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Classements d'albums

19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 21:15

Rock                2004 – EMI

Les critiques musicaux ont toujours tendance à s’emballer un peu trop facilement. A chaque début d’année, faut qu’ils nous fassent le coup du "plus grand groupe de rock du monde", mais là, c’est à croire qu’ils n’ont toujours pas dessoûlés des fêtes. Car faut pas avoir les idées très claires pour décerner ce titre aux Strokes. Certes, pour des gamins dont la culture rock s’arrête à Kyo, passer aux Strokes n’est pas une mauvaise chose. Mais il est temps de revenir à un peu plus de bon sens et de raison. Revenir donc à des albums autrement plus intéressants et "déraisonnables". Comme celui des 22-20s, des jeunes anglais qui, sans complexes, viennent marcher sur les plates-bandes des groupes de blues-rock teigneux du fond des EU.

A l’écoute des albums des 22-20s et des Strokes, on imagine volontiers les Strokes passant leurs soirées à peaufiner leur look dans leurs chics appartements New-Yorkais, quand les 22-20s passent les leurs à monter chaque fois plus fort leurs amplis dans des bars du find fond de l’Arizona pour couvrir le bruit des bagarres de Bikers. Un gros cliché, certes, mais éloquent sur ce qui sépare ces deux groupes. Si encore la musique des Strokes était vraiment stylée… en fin de compte, celle des 22-20s l’est beaucoup plus. Plus intense, plus puissante, plus urgente, mais aussi plus racée. L’intensité électrique du blues-rock, de la hargne, un son énorme, une voix puissante, des mélodies accrocheuses… quand on ajoute à tout cela de la classe, que demander de plus ? Que tous les titres soient bons ? Ils le sont. Les meilleurs : devil in me, such a fool, why don’t you do it for me ?, shoot your gun, i’m the one


En bref, du rock intemporel qui va puiser son inspiration dans les grands espaces américains, pas dans les mèches de Franz Ferdinand.
 

 

 22-20s - Why Don't You Do It For Me?

 

 22-20s - Shoot your gun

 

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 10:27

Marissa Nadler - Ballads of Living and Dying

 

 

Marissa Nadler - The Saga of Mayflower May

2005 - Beautiful Happiness Records

Folk

http://www.marissanadler.com/

 

Pour ceux qui ne se sont pas remis de la fin de Mazzy Star, les albums de l’américaine Marissa Nadler sont une belle consolation. Elle est un peu la réincarnation d’Hope Sandoval (façon de parler, l’inoubliable chanteuse de Mazzy Star est toujours en vie, rassurez-vous). Enfin, même au figuré, réincarnation n’est pas le terme approprié, car bien qu’il y ait d’évidentes similitudes dans leurs voix, celle de Marissa Nadler, est, justement, beaucoup plus désincarnée. Moins sensuelle, mais plus éthérée. En fait, elle serait plutôt le fantôme d’Hope Sandoval que sa réincarnation. Un fantôme qui aurait émigré de l’Amérique lynchienne de Mazzy Star vers les sombres manoirs d’Angleterre. Mais un fantôme ô combien émouvant et séduisant. Un fantôme qu’on supplie de continuer à nous hanter encore longtemps…

Par contre –désolé, j’en remets une couche, je peux décidément pas m’en empêcher – aucune comparaison possible avec Zazie. Car il y a chez Marissa Nadler ce qui fait cruellement défaut à l’autre : de la poésie. Je n'imagine pas Marissa Nadler prêter (ou plutôt vendre) comme Zazie sa voix aux pubs Cochonnou. Pas le même univers, et c’est tant mieux.

 

 


Difficile d’ailleurs de conseiller un album plus que l’autre, ils sont tous deux également réussis, mais, et c’est ce qui pourra en rebuter certains, ses chansons sont toutes assez proches les unes des autres. Après, ce qu’elle perd en diversité, elle le gagne en atmosphère (même si le jeu de guitare aurait pu être un peu moins linéaire). Quoi qu’il en soit, ce n’est pas elle qui va chercher l’auditeur, mais à lui d’accepter d’entrer dans son monde…

Personnellement, j’aurai tout de même une petite préférence pour The Saga of Mayflower May.

Enfin, si vous ne connaissez pas Mazzy Star, précipitez-vous de toute urgence chez votre disquaire pour vous procurer leurs albums, au moins le superbe et envoûtant So tonight that I might see. 

Autre chronique :

Marissa Nadler - Songs III : Bird on the water

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18 janvier 2006 3 18 /01 /janvier /2006 12:02

Ce blog n’a pas pour vocation de traiter du p2p, mais, en contrepoint aux absurdités proférées par Zazie & Co (voir article précédent), je tenais à faire entendre ces paroles qui changent des discours formatés des majors et de leurs VRP de luxe.

Très peu d'artistes favorables au p2p osent le dire publiquement, car ils savent que leurs maisons de disques risquent de le prendre très mal. Pourtant, dans le dernier numéro des inrockuptibles (avec un dossier sur le p2p), il en est un qui met "les pieds dans le plat", c'est Benjamin Biolay qui déclare:

 

C'est le problème de l'industrie, des directeurs commerciaux. C'est pas du tout mon affaire. On ne me vole en rien en téléchargeant. On ne m'a d'ailleurs jamais demandé mon avis sur rien, ni sur le copy control, ni sur le site de téléchargement de Virgin Music. [...] Les disques sont hyper chers. Il y a une époque ou les maisons de disque étaient blindées et les tourneurs tout petits. On avait alors mis en place un "tour support", dont s'acquittaient les producteurs. Aujourd'hui que les tourneurs génèrent beaucoup d'argent, on n'a qu'à faire l'inverse, un "disque support" ! Sinon faire du lobbying au Parlement, c'est une honte.

 

Je trouve d’autant plus remarquable ces paroles de Biolay qu’il écrit pour beaucoup de gens et qu’une bonne partie de ses " revenus " viennent des droits d’auteurs.

Dominique A est un peu plus dubitatif, mais, à contre-courant de la "propagande" des majors qui veulent nous attrister en nous faisant croire que les "petits" artistes sont les principales victimes du p2p, il dit :

 

Le téléchargement est une aubaine pour les petites structures, car c'est un mode de diffusion fantastique, mais c'est un motif d'inquiétude croissant pour les grosses boîtes. D'ailleurs, on n'entend pas beaucoup gueuler les petits labels, ce sont toujours les mêmes, les gros poissons, qui font du bruit. Pareil pour les artistes : j'ai l'impression que ce sont surtout les gros vendeurs qui réagissent.

 

Comme quoi, tous ne sont pas de braves toutous au service de leurs maisons de disques…

Biolay dit " On ne me vole en rien en téléchargeant ". Alors, si vous ne connaissez pas sa musique, téléchargez-la ! Et surtout, si elle vous plaît, achetez ses albums ! Ce serait pas mal que les internautes utilisant le p2p, en pied de nez à l’industrie du disque, se donnent le mot et achètent massivement ses albums dans les semaines qui viennent. D’autant plus qu’ils sont de qualité, largement au-dessus de la moyenne de la " nouvelle scène française ", et ses mélodies et orchestrations témoignent d’un vrai travail " d’orfèvre ". Négatif est un double album (pour le prix d’un) opulent, d’une richesse étonnante, et son dernier, "A l’Origine ", est plus pop-rock mais toujours aussi inspiré. Et sa musique est autrement plus passionnante que celle d’un Vincent Delerm…

Pour vous faire une idée, écoutez La vanité, Négative folk-song ou Dernier souper au château de " Négatif ", et Ma chair est tendre ou Dans mon dos tirés de " A l’origine ".

Après, on aime ou non sa musique, mais faut aussi lui reconnaître une vraie " générosité ", dans le sens ou, si l’on est sensible à son style, il n’y a quasiment rien à jeter dans ses albums. Une des raisons invoquées le plus souvent par les internautes pour justifier le fait qu’ils téléchargent est que la plupart des disques sont composés de 2 ou 3 bons titres, les autres n’étant que du remplissage, ce qui n’est absolument pas le cas chez Biolay.

Sinon, écoutez aussi Dominique A, particulièrement son magnifique dernier album, "Tout sera comme avant" (son prochain devrait sortir dans peu de temps), qui est en plus actuellement à prix réduit chez les disquaires…. Lui aussi place la barre très haut, et même trop haut pour que les têtes de gondole de la nouvelle chanson française puissent le suivre.

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