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Classements d'albums

27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 23:51
Puisqu'on part sur les chansons de 2010, c'est l'occasion de revenir sur ce que je considère comme le grand morceau rock de 2009. Grand par son titre (A Place To Bury Strangers aime les noms à rallonge, pour l'anecdote, combiné au nom du groupe, je dépasse pour la première fois les 80 caractères et Over-Blog me signale que je ne peux donc pas être publié sur leur portail), et surtout par sa qualité et son incroyable puissance sonique. L'auditeur distrait peut ne rien voir là d'exceptionnel (du rock, avec des guitares nerveuses, de la rage, de la vitesse, on connaît) mais plongez dans ce titre avec le volume à fond, et, à moins de la jouer blasé, la claque est garantie. Non seulement ce titre est exceptionnel en terme d'intensité, violence et puissance, mais il parvient à rester très accrocheur, par son chant. Les deux (accrocheur et violent) ne sont d'ailleurs pas antagonistes, contrairement à ce que l'on pourrait imaginer... taper comme un malade sur une batterie, maltraiter sa guitare et balancer des larsens, n'importe quel couillon peut le faire, mais pour que ça fonctionne véritablement dans le rock, il faut que le morceau ait ce petit quelque chose d'accessible, marquant, direct, ce que réussit parfaitement A Place To Bury Strangers.

La violence et l'intensité, donc, c'est à la portée de n'importe qui. Plus difficile, ensuite : composer un morceau qui "frappe" aussi par sa mélodie. Premier palier parfaitement franchi pour I Lived my Life etc... Mais ici encore, rien de véritablement exceptionnel... des AC/DC ou Mötörhead savaient le faire. La différence, c'est qu'AC/DC et Mötörhead, ça reste très bourrin, ce ne sont sûrement pas les premiers noms qui viendraient en tête au fan de rock lorsqu'on lui parle d'élégance et de style. Et c'est là où A Place To Bury Strangers fait vraiment fort avec cette chanson qui marie la violence, l'intensité, une mélodie accrocheuse, avec de la classe et du style. I Lived my Life etc..., ce n'est pas juste du rock basique, c'est du rock qui a intégré les Stooges et le punk, la noirceur et la froideur de Joy Division, de la Cold wave et du Cure de Pornography, les guitares furieuses et torturées de Sonic Youth, mais aussi le style, voire l'élégance des meilleurs groupes indés. Et tout cela se termine dans un déluge sonore apocalyptique taillé pour être dantesque en concert. Que demander de plus ?



   
L'album en écoute sur musicme.

Le billet de KMS, qui m'a fait découvrir ce morceau... et l'album... et le groupe...

Chroniques de l'album sur le Golb et Next
    

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 16:14
Quoi ? Un morceau de Muse dans la catégorie "chansons d'exception" ? Non, cher lecteur, je ne suis pas devenu fou, et oui, cette chanson le mérite, car elle est exceptionnellement... mauvaise. Sans doute un des pires trucs qu'il m'ait été donné d'entendre ces 10 dernières années.

Muse - United States of Eurasia




Dès les premières notes du chant - ce "You" hyper-mielleux - on sait qu'il faut s'attendre au pire... et, de ce point de vue, on ne va pas être déçu. Le chromatisme (notes qui descendent de 1/2 tons en 1/2 tons) dans l'accompagnement au piano et aux cordes, pourquoi pas... sauf que le chromatisme, en général, ça sonne mystérieux, douloureux, sombre, mélancolique, tendu etc (mais on peut aussi le faire swinguer, comme le font les jazzmen)... pourtant, même le chromatisme, chez Muse, sonne variétoche. Du "chromatisme-guimauve". Et cette intro au piano ne vous rappelle rien ? Réécoutez celle de
Let it Be, c'est, d'une certaine manière, Let It Be chromatisé... non pas pour le meilleur, mais vraiment le pire. Et cette descente chromatique en intro... a aussi de quoi faire penser à celle du génial Strawberry Fields... mais n'est pas les Beatles qui veut, et en mélangeant Let it be et Strawberry Fields pour leur intro, Muse ne parvient pas à atteindre le quart du dixième de la séduction pop du premier, ni le quart du centième de la créativité du second. C'est un peu comme mélanger de la mousse au chocolat à de la paëlla... les deux sont peut-être bons séparément, mais sûrement pas dans un même plat... 
Ca ne s'arrange pas pendant le couplet qui suit... l'orchestration de cordes est lamentable, sirupeuse au possible... au lieu de (mal) pomper sur Let It Be ou Strawberry Fields, ils auraient mieux fait d'écouter et réécouter Eleanor Rigby, qui montrait la voie il y a plus de 40 ans sur "comment intégrer des cordes dans la musique pop sans tomber dans la soupe ou la mélasse". Puis entrée bateau de la batterie (0'56), et crescendo rapide vers un passage où les voix (avec la doublure de guitare) sont honteusement pompées sur Queen (1'17 à 1'20). Qu'ils appellent ça "clin d'oeil", ou "hommage", peu importe, c'est grotesque, et ils recommenceront ensuite, les bougres, avec ces voix fortes dans l'aigu qui nous propulsent en plein flash gordon queenien...
Juste après, on a droit à un malheureux thème instrumental "classicorientalisant" (1'34 à 1'57), avec espagnolade à la fin, dans la droite lignée des Dream Theater et autres pénibles groupes de metal-prog (et là, ils auraient mieux fait d'écouter The End des Doors, pour comprendre comment "orientaliser" le rock avec finesse, intelligence, mystère et atmosphère). Comme si ça ne suffisait pas, le rythme qui l'accompagne est pompé sur We will Rock You. Dire qu'à leurs débuts, on voyait en Muse des sous-Radiohead... maintenant, ils ne sont plus que des sous-Queen. Dieu sait que je déteste Queen, mais on peut au moins leur reconnaître une certaine créativité, et du second degré, parfois. Alors que Muse ne fait que bêtement copier leur modèle, sans aucune forme d'humour.
Ensuite... rien. On prend les mêmes et on recommence. Le couplet, mièvre et calme à sa première apparition, est repris de manière plus "musclée" et énergique, le genre de choses qu'on a déjà entendu des milliers de fois, retour du thème classicorientalisant, voix queeniesques... decrescendo, on respire, on se dit que cette bouillie indigeste est enfin terminée... mais non ! Ces grands malades sont arrivés à tomber encore plus bas. Ou monter encore d'un cran dans le mauvais goût. Et ça, c'est vraiment exceptionnel. Les voilà qui nous jouent le Nocturne n°2 en mi bémol de Chopin. Bordel... laissez ce pauvre Chopin tranquille ! Vous pensez qu'il n'a pas suffisamment souffert ? Entre son exil, sa faible condition physique, sa mort à moins de 40 ans, et cette salope de George Sand (oui, je sais, après
cette salope d'Alma, voilà que je m'en prends à Sand... mais c'est comme ça, j'ai trop d'admiration pour ces grands génies de la musique, surtout quand ils ont eu une vie difficile, je leur pardonne tout, et rien à ceux qui les ont trahis ou maltraités).
Pourquoi Chopin ? Il est justement l'exact opposé de ce qu'est Muse, sa musique est l'incarnation de la grâce, de l'élégance, de la subtilité, de la délicatesse. Et lui, avant même Wagner et Liszt, a été particulièrement novateur dans son utilisation du chromatisme. Qui est à des années-lumière de celle de Muse en accompagnement, cela va sans dire.
Et pourquoi ce Nocturne n°2 ? Faudra un jour qu'on m'explique pour quelles raisons, dans le prog, metal-prog et affiliés, les groupes qui pompent ou reprennent des thèmes classiques ne s'attachent en général qu'aux gros tubes du genre. Ils ne connaissent le classique qu'à travers un CD du style 'les meilleurs tubes classiques des musiques de pub" ? Il y a tant de chefs-d'oeuvre dans le classique, et tant de magnifiques pièces pour piano de Chopin moins connues que celle-là (et même dans ses Nocturnes, celui-là n'est pas son meilleur, à mon humble avis), pourquoi diable aller vers une telle facilité... 
Pire, encore... non content de s'approprier Chopin, voilà que Muse le réorchestre en ajoutant de nouveaux violons sirupeux, dans le plus pur style... de Clayderman. Après Queen, le prog et metal-prog, le massacre de Chopin, manquait plus que Clayderman pour compléter cet effarant tableau de mauvais goût. Mais p*** de b*** de m*** d'e*** de v** r***... si le génial Chopin avait voulu des violons sur ce Nocturne, il les aurait mis lui-même ! Comme un grand ! Il a fait deux concertos pour piano, et même s'il n'est pas le plus grand orchestrateur qui soit, il s'y connaissait déjà 100 fois mieux que Clayderman ou Muse. Un musicien de génie peut orchestrer une oeuvre pour piano d'un autre génie, comme Ravel l'a fait de manière admirable avec les Tableaux d'une Exposition de Moussorgsky. Mais on ne laisserait pas Marc Lévy réécrire des passages d'A la Recherche du Temps Perdu, ni Anna Gavalda ajouter des vers dans les poèmes de Baudelaire... alors pourquoi permettre à Muse ou Clayderman de faire à Chopin ce qu'on ne supporterait pas en littérature ?

Les cons et les génies ont un point commun : ils osent tout, et c'est à ça qu'on les reconnaît. Mais il y a une différence de taille, le génie le fait avec intelligence et subtilité. Et il a en général suffisamment de créativité pour ne pas se contenter de balancer un patchwork d'influences mal digérées. Je vous laisse juger dans quelle catégorie se trouve Muse (il n'y a pas de piège)...        
 

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 14:16


nullAvec l'arrivée du net et du téléchargement, les amateurs de musique sont devenus beaucoup plus boulimiques, passent d'un album à l'autre rapidement, et prennent beaucoup moins de temps pour les écouter... Voilà une constatation assez peu discutable sur les nouvelles habitudes de consommation de musique, et, pourtant, à nuancer. J'ai ainsi passé deux heures à écouter ce Bandoliers tiré de l'album de Them Crooked Vultures (Josh Homme, John Paul Jones, Dave Grohl, rien que ça...) Non pas deux heures disséminées à droite à gauche, mais bien deux heures d'affilée, avant-hier. Puis j'ai réécouté ce même morceau une bonne vingtaine de fois depuis. Comme quoi, même un fou de musique qui écoute plus de 200 nouveaux albums chaque année peut toujours être vraiment accroché par une chanson. Pourquoi cette fascination pour ce morceau ? J'en sais trop rien. Mais j'ai bien une hypothèse, sans doute que j'y retrouve ce que j'aime tant chez Queens of the Stone Age et que j'ai tant aimé chez Led Zep dans ma jeunesse, du rock qui a de l'ampleur, du lyrisme, mais avec ici ce groove et cette coolitude qui l'empêche de tomber dans le pompeux ou la niaiserie. Tout comme Led Zep qui, malgré les constructions alambiquées et la virtuosité avait suffisamment d'intensité et de groove pour éviter cet écueil. 
Entre Josh Homme (leader de Queens of the Stone Age, précision pour ceux qui n'auraient pas écouté de rock ces 10 dernières années), Dave Grohl (batteur de Nirvana, pour ceux qui n'auraient pas écouté de rock ces 20 dernières années) et John Paul Jones (bassiste de Led Zeppelin, pour ceux qui n'auraient pas écouté de rock ces 40 dernières années), on a donc un membre de Led Zep et deux fans du groupe qui lui doivent énormément. Bien sûr, Bandoliers ne sonne pas comme le Led Zep des 70's, c'est bien du rock "actuel"... mais ce rock assez "lyrique", groovy, qui évolue intelligemment et emporte l'auditeur est dans une pure lignée zeppelinienne. Le passage instrumental au milieu du morceau avec rythme martial de batterie et mélodie orientalisante a d'ailleurs un petit quelque chose de l'illustre Kashmir
Un mot, aussi, sur l'excellente partie de batterie de Dave Grohl, qui vaut à elle-seule l'écoute du morceau... il faudrait vraiment que quelqu'un se décide un jour à dire à Dave de rester derrière les fûts et ne plus en bouger, et de renoncer ainsi aux conneries du genre Foo Fighters. La partie de basse de John Paul Jones comme les guitares et le chant de Homme sont tout autant remarquables : pas de démonstration, juste de formidables musiciens rock très inspirés sur ce titre.

Comme Era Vulgaris, je trouve l'album un peu décevant - pas honteux ni catastrophique, loin de là, il y a plusieurs très bons morceaux -, pas à la hauteur de ce qu'a pu faire Homme jusqu'à l'excellent Lullabies to Paralyse... mais avec chaque fois un morceau qui m'obsède totalement et que je ne peux m'empêcher d'écouter et réécouter, c'était River on the Road sur Era Vulgaris, c'est Bandoliers ici. 

Them Crooked Vultures - Bandoliers

 

 

Peut-être aussi que les chansons actuelles sont moins marquantes, ce qui explique - en-dehors de la boulimie liée à la facilité du téléchargement et l'âge adulte qui fait que les morceaux nous touchent moins profondément que lorsqu'on les découvre ado - que l'on s'y attache moins. Ces trois derniers mois, deux morceaux m'ont obsédé, Liar's Ink du dernier Black Heart Procession, et celui-ci. Mais il faut sans doute remonter à Threads de Portishead, l'année dernière, pour que je retrouve une autre chanson qui ait exercé sur moi un tel pouvoir d'attraction. Alors je serais très curieux de savoir si vous aussi, vous avez été récemment, comme dans votre jeunesse, obsédé par une chanson... et si oui, laquelle...


L'album de Them Crooked Vultures en écoute sur
musicme.
Photos de leur concert à Rock en Seine chez Ska.
La chronique de l'album sur Le Bal des Vauriens, et sur dans le mur... du son

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