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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 12:27

 

Aphex_Twin.jpg Il m’est arrivé, ici ou , de m’étonner du manque de nouveaux genres dans les musiques populaires modernes ces dix dernières années. Mais s’il y a bien un style qui, plus que les autres, a été frappé de plein fouet par cette crise stylistique, c’est l’électro. Aussi décevante depuis 7-8 ans qu’elle fut prometteuse durant les années 90. Un des retours de bâton les plus spectaculaires de la musique de ces dernières décennies. Musique de l’avenir, musique du futur, révolution sonore et musicale… voilà ce qu’elle laissait espérer, mais le soufflé est vite retombé.

 

Cela est d’autant plus inquiétant pour la musique électro qu’elle est encore jeune et semblait en pleine évolution. Après tout, le rock, lui, est là depuis plus d’un demi-siècle, on comprend qu’il peine à se renouveler… et il a toujours la possibilité de donner le change avec des chansons efficaces et une bonne dose d’énergie brute. Mais l’électro, sans innovations formelles ni trouvailles sonores, perd une grande partie de son intérêt.

 

- Musique de l'avenir ?

  

Il est assez stupéfiant de constater qu’en l’espace de quelques années, l’électro est passée du stade de « musique de l’avenir » à celui de « musique du passé ». Les nouvelles sonorités des années 90 n’ont pas su se développer et se déployer suffisamment par la suite, elles sont vites devenues plus nostalgiques que futuristes.

Aphex Twin, Autechre, Boards of Canada, Amon Tobin, Orbital, Squarepusher, Chemical Brothers… fin des 90’s, ils incarnaient un véritable renouveau des musiques populaires modernes. Bien qu’ils soient toujours en activité, il faut remonter loin pour trouver un grand album de l’un d’entre eux. Amon Tobin excepté, il est sans doute celui qui s’en tire le mieux (Foley Room est à mon sens le meilleur album de 2007). Sans doute parce qu’il a plus de « musicalité » que les autres, comme en attestent ses motifs et paysages sonores variés.

 

Certains voyaient même dans ces musiciens - notamment les plus novateurs issus du label Warp (Aphex Twin et Autechre en tête) - l’équivalent moderne des compositeurs classiques d’antan. Mais, entre autres choses, un point important distingue nettement les compositeurs classiques de ces musiciens électro (et de 99% des artistes des musiques populaires modernes) : la capacité d’évoluer. Ce qui demande quelques explications et une vision plus globale...

 

- L'évolution des artistes dans la pop et le classique   

  

Les grands compositeurs classiques n’ont jamais été des « feux de paille », ils ont toujours su approfondir leur musique et se perfectionner. Même s’ils ont à leurs débuts déjà produit bon nombre de chefs-d’œuvre, leurs dernières pièces sont en général particulièrement riches et fascinantes. C’est le cas chez Bach, Mozart, Beethoven, Liszt, Wagner ou Debussy, pour ne citer que quelques-uns des plus grands. De l’affirmation de leur propre style aux chefs-d’œuvre de la fin de leur vie, l’inspiration est toujours présente, et l’évolution constante.

 

Qui pourrait en dire autant dans la musique pop ? La règle est plutôt : de très bons albums au début, puis soit on se répète (ad nauseam), soit on lisse sa musique et s’assagit… et dans tous les cas, l’inspiration n’est plus au rendez-vous (quelques cas très particuliers exceptés). C’est le « syndrome de la star du rock » : un type qui déboule avec l’envie d’en découdre, d’exprimer sa rage, ses frustrations – et celles d’une génération – mais qui, une fois cela bien exprimé, n’a plus grand-chose à dire. Une volonté « d’expression directe » plus qu’une véritable « démarche artistique ». Entre creuser son style, son sillon, son art, ou répéter les bonnes vieilles formules en espérant que cela continue de contenter les fans et le public, la plupart ont choisi leur camp…

 

De quel artiste pop, rock, électro ou rap pourrait-on dire, comme pour les génies du classique : il a su créer son propre style, le perfectionner et proposer des œuvres toujours plus audacieuses et fascinantes, sans baisse de niveau ?

 

Bowie ? Trop inégal. Il n’est bon qu’une décennie sur deux (il devrait donc être excellent celle-ci…)

Radiohead et Massive Attack ? On aurait pu le penser, jusqu’à il y a peu…

Nick Cave et Tom Waits ? Il est vrai qu’ils continuent de creuser leur sillon, restent à un très bon niveau de qualité – malgré quelques albums mineurs – mais, même l’inconditionnel que je suis ne peut prétendre qu’ils « proposent des œuvres toujours plus audacieuses et fascinantes ».

Scott Walker et Portishead ? Certes, mais s’il faut chaque fois attendre 10 ans qu’ils sortent de nouveaux albums…

 

Une des explications les plus évidentes est la suivante : les musiques pop et rock sont basées sur la simplicité, l’urgence et l’efficacité ; un nouveau groupe arrive avec un nouveau son, une énergie nouvelle, et ne peut pas véritablement « creuser » cette simplicité… mais ça n’explique pas tout. Prenons le cas du rock progressif, qui, lui, revendique une véritable complexité. Les groupes progs se sont pourtant montrés incapables de « progresser » sur plus d’une dizaine d’années. Sinon, les derniers albums des Yes, Genesis, Pink Floyd et autres Emerson, Lake & Palmer auraient été leurs plus aboutis et réussis… au lieu d’être aussi pathétiques. De l’aveu même des fans du genre, les meilleurs albums de ces groupes restent ceux du début de leurs carrières. Robert Wyatt est un cas à part, toujours capable de sortir de bons albums… mais il n’a pas pour autant dépassé Rock Bottom.

 

- Souffle coupé

 

Le cas du rock prog nous ramène directement à l’électro, qui, via ce qu’on a appelé « IDM » (Intelligent Dance Music) ou electronica a su proposer une musique complexe bien plus radicale et convaincante pour les critiques que ne l’était le prog. Mais les grands noms du genre, et le genre en lui-même, n’ont pas véritablement tenu leurs promesses. Le dantesque drukqs d’Aphex Twin a déjà 10 ans, je ne lui vois toujours pas de digne successeur…  

 

L’électro a semblé vraiment « coupée dans son élan », en tant que genre, mais aussi dans sa fusion avec d’autres styles. Kid A de Radiohead ouvrait pourtant la précédente décennie en fanfare, le mariage du rock et de l’électro (déjà remarquable sur Outside de Bowie en 1995) semblait avoir de beaux jours devant lui, l’album explorait de nouvelles voies a priori passionnantes… mais après Kid A, il a surtout fini en voie de garage. Il y a bien eu aussi le folk-tronica… les mauvaises langues diraient qu’en lieu et place de l’association entre l’émotion simple et touchante de la musique folk d’un côté, et les sonorités aventureuses et envoûtantes de l’électro de l’autre, on a surtout eu droit à la mollesse du folk couplée à de petits bidouillages électros fumeux. L’électro-jazz, elle, existait déjà dans les années 90 (et n’a pas été transcendante dans les années 2000), même chose pour la fusion électro-rap dans l’abstract hip-hop. A part Dälek, peu de groupes d’abstract hip-hop ont vraiment imposé un son marquant ces 10 dernières années (enfin, « marquant » pour les amateurs du genre, vous ne risquez pas de tomber sur du Dälek en allumant votre poste de radio).

 

La musique électro est-elle déjà morte et enterrée ? Non, heureusement. Il existe au moins un courant qui, ces 10 dernières années, a su proposer un son relativement nouveau : le dubstep (les plus tatillons diront qu’il est tout de même apparu un peu avant la décennie précédente, et que Scorn en faisait déjà au début des années 90). Aphex Twin n’a rien sorti de glorieux depuis un bon moment, mais il a toujours du flair et, grâce à son label Rephlex, a permis de faire connaître le genre (compilations Grime en 2004). Puis il y a eu le Untrue de Burial, salué par la critique en 2007. Mais le dubstep tarde à sortir de l’underground, des clubs londoniens et d’une petite clique de fanas d’électro. Le genre reste plutôt confidentiel, même s’il semble maintenant en mesure de toucher un plus vaste public… c’est tout le mal qu’on lui souhaite.     

 

Si vous ne connaissez pas le dubstep, un de mes morceaux favoris de l’an dernier, Uncontrolable Flesh de High Tone :

 

 

 

 

L’électro a aussi donné quelques très bons albums ces dernières années : le génial Third de Portishead en premier lieu (bien qu’on ne puisse le réduire à de l’électro), ou, plus récemment, l’OMNI Land of Kush’s Egyptian Light Orchestra et l’envoûtant et profond The Dark de Third Eye Foundation. Et cette année commence plutôt pas mal, avec 4 albums très recommandables :

 

Moritz Von Oswald Trio - Horizontal Structures 

Semiomime - From Memory

Nicolas Jaar - Space is only Noise
Agoria - Impermanence

 

 

Pourtant, ces albums restent les arbres qui cachent la forêt. L’électro peine vraiment à trouver un second souffle, innover… sur la grande majorité des nombreux albums d’électro que j’ai pu écouter ces dix dernières années, je ne cessais de me dire « ça, untel le faisait déjà dans les années 90… » Les réussites ont été plus individuelles que collectives, les nombreux courants apparus dans les années 90 (electronica, trip-hop, techno minimaliste, drum’n’bass, trance, techno hardcore etc…) n’ont pas plus été capables de s’enrichir et se perfectionner que de donner naissance à des courants aussi forts qu’ils ne l’étaient. Mais restons optimistes, espérons qu’il ne s’agissait que d’une (longue) période de convalescence après des débuts spectaculaires, ou qu’elle n’a fait que se recroqueviller et reculer pour mieux sauter… et vu le recul, on est en droit d’attendre qu’elle aille loin, et regagne sa place de « musique du futur »...

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Published by G.T. - dans Electro
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commentaires

GT 18/06/2014 23:10


LEje : Merci pour ce "témoignage" (et désolé JORIS d'avoir
loupé ton commentaire à l'époque, il y aurait eu de quoi débattre !)


 


Cet article date de 2011, et, depuis, je trouve que l'électro a bien redressé la barre, il y a depuis 2-3 ans, je trouve, beaucoup plus d'albums électro passionnants... 

LEje 14/06/2014 21:17


Salut. La musique est pour moi un univers en expansion. Hier soir, je suis aller voir Mondkopf: Verdict du public " mouais c'est mou, ca manque de rythmique efficace etc..." Perso, j'ai bien
tripé. Mais on cherche quoi en fait? Cherche-t-on tous la même chose? Certains diront oui , d'autres non... Le prêt à consommer est partout est grandi de jour en jour. Pour autant, je pense que
puisque beaucoup de personnes s'en rendent compte et en ont un peu marre, il m'est avis que l'avenir nous offrira des pièces de choix. Par contre, il est possible qu'il faille bouger son fion
dans des petites salles, des endroits improbables parce-que rester authentique et passer au grand journal n'est pas mince affaire. J'insiste encore mais le système tel qu'il est conçu ne fait pas
la part belle au vif de l'authenticité et à l'innovation mais davantage aux parts de marchés qu 'un produit va pouvoir créér. Dur d'être un artiste fidele sans sombrer dans la fatalité où le
sinisme s'érige en pute endimanchée. Je reste digne en composant ma musique contre vents et tendances me nourrissant de certaines forces et m'éloignant d'autres que je juge ininteressantes dans
MON approche. La radio pour moi, c'est le truc qu'on fait à l'hopital, la télé...Sans commentaire. Etre musicien c'est la scène pas les disques ou autres... LA scène, la scène, la  scène !!!
Un technicien du son, musicien bidouilleur qui vous veut du bien. Ciao.


PS: Il y a un montagne de facteur qui font que l'electro piétine: la surcompression (dynamique de 3db pour NRJ par exemple) dicte (dictature) aux gens un format d'écoute qui, s'il n'est pas
respecté  va rapidement entrainer un  rejet de l'auditeur. En gros tout son avec des dynamiques plus étendues va être très vite interpreté comme chiant, ennuyeux, trop complexe,
difficile a comprendre... EXEMPLE: le rouget et le poisson carré. Perso je prends le rouger même si les arrêtes vont me faire un peu chier. C'est pas l'electro qui se tarri comme une vieille
source, c'est la communauté qui préfere le coca. revenons doucement au bon sens s'il est encore rattrapable... Et j'ai le courage d'y croire.


En gros: "ils sont où les artistes pointus sans concession?" Mais les gens n'en veulent pas. Ou du moins pas pour l'instant.


Merci pour ce topic. Même si je ne suis pas tout a fait d'accord avec toi et c'est tres bien comme ca. Ciao

Joris 28/04/2011 14:43



Au delà du fait que je n'aime pas trop les articles qui clament le déclin de tel ou tel genre (aussi pertinents soit-ils), je ne suis pas vraiment d'accord avec toi.


Quand je lis des blogs spécialisés en musiques électroniques (http://www.chroniqueselectroniques.net/) je ne vois pas du tout ce sentiment apparaitre. Au contraire, régulièrement on a un artiste
qui fascine par sa capacité à ouvrir de nouvelles voies (sans être révolutionnaire, mais de mon point de vue on est à une époque où personne ne va plus se risquer à déclarer qu'un artiste est
révolutionnaire).


Tout au plus depuis 2 ou 3 ans on lit une certaine lassitude vis-à-vis d'une tendance au recyclage. De nombreux artistes qui ont eu du succès avec l'IDM tendent à "reconquérir les clubs", avec
des sons plus house/techno, qui reviennent au début des 90's.


Bien sûr, on pourra arguer que les fanatiques d'un genre ont des oeillères qui les empêchent de voir le marasme du genre qu'ils affectionnent, mais je ne pense pas. Les fans d'electro ne sont pas
les derniers à critiquer la redondance, donc ça donne d'autant plus de crédit aux artistes qu'ils encensent.


Bref, je pense que toi, comme moi, on n'est sans doute pas assez spécialistes pour bien cerner tout ce qui se trame dans ces sphères là.


Quant au dubstep, pour moi c'est un peu le mauvais exemple. Le genre a été assez prisé au début des 00's oui, les albums de Burial ont été une grande claque, mais depuis c'est vraiment
l'archétype du genre qu'on s'évertue à proclamer comme novateur alors que finalement ça n'a été qu'un feu de paille. J'aurais pas choisi High Tone comme morceau dubstep, pour moi c'est plus du
dub, mais pourquoi pas.


Sinon, les albums que tu cites sont assez paradoxaux. Le Semiomime représente extrêmement bien ces artistes qui ont une formation classique, et qui essayent de mêler la grandeur de la musique
savante avec l'aspect plus immédiat des musiques électroniques. Nicolas Jaar c'est ni plus ni moins que de la house intellectuelle, pour moi c'est le terme qui lui sied le mieux. Donc à la fois
il y a de la recherche, et à la fois ça rentre dans un certain goût pour les musiques des 90's. Quant à Agoria, là je tombe des nues, parce que cet album n'a vraiment rien de novateur. Les
morceaux sont bons, mais ça reste extrèmement limité...



Arno 28/04/2011 14:01



C pas le meilleur Amon Tobin, ca reste quand même nettement au dessus de la moyenne... (à moins que je n'écoute que de la merde à longueur de journée) - bandes d'extremistes!


 


 



Christophe 27/04/2011 11:02



Jarre is not dead


 


"cribler de balles un cadavre  déjà froid. Pas celui de l'electro, mais celui de nos illusions, quand on était
jeunes et qu'on voulait les croires, tous ces journalistes qui nous disaient que l'électro était "la musique du future""


 


Je croyais que c'était les Libertines le futur de la musique...



Thom 25/04/2011 18:18



Nan, t'inquiète Giti, il est pas mauvais le dernier Amon. Il est juste "pas transcendant", ce qui selon ton barême vis-à-vis de tes idoles devrait faire dans les 7/10 :-D



Crafty 25/04/2011 15:40



Ben après l'avoir écouté, je dirais pas qu'il est "mauvais" (pas comme le dernier Radiohead donc), mais... Décevant ? Moyen ? (ce qui peut être synonyme de mauvais quand on parle d'Amon Tobin
d'une certaine façon)


Et pourtant, comme toujours avec ce cher Amon, j'écoute direct sur mon Sennheiser histoire de pas passer à côté...



GT 25/04/2011 01:33



CRAFTY, DAHU et THIERRY : Arrêtez de me faire peur, le dernier Tobin ne peut pas être mauvais...


(sinon, c'est un peu vrai ce que tu dis, Crafty, mais une des grandes différences entre l'électro des 90's et celle des 70's,
c'est que celle des 90's a cette origine funk, dansante, dérive de la techno... car même si la techno a aussi cette influence des musiques électroniques 70's, c'est une autre esthétique, une
autre fonction, une autre destination etc...)



Thierry 24/04/2011 21:33



Idem pour le Tobin. Pas encore réussi à aller jusqu'au bout ...



Dahu Clipperton 24/04/2011 18:50



(avec un pote, on a prêté l'oreille au dernier Amon Tobin : ça nous a gavé au bout de 3 morceaux et demi... Pas sûr que j'ai une envie pressante de l'écouter en entier...)


(un jour, je passerai ptêt faire un commentaire constructif (ou pas) sur cet article^^)



Crafty 24/04/2011 10:45



J'ai jamais vraiment compris le distinguo "Musiqué électronique" (Tangerine Dream, Manuel Gottsching, Edgar Froese, Kraftwerk et un paquet d'allemands) et "électro" (Aphex Twin, Autechre etc...).


J'ai un peu l'impression que le deuxième possède des moyens plus modernes et fait moins "cheap" du coup. Mais c'est loin d'être une différence fondamentale.


 


Par contre j'ai l'impression que le dernier (prochain en fait) Amon Tobin est assez mal encaissé par les gens pour le moment. Vivement l'avis de GT !



GT 13/04/2011 19:05



CRAFTY : C'est vrai que, d'une certaine manière, l'électro n'est pas si "jeune" quand on remonte à Kraftwerk, Schulze ou
Tangerine Dream... (sans aller jusqu'à Stockhausen, qui n'a pas grand chose à voir)... mais bon, l'électro des années 90 est, en effet, autre chose que la musique électronique des années
70...



Crafty 10/04/2011 17:13



J'préfère la musiqué électronique de Klaus Schulze et Tangerine Dream. Ouais je sais c'est pas pareil (et ça s'est assez mal renouvelé), mais qu'est-ce que c'est (c'était) beau.



GT 10/04/2011 14:12



JEROME : Il y a tout de même beaucoup de cas différents chez les compositeurs du XIX°, ceux qui étaient encore
aidés par des mécènes, et n'avaient pas trop à se soucier de leur avenir (et ça ne les empêchait pas d'être toujours plus ambitieux, artistiquement parlant, cf. Betthoven et
Liszt), beaucoup vivaient plus de leur carrière d'interprète (pianiste, chef-d'orchestre), ou donnaient des cours de musique... bref, je pense que cela est surtout dû à la "nature" de la
musique classique, qui, à tous points de vue, joue bien plus sur la "durée", la profondeur, la finesse d'écriture, pas sur l'immédiateté...   



jerome 08/04/2011 00:46



J'ai idée que dans la comparaison entre compositeur classique et compositeurs pop, le climat social y est aussi pour quelque chose. Le compositeur classique du 19ième qui pond un truc qui marche
a des chances, momentannément, de pouvoir manger à sa fin jusqu'à sa prochaine oeuvre. Si la suivante plait moins, il peut dégager vite fait. Alors que le compositeur pop qui passe à la radio et
gagne un peu de notoriété peut se vautrer dans le fric et la défonce pour des décénnies, ou alors se faire niquer par sa prod, mais alors, c'est des procés et toutes sortes de dommage collatéraux
qui, je pense, n'aide pas à la créativité.


 



GT 07/04/2011 20:46



PYROX : quand tu penses que David Guetta est classé dans l'électro dans certaines Fnuck...


Quand on pense, surtout, que David Guetta se vend dans des rayons "musiques"^^


 


ARBOBO : Comme on le disait avec THOM, ce ne sont bien sûr pas les musiciens électro qui se comparaient aux compositeurs
classiques, c'est plutôt certains médias qui s'emballaient un peu trop. Je ne les "attaque" d'ailleurs pas vraiment là-dessus, c'était juste une mise au point (comme
disait l'autre^^) pour montrer que l'électro, malgré l'inventivité, la complexité et les audaces des artistes phares du label Warp en particulier, se rattache tout de même bien
plus au rock et aux musiques populaires modernes... Bref, c'est surtout pour dire que la déception a déjà été grande pour tous ceux qui pensaient, comme moi, que le genre était en pleine
expansion et allait continuer à évoluer de manière importante, et elle est encore plus importante pour ceux qui voyaient dans l'électronica un genre capable de faire le lien,
durablement, entre musiques populaires modernes et musique contemporaine.



arbobo 07/04/2011 17:32



l'an dernier je me plaignais du manque d'ambition et d'innovation de la majorité de ce qui sort,je ne vais donc pas te contredire,


en revanche sur le thème "les nouveaux compositeurs classiques" il faut faire la part des choses, entre les artistes qui se revendiquent comme tels (y'en at-il seulement?), et ceux auxquels des
médias ont attribué ce statut.


c'est comme quand on critique un groupe plus à cause du bruit que fait sa promo que pour son disque, c'est sans doute inévitable mais c'est assez injuste (perso ça décrit bien mon aversion pour
les Libertines)



pyroX 07/04/2011 15:02



quand tu penses que David Guetta est classé dans l'électro dans certaines Fnuck...



GT 06/04/2011 22:46



THOM : J'aime quand on est totalement en phase...^^


Je ne l'ai pas signalé, mais tu fais bien de préciser qu'ils n'ont, eux, jamais prétendu être des "compositeurs classiques modernes"... Mais c'est une chose que j'avais même lu de la part de
jeunes compositeurs contemporains, qui voyaient dans les Aphex Twin et Autechre des musiciens qui avaient plus de points commun avec eux que les groupes rock... 


(sinon, je viens de lire ton article-interview avec Matt Elliott, et j'encourage tout le monde à faire de même...) 



Thom 06/04/2011 18:57



Tout cela est tellement vrai...


 


Tellement vrai, en fait, que ton article me donne l'impression de cribler de balles un cadavre  déjà froid. Pas celui de l'electro, mais celui de nos illusions, quand on était jeunes et
qu'on voulait les croires, tous ces journalistes qui nous disaient que l'électro était "la musique du future" (alors que dans le fond, on savait très bien que ce genre de truc était inepte).
C'est pour ça qu'on pardonne moins facilement à l'électro de tourner en rond, ce que l'on pardonne parfaitement à n'importe quel style. Mais un bref effort de mémoire permet de se rappeler
qu'aucun musicien d'électro - AUCUN - ne prétendait dans les années 90 être un grand génie s'inscrivant dans la lignée des compositeurs classiques. C'est la loupe médiatique, comme chacun sait
déformante, et le fait qu'on l'ait prise sans recul, qui nous amène aujourd'hui à nous dire plus ou moins "ah, ok, en fait l'electro, ce n'était que ça..." Bah oui. A la question de l'electro
"musique savante ou musique populaire", on a la réponse, mais avec un peu plus de recul on aurait pu l'avoir dans les années 90. Quant à ce vieux débat bidouilleurs/musiciens, je crois que dans
le fond, il aurait fallu se dire que c'était un débat bidouilleurs/véritables artistes. Amon Tobin ou Matt Elliott sont toujours là, ils sont toujours au sommet, simplement ils ont pris le large
loin des étiquettes et des clivages.


 


Pour finir j'en profite pour faire un peu ma pub, puisqu'on a un peu parlé de ça (et de beaucoup d'autres choses) avec Matt Elliott, récemment.



GT 06/04/2011 14:47



CHRISTOPHE : J'essaie pourtant de me soigner, mais rien à faire, je n'arrive toujours pas à passer une semaine sans balancer une
pique sur le rock prog ou le metal... mais je ne déséspère pas d'y arriver un jour^^


 


XAVIER : J'ai schématisé, mais on ne peut pas dire non plus que les compositeurs classiques font "toujours mieux" à chaque
oeuvre. Comme tout artiste, ils ont des hauts et des bas, des périodes plus ou moins inspirées (et peuvent être plus doués pour tel genre que tel autre... par exemple écrire des symphonies
chaque fois - ou presque - plus réussies que la précédente, mais composer dans le même temps des sonates plus anecdotiques...). Pourtant, il est très rare qu'ils déclinent quelques
années après avoir sorti leurs premiers chefs-d'oeuvre (alors que c'est plutôt la règle dans la pop). D'une manière générale, malgré les hauts et les bas, ils ont une véritable
évolution, et perfectionnent leur style... 


 


ARNO : je suis en grande partie d'accord avec toi... Si Amon Tobin s'en sort mieux, c'est aussi peut-être en partie parce qu'il
est "musicien", et moins limité par ses premières trouvailles sonores... mais ce n'est pas que pour ça, Squarepusher est aussi musicien, et a beaucoup de mal à évoluer après ses premiers pas
remarqués dans les années 90... de toute façon, je ne souscris pas vraiment à la distinction bidouilleurs / musiciens que font certains en parlant de l'électro (pas toi, je le sais bien, et
j'assure encore une fois mes arrières^^), avec des critiques primaires du genre "ils ne savent pas jouer d'un instrument, ils ne sont pas musiciens"... pour moi, un "bidouilleur" qui n'a jamais
appris à jouer d'un instrument mais sait composer des oeuvres inventives à l'aide de machines n'est pas moins "musicien" qu'un premier prix de conservatoire... 


   



Arno 06/04/2011 10:23



Bien essayé, mais non, encore une fois, tu ne me prendras pas en défaut^^


 


Et c'est bien vrai tout ca...





c'est surtout pour répondre à ceux qui, dans les années 90, voyaient dans les musiciens d'electronica l'équivalent de compositeurs classiques


 


Ce serait possible... si les artistes n'avaient pas non plus perdu tout sens de la musique! Pour moi c'est ca qui craint maintenant en electro (et même surtout en electro)! La plupart des
artistes electro ne sont pas musiciens, mais des bidouilleurs créatifs, mais c'est pas vraiment la même chose! Donc quand on compare l'electro et le classique, c'est un gouffre qui sépare encore
ces deux styles. Pourtant, les moyens de l'electro sont considérables et le potentiel est encore gigantesque. Un mec tout seul derrière son pc pourrait composer un orchestre entier et l'écouter
en même temps... quel potentiel


 


Voila encore une autre partie de la réponse : Haydn était le prof de Beethoven... qui était le prof de Czerny... qui était le prof de Lizst... pour reprenndre quelques noms!!! Ca fait froid dans
le dos, et encore, c'est hyper court comme liste! Tout est déjà dis en terme de qualité!


 


Pour finir, le niveau d'exigence générale en terme de musique (et pour tout maintenant) n'est plus suffisant globalement que pour maintenir une pression constante sur les artistes dans leur
démarche de création. Quand j'écoute des vieux jazz d'après guerre (pour ne pas rester dans des exemples de musiques classiques)... c'étaient de fameux musiciens et pour avoir du succès, fallait
être aussi bon. C'était encore plus vrai avant! C'est plus vraiment la qualité qui est synonyme de succès...


 


J'ai failli parler d'architecture dans mon précédent comm pour argumenter le sujet, mais je m'étais abstenu. Maintenant que le niveau d'exigence est très fort dans ce domaine, avec les nouveaux
défits technologiques, l'écologie, les nouvelles technologies, les créations des archiectes sont époustouflantes et ne font que s'améliorer avec le temps, c'est impressionant. Pour revenir à la
musique, c'est le "peuple" qui globalement qui pose les bases, fixe le niveau. Coté musique, plus le temps passe, plus le public est abruti...


 


Voila quelques réflexions personnelles...


 


Pour la liste, j'ai toujours trouvé pas mal de bons albums dans tes séléctions... mais je vais quand même encore en proposé 5-10 (pas plus), mais je ne pense pas non plus t'apprendre grand
chose...



Xavier 06/04/2011 10:20



Article bien intéressant, surtout sur les interrogations sur l'évolution des artistes modernes par rapport au classique (l'electro, je maitrise peu).


Le nom qui m'est venu spontanément pour l'artiste ayant su créér son propre style et le perfectionner, c'est Yann Tiersen. Mais il a une formation classique....


Je connais peu le classique, mais dirais tu que toutes les carrières des musiciens classiques les plus connus ont eu une trajectoire ascendante linéaire (c'est à dire sans faux pas)? l'histoire
n'aurait elle pas oublié les oeuvres mineures? Par contre c'est effectivement marquant que les dernières oeuvres des musiciens classiques soient les plus abouties, alors que les celles des
rockers sont généralement les moins marquantes...



Christophe 06/04/2011 07:42



Le mec qui trouve que 666 comms et quelques ce n'est toujours pas
suffisant


 


"Prenons le cas du rock progressif, qui, lui, revendique une véritable complexité".


 


Sache rester humble Gitou, et contente toi de ce score qu'aucun de nous n'atteindra jamais (plus de
comms en un billet que 6 ans de comms sur tout Pop Hits !). Pas la peine d'exciter le chaland aussi vulgairement en faisant de la retape pour un genre que tu méprises autant.



GT 06/04/2011 01:10



ARNO : Bien essayé, mais non, encore une fois, tu ne me prendras pas en défaut^^


 


J'ai précisé "pour ne citer que quelques-uns des plus grands". Car ceux-là sont des cas parmi les plus marquants, leurs dernières oeuvres sont exceptionnelles, mais au fond, c'est à peu près la
même chose pour quasiment tous les grands compositeurs classiques, j'aurais aussi pu en citer 10 fois plus. Les cas de déclin artistique y sont rares. Et si on prend la fameuse génération née
entre 1810-1813, les Chopin, Schumann, Liszt, Verdi, Wagner, il n'y a pas 150 ans de différence, mais juste 3 ans, et aucun de ceux-là n'a décliné après ses premiers chefs-d'oeuvre (bon, Schumann
a sombré dans la folie à la fin de sa vie, mais c'est une autre histoire, et il a arrêté de composer avant de mourir quelques années après...)


Il ne s'agit pas que des grands génies du classique, mais aussi des compositeurs de second plan. Dans le classique, on a plutôt tendance à s'améliorer, à peaufiner son style, son écriture,
proposer des oeuvres toujours plus ambitieuses, subtiles, riches... ce qui est extrêmement rare dans la pop. Il ne s'agit pas que de l'électro, je parle bien de la pop en général... et si
l'on se penche sur les plus grands noms, faut se rendre à l'évidence, ils ont été très bons à leurs débuts, sur 10-15 ans pour quelques-uns, et très rarement après 20 ans de
carrière.


 


Mais si je parle de tout ça, c'est surtout pour répondre à ceux qui, dans les années 90, voyaient dans les musiciens d'electronica l'équivalent de compositeurs classiques (en fait,
je me réponds surtout à moi-même, puisque, sans adhérer complètement à ce point de vue, c'est une question que je me posais). Cette difficulté de se renouveler, d'évoluer montre bien,
au fond, qu'ils sont plus proches des musiciens rock habituels, qui peuvent créer quelque chose de frappant sur un laps de temps réduit, puis peinent à trouver un nouveau souffle, à creuser
leur art et leur écriture...


 


J'ai donné juste quelques brefs exemples de très bons albums électro de ces dernières années, mais je pourrais aussi en citer bien plus... le fait est que, malgré des
réussites individuelles, il n'y a pas eu de mouvement collectif important, l'électro m'a vraiment donné l'impression de se recroqueviller sur elle-même, de jouer petit bras, alors
qu'elle semblait si prometteuse, alors qu'on pensait qu'elle pourrait vraiment changer la face de la musique pop...


Sinon, une liste de tes coups de coeur électro, je suis évidemment preneur...    


 



Arno 05/04/2011 23:05



Tu y vas fort! Tu cites quand même 6 noms dans le classique qui s'étale sur plus de 150 ans. En 150 ans, on pourra bien citer 6 groupes majeurs d'electro! La, ca fait que 20 ans.


 


Je suis sur que tout le monde va y aller de ces suggestions, mais je trouve encore de bons trucs chaque année. C'est pas révolutionnaire, mais je trouve rien de révolutionnaire non plus dans le
rock depuis que je suis né si j'applique le même raisonnement! 


 


Même dans tes exemples, c'est limite de l'electro pour moi...


 


Je vais faire une petite liste de mes coups de coeur electro pour toi... et les autres si ca les intéresse vu que c'est ce que j'écoute le plus de manière générale. 



GT 05/04/2011 19:47



THIERRY : C'est parce que j'aime vraiment l'électro que je veux croire à un véritable renouveau... mais bon, au fond, je n'y
crois pas trop non plus.


(Et je ne risquais pas de parler du James Blake, que j'ai vraiment trouvé sans intérêt...)



Thierry 05/04/2011 18:25



Sinon, je suis plutôt pessimiste quant à un éventuel renouveau.



Thierry 05/04/2011 18:24



Bien bel article. Je n'y connais pas grand chose à l'electro et n'ai jamais vraiment eu envie d'approfondir. Pourquoi ? Parce que je me lasse très facilement ...


Les Semiomine et N. Jaar m'ont emballé le temps de deux ou 3 écoutes. Après, ça tourne très vite au "bordel, qu'est ce que c'est chiant" !


L'Agoria, je l'ai trouvé plutôt faiblard dès le départ par contre. Du moins, en comparaison aux précédents.


Le James Blake ? Je suis bien content que tu n'en parles pas ! C'est une douce rigolade ;-)


Le Moritz, tu le classe en électro ?


Pour moi, c'est plus proche du jazz très expérimental, mais pareil, je ne suis pas spécialiste.