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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 21:53

Suite à l’excellent article de Thomas sur Bon Jovi (si si), j’étais parti pour me fendre d’un long commentaire… qui est devenu un article (encore). Les vacances, la chaleur, le soleil… oublions un instant l’electronica, le classique, le jazz ou le rock underground pour se tourner vers un des genres les moins sérieux et les plus décriés qui soient : le Hard FM des années 80 !

 

Précaution avant usage : ceci n’est pas un dossier qui prétendrait à une quelconque exhaustivité, ni un article pour taper sur le genre (déjà fait), plutôt un complément, très personnel, de ce que j’écrivais sur mon « parcours musical ».

 

Le Hard FM, moi aussi je suis tombé dedans. Pas très longtemps, ni exclusivement, mais quand même. En 88-89, à 15-16 ans. A cette époque, je l’avoue, j’ai acheté la K7 d’un album de Bon Jovi : New Jersey. Mais bon, je n’ai jamais été un grand fan du groupe. Et je n’ai rien écouté de ce qu’ils ont fait après 89. J’aurais du mal, maintenant, à me repasser leurs hymnes de stades qui me séduisaient à l’adolescence (Livin’on a Prayer, Lay your Hands on me)… mais il y a tout de même un de leurs morceaux que je continue de trouver très écoutable, leur premier tube : Runaway (1984). Qui est d’ailleurs plus qu’un bon titre de Hard FM, mais un bon morceau de musique pop tout court. Des décennies après, la légère mélancolie – teintée même d’une certaine élégance – de ce titre de Bon Jovi me parle toujours (non, mettre « légère » « mélancolie » « élégance » et « Bon Jovi » dans la même phrase n’est pas un défi qu’on m’a lancé, c’est vraiment ainsi que je le ressens) :

 

 

 

(je vous épargne le clip, qui gomme absolument tout sentiment d’élégance)

 

Je n’étais pas un grand fan de Bon Jovi… en revanche, je l’ai été de Def Leppard ! Je les découvre avant Bon Jovi, avec Hysteria (1987), qui deviendra mon album favori pendant de longues (trop longues) semaines, même s’il y avait déjà bien 1/3 des morceaux qui me gonflaient (les insupportables Animal et Love and Affection, par exemple, une vraie purge…) Par pure nostalgie, je pourrais réécouter Women (mon titre favori de l’album à l’époque, le plus « sombre et heavy »), Rocket ou même le mielleux Hysteria… mais tout le reste, impossible, si c’est une madeleine, c’est une madeleine moisie, périmée depuis des décennies.

 

J’avais acheté les K7 de New Jersey de Bon Jovi, Hysteria de Def Leppard, Appetite for Destruction de Guns N’Roses… et, comme je l’ai déjà évoqué par ailleurs, je pensais vraiment découvrir des groupes limite underground (je n’en entendais parler nulle part, je ne connaissais personne d’autre à l’école qui écoutait du hard), alors qu’il s’agissait de 3 des plus grosses ventes d’albums de la planète (surtout aux EU) de ces années. Voire de l’histoire du rock (Hysteria s’est vendu à plus de 20 millions d’exemplaires). Mais en France, ils restaient confidentiels. Un mal ou un bien ? Vu le top 50 de l’époque, je pense que même le Hard FM de Bon Jovi et Def Leppard aurait pu relever (un peu) le niveau.

 

La partition de Hysteria est peut-être la première que j’ai achetée. Avec la désagréable impression de m’être fait arnaquer, j’avais beau suivre la tablature consciencieusement, ça ne ressemblait pas du tout aux morceaux ! Comment aurait-il pu en être autrement, j’ai débuté sur une vieille guitare acoustique qui ne valait même pas le prix d’une corde de mi aiguë, et je voulais tenter de jouer des parties de l’album le plus surproduit de l’époque (3 années de production, tout de même)… ce qu’on peut être con, tout de même, à 15 ans…

 

 

Def Leppard – Women (le clip m’avait beaucoup déçu… illustrer ce morceau par des pages d’un bête comics, je trouvais que c’était le rabaisser…)

 

Je me suis empressé ensuite d’acheter d’occase les précédents albums de Def Leppard, que j’ai rapidement préférés au trop lisse Hysteria. Pas très fan de Pyromania, malgré 2-3 titres qui me plaisaient beaucoup :

 

Def Leppard – Too Late for Love (1983)

 

 

Leurs deux premiers albums sont devenus mes préférés, et s’il y a deux titres de Def Leppard que je peux toujours écouter avec un certain plaisir, ce sont :

 

1. Wasted (tiré de leur premier album sorti en 1979, lorsqu’ils étaient un des fers de lance de la New Wave Of British Heavy Metal), et dont le riff me hantait :

 

 

2. Let It Go (1981, tiré de High’n’Dry, sans doute leur meilleur album)

 

 

Deux morceaux qui ne sont peut-être pas à proprement parler du  Hard FM ou Hair-metal. On est ici plus proche d’AC/DC et du Maiden des débuts que du glam. De toute façon, à l’époque, hair metal, hard FM, heavy metal… peu importait pour moi, ce qui comptait, c’était de trouver des morceaux hard et accrocheurs.

 

Un des titres qui m’aura fait la plus forte impression lors de ma découverte du hard : Still Of the Night (1987) de Whitesnake, le groupe de David Coverdale (chanteur de Deep Purple de 73 à 76).

 

 

 

Gros son, gros riff, et, subitement, au bout de 2’00 un inattendu passage planant… à 3’18, ça repart, mais sur des bases complètement différentes de la première partie du morceau. Exit les grosses guitares, le riff hard/bluesy, le chant survolté… mais un passage instrumental assez froid, mystérieux et pseudo-classique aux cordes (enfin, au synthé), qui n’est pas sans évoquer Here Comes the rain Again d’Eurythmics (ça tombe bien, c’était un de mes morceaux préférés quelques années avant)… avec ses passages variés, le morceau joue sur les contrastes tout en parvenant à créer une vraie « progression dramatique », laquelle permet d’aboutir à un puissant climax. Quand j’ai entendu ce climax (de 3’55 à 4’33), je crois que je n’avais encore rien entendu d’aussi puissant en musique. Et je me le suis repassé un nombre incalculable de fois…

Je vous sens dubitatifs sur la « puissance » de ce passage… oui, vous qui souriez en voyant surtout à ce moment du morceau le « vieux beau » David Coverdale tomber la veste et faire l’amour à son pied de micro… mais imaginez ça dans les oreilles d’un ado français des années 80, habitué jusque-là aux synthés, cerné par les A-Ha, les Duran Duran et les conneries du top 50, et qui vient tout juste de découvrir le rock et le hard… vous comprendrez alors peut-être ce que je veux dire. Un morceau, qui, l’air de rien, crée des ambiances, un univers, joue sur les structures (et j’ai toujours adoré les morceaux à structure)… autant de choses pas si fréquentes dans le Hair Metal. On avait bien sûr déjà entendu beaucoup mieux les décennies précédentes chez Led Zep pour ne citer qu’eux… encore fallait-il arriver à écouter du Led Zep en 87-88 en France.

 

Si Whitesnake ne tient pas la comparaison face à Led Zep, il y a quelques ponts entre les deux, Coverdale a beau avoir chanté chez Deep Purple, Robert Plant était son idole, il a enregistré un album avec Jimmy Page en 1993… et « Judgement Day », sur Slip of The Tongue (1989) est outrageusement pompé sur Kashmir (c’est flagrant à 2’09). J’en parle parce que c’était aussi un de mes morceaux favoris à 16 ans, j’adorais son ambiance :

 

 

 

 

Def Leppard, Bon Jovi, Whitesnake…on pouvait tout de même trouver un peu mieux, même en 87-89, pour incarner la révolte adolescente. Par exemple… hum… Skid Row :

 

 

 

 

Je vous vois vous marrer – encore – derrière votre écran… Certes, en guise d’hymne adolescent rebelle, c’est pas « Satisfaction », « My Generation », « Break on Through » ou « Anarchy in the UK », pas moi qui vous dirais le contraire… mais imaginez ce clip devant les yeux d’un ado des années 80 qui… (ok, j’arrête…)

 

Skid Row avait tout de même quelques avantages :

 

1. Ils étaient relativement jeunes, et venaient de sortir leur premier album. Et pour un ado, c’est important. L’impression que ce groupe « vous appartient », pas de vieux con – soit toute personne de plus de 20 ans quand on est ado - qui puisse vous dire « Tu viens de les découvrir ? Je les connais depuis leurs débuts, je les ai vus en concert il y a 10 ans, j’ai tous leurs albums, même les pirates… »

 

2. Ils étaient :

- Plus sauvages que Bon Jovi ou le Def Leppard période Hysteria

- Moins cradingues que Guns N’Roses (j’aimais beaucoup les Guns, mais il m’arrivait parfois d’avoir du mal avec la voix de hyène en rut d’Axl Rose)

Moins grotesques que les travestis du glam metal style Mötley Crüe, Twisted Sister, Ratt, Poison & co.

 

 

Quelques qualités, mais aussi un lourd handicap : le visage angélique et juvénile, trop beau pour être honnête, du chanteur, Sebastian Bach (sic). Et, dans la communauté hard / metal, ça passait difficilement… planait toujours sur lui la suspicion d’être un « chanteur à minettes », et pas le voyou sociopathe qu’il prétendait être. D’ailleurs, après avoir découvert le thrash (via le clip One de Metallica), puis sympathisé avec des métalleux, je me faisais souvent vanner pour avoir aimé Skid Row quelques temps avant. Et je les vannais en retour sur les mélodies pompières de leurs ex-héros, Iron Maiden… puis tout le monde se réconciliait autour d’un bon vieux Angel of Death.

 

Je n’ai pas été très longtemps « fan » de Skid Row, la découverte de Metallica et du thrash m’a montrée qu’existaient des groupes autrement plus crédibles et puissants pour incarner les désirs de révolte adolescents… De la violence, de la vraie, pas de refrains racoleurs ni de sons lisses, pas de ballades mièvres (Nothing Else Matter, ce sera pour plus tard), et, last but not least, enfin des looks acceptables (jeans et T-shirt, what else…)

 

Les tenues excentriques, les vestes fluo, le maquillage, les paillettes, la dentelle et les écharpes en soie, ça m’a toujours gonflé. Peut-être aurais-je pu trouver ça transgressif dans le glam-rock si j’avais été ado au début des 70’s, mais j’étais un ado de la fin des années 80, années de l’apparence, du kitsch, du toc et des couleurs criardes ; il y avait suffisamment de clowns et de guignols dans la musique pop de ces années pour attendre autre chose d’un genre que l’on s’imaginait « rebelle ». Des groupes qui débarquaient sur scène fringués comme ils l’étaient au quotidien, sans passer des heures en loge à se déguiser, c’était le meilleur moyen de prouver leur authenticité, leur volonté de faire passer leur musique et leurs idées avant le reste, et de rejeter cette industrie musicale putassière. Le thrash montrait la voix, mais, trop brutal pour être fédérateur, il faudra attendre le grunge quelques années plus tard pour qu’on en finisse avec ces looks risibles. Qui, il est vrai, allaient dans le même sens que la musique de cette époque : moche, tape-à-l’œil, creux et factice. Ma jeunesse et ma découverte de la musique – et du rock – dans ces années vous permettront de comprendre pourquoi j’ai une telle dent contre le kitsch…

 

Pour terminer ce petit tour de piste, peut-être le dernier morceau de « hair metal » qui m’ait vraiment plu avant que je ne me plonge dans le thrash : Paris Calling de Shark Island. Pourquoi vous faire écouter ce morceau en particulier ? Parce que même si je n’ai que peu de nostalgie pour ce que j’écoutais à cette époque (j’en ai bien plus pour les sons de la synthpop – Depeche Mode en tête – qui m’accompagnaient avant mes 15 ans), même si je n’écoute quasiment jamais ces titres, c’est celui que je me repasse peut-être le plus souvent par plaisir et nostalgie. Pourquoi celui-là et pas un autre ? Trop long à expliquer, je vais vous épargner les détails. J’avais d’ailleurs pensé, il y a quelques années, en faire un article en apparence sérieux, avec une analyse musicale détaillée, comme s’il s’agissait d’une grande œuvre, juste histoire de provoquer la consternation de mes lecteurs… mais bon, je ne l’ai pas fait, l’idée m’a plus amusé que sa réalisation. Contentons-nous de l’écouter… et de le voir, parce que je l’ai aussi découvert par son clip (comme la plupart de ces groupes, puisque M6 diffusait parfois des clips de hard la nuit). J’aimais bien l’ambiance du clip, même si les poses trop appuyées du chanteur (mix de Robert Plant et de Jim Morrison du pauvre) m’agaçaient déjà… enfin, pour être honnête, je lui trouvais dans le même temps une certaine classe (je vous vois encore tiquer, mais entre un clip de Poison et un autre de Mötley Crüe, je vous assure que ça pouvait se comprendre).

 

Bref, spéciale dédicace à Thomas (en même temps, tout cet article est une spéciale dédicace à Thomas), Paris Calling de Shark Island, qui n’a jamais figuré et ne figurera jamais, perdu entre un Velvet Underground et un Joy Division, dans le top des 200 meilleurs morceaux rock d’étudiants en art plastique :

 

 

 

Avant de vous laisser vous remettre de toutes ces émotions, je tiens à doublement m’excuser :

1. Parce que l’écoute de tous ces titres (pour les plus courageux) a dû être relativement pénible.

2. Parce qu’au fond, tout cela reste très personnel (mais qui donc peut en avoir quoi que ce soit à foutre de savoir quels étaient mes albums favoris de Def Leppard à l’époque ?)

 

J’aurais pu m’essayer à un peu plus d’objectivité, tenter de séparer le bon grain de l’ivraie, vous proposer les meilleurs titres – enfin, les moins mauvais – du genre plutôt que ceux qui m’ont le plus marqué. Mais comment avoir la distance critique nécessaire sur ce que l’on adorait – ou haïssait – à l’adolescence ? D’autant qu’il est compliqué de délimiter dans le rock la frontière entre le bon et le mauvais goût… Black Sabbath, au final, c’est du bon ou du mauvais goût rock’n’roll ? Tour à tour considérés comme de gros lourdauds, un groupe radical et sulfureux, des guignols ou des précurseurs… Et Pink Floyd, des visionnaires, de vrais artistes qui ont contribué à élever le rock vers d’autres horizons, ou ces dinosaures snobinards et soporifiques décrits – et décriés – par le punk ? Et le punk, resucée vulgaire du rock 50’s, sans groove et sans feeling, ou révolution jubilatoire et salvatrice ? Qui connaît la limite précise entre le bon et le mauvais goût du rock ?

 

La « duck walk » de Chuck Berry ou Mick Jagger imitant un poulet, c’est du bon goût rock’n’roll, pas les poses d’Alice Cooper ? La rengaine qu’est le refrain de « Femme Fatale » du Velvet (ou leurs quelques bluettes), c’est du bon goût rock’n’roll, pas le hargneux « Piece of Me » de Skid Row ? Loin de moi l’idée que tout se vaut, je n’échangerais pas deux barils de hard FM contre une chanson, à la même époque, de Sonic Youth ou des Swans… mais s’il faut accepter – et il le faut, pour éviter tout fanatisme – que nos certitudes les plus profondes ne sont que des interprétations, comment prétendre détenir une quelconque vérité sur ce qui, en art, est de la merde et ce qui n’en est pas ? Tout n’est que question de points de vue. Le problème avec le hard FM / hair-metal, c’est qu’on a beau multiplier les points de vue, il reste difficile de le légitimer. Si le rock, c’est l’urgence, l’authenticité, la subversion et la sauvagerie, on est loin du compte. Idem si l’on privilégie l’audace et la singularité. Ou encore la profondeur, l’intelligence et la subtilité. Mais il existe tout de même un point de vue qui rend le hard FM acceptable, à défaut d’être honorable : si le rock, c’est un bras d’honneur aux chantres du bon goût, avec de grosses guitares, des rythmes binaires et des refrains simples et accrocheurs, là, y a pas à dire, le genre a plutôt bien rempli son contrat… 

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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 20:33

Toujours peu de temps pour alimenter mon blog (même si je tiens à jour mon classement et ma playlist), à défaut de quantité, il fallait que je revienne avec de la qualité... non pas celle d'un long article de fond (je vous ai dit que j'ai pas le temps ?), mais une oeuvre rare. Une oeuvre assez méconnue, d'un compositeur qui ne l'est pas moins, et qui est pour moi une des plus belles pages de la musique du début XX°.

 

Anatoli Liadov (1855-1914) aurait pu être un compositeur de renom, mais, trop inconstant ou paresseux, il est resté en arrière-plan de ses camarades et compatriotes Mussorsgki, Rimsky-Korsakov, Scriabine ou encore Stravinsky. Pas d'oeuvre aussi marquante et spectaculaire chez Liadov que la Nuit sur le Mont Chauve (Mussorgski) ou le Sacre du Printemps (Stravinsky), mais son envoûtant poème symphonique Le Lac Enchanté (1909) mériterait bien plus de reconnaissance qu'il n'en a.

 

Le Lac Enchanté, c'est la fusion rêvée entre Wagner et Debussy. Ou plus précisément, entre Tristan et les Nocturnes pour Orchestre. Un climat très impressionniste avec des harmonies "tristaniennes" (ne serait-ce que l'accord, à 4'00, directement emprunté à Tristan). Mais ce Lac Enchanté ne peut se réduire au mélange de ces influences, c'est une oeuvre originale et singulière, quasi-athématique... car si l'on y distingue quelques volutes de motifs et mélodies éphémères, il n'y a pas de thème à proprement parler. Ce sont les textures et couleurs orchestrales qui intéressent ici Liadov, pas les thèmes et leurs développements. Une des premières "musique atmosphérique" de l'histoire, et déjà un des chefs-d'oeuvre du genre...

 

 

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 21:03

La fermeture définitive de Grooveshark a amputé mon blog d'une bonne partie de son contenu. Disparition d'une centaine de playlists (en illustration ou au coeur des articles) et de centaines (plutôt des milliers) de liens. Ce n'est pas une surprise non plus, je me doutais bien que ça risquait d'arriver... lorsque deezer est apparu, j'ai sauté sur l'occasion, créé et partagé des playlists par styles, par périodes, par thèmes, organisé des rencontres entre blogs musicaux autour de playlists... puis les maisons de disques ont durci le ton contre les sites de streaming, mes playlists se sont retrouvées vidées de la moitié de leurs titres, avec d'insupportables pubs audio tous les 2-3 titres. Grooveshark s'est alors imposé comme la meilleure alternative, le paradis des mélomanes : un catalogue bien fourni, la possibilité de créer autant de playlists que vous le souhaitiez, sans la moindre pub audio pour vous ou vos auditeurs ! C'était trop beau pour durer, mais l'on pouvait espérer que grooveshark et ses membres fassent quelques compromis et que le site continue d'exister, comme youtube et deezer qui ont eux aussi commencé dans une relative illégalité.

 

Il reste tout de même très frustrant de voir disparaître ces playlists qui m'ont pris tant d'heures (que dis-je, de semaines, de mois, d'années !) Entre youtube où les morceaux disparaissent aussi vite qu'ils apparaissent, et deezer-spotify bouffés par la pub, difficile à l'heure actuelle de proposer des playlists. Car si les abonnements deezer, spotify, tidal & co permettent de supprimer la pub... ils ne la suppriment pas pour les auditeurs. Un seul site officiel et légal de streaming musical serait plus intéressant sur ce point précis : tous les mélomanes seraient abonnés et pourraient profiter de playlists et albums sans pub. Et si deezer ou spotify sont "légaux", ils restent fragiles, rien ne dit qu'ils seront encore là dans quelques années vu leurs pertes financières.

 

Difficile de tenir un blog musical dans ses conditions... enfin, difficile de tenir un blog musical qui se préoccupe moins de hype et de buzz que d'articles "de fond" ou à visée pédagogique... Ecrire, par exemple, un article détaillé sur un procédé musical et y insérer de nombreux titres qui le déclinent, si c'est pour que toutes les illustrations se barrent au bout de quelques mois, c'est pas très motivant... Alors que de balancer des vidéos youtube ou morceaux en streaming des derniers tubes hype que tout le monde aura oublié dans 2 mois, peu importe...

 

Ne vous méprenez pas, je ne dis pas que la situation est injuste ou scandaleuse (je comprends bien que le système actuel de diffusion de musique est bancal), je constate juste, avec une certaine amertume, que la situation reste toujours aussi précaire... et je ne vois pas de solution miracle.

 

Mais bon, ce n'est pas une raison pour se décourager... je vais essayer de remettre à jour les illustrations musicales de certains de mes articles, et continuer à faire quelques playlists (moins, forcément), sur youtube (là, peu de chances qu'il disparaisse, et on peut éviter les pubs, merci adblock), et parfois sur spotify, comme pour - on y arrive enfin - ma playlist évolutive des meilleurs titres de l'année, qui sera, comme toujours, dans un module de la colonne de gauche.

 

Playlist 2015 :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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