ce qui m’a tout de même toujours vraiment dérangé dans le plagiat en musique, ce n’est pas qu’un compositeur « vole » une mélodie à un autre pour se faire du pognon sans rétribuer l’auteur, c’est plutôt l’aveu de manque d’inspiration que son acte suggère (sauf dans le cas d’une citation, sous forme de clin d’œil). Le compositeur n’a pas été foutu de trouver un bon thème pour tel passage, donc il va en piquer un ailleurs. Ensuite, Debussy lui-même, comme bon nombre de grands génies de la musique, a « emprunté » des thèmes à d’autres compositeurs. Un peu avant la Sarabande, je réécoutais le magnifique Rêverie dont un bref passage est une descente wagnérienne typique (sous forme de marche harmonique), mix entre les Maîtres Chanteurs et Parsifal :

Rêverie

1’38 à 1'53

 

 

Ouverture des Maîtres Chanteurs de Wagner

Une première fois à 0'14, et on la retrouve tout au long de la pièce :

 

Certes, Zimmer / Newton Howard ont « romantisé » Debussy à grands coups de violons, mais Debussy lui-même « impressionnise » (oui, je sais, pas terrible, comme néologisme) Wagner en virant les envolées lyriques de cordes ou cuivres imposants des Maîtres Chanteurs et Parsifal pour les remplacer par un piano délicat. D’une certaine manière, la boucle est bouclée… même si, bien évidemment, malgré leur talent et leur musicalité, Zimmer / Newton Howard ne sont pas à mettre sur le même plan que des génies de la musique de la stature de Debussy ou Wagner.

Sans transition aucune, et, surtout, loin de considérations sur les « génies de la musique », mais garanti sans aucun thème ou motif pompé, je profite de cet article pour vous annoncer la sortie mondiale, nationale, régionale, communale… bref, la sortie ici de mon album, dans très peu de temps. Demain, si tout va bien... sinon, avant la fin de la semaine…

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 12:40

Je n’ai pas l’angoisse de la page blanche lorsque je compose, car même s’il m’arrive de buter sur certains passages, mon problème est plutôt de trouver la bonne direction face à différents choix, différentes possibilités pour faire évoluer un morceau, une mélodie, un rythme, une harmonie, que de trouver des idées (après, qu’elles plaisent ou non, c’est un autre débat, et je vais être vite fixé). En revanche, s’il est une chose qui me pose véritablement problème, ce sont les noms. J’ai toujours eu un problème avec les titres, je n’arrive à en trouver que  de manière laborieuse, et ne suis que très rarement satisfait (sur les 9 morceaux de mon album, il n’y a que 2 noms que je trouve pas mal). Pire encore que de trouver des titres… trouver un nom d’artiste ! Voilà maintenant 3 jours que j’en recherche un, et de manière intensive. L’occasion, après ces 3 jours de prise de tête, de se détendre avec un petit article sur les pièges à éviter lorsque l’on choisit son nom de groupe.

Le net est bien sûr totalement incontournable quand on se lance dans la musique, c’est lui qui vous permettra de grandir… ou pas. Et c’est donc un élément à prendre très sérieusement en compte pour le choix du nom de groupe.   

1.      Eviter les noms à rallonge et les noms compliqués

L’époque est à la vitesse de la recherche d’information. Plus votre nom sera long et compliqué, plus vous refroidirez ceux qui auraient pu vouloir faire une petite recherche sur vous, ou qui vous auraient bien cité dans une liste de groupes à écouter sur un blog ou un forum mais ne le font pas car ils ne sont plus sûrs du nom, ou ont tout simplement la flemme de l’écrire en entier. Eviter aussi les noms dont l’orthographe est compliquée, car ceux qui ne sont pas bons en anglais (dans le cas le plus fréquent d’un nom anglais) risquent de se tromper en faisant une recherche google, de ne pas vous trouver, et de ne pas insister. Les noms dont on ne sait jamais trop s’il y a un ou deux « l », « n », « r » ou « m », par exemple, ceux dont on ne sait plus s’il y a un « i » ou un « y », ceux dont on n’est pas sûr de l’endroit où est placé le « h »...

The Craziest Rhetorical Dysfunctions of Lacanian Psychoanalysis, sûr que c’est pas banal comme nom de groupe, mais certains seront découragés rien qu’à l’idée de le lire en entier… Ne parlons même pas d’exemples encore plus extrêmes, tel le nom le plus long de la langue anglaise : Pneumonoultramicroscopicsilicovolcanoconiosis.

Ou, dans une démarche radicalement anti-commerciale, le mot plus long de l’histoire, inventé par Aristophane dans l’une de ses pièces :

Lopado­temakho­selakho­galeo­kranio­leipsano­drim­ypo­trimmato­silphio­karabo­melito­katakekhy­meno­kikhl­epi­kossypho­phatto­perister­alektryon­opto­kephallio­kigklo­peleio­lagōio­siraio­baphē­tragano­pterýgōn

 

(Il s’agit du nom d’un plat, qui combine ses différents ingrédients)

 

Le net a changé la donne, certes, mais le bouche à oreille fonctionne toujours, les individus ont besoin de partager leurs goûts lors de discussions, de s’échanger des conseils sur les groupes à écouter… c’est aussi pour cela que les noms compliqués sont de gros handicaps, notamment lorsque leur prononciation n’est pas évidente (Theoretical, hypothesized, deinstitutionalization etc.) Plutôt que de citer votre groupe dans une discussion sur les groupes intéressants du moment et de risquer de passer pour un con ou d’avoir à répéter 5 fois le nom, on en citera d’autres…  En particulier pour des noms inventés : Grdzall, Aeegkoifr, Fdrg42atilppp. Vous ne risquez pas d’entrer en concurrence avec des groupes qui auraient le même nom, c’est toujours ça de pris, mais vous découragerez bon nombre d’auditeurs potentiels. Regardez la plupart des groupes célèbres, leurs noms sont quasiment toujours relativement simples. A écrire, comme à prononcer et à orthographier.

 

Les noms avec des caractères spéciaux, des accents originaux, dont on ne sait jamais vraiment ni comment ça se prononce, ni comment ça s’écrit, sont un léger frein à ce que votre musique soit à la fois discutée et trouvée sur le net. Un léger frein ou un frein rédhibitoire dans des cas extrêmes, genre :

 

Sd ?fôfçëf^sc^dfkïsd$fe//ôfkq§dxc_zà%g^dg

 

Bref, essayez, autant que possible, de rester simple.

 

2.      Originalité

La simplicité, oui, mais il faut tout de même une certaine originalité. Pensez à ceux qui veulent écouter votre musique sur youtube, deezer, vous chercher sur le web, et qui risquent aussi de se décourager si votre nom renvoie à des milliers d’autres références au milieu desquelles il sera très difficile de vous trouver, surtout à vos débuts, là où vous avez le plus besoin de vous faire connaître.

Des noms du genre News, Girl, Lost, Apple, Football, Sex, Fire, Summer, John, Man, Woman, Game, Sport, Barack, Monroe, GT, White, Black, Life, ou les nombres sont évidemment à proscrire.

A la limite, celui qui connaît le nom de votre album pourra toujours vous retrouver… encore faut-il que le nom d’album le permette. Ce qui ne sera pas le cas avec :

Football – Sports

Girl – Love

Apple – 1

White - White

John - Smith

Même principe avec des noms composés. Difficile de découvrir votre musique sur deezer, spotify & co si vous vous appelez « Love You », «Day After » ou « Sonata 3 ».

Si vous tenez à un mot très employé, la meilleure solution est de l’orthographier différemment, en général en redoublant une lettre, ou en changeant un « i » par un « y », en ajoutant un « h » muet (par exemple : Exxile, Exyle, etc.). Sinon, pour un nom composé, lier les mots : Strangedays, RedEyes, Fastride etc.

Encore faut-il que le moteur de recherche ne corrige pas automatiquement, et, dans le cas de mots liés, qu’ils ne soient pas trop long et compliqués. RedEyes, ça marche, Uninterestedsparrowhawk (l’épervier indifférent), non.   

3.      Les noms ironiques ou humoristiques

Souvent une fausse bonne idée. Le genre de nom qui vous amuse un temps, mais que vous risquez de vite regretter.  Car trouver un nom pour son groupe est bien plus important que ce que certains imaginent, c’est le nom que les cerveaux des auditeurs associeront à votre musique chaque fois qu’ils l’entendront… Cette association est cruciale, elle conditionne l’écoute de la musique. Une même chanson, composée par un groupe qui s’appellerait « Wide Ocean » ne sera pas perçue de la même manière si le groupe s’appelle « Petit Furoncle ».  Et à une époque où l’on se retrouve si souvent face à des listes de groupe, il faut que votre nom soit prometteur, donne envie que l’on s’y arrête et fasse un minimum rêver. Tomber sur « Petit Furoncle », c’est drôle, mais c’est tout, peu de chances que ça donne envie de se plonger dans votre musique.

Le groupe « Housse de racket » (celui-là existe vraiment) trouve peut-être son nom marrant, mais s’ils décident de donner plus de gravité et de profondeur à leur musique, ils buteront toujours sur des gens qui ne pourront jamais les prendre au sérieux avec un nom pareil.

En général, lorsqu’on cherche un nom de groupe, on commence par essayer d’en trouver un qui ait de la gueule, qui marque… et l’on se rend compte que tous ceux auxquels on pense sont déjà pris. La 2° phase est de penser à des noms plus distanciés, marrants… 2° phase qu’il faut passer rapidement, sous peine de le regretter amèrement. Un nom de groupe, il faut aussi pouvoir l’assumer dans la vie réelle. Ayons une pensée émue pour tous ces musiciens de metal extrême qui, lors d’un rendez-vous avec une fille ou lors d’un entretien d’embauche, quand on leur demande le nom de leur groupe pour aller y jeter une oreille ont à répondre « Violeur de Vierges », « Morbid Putrefaction » « Auschwitz Blood » ou « Fœtus Eviscerator ».

Les noms qui prennent le contrepied du style dans lequel ils s’inscrivent sont aussi une fausse bonne idée, la plupart du temps. Un groupe de black metal qui s’appelle « Flower Power », c’est original, mais les fans du genre n’ont, dans la majorité des cas, pas du tout envie d’écouter un groupe avec un nom pareil. Et pour un jeune fan de black metal, « Flower Power », c’est un véritable repoussoir, ça ne fait pas rêver comme peut le faire… « Satanic Apocalypse ».

Un nom distancié, c’est le risque d’être écouté par des gens qui n’aimeront pas votre musique, et pas par ceux qui pourraient être intéressés.

4.      Références trop lourdes   

On se lance dans la musique avant tout parce qu’on est fan de groupes et artistes auxquels on s’identifie. Il peut être tentant et logique de choisir un nom qui s’inspire de celui de notre groupe favori… mettons : Rolling Bones, Text Pistols, Phonic Youth, Joy Diversion, Blurp, Death can Dance. C’est amusant au premier abord, mais c’est une très mauvaise idée. Parce qu’on attend toujours d’un groupe ou d’un artiste qu’il ait un style, une personnalité. Et un groupe qui ferait référence à un autre donnera toujours l’impression d’être « écrasé » par cette référence, de n’être qu’une mauvaise copie, ou un groupe rigolard anecdotique.

En revanche, chercher des références du côté d’autres arts est plutôt une bonne idée… à ne pas mélanger avec une référence musicale non plus : Blue Velvet Underground, c’est pas vraiment mieux.

Bien entendu, prendre pour nom celui d’un film ou d’un roman trop célèbre est déconseillé, se poseront les mêmes problèmes de vous trouver sur le web au milieu de tant de références à l’œuvre originale. Optez plutôt pour le nom d’un personnage ou d’un lieu de ce film/roman.

5.      Initiales

Si vous choisissez un nom relativement long et/ou composé, attention aux initiales. Les internautes sont fainéants, dès qu’ils le peuvent, dès qu’une discussion se prolonge sur un blog, un forum, ils réduisent le nom à ses initiales. Un groupe pop qui s’appelle Shiny Summer, c’est mignon, les initiales le sont moins. Rajouter un A pour faire « A Shiny Summer », c’est pas une bonne idée non plus. Worldwide Celebration, ça a de l’ampleur, pas les initiales. Autres exemples :

Never Underestimate Life

Born In The East

He Is The Last Estimated Republican

Come Over Now

Pain Dealer

New And Stylish Emperor

Do As U Become Experienced (un peu tiré par les cheveux…)

Soon He Is There

6.      L’emphase et le trivial

La musique, c’est de l’abstrait. Mais nous sommes des êtres rationnels, nous avons besoin de créer des associations et trouver du sens. Les principaux éléments extérieurs qui nous permettront d’associer un sens à une musique sont : le nom du groupe, de l’album, du morceau, le visuel de la pochette (et, bien entendu, les paroles dans le cas de chansons et musiques vocales). Un nom de groupe trop trivial ou dérisoire, qui peut partir d’une bonne intention (celle de jouer la carte de la modestie, de montrer qu’on ne se prend pas trop au sérieux), aura pour effet de rendre votre musique plus insipide qu’elle ne l’est réellement. Ex. : Endive, Pickles (cornichons), Toothbrush, Pizza, Dish Washer (lave-vaisselle), Pruneau, Débouche-évier, Comptable.  

Eviter si possible les légumes (voire la nourriture en général), les objets du quotidien, le monde du travail… visualiser un cornichon ou une agrafeuse, ça ne fait pas rêver… mais c’est toujours possible, dans le cas, par exemple, de groupes dont l’esthétique est fondamentalement terre-à-terre, décalée, et opposée à toute forme de grandiloquence.

Du point de vue des sonorités, éviter celles qui donnent à votre nom un côté un peu « riquiqui » ou enfantin… comme rikiki… ou Pupil, Mini, Bubu etc.

Il faut toujours mieux chercher à donner une certaine ampleur… sans tomber dans l’excès inverse, l’emphase. Lorsqu’on est jeune et plein d’ambitions et d’idéaux, on a tendance à vouloir en faire trop. Mais là aussi, faut pouvoir assumer. « Master of Dreams », « Pure Power », « Gods of Night », « Dark Lords », « Cosmic Energy », c’est définitivement trop pompeux. A moins de jouer du metal, ou d’oser y aller à fond dans l’ego-trip rap.

 

Bien entendu, chacun peut bien faire ce qu’il veut, cet article est surtout prétexte à imaginer des noms de groupes stupides. Le plus important est que votre nom vous inspire. Mais si vous pouvez éviter des noms qui vous créeront quelques handicaps, c’est encore mieux.

Après tous ces conseils et ces 3 jours de recherche, vous devez vous dire « il a dû se trouver un super nom d’artiste »… même pas !

J’ai tout d’abord pensé à Wanderen, car je suis très attaché au mythe du Wanderer, belle métaphore de l’artiste comme de ce que peut être la musique, et qui s’accorde particulièrement bien à ma manière de composer (errer sans ne jamais trop savoir où je vais). Mais Wanderer, c’est trop usité (c’est même le titre d’un album de U2). Wanderen (ou wandrian) est déjà plus original, mais c’est du vieil anglais, et ce n’est pas idéal pour de l’électro.

Dans un 2° temps, j’ai tenté d’inventer un nom, mais n’ai rien trouvé qui me satisfasse vraiment. Et lorsqu’ils me semblaient pas mal, ça renvoyait à des conneries lorsque je vérifiais leur utilisation sur le web (genre un type qui avait ce pseudo assez poétique… mais qui mettait des vidéos de ses exhibitions !)

J’ai ensuite épluché le wikipedia anglais pour trouver des noms liés à la théorie des cordes, théorie scientifique qui m’intéresse beaucoup pour son lien avec la musique (notre univers serait moins basé sur les particules que sur la vibration de « cordes »). D’autant plus pertinent que j’ai tendance à mettre des cordes un peu partout dans ma musique… mais je n’ai pas trouvé de nom qui, à la fois, sonne bien et m’évoque quelque chose qui m’inspire.

Plus tard, j’ai pensé au nom, d’origine hollandaise, de ma mère… Winter. En fait, c’est De Winter, mais lorsque vous tapez « De Winter » sur google, ça vous renvoie en première page sur « Filip Dewinter », célèbre membre du parti d’extrême-droite flamand. Entre Winter qui renvoie à une des pires chanteuses de ces 50 dernières années, et Dewinter qui renvoie à un homme politique d’extrême-droite (rassurez-vous, je n’ai aucun lien de parenté avec l’un ou l’autre), ça partait mal. Pourtant, j’adore le nom « Winter », qui correspond bien à ma musique, qui se veut particulièrement « froide ». Winter est trop courant, il fallait l’associer avec un autre terme, ou en modifier l’orthographe, mais je n’ai rien trouvé de convaincant, ou qui ne renvoie pas à d’autres groupes (en particulier des groupes metal qui, évidemment, sont aussi fascinés par l’hiver… et, curieusement, je n’ai aucune envie d’être confondu avec un groupe metal).

Tant pis pour Winter, mais j’ai continué de chercher des noms en rapport avec le froid… par exemple en m’intéressant aux régions et villes d’Alaska (j’aime bien le nom Alaska, mais trop courant lui aussi). Rien qui m’accroche. Puis je suis passé à la Norvège. Et là, je tombe sur un nom que j’avais « inventé » quelques jours auparavant, et qui s’avère être une région de Norvège. J’en avais marre de chercher, j’ai pris ça comme un signe, et j’ai donc opté pour ce nom : Akland. J’y étais arrivé car j’aime particulièrement les sonorités anglaises de Lake et Land. J’étais parti à un moment de Lakeland pour passer à Lakland – et Leland, Twin Peaks oblige – puis Akeland et arriver à Akland. Pas un nom génial, je l’avais d’ailleurs laissé tomber, mais, finalement, il ne sonne pas si mal, il est simple, et je n’en peux plus de chercher, donc ce sera Akland. Et je ne suis même pas au bout de mes peines, il me reste encore à trouver un nom d’album…  

Partager cet article
Repost0
20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 21:59

(Un article pour développer un peu plus les quelques trucs que j'ai dit dans l'interview du doc sur Arte)

Le rock, c’est la révolte contre la société, et plus particulièrement le rejet de la société de consommation. Le mouvement hippie en est d'ailleurs une des meilleures illustrations. Voilà ce que pensent beaucoup d’amateurs de rock. Et pourtant, la réalité en est loin.

Comme j'aime à le rappeler, le rock est né en même temps que McDo et Disneyland. Dans le même état d’esprit « jeunisme et consommation ». Une société riche, des jeunes qui se retrouvent avec un véritable pouvoir d’achat et deviennent le nouvel Eldorado des businessmen. Une musique accrocheuse, simple, efficace, énergique, attrayante, ludique avec un côté sulfureux et transgressif ; une musique idéale pour provoquer l’engouement de la jeunesse.

Le mode de vie rock’n’roll, a priori, entre en conflit avec la bonne marche de la société, et de la société de consommation. Trop d’excès, de fête, d’insouciance, de plaisirs divers et variés nuit sérieusement à la productivité des individus. Alcool + fête + stupéfiants + sexe n’est sûrement pas la bonne alchimie pour, le lendemain matin, être frais, précis, réactif et efficace au boulot. Pourtant, ce mode de vie rock’n’roll est lui-même une conséquence des injonctions de la société de consommation. Mieux, il en est une forme d’aboutissement.

Le mot d’ordre de nos sociétés de consommation, c’est « consommez plus pour avoir plus de plaisir immédiat ». Les valeurs des siècles précédents et la promesse d’un paradis après une vie de souffrance, à quoi bon, si l’on peut trouver ici-bas cet Eden. La félicité suprême est dans la consommation, la pub vous le martèle. Quelques gouttes de parfum, de soda ou de café, et vous voilà transporté dans un océan de plaisir. Procurez-vous telle nouvelle technologie, votre vie ne sera plus que paix et harmonie. Consommez notre pizza surgelée ou notre soupe industrielle, c’est l’orgasme assuré.

Le rock n’est pas le cancre de cette société de consommation, il en est l’élève le plus zélé. Apologie du plaisir intense, immédiat et répété. Ce qu’il rejette, ce n’est pas la société de consommation, mais plutôt ses garde-fous. Il s’agit moins de se libérer de la société de consommation, du loisir et du plaisir que de libérer la consommation, le loisir et le plaisir. Conséquence, peut-être en partie, de ce nouveau pouvoir d’achat d’une jeunesse qui se le voit offert par les parents, et le considère non pas comme la récompense d’un dur labeur, mais comme un dû…

Le problème, c’est qu’à un moment, faut faire un choix. On ne peut être dans la consommation et le plaisir perpétuels, puisque le travail et les sacrifices quotidiens sont nécessaires pour se payer cette consommation. A moins… de devenir une rock-star. Ce qui fascine la jeunesse chez les rock-stars, ce n’est pas seulement que ces nouvelles icônes dérangent la société, mais aussi, de manière schizophrénique, qu’elles en profitent à plein, une forme d’excroissance ultime de la société de consommation. Jouir sans entraves. Un mode de vie excitant, bohême, apparemment libre, pas besoin de se lever tous les matins à 6h30 pour pointer à l’usine ou au bureau, mais une vie de sensations fortes, de musique, de plaisir, d’argent facile et de consommation effrénée. Sex & drugs & rock'n'roll. Les héros des temps modernes ne risquent pas leur vie en prenant les armes pour aller combattre l’injustice, ils sautent sur scène, hurlent dans un micro, grattent une guitare, font défiler des hordes de groupies dans leur chambre, composent des musiques sur 3 accords et ramassent la monnaie.

L’importance de la spiritualité et l’intérêt pour le bouddhisme du mouvement hippie pourrait laisser à penser que, dans la seconde moitié des années 60, le rock veut en finir avec la frivolité, la consommation, le plaisir facile… il n’en est rien. Car le bouddhisme des hippies et rockeurs des 60’s est, par bien des côtés, à l’opposé de la véritable philosophie bouddhiste qui, elle, est réellement dans une toute autre logique que celle de la consommation.

Rock vs bouddhisme :

Dérèglement des sens vs conscience extrême.

Excitation, transe, révolte et frénésie vs paix intérieure, calme et harmonie 

Sublimation de l’ego vs destruction de l’ego

Plaisir immédiat, intense, rapide et facile vs travail permanent et monotone pour se libérer de l’emprise des désirs

Les solos incandescents d’Hendrix, les mélodies si plaisantes des Beatles, les coups de grosse caisse de John Bonham et les poses et la frime de toutes les rock-stars sont insolubles dans le bouddhisme… rock et bouddhisme sont deux mots qui vont très mal ensemble, très mal ensemble. Aussi antinomiques que « rock chrétien » ou « rock islamique » (tout comme « rap islamique », mais c’est un autre sujet…) Rock et bouddhisme, c’est surtout l’histoire d’un malentendu. Des hippies s’imaginant que le bouddhisme pourrait leur permettre rapidement d’atteindre le même état et les mêmes plaisirs que sous LSD, sans LSD. Le bouddhisme comme stade ultime de la consommation, celui où l’on supprime les phases de frustration, d’attente entre les périodes d’assouvissement du désir : on ne baigne plus que dans le plaisir. Mais, bien entendu, tout ça est très loin du bouddhisme. Là où le bouddhisme se propose d’annihiler l’ego et le désir car sources d’insatisfaction et de tensions, les rockeurs-hippies occidentaux ont voulu voir l’accès à un état qui comblerait l’ego et le désir.

Le rock ne serait donc qu’un pur produit de la société de la consommation, et pas une « transgression » ? Non, car en allant à fond dans le diktat de nos sociétés de  la consommation, il en a subverti, perverti et transgressé le fonctionnement. Ne se focalisant que sur le but (accumulation de plaisirs immédiats et faciles), sans se préoccuper des moyens (travail, effort). « We want the world and we want it Now », disait Jim Morrison. Une logique de sale gosse, au fond, donc une logique rock’n’roll…

Partager cet article
Repost0