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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 20:51

Quoi de plus opposé qu’un scientifique et un artiste ? Raison, sérieux, austérité, travail méthodique et rigoureux d’un côté ; fantaisie, sensibilité, rêverie, imagination débridée de l’autre. Ce sont, fréquemment, les clichés autour des scientifiques et des artistes. Mais, quelle que soit la réalité de ces clichés, scientifiques et artistes se rejoignent souvent… dans la fascination et la contemplation de l’espace. Parce que rien autant que notre univers dépasse à un tel point l'entendement et les limites de notre imagination.

 « Il a la tête dans les étoiles », « il n’a pas les pieds sur terre ». Voilà bien deux expressions péjoratives qu’on associe à ceux qui ont un tempérament d’artiste, ou à des scientifiques déconnectés des contingences matérielles. Mais au fond, il n’y a pas grand-chose de beaucoup plus important que de prendre conscience de l’univers au sein duquel nous évoluons. A moins d’être une créature à peine plus évoluée que le vers de terre pour lequel rien d’autre n’existe que le petit lopin de terre qu’il traverse, et qui n’a aucun besoin de s’interroger sur ce qui peut exister au-delà... Dans un monde un peu plus éclairé, ce sont tous les individus qui devraient se rejoindre dans la fascination pour l’univers...

Tout le monde sait qui est Paris Hilton. Malheureusement, trop peu de gens connaissent les bases de ce qui est essentiel, l’univers dans lequel nous vivons.

Nos sens nous mentent en permanence… nous pensons être composés de matières denses et « solides », en contact avec des objets denses et solides… mais nous sommes essentiellement du vide. Si nous ne traversons pas les objets avec lesquels nous rentrons en contact, ce n’est pas parce que des particules de matières se cognent contre des particules de matières, mais à cause de l’électromagnétisme. Nous avons la sensation, par exemple derrière un écran d’ordinateur, d’être à peu près « statique », au sein d’un univers lui-même plutôt statique… alors que tout est en mouvement, à tous les niveaux, et que notre terre tourne, non pas à une vitesse de... disons 500 km/h, vitesse qui, à notre échelle humaine, nous semblerait rapide, mais à… 30 km/s !

Tout comme les animaux carnivores ne perçoivent pas les couleurs, mais surtout le mouvement (parce que les couleurs ne leur servent à rien, ce qu'ils ont besoin de voir, c'est le mouvement d'animaux qu'ils peuvent pourchasser pour s'en nourrir), nous ne percevons pas le réel tel qu'il est, mais tel qu'il est "utile" pour nous de le percevoir. La musique, le son... n'existent pas ! Ce ne sont que des vibrations que notre oreille "transforme" en sons.

Toutes nos échelles humaines sont totalement relatives. La fourmi est minuscule, la terre gigantesque ? La fourmi, c’est de l’infiniment grand, un univers, à l’échelle de l’atome… la terre, c’est de l’infiniment petit, à l’échelle de notre système solaire (sans même parler de notre galaxie, ou pire de notre univers…)

Sur terre, par beau temps et avec un horizon dégagé, nous pouvons voir à une centaine de kilomètres. Lorsque nous regardons le ciel, le soleil, les étoiles, nous ne pouvons réaliser les distances hallucinantes qui nous séparent de ce que nous voyons. Car, à l’œil nu, il est possible, certains soirs, de voir un point qui est… une autre galaxie, la plus proche de la nôtre, la galaxie d’Andromède. Galaxie qui se trouve à des milliards de milliards de kilomètres de la terre.

Nos sens nous donnent une image complètement faussée de ce que nous percevons dans le ciel. Des étoiles absolument gigantesques qui nous semblent relativement petites, et que nous voyons non pas tels qu’elles sont, mais telles qu’elles étaient il y a des dizaines, des centaines, des milliers, ou des millions d’années (la vitesse de la lumière étant de 300 000 km/s).

A vue d’œil, le soleil peut ne pas sembler pas aussi énorme qu’il l'est en réalité… pourtant, la dimension de la terre par rapport au soleil est la suivante :

soleil-terre-jupiter.jpg 

Le soleil, une étoile immense ? Même pas. Il existe des étoiles à côté desquelles notre soleil est un peu comme l’est la terre par rapport à lui. Je vous laisse imaginer la taille de la terre face à ces étoiles géantes.

Si le soleil ne nous semble pas aussi grand, c’est parce que nous en sommes excessivement loin… 150 millions de kilomètres ! La lune, elle, ne se situe « que » à 384 000 km de la terre.

Le soleil est une étoile, c’est « notre » étoile. A quelle distance se trouve la 2° étoile la plus proche de la terre, Proxima Centauri ? Elle est non pas 4 ou 5 fois plus loin de nous que le soleil, mais 270 000 fois plus éloignée ! Combien d’étoiles comporte notre galaxie, la Voie Lactée ? Plus d’une centaine de milliards ! C’est vous dire ses dimensions incroyables. Imaginons que nous voulions la parcourir, à bord d’une fusée, pour aller voir s’il existe d’autres civilisations que la nôtre au sein de la voie lactée. Certaines étoiles sont à 80 000 années lumières de la terre ! Ce qui veut dire que même si nous parvenions à voyager à la vitesse de la lumière, vitesse qu’à priori l'on ne peut dépasser (mais pour l’atteindre, nous devrions dépenser des quantités considérables d’énergie), il faudrait au vaisseau spatial le plus rapide que l'on puisse seulement imaginer 80 000 ans pour aller vers les étoiles les plus éloignées de notre galaxie.

Mais tout ça, ce n’est rien… car la Voie Lactée n’est qu’une galaxie parmi des milliards. Imaginons que nous désirions aller dans la galaxie la plus proche de la nôtre, la galaxie d’Andromède (qui comporte bien plus d’étoiles que la nôtre et ses centaines de milliards), pour voir s’il y a de la vie. Même en nous déplaçant à la vitesse de la lumière, il nous faudrait 2,5 millions d’années pour l’atteindre. Prévoir de bons bouquins pour le voyage…

Des distances absolument inimaginables… alors que l’univers continue son expansion à une vitesse phénoménale. Et dire qu’à l’origine, selon la théorie du big bang, notre univers n’était pas plus gros qu’une tête d’épingle. Sans parler du fait qu’il est possible qu’existe une infinité d’autres univers… les chefs-d'oeuvre de l'histoire de l'art nous fascinent par leur audace, leur démesure, parce qu'ils ont quelque chose de mystérieux, vertigineux... mais rien ne peut être aussi vertigineux que l'étude de l'univers dans lequel nous évoluons.

J’aime beaucoup cette phrase de John Eccles, scientifique anglais cité par Hubert Reeves dans Chroniques des Atomes et des Galaxies : « Le monde est non seulement plus étrange que nous l’imaginons, mais plus étrange que nous sommes en mesure de l’imaginer. »

 

Paraît que le net est de plus en plus utilisé pour regarder des vidéos… beaucoup de vidéos débiles, évidemment, mais s’il y a des vidéos à ne pas louper, ce sont sûrement des documentaires capables de nous éclairer sur ces questions. Je suis loin de les avoir tous vus, mais je vous en conseille deux :

Un très bon documentaire canadien : Du big bang au vivant

 

Un documentaire très accessible et captivant (vous reconnaîtrez sans peine la voix off du type qui double Bruce Willis) : Voyage aux confins de l’Univers

 

(A regarder en plein écran, les planètes, les étoiles et l’univers dans une petite fenêtre youtube, c’est du gâchis…)

A priori, il peut sembler surprenant de trouver ce genre d'article sur un blog musical... et pourtant, lorsque l'on est passionné par l'art, comment ne pas évoquer la création la plus folle et grandiose que nous connaissons : notre univers... 

 

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Published by G.T. - dans Divers
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commentaires

G.T. 24/08/2013 01:02


FWF : Oui, et il y a l'importance du nombre pour certains musiciens (musique du Moyen Age, Bach, Bartok, etc.) l'intégration
des lois de la physique dans la composition (Rameau, musique spectrale au XX° etc.) Et il y a aussi le fait que dans les sciences dites "dures", comme en musique, on utilise un langage
"codé" rigoureux et incompréhensible pour la majorité de la poulation : équations mathématiques d'un côté, notation musicale de l'autre.


En tout cas, merci d'avoir fait remonter cet article, en relisant le premier paragraphe, j'ai vu une grosse faute, puis pas mal d'autres ensuite... j'ai pas dû me relire correctement ce jour-là,
j'avais sans doute la "tête dans les étoiles" ^^ 

Fabien W. Furter 22/08/2013 13:44


Très bon article, et cela va sans dire que ça ouvre les portes à de nombreux débats hehe !



En tout cas, ça ne me surprends pas trop de voir un tel article ici, quand on pense au nombres de "grands" qui étaient à la fois philosophes, musiciens, mathématiciens, phycisiens, astronome...
Il y en a pas mal qui sont dans l'architecture en parralèle à la musique !

Brimstone 28/10/2012 02:41


http://www.lesfoodies.com/mistou/recette/tartare-saumon-frais-sur-son-lit-davocat

GT 28/10/2012 01:06


DIANE C : Le monde est petit^^ Je ne connaissais pas son nom... mais ce que je sais, c'est qu'il est aussi la voix de Dale Cooper
(enfin, c'est sûr que lorsqu'on l'entend, on pense surtout à Bruce Willis) (d'autant plus que je n'ai vu Twin Peaks en français qu'une fois)


 


BRIMSTONE : C'est vrai... va falloir que je pense à des chroniques sur tous les sujets possibles pour débusquer tous les
lecteurs... prochainement sur Music Lodge : la recette du tartare de saumon sur son lit d'avocats...

Brimstone 26/10/2012 21:26


Sympa l'article G.T. C'est d'ailleurs sur ce genre d'article qu'on découvre de nouveaux lecteurs généralement :D

diane cairn 24/10/2012 22:40


héhé la voix de bruce willis c'est patrick poivey, un homme simple et rès sympathique avec qui j'ai causé au refectoire d'une boite de post-prod où je bossais et à qui j'ai pas pu m'empecher de
dire, ... c'est marrant mais vous avez la même voix que bruce willis en français... grand moment de rigolade quand il nous a dit ben oui c'est moi ! Patrick Poivey

GT 22/10/2012 21:50


De rien !


Quant aux 3 commentaires précédents... vous avez sans doute tous plus ou moins raison ! (je ne vais pas me mouiller plus que ça, j'ai trop de lacunes en sciences ^^) 

Lewis-Patricia 22/10/2012 14:30


merci, pour les informations, ca m'a aidé à compendre beaucoup d choses ;)

Le scientifique pinailleur. 19/10/2012 17:59


465 m/s, c'est plus que la vitesse du son... dans l'air. (Précision importante, vu que dans l'eau c'est quelque chose comme 1500 m/s)


 


Et sans pesanteur, on serait éjecté vers... nulle part, vu qu'on ne subirait aucun force de la part de la terre, et que par conséquent on ne pourrait pas profiter de l'accélération associée. De
toutes façons, on irait pas loin: Ariane a besoin d'aller à 8000 km/h pour passer l'atmosphère, alors à partir de là... on retomberait comme une merde, incapable de traverser l'atmosphère.

jerome 17/10/2012 20:57


1674 km/h, c'est 0,465 km/s. Je suis surpris d'avoir eu juste avec mon petit calcul. C'est déjà vachement vite ! Sans la pesanteur, on serait ejecté plus vite que la vitesse du son. Il ne nous
faudrait donc que 230 heures pour attraper la lune, et seulement 10 ans pour arriver au soleil. Dérivant molement dans l'espace.

Léa 16/10/2012 18:22


Mais de rien ! Les forces électrostatiques permettent également la cohésion de certains solides (le sel par exemple) je sais pas ce qu'il en est dans l'action de deux solides l'un contre
l'autre.

GT 15/10/2012 13:08


ERIC COLSON : J'avoue que face à ce genre d'équation, je suis largué ^^ Et pour répondre sur cette question à JEROME : oui, je voulais dire que nous "tournons autour du soleil" à 30 km/s, mais, en effet, dit comme ça, on penserait plutôt à la terre
qui tournerait sur elle-même à cette vitesse, je vais le modifier... je suis allé voir sur wikipedia pour la vitesse de rotation, c'est 1674 km/h à l'équateur. Entre la vitesse orbitale et la
vitesse de rotation de la terre, s'il n'y avait pas la gravité, on serait vraiment dans la merde^^ (de toute façon, s'il n'y avait pas la gravité, il n'y aurait pas terre, de planètes
ou d'étoiles...) 

Eric Colson 15/10/2012 11:24


v= omega.r

omega : vitesse
angulaire
r : rayon du cercle décrit par le
corps


omega = 2.pi/t
t : durée du jour en seconde
(3600*24)

r = R.cos(phi)
avec 
R : rayon terrestre 6,4e6
m
phi : lattitude

v = 2.pi.R.cos(phi)/t

pour phi = 0 (à
l'équateur)
v = 465 m/s

pour phi = pi/4
v = 329 m/s

Environ 30 km/s

jerome 15/10/2012 11:19


Ah bon, la terre tourne a 30 km/s ? J'ai fait mon petit calcul, disons la circonférence de la terre à 40 000 km, un tour de terre en 24 h soit 86400 seconde. 40000/86400, 0,46 km/s. Pour
quelqu'un qui serai à l'équateur, mais si je suis au pôle ? En fait, je crois qu'une vitesse de rotation s'exprime en radian par seconde, c'est une vitesse angulaire. Ne parles-tu pas plutôt de
la vitesse de déplacement de la terre dans l'espace ?


Sinon, cette plongée dans les distances de l'univers est absolument fascinante et saisissante.


Et pour le rapport entre science et art, voici une tentative magnifique (et cruciale) pour aborder l'art du mouvement humain (entend la danse, l'acrobatie, les arts martiaux, le théâtre...) en se
basant sur des données scientifiques sur le corps humain (anatomie, médecine, physiologie, biomécanique, physique élémentaire...) :


http://www.axissyllabus.com/


 

Eric Colson 15/10/2012 06:47


Surprenant que ce type de sujet soit abordé sur cet excellent site. En même temps, la nature de l'espace est tellement extraordinaire et peut se révéler une exceptionnelle source d'inspiration
musicale ou littéraire...

GT 14/10/2012 17:52


LEA : Merci beaucoup !


Concernant le fait que deux objets ne peuvent se traverser, je te fais confiance, je ne suis pas scientifique et ne connaissais même pas l'équation de Pauli... pourtant, il me semble bien avoir
lu à plusieurs reprises que les forces électromagnétiques (à moins que ce soit "électrostatiques") rentrent en jeu dans ce cas, et que si deux objets "solides" ne se pénètrent pas, c'est
parce que leurs "champs électromagnétiques" butent l'un contre l'autre...

Léa 14/10/2012 16:44

Excellent article, et il ets vrai, assez inattendu sur un blog musical. Je me permets juste de te signaler une petite erreur à la phrase "ce n’est pas parce que des particules de matières se
cognent contre des particules de matières, mais à cause de l’électromagnétisme." Ce n'est pas à cause de l'électromagnétisme que les atomes ne se traversent pas les uns les autres, mais le principe
d'exclusion de Pauli (un principe de la mécanique quantique). En gros, deux électrons ne peuvent pas être dans le même état au même endroit, ce qui empêche deux atomes de se traverser.