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Playlist 2017

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 17:13

Un bref retour sur ces 5 premiers mois de l'année, avec les meilleurs morceaux et meilleurs albums de Janvier à Mai. Parce que se contenter de bilans de fin d'année, c'est d'un banal... autant commencer dès maintenant.

 

Après une bonne année 2012, le rap et l'électro sont encore à l'honneur par ici en ce début 2013, ils prennent les 6 premières places de mon classement : 3 albums rap et 3 albums électro. Est-ce moi qui suis dans une période électro / rap, ou la production rock / folk de ces derniers temps qui est plutôt décevante ? Un peu des deux, je pense. Ca fait un moment qu'un album rock ne m'a pas mis une bonne claque. Et c'est pourtant la moindre des choses qu'on est en droit d'attendre du rock. Rien de bien excitant parmi les nouveaux groupes, ni chez les "grands anciens" : le dernier Nick Cave est très bien mais trop sage, le dernier Bowie est décevant, le dernier Stooges encore plus...

La dernière nouveauté rock qui m'ait marqué est The New Life de Girls Names, qui n'a qu'un défaut : trop revival 80's. A propos de "noms de filles", mention spéciale à Lisa Germano et Sallie Ford qui relèvent le niveau rock et folk plutôt bas en ce début d'année.  

  

Les 6 albums de ce début d'année :   

 

 

Autechre---Exai.jpg  

 

1. Autechre - Exai (9)

 

clipping midcity

 

2. Clipping - Midcity (9)

 

 the-knife---shaking-the-habitual-copie-1.jpeg 

 

3. The Knife - Shaking the habitual (8,5)

 

4. Ghostface Killah - Twelve Reasons to Die (8,5)

 

5. The Haxan Cloak - Excavation (8,5)

 

6. Inspectah Deck - Czarface (8,5)

 

Le classement complet

   

La playlist 2013 (en cours tout au long de l'année) comporte déjà une cinquantaine de titres, j'ai sélectionné les 13 meilleurs :

 

Playlist Janvier - Mai 2013 

 

 

Une bonne raison d'écouter cette playlist ? Vous voulez dire : une autre bonne raison que celle d'écouter 13 excellents morceaux sélectionnés avec soin ? Eh bien... c'est sans doute la première playlist au monde où vous trouverez enchaînés un morceau d'Autechre et une chanson d'Ana Moura. Si, avec une telle accroche, je n'ai pas su provoquer chez vous une furieuse envie de vous plonger dans cette playlist, c'est que je ne suis définitivement pas fait pour le monde merveilleux du marketing musical (le MMMM)... 

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 15:55

henri_dutilleux.jpgAprès Ray Manzarek il y a quelques jours, c’est au tour d’Henri Dutilleux de nous quitter cette semaine. Honte sur moi, il a fallu qu’il décède pour que j’en parle ici. Je ne manque jamais une occasion de taper sur la musique française (rock, rap, chanson), mais je ne mets même pas en valeur nos vrais grands artistes. Et Dutilleux était de ceux-là, un des plus remarquables compositeurs du XX° siècle.

Pour un compositeur mort à 97 ans, il laisse une œuvre étonnamment succincte. Mais peu importe la quantité lorsqu’on a une telle qualité.

 

 

 

 

La fin du règne de la tonalité dans la musique (enfin, dans la musique dite classique, les musiques populaires sont restées tonales) a entraîné l’apparition de nouvelles écoles, de nouvelles méthodes de composition et de nouveaux systèmes. Parfois passionnants, mais, comme tout système, toujours un peu rigides. Dutilleux, lui, n’était pas un homme de système, de clan, il a toujours tenu à son indépendance et, surtout, à l’indépendance de sa musique. Si le terme n’était pas sujet à controverse (et à des interprétations négatives), on pourrait, afin de mieux aider à cerner l’art de Dutilleux, parler de « musique pure ». Au-delà des modes, des écoles nationales et stylistiques, des cadres préfabriqués, d’une volonté d’imposer un sens extra-musical aux œuvres. Une musique pure, une musique libre :

-          Il est dans la continuité de Debussy, mais on ne peut le réduire à cette filiation, il a son propre style et son propre univers. Une de ses œuvres les plus accessibles et appréciées est la Sonatine pour flûte et piano (1943), mais il était gêné par le succès de cette œuvre très debussyste et « française », lui qui ne voulait pas être rattaché à une école nationale.

Sonatine pour flûte et piano :

 

-          Il a emprunté plusieurs de ses titres d’œuvres à des poèmes, des tableaux… mais il ne croyait pas en la musique « à programme », ou « à message ». Chercher à enfermer la musique dans une signification précise allait à l’encontre de ses conceptions, et on ne saurait lui donner tort. Le plaisir du son plutôt que le confort du sens.

La musique de Dutilleux n’est pas une musique austère, elle est poétique, sensuelle et onirique. Pour autant, ce n’est pas une musique facile et accessible, elle est aussi riche, exigeante et complexe. Mais elle n’est pas autant élitiste que celles de de bon nombre de compositeurs contemporains. Tout auditeur un minimum aventureux, même s’il connaît mal la musique « savante » contemporaine, peut se laisser séduire et emporter par les œuvres de Dutilleux. Une musique qui se vit comme un rêve et demande à ce que l’on s’y abandonne pleinement. Ce n’est pas de la « musique française », de la « musique atonale », mais un univers onirique envoûtant et transcendant…

Trois œuvres de Dutilleux que je vous recommande particulièrement :

Timbres, Espace, Mouvement, pour orchestre ou « la Nuit Etoilée » (1978) (en deux parties) : 

 

Sans doute l’œuvre que je préfère de Dutilleux, difficile de trouver musique plus onirique et même cosmique que celle-là…

Symphonie n°1 (1951)

Sa 2° symphonie est considérée comme sa meilleure, son style y est plus affirmé que dans la première… mais j’ai un grand faible pour cette première symphonie (malgré le sublime Andantino de sa 2°), une de mes symphonies de chevet. Une des symphonies les plus saisissantes du XX° siècle, magistrale de la première à la dernière note :

   

Métaboles, pour orchestre (1964) : 

 

Et si vous en voulez plus – comment ne pas en vouloir plus – vous ne pourrez passer à côté de ses deux autres chefs-d’œuvre que sont sa 2° Symphonie et son Concerto pour Violoncelle « Tout un monde lointain… » (Un magnifique titre d’œuvre, tiré d'un vers du poème La Chevelure de Baudelaire « Tout un monde lointain, absent, presque défunt »)

Dutilleux – Symphonie n°2, « Le Double » (1959) (album comportant aussi Métaboles et Timbres, Espace, Mouvement)

Dutilleux – Tout un Monde Lointain… (1970)

"Tout un monde lointain", peut-être l'expresison qui résume le mieux l'oeuvre de ce très grand compositeur... 

Henri Dutilleux sur Wikipedia

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 12:36

Ray-Manzarek.jpgDifficile d’être plus rock’n’roll que Jim Morrison, difficile de l’être moins que son acolyte Ray Manzarek. Du moins, dans l’imagerie rock. D’un côté le chanteur extraverti, sauvage, provocateur, sulfureux, tourmenté… de l’autre, le claviériste à lunettes, calme et discret, grand type tout fin, et formé au classique.

Imaginez Manzarek au chant, et Morrison assis derrière le clavier, les Doors, avec le même répertoire, auraient été un tout autre groupe, et n’auraient jamais pu exercer une aussi grande fascination sur la jeunesse de l’époque.

Etre claviériste dans le milieu du rock, c’est déjà partir avec un très gros handicap. Pourtant, dans les années 50, Jerry Lee Lewis avait su prouver qu’il était possible de jouer du piano en étant furieusement rock’n’roll, mais ensuite, les claviers ont toujours été associés à quelque chose d’anti-rock. Même si, évidemment, il y a  quelques exceptions (ne manquez pas d’aller voir mon camarade le Reverend Frost s’il joue par chez vous, il saura vous réconcilier avec le fait que rock + clavier n’ont rien d’incompatible).

En général, dans un concert rock, lorsqu’un musicien pose sa guitare pour s’asseoir derrière un piano, c’est le moment de lui balancer au visage tout ce qui traîne (bouteilles de bière, mais tout objet contondant pourra aussi bien faire l’affaire). Si, à ce moment, tout le monde allume son briquet au lieu de s’en servir comme projectile, c’est que vous n’êtes définitivement pas dans un concert de rock…

Le problème du clavier dans le rock est triple :

1.      L’origine sociale. Un claviériste, c’est toujours suspect. Il est fort probable qu’il vienne d’une famille bourgeoise où il pouvait disposer d’un piano chez lui. Et de parents lui payant des cours, voire le conservatoire. Un vrai musicien rock, dans l’imaginaire collectif, c’est un marginal plus ou moins autodidacte qui commence la musique en se payant une petite guitare cheap. Il est bien plus facile d’apprendre seul à jouer du rock à la guitare qu’au piano. Pourtant, on connaît dans l’histoire du jazz de grands pianistes issus de ghettos, alors que des gosses de riche se font payer des guitares électriques hors de prix par leurs parents.

2.      La posture. Le guitariste est debout, libre d’aller et venir sur la scène, la claviériste reste sagement assis derrière son instrument (depuis l’insupportable chanson de Michel Berger, il est impossible, en France, de jouer du piano debout sans qu’on se foute de votre gueule).

3.      Le son et les possibilités de l’instrument. Le piano est bien plus adapté pour les harmonies riches, subtiles, pour le classique et le jazz, alors qu’une guitare électrique vous permet de jouer beaucoup plus en triturant vos notes. Si Hendrix avait été pianiste, l’histoire du rock n’aurait peut-être pas été la même…  

Débarquer dans un concert rock et voir un clavier sur la scène, c’est plutôt mauvais signe, l’impression que vous n’aurez peut-être pas votre dose d’intensité et de sauvagerie rock, le clavier étant utilisé en général pour adoucir, enrichir les harmonies… ou partir dans un lyrisme pompier rédhibitoire.

Là, vous vous dîtes que comme article en hommage à Ray Manzarek (qui vient donc de nous quitter à 74 ans suite à un cancer),  j’aurais pu trouver mieux. Non seulement je ne parle quasiment pas de lui, mais en plus je m’étends sur le problème du clavier dans le rock… Sauf que c’est justement parce qu’il est compliqué d’y intégrer un clavier - la porte ouverte aux ballades mielleuses et dérives prog pompeuses - que Manzarek a d’autant plus de mérite, lui qui a su intégrer le clavier en tombant relativement peu dans ces écueils. Notamment par un jeu assez bluesy, rythmé, nerveux. Un des meilleurs exemples, et une des meilleures réussites d’intégration d’un clavier dans un morceau rock, c’est Break on Through (To the Other Side) :

 

 

 

Je ne vais pas vous faire une bio de Manzarek, vous en trouverez par ailleurs, cf. wikipedia. La meilleure manière de lui rendre hommage, de mon point de vue, c’est de vous inciter à écouter avec attention sa partie de clavier sur Break on Through pour bien montrer que lui a su (ce qui n’est vraiment pas donné à tout le monde) faire du clavier un instrument rock intéressant et crédible. Et, surtout, vous replonger dans ce qui est pour moi une des meilleures parties de clavier de l’histoire de la pop et du rock, celle de Riders on the Storm. Cette chanson est un vrai chef-d’œuvre et un modèle, si loin au-dessus de toutes les ballades tire-larmes pour midinettes que le rock nous a trop souvent infligé. Pour rendre hommage, vous aussi, au grand Ray, rien de mieux que d’écouter Riders on the Storm en vous focalisant sur cette remarquable partie de clavier :

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Published by G.T. - dans Rock
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