Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 13:20

       La fête de la musique, comme toutes les fêtes, a un côté assez gadget et irritant, surtout pour ceux qui "fêtent la musique" tous les jours. C'est donc l'occasion idéale, pour un blog musical, de parler de tout autre chose (ce ne sera pas la première fois non plus).

Aucun rapport avec la musique, encore moins avec l'intitulé de ce blog, puisqu'il s'agira de télé, lieu où les termes "art" et "rock" sont des gros mots. D'ailleurs, suffit de regarder la liste des chanteurs de la "fête de la musique sur France 2", pour se rendre compte qu'il n'y aura pas plus d'art que de rock. 

Arrêt sur Images (ASI pour les intimes)  n'a pas plus de lien avec l'art et le rock, mais c'était sans doute la seule émission indispensable de la télé, puisqu'elle se permettait de décrypter les images, les infos et les stratégies de communication. L'émission était la plus ancienne de la chaîne (12 ans), une émission emblématique, nécessaire face à l'artillerie lourde des médias, car elle proposait de s'arrêter et de réfléchir à ce que l'on nous refourgue. Il est assez lamentable qu'elle ait été débarquée sans le moindre ménagement, sans explications valables, sans félicitations pour le travail acompli. Daniel Schneidermann a appris la fin de son émission dans la presse...  

Certes, l'émission n'était sûrement pas parfaite... mais tellement au-dessus de tout ce qu'on voit par ailleurs, qu'elle méritait, au pire, le maintien, au mieux, une promotion et des moyens supplémentaires.

Bien entendu,  dans cette période politique très "particulière", le fait qu'on vire subitement après 12 ans de bons et loyaux services la seule émission qui s'autorisait à analyser en profondeur les manipulations médiatiques et politiques laisse songeur. Il serait présomptueux de parler d'une censure de ce nouveau pouvoir, ce serait un peu trop gros... mais la vérité est forcément quelque part dans l'équation droite décomplexée + pouvoir hyper-soucieux de sa com' + irritation de la direction de France TV, parce que Schneidermann ne se montrait pas plus complaisant avec France TV qu'avec TF1 ou M6 (Arlette Chabot, directrice de l'info, lui en a beaucoup voulu pour avoir fait une émission sur la relation entre Béatrice Schoenberg et Jean-Louis Borloo).  

ASI était une émission intelligente, objective (autant que faire se peut), sans être rébarbative. Les brillants et singuliers chroniqueurs Sébastien Bohler, Judith Bernard et David Abiker manqueront. 

Quelques vidéos de chroniques qui valent vraiment le coup d'oeil, j'aime particulièrement la première :

Sébastien Bohler : Sarkozy et l'oiseau jardinier. 

 


Sébastien Bohler sur
les infos, Le Pen, la paranoïa et la xénophobie.

David Abiker sur le
"changement" de Nicolas Sarkozy.

Bien entendu, après avoir vu ces extraits, on pourrait imaginer qu'ils se focalisaient sur Sarkozy... mais ce n'était pas du tout le cas, ils ont autant décrypté, sans bienveillance, la com' de Ségolène Royal. C'est moi qui, allez savoir pourquoi, apprécie plus particulièrement ces 3 chroniques.
 
L'émission est supprimée, mais il reste le 
Big Bang Blog, blog de Schneidermann, Abiker et Judith Bernard, où vous pourrez en savoir plus ici et ici sur les circonstances de la suppression de l'émission. 
Partager cet article
Repost0
16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 12:17

Folk      Peacefrog records - 2007 ****

marissa-songs.jpg
Les albums de Marissa Nadler sont parfaits pour les chroniqueurs fainéants, qui peuvent s'en tirer avec un copier-coller de leur article sur son premier album. Elle est d'ailleurs la seule artiste pour laquelle j'ai jusqu'à présent regroupé deux albums en un article, ne voyant pas trop l'intérêt de publier deux textes pour raconter sensiblement les mêmes choses. De là à dire qu'elle fait à chaque album un copié-collé du précédent...

Mélancolie, voix éthérée, arpèges de guitare très linéaires... c'est un peu toujours la même chanson, et ce sur ses 3 albums. Un peu toujours la même chanson, certes, mais quelle chanson ! J'exagère un peu... la plupart de ses chansons ont leur "personnalité", ne serait-ce que par les mélodies, suffisamment travaillées et prenantes pour que l'on puisse les distinguer les unes des autres.   

La nouveauté sur Songs III, s"il fallait en trouver une, c'est l'arrivée de Greg Weeks (Espers) à la production. Ce qui n'a rien de surprenant, il partage avec Marissa Nadler ce goût pour un folk anglais, moyenâgeux, fait de jolies mélodies tristes et d'atmosphères brumeuses. Ce que je disais en introduction de ma chronique sur le dernier Espers, je pourrais l'appliquer à Marissa Nadler : s'il existe beaucoup de groupes dont on est déçu de ne pas les voir se renouveller, on aimerait qu'Espers et Marissa Nadler continuent indéfiniment sur la même voie. Dans la pop, il faut savoir surprendre ou évoluer en fonction de l'époque, dans les musiques savantes, il faut innover constamment pour repousser les limites du genre. Mais dans un cadre folk, comme dans le blues, la sensibilité prime, il s'agit de bercer et d'apaiser nos âmes tourmentées, pas d'expérimenter dans tous les sens (mais ils ont tout de même leur "style"). C'est une musique à laquelle on doit s'abandonner, pas une musique qui cherche à vous attraper avec des gimmicks accrocheurs. Mais quand on s'y abandonne, l'envoûtement est total. Car les albums de Greg Weeks (en solo ou avec Espers) et de Marissa Nadler sont magnifiques. De vraies réussites. Une sublime mélancolie, un goût très sûr, et une grande qualité mélodique. Ce qui est déjà assez exceptionnel.
Des valeurs sûres, dont chaque disque est une pépite. Meg Baird, co-leader d'Espers avec Greg Weeks, a elle aussi sorti récemment un bel album... un peu moins attachant que ceux de Marissa Nadler à mon sens (les mélodies sont moins captivantes).

Mais on en oublierait presque l'essentiel... sa voix ! Une voix fascinante, éthérée, émouvante, qui n'est pas sans rappeler celle de Joan Baez (pas seulement le timbre, mais aussi la manière de chanter). S'il fallait établir un lien de parenté, cette jeune américaine de 26 ans serait la fille cachée de Joan Baez et de Nick Drake (avec pour frère Greg Weeks et pour cousine Hope Sandoval). Pas une famille de fêtards invétérés, donc, ni de comiques troupiers, mais une famille d'artistes rares et précieux - Marissa est aussi peintre - où la sensibilité et la poésie sont reines.  

Peu de vidéos de Marissa Nadler sont disponibles sur Youtube (pas de clips, et les quelques live ne sont pas de grande qualité sonore et visuelle). On ne s'en étonnera pas, notre monde de brutes ne la mérite pas.  Le live ci-dessous est potable, très correct pour la découvrir (il faut tout de même monter le son), même si le cadre (un petit concert dans un magasin de disques !) est loin d'être formidable :

Marissa Nadler - Thinking of You 



Marissa Nadler - Songs III : Bird on the water

1. Diamond Heart 
2. Dying Breed 
3. Mexican Summer 
4. Thinking Of You 
5. Silvia 
6. Bird On Your Grave 
7. Rachel 
8. Feathers 
9. Famous Blue Raincoat 
(Leonard Cohen)
10. My Love & I 
11. Leather Made Shoes
  

 

Partager cet article
Repost0
8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 15:47

06/06/2007    *****

death-proof-1.jpgRock'n'roll. Voilà, tout est dit. Je pourrais m'arrêter là. Ce qui tombe bien, j'ai peu de temps pour écrire ces temps-ci. Mais je ne suis pas sûr de convaincre beaucoup de lecteurs d'aller voir ce film qui est à ce jour le 2° meilleur de l'année selon moi, ce qui n'est pas rien puisque la place de n°1 est réservée d'office - chaque année où il sort un film - à Dieu (Lynch, si vous préférez).

Rock'n'roll, donc. Parce que l'esprit de ce film est une parfaite illustration de l'esprit du rock. Sauvage, cool, déjanté, drôle, efficace, typiquement américain, nerveux, jubilatoire. C'est du sang et de la sueur. C'est aussi du sexe. Mais ni du porno "cru", ni de l'érotisme esthétisant ou chichiteux. Comme le rock, c'est suggestif, provocateur et animal. Pas de scènes de sexe, même s'il est sous-jacent ou métaphorique tout au long du film. Comme dans le rock, encore, l'important n'est pas "ce qui est dit", mais "comment on le dit". Les dialogues sont formidables, jouissifs, brillants (normal, chez Tarantino)... mais il n'est évidemment pas question de philosophie heideggérienne ou de politique internationale. Pas plus que dans le rock. Les textes des chansons des légendes du rock, des Elvis, Eddie Cochran, Jerry Lee Lewis, ou Little Richard sont généralement creux (pour ne pas dire débiles), mais ils sont chantés avec un tel style, une telle "coolitude", qu'ils deviennent fascinants. Les dialogues des filles de Death Proof ne sont que d'incessants bavardages superficiels, mais, comme c'était le cas pour les malfrats de Reservoir Dogs, l'humour, la tchatche, l'attitude, le sens de la répartie et la désinvolture transcendent la vacuité du propos. Ne pas voir le film en V.O. serait absurde, on perdrait autant qu'à écouter du Dylan, du Johnny Cash ou du Sinatra chantés en français. L'intonation, le choix des sonorités, des expressions et le "swing" des mots sont un personnage à part entière du film. 

Le nouveau Tarantino est un hommage aux films de Séries B. des 70's, et à quelques détails près (téléphones portables...) on jurerait un film d'époque. Décors, image, couleurs, looks, refus d'utiliser des effets numériques , amateurisme apparent (seul bémol,  les coupures et répétitions du début du film, dispensables, qui donnent l'impression d'une bande sur laquelle un machiniste crasseux aurait fait tomber la cendre de sa clope) tout va dans ce sens. Pourtant, "l'esprit" du film, c'est bien celui du rock 50's, pas du rock 70's. D'ailleurs, j'aurais pu me la couler douce et recopier ici ce que je disais du clip de Crawl Home (PJ Harvey et Josh Homme). Rôle central de la bagnole, références à cet "esprit du rock" avec comme modernité... l'inversion des rôles, et la femme qui prend le pouvoir dans un univers où les codes sont pourtant typiquement machistes. Il est amusant de constater que l'italo-américain Tarantino, fana de Sergio Leone (il y a un titre de Morricone dans la B.O.), de Scorsese, des films de genre destinés à un public masculin (films d'horreur, Bruce Lee, polars etc...- mais, soyons honnêtes, c'est aussi un cinéphile boulimique qui a la plus grande admiration pour Godard et Truffaut), grande-gueule, accumulant les conquêtes féminines, amateur de rock et de hip-hop à fortes teneurs en testérones (c'est un grand ami de RZA du Wu-tang Clan, présent sur la B.O. de Kill Bill)... amusant de constater, donc, que ses films sont sans doute les moins machistes de l'époque. Depuis Jackie Brown, c'est son 3° film de suite dont le héros est... une héroïne (ou 4°, si l'on compte Kill Bill I et II comme deux films...) Mieux, dans Death Proof il n'y a pas UNE héroïne, mais DES héroïnes. Jackie Brown ne s'en tirait pas si bien que cela, mais depuis Kill Bill, ce sont des femmes conquérantes et sans complexes qui viennent mettre la pâtée à des hommes sur leurs propres terrains. La métaphore va même au-delà, dans Kill Bill comme dans Death Proof, les mâles (David Carradine pour l'un, Kurt Russell pour l'autre) sont des "vestiges" d'une autre époque, ils sont sur la fin et, face à la jeunesse arrogante de ces femmes, ils devront s'incliner (enfin, il y aurait une nuance à apporter sur laquelle je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher la surprise de ceux qui comptent le voir). Le lien entre Kill Bill et Death Proof, c'est aussi, de façon plus terre à terre, Zoë Bell, doublure d'Uma Thurman sur Kill Bill, qui prend du galon, tient ici son propre rôle et nous offre une cascade... inoubliable. 

Un dernier mot sur la B.O. qui est, comme toujours chez Tarantino, formidable. Une collection de perles, comme seul lui sait les dégoter, et à côté desquelles il serait dommage de passer. Avec les instrumentaux de Nitzsche et Morricone, mes préférences vont à deux chansons qui sont deux petits chefs-d'oeuvre : Staggolee de Pacific Gas & Electric et Down In Mexico des Coasters. 
  
La B.O. est la suivante

"The Last Race" - Jack Nitzsche
"Baby, It's You" - Smith
"Paranoia Prima" - Ennio Morricone
"Jeepster" - T Rex
"Staggolee" - Pacific Gas & Electric
"The Love You Save (May Be Your Own)" - Joe Tex
"Good Love, Bad Love" - Eddie Floyd
"Down In Mexico" - The Coasters
"Hold Tight - Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick & Tich
"Sally and Jack (From the Motion Picture Blow Out)" - Pino Donaggio
"It's So Easy" - Willy DeVille
"Riot In Thunder Alley" - Eddie Beram
"Chick Habit" - April March              

Le titre du générique de fin est assez marrant, c'est une reprise d'un titre de... France Gall (non, vous ne rêvez pas), Laisse Tombez les filles, chanson des 60's écrite par Gainsbourg (évidemment... vous n'imaginiez tout de même pas voir une chanson des 70's de France Gall composée par Michel Berger dans un film de Tarantino !) Cette reprise de l'américaine April March est bien supérieure à l'originale, plus sexy, plus rock, loin de la mièvrerie yéyé.

April March - Chick Habit



Enfin, si vous aimez Tarantino, les perles rock, blues, soul et rythm'n'blues, l'esprit du rock 50's et les films de série B.... n'oubliez pas de visiter le blog du Reverend Frost

Quentin Tarantino - Death Proof (Grindhouse)

Avec Kurt Russell, Rosario Dawson, Vanessa Ferlito, Zoë Bell, Rose McGowan

 

Partager cet article
Repost0