Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Recherche

Playlist 2024

Classements d'albums

27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 20:41

2005 - Mute ****

Il vous reste un peu de place dans votre discothèque entre vos Sinatra et Johnny Cash ? Alors rangez-y sans attendre ce sublime album de Richard Hawley. Enfin, ne le rangez pas trop vite, car voilà bien le genre d'album que tout être humain qui n'est pas totalement insensible au plaisir adopte naturellement comme disque de chevet.

 

C’est un pur hasard, mais après avoir parlé d’américains excellant dans le " folk anglais " (Espers et Marissa Nadler) ou dignes successeurs des Beatles (Elliott Smith), après des français à mille lieux de ce qui se fait par ici (Jack the Ripper), après des anglais impeccables dans un registre typiquement américain (les 22-20s) , en voilà encore un qui n’est pas né au bon endroit. Un Johnny Cash qui serait peut-être passé du whisky au champagne, mais qui n’aurait pas vendu pour autant son âme... ni complètement renoncé au whisky. Comment ne pas penser à Cash en écoutant Wading through the water ? Il est toujours présomptueux de faire parler les morts, mais on imagine aisément que Cash n’aurait pas renié ce morceau, comme bon nombre des titres de cet album (tel le très country Just like the rain). Cash, donc, mais aussi Scott Walker et Sinatra. Il y a une telle classe dans les chansons de Richard Hawley que Sinatra, à côté, fait figure de petite frappe italo-américaine en survet' et mocassins tout droit sortie des seconds rôles des Sopranos. Là, j’admets que j’exagère quelque peu… Si tous les américains n’ont pas forcément la " classe américaine ", je pense ici à l’autre qui s’étouffe en bouffant des bretzels, certains " non-américains " l’ont, et Richard Hawley en est le plus brillant exemple. Des compositions magnifiques, une chaleureuse, profonde et somptueuse voix de crooner (et dire que certains osent utiliser ce terme pour le grotesque Dany Brillant)… comment peut-il chanter Born under a bad sign ? Quand on a une voix pareille, on est béni des dieux (je parle de Richard Hawley, bien sûr, pas de Dany Brillant...)

Mais la perfection n’étant pas de ce monde, il fallait bien un titre un peu plus faible que les autres, et c’est ici le cas avec le " royorbinsonien " Hotel Room.

Pour conclure avec un argument de poids :  si vous ne faîtes pas fondre l’être aimé avec cet album, c’est qu’il n’y a aucun espoir… ou qu’il est temps de vous faire à l’idée d’une vie monastique…

 

 

Richard Hawley - Coles Corner

1. Coles corner
2. Just like the rain
3. Hotel room
4. Darlin' wait for me
5. The ocean
6. Born under a bad sign
7. I sleep alone
8. Tonight
9. (Wading through) the waters of my time
10. Who's going to shoe your pretty feet
11. Last orders

L'acheter sur priceminister

Partager cet article
Repost0
24 janvier 2006 2 24 /01 /janvier /2006 18:15

Electronica            2004 - DC-Recordings

Une des plus belles réussites de la musique électronique de ces dernières années. Et même, allons-y carrément, une des plus belles réussites du genre. Alors il est d’autant plus nécessaire de mieux faire connaître cet album, qui n’a vraiment pas eu " l’écoute " qu’il mérite.

 

 

 

 

 

De plus, il est beaucoup plus accessible que la plupart des productions électroniques " exigeantes ", sans être esthétiquement plus faible.

Sa première grande qualité, c’est d’arriver à être rêveur et planant sans n’être jamais monotone (monotonie que certains peuvent reprocher à Boards of Canada, auxquels on pense ici par endroits). Beaucoup de diversité, de trouvailles sonores et de changement d’atmosphères (on y passe allègrement de morceaux très aériens et sereins à d’autres plus inquiétants et instables). Mais pas de virtuosité vaine. Rien de ce que l’on peut reprocher à un grand nombre de premiers albums du genre. Il ne part pas dans tous les sens, dans une surabondance incontrôlée. Car si Aphex Twin, lui, manie à la perfection l’art du " cafouillage ", du chaos et de l’excès sonores et rythmiques, ce n’est pas forcément le cas de tous ses clones. Loin de ceux-là, Sea inside body est peut-être varié, riche, ludique et foisonnant d’idées, il n’en reste pas moins très organique et cohérent. On n’a pas ici l’impression, comme c’est parfois le cas, d’être face à un bricoleur un peu fou qui ne sait pas trop lui-même où il va et ce qu’il fait, mais plutôt d’être face à une œuvre aboutie, inspirée et maîtrisée.

Si cet album est tout à fait accessible à un public plus nombreux que celui des fanas d’Aphex Twin, Autechre ou Squarepusher, c’est qu’il " ose la mélodie " (il faut avoir entendu celle, hypnotique et tournoyante, de Knock, Turn). Et contrairement à beaucoup des disques de Warp, le label phare de l’electronica, il ne sacrifie pas le plaisir du son sur l’autel de l’expérimentation. Le son est un matériau travaillé par un orfèvre, pas par un créateur tourmenté qui le triture et torture dans tous les sens. Dans ce plaisir du son, on peut trouver une filiation avec Amon Tobin ou Plaid, sans doute le groupe dont il est, musicalement, le plus proche.

Alors si vous désirez vous initier à l’electronica, ou faire découvrir le genre à des auditeurs quelque peu sceptiques, commencez par Sea inside body, puis plongez dans les chefs-d’œuvre d’Amon Tobin et Spokes de Plaid avant de vous lancer dans les œuvres plus difficiles et déstructurées d’Aphex Twin ou Autechre…

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2006 6 21 /01 /janvier /2006 00:10

Pop-rock         1998 - Universal/Dreamworks

Après Espers et Marissa Nadler, des américains qui jouent comme s’ils avaient passé leur jeunesse à errer dans les brumes écossaises, après les 22-20s, des jeunes anglais qui font du rock comme s’ils n’avaient jamais connu d’autres paysages que ceux de l’Arizona, voici Elliott Smith, né au Nebraska, qui a grandi au Texas, mais qu’on jurerait être le fils " naturel " de John, Paul et Georges. Avec Ringo qui serait resté à l’écart, ce qui n’est finalement pas une mauvaise chose.

Elliott Smith est à plaindre pour deux raisons. La première, c’est qu’il est mort. En 2003, à 34 ans seulement. Elliott Smith est mort, Michel Sardou est toujours vivant, y a pas de justice. Quoique… c’est voir le verre à moitié vide. Après tout, Claude François est mort, mais Bob Dylan est toujours en vie (croisons les doigts...) 

La 2° c’est qu’il est certainement l’artiste " pop " qui présente le plus grand décalage entre sa " petite " notoriété et son immense talent. Elliott Smith ne mérite pas d’être encore maintenant connu que d’un petit cercle de privilégiés, mais de trôner en tête des ventes d’albums et de voir ses mélodies chantées sous toutes les douches du monde (mais qui chante vraiment sous la douche, du savon, de l’eau et du shampooing plein la bouche ?). Du temps de la beatlesmania, certains disaient qu’on n’avait pas rencontré un tel génie mélodique depuis Schubert. C’est discutable, mais ce qui l’est moins, c’est qu’Elliott Smith est le plus grand créateur de mélodies pop depuis les Beatles. Etonnant d’ailleurs que cet orfèvre des mélodies délicates, subtiles et " charmantes " ait trouvé son public principalement dans le rock indépendant, public nourri aux expérimentations dissonantes de Sonic Youth ou aux morceaux bruts et rigolards des Pixies

Les musiciens apprécieront particulièrement la complexité et l’intelligence de ses harmonies, de son jeu de guitare, de ses arrangements et de ses mélodies (écoutez ne serait-ce qu’Independance day ou Tomorrow, tomorrow pour vous en convaincre). Mais tout le monde peut en saisir la beauté.

Tous les albums d’Elliott Smith sont superbes, mais je recommande particulièrement Xo. Qui, dans une discothèque, peut se ranger sans rougir à côté de Revolver, Sgt Pepper ou du White Album. 14 titres qui sont autant de perles rares de la pop. Mais si l’on songe inévitablement au Beatles en écoutant Elliott Smith, précisons pour ceux qui aiment particulièrement la gaieté des chansons des 4 de Liverpool, que la musique d’Elliott Smith est beaucoup plus mélancolique (sans être véritablement sombre).

Après avoir écouté Xo, procurez-vous Figure 8, plus électrique, plus rock, mais toujours très riche et mélodieux. Puis From a Basement On the Hill, plus tourmenté, et enfin Either Or et Roman Candle, dont il serait stupide de se priver…

Certains pourraient imaginer que j’exagère, mais il n’en est rien. Que celui qui trouve un plus digne successeur des Beatles, un mélodiste aussi brillant me jette la première pierre, pierre que je pourrais attendre encore longtemps…

 

 


 

 

 

 

 

Elliott Smith (1969 - 2003)




XO en écoute intégrale (et gratuite) sur Jiwa, ici.
Elliott Smith chez
Forsaken
Partager cet article
Repost0