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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 15:37

Ce blog est avant tout consacré aux musiques actuelles, mais les règles sont faites pour être transgressées. La règle ne sera d’ailleurs qu’à moitié transgressée étant donné que Mozart est on ne peut plus dans l’actualité. En effet, à moins de ne regarder que TF1 et de ne lire que télé poche, vous avez forcément entendu parler des 250 ans de sa naissance. Les visiteurs de ce blog étant en majorité des passionnés de rock, j’imagine que beaucoup ne connaissent que très peu, voire pas du tout, la musique de Mozart.

Par quels œuvres faut-il aborder Mozart quand on ne connaît pas sa musique ? La question mérite d’être posée, car on peut imaginer la déception de celui qui s’initierait à la musique de Mozart en achetant ses quatuors. Non pas que ceux-ci soient mauvais - ils sont au contraire remarquables – mais ils demandent une certaine familiarité avec le style classique pour être véritablement appréciés. Idem pour la plupart de ses symphonies. Acheter l’intégrale des symphonies de Mozart quand on n’est pas déjà sensible à sa musique n’est pas la meilleure approche possible. On risque de s’y ennuyer ferme de très très longues heures, pendant les 39 premières symphonies (j’exagère à peine), jusqu’à l’irrésistible et sublime Symphonie n° 40 en Gm.

 

5 chefs-d’œuvre incontournables

Pour commencer, impossible de passer à côté d’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire de la musique, son Requiem. La plus sombre et la plus poignante de ses œuvres, indispensable au même titre que la 9° symphonie de Beethoven dans toute discothèque digne de ce nom. Ensuite, Don Giovanni (l’opéra des opéras comme l’appelait Wagner) et La Flûte Enchantée (des CD d’extraits de ces opéras sont préférables aux œuvres intégrales pour ceux qui n’ont pas l’habitude d’écouter de la musique classique), l’opéra étant le genre où le génie de Mozart est le plus évident, et ces deux-là sont ses plus emblématiques. Puis la magnifique Symphonie n°40 en Sol mineur et le Concerto pour piano n°26, dit " du couronnement ".

 

Quelques autres grands chefs-d’œuvre de Mozart :

 

Opéra : Cosi fan tutte, Les Noces de Figaro

Œuvres religieuses : - Messe en ut mineur (K.427)

                              - Vêpres d’un confesseur, Kyrie en ré mineur, Ave verum corpus, Exsultate jubilate (souvent regroupées sur un seul CD)

Concertos : - Concerto pour clarinette en La Majeur

                  -  Concertos pour piano n°20, 21 et 23.

 

A découvrir :

Les sonates pour piano de Mozart ne sont pas ses œuvres les plus célèbres (excepté le 3° mouvement " Alla turca " de la sonate n°11, que tout le monde a entendu au moins une fois dans sa vie), mais elles méritent largement que l’on s’y attarde. Subtiles et faciles d’accès, très représentatives de l’aspect le plus connu du compositeur (sa légèreté, son côté " espiègle ", même si les sonates n°8 et 14 sont beaucoup plus sombres et dramatiques, presque beethovéniennes) , il serait dommage de passer à côté. D’autant plus qu’une intégrale des sonates pour piano est disponible dans la collection de coffrets classiques d’EMI (cf. photos ci-dessus) et elles y sont remarquablement interprétées par Christian Zacharias. Ce coffret de 5 CD étant vendu dans le commerce au prix d’un album, faut être totalement insensible à Mozart pour s’en priver.

Dans quel ordre les découvrir ? En prenant en compte les qualités esthétiques et l’accessibilité de ces sonates, je vous suggère de les écouter en suivant ce petit classement vite fait et forcément discutable :

8, 11, 10, 17, 16, 4, 18, 14, 13, 7, 12, 2, 1, 15, 3, 9, 6

 

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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 00:49

En plus de sortir des albums de très grandes qualité, tel Ladies first, un des meilleurs de l’année dernière, Jack the Ripper s’avère aussi être un formidable groupe de scène. Ce samedi, j’ai eu la chance de les voir en concert à Rognes. Je parle de chance… mais tout semblait réuni pour un concert raté. Le groupe jouait la veille à Genève, et, à cause des intempéries, ils se sont retrouvés bloqués sur la route et ont joué avec 2 heures de retard. Ils sont arrivés en se faufilant parmi la foule pour installer leurs instruments sur la scène. Et faire la balance, devant un public qui attend depuis un bon moment, avec deux guitaristes, un clavier, un batteur, un bassiste, un trompettiste et une violoniste, c’est loin d’être évident. Ajouté à cela que leur violoniste était malade et a été remplacé au pied levé par une amie (chapeau bas), que la scène était à peine surélevée et qu’il n’y avait aucun jeu de lumière, juste un éclairage un peu trop fort (l'image ci-dessus provient de leur site et d'un précédent concert)… Difficile de voir Jack the Ripper dans de plus mauvaises conditions.

Pourtant, leur prestation a été une grande claque. Principalement pour deux raisons. La première, c’est que leur musique prend une toute autre dimension en " live ". Elle devient beaucoup plus intense, urgente, catharsistique, sans pour autant perdre de sa poésie et de son élégance. Si des effets d’éclairage se seraient mariés à la perfection à leur musique, celle-ci est malgré tout suffisamment expressive et envoûtante pour se suffire à elle-même. Et le chanteur a une telle présence scénique qu’il n’a finalement pas besoin de grand-chose pour captiver l’attention.

La seconde… c’est justement le chanteur. De la trempe des grands. Parce qu’en l’écoutant et en le voyant, on pense à Jim Morrisson, à Robert Plant, à Bowie ou encore Nick Cave, même s’il a son propre " style ". Comparaisons excessives, sans doute, mais à la hauteur de l'impression qu'il m'a laissé. Parce qu’il est habité par ses chansons comme peu le sont. Parce qu’il est inquiétant et émouvant, sauvage et vulnérable… toujours sur le fil du rasoir. Parce qu’il a une voix étonnante et encore plus fascinante sur scène que sur disque (où il est pourtant déjà très bon). Parce qu’il n’est pas là pour faire un récital, mais semble chanter chaque note comme si sa vie en dépendait. Parce que, à l’image d’un Jim Morrisson, il ose un lyrisme et une théâtralité qui ne sont jamais grotesques et lourdingues. Et c’est peut-être là le plus remarquable chez Jack The Ripper. Leur musique, loin, très loin de la mollassonne nouvelle scène française ne craint pas les envolées lyriques, sans tomber dans le pompeux et le pompier kitsch comme l’ont fait Queen ou la plupart des groupes de heavy-metal. Et Arnaud Mazurel, le chanteur, en est la parfaite incarnation.

Jack the Ripper sur scène, c’est l’anti-Vincent Delerm. Un retour à un rock intense, à vif, flamboyant, inspiré, ambitieux, " décomplexé ", lyrique et révolté qui nous ramène aux meilleurs groupes des années 70 (Led Zeppelin, les Doors…). Mais ils n’ont rien d’un groupe nostalgique arrivant après la bataille. Ils ne sont pas un des innombrables clones de Led Zep… On peut parfois penser au Bowie période Hunky Dory, mais aussi à Nick Cave et par endroits aux excellents 16 Horsepower, mais leur musique a suffisamment de personnalité et de style pour ne pas souffrir la comparaison. L’anti-Vincent Delerm, disais-je, parce qu’il y a chez eux de l’urgence, de la fièvre, du panache, un romantisme à la fois onirique et rageur à mille lieux de l’autre. Et à mille lieux de notre époque cynique, apathique, du regard distancié de mise, du post-modernisme flasque et de la mièvrerie des pseudos-artistes qui squattent les ondes et les émissions de télé.

Pour vous en rendre compte par vous-même, j’ai placé leurs prochaines dates de concert dans la colonne de gauche.

Si vous ne connaissez pas leur musique, j’ai mis un lien à la fin de ma chronique de Ladies First vers un titre à écouter (Old stars).

Trois titres live :

Vargtimmen

Old Stars

Words

 

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27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 20:41

2005 - Mute ****

Il vous reste un peu de place dans votre discothèque entre vos Sinatra et Johnny Cash ? Alors rangez-y sans attendre ce sublime album de Richard Hawley. Enfin, ne le rangez pas trop vite, car voilà bien le genre d'album que tout être humain qui n'est pas totalement insensible au plaisir adopte naturellement comme disque de chevet.

 

C’est un pur hasard, mais après avoir parlé d’américains excellant dans le " folk anglais " (Espers et Marissa Nadler) ou dignes successeurs des Beatles (Elliott Smith), après des français à mille lieux de ce qui se fait par ici (Jack the Ripper), après des anglais impeccables dans un registre typiquement américain (les 22-20s) , en voilà encore un qui n’est pas né au bon endroit. Un Johnny Cash qui serait peut-être passé du whisky au champagne, mais qui n’aurait pas vendu pour autant son âme... ni complètement renoncé au whisky. Comment ne pas penser à Cash en écoutant Wading through the water ? Il est toujours présomptueux de faire parler les morts, mais on imagine aisément que Cash n’aurait pas renié ce morceau, comme bon nombre des titres de cet album (tel le très country Just like the rain). Cash, donc, mais aussi Scott Walker et Sinatra. Il y a une telle classe dans les chansons de Richard Hawley que Sinatra, à côté, fait figure de petite frappe italo-américaine en survet' et mocassins tout droit sortie des seconds rôles des Sopranos. Là, j’admets que j’exagère quelque peu… Si tous les américains n’ont pas forcément la " classe américaine ", je pense ici à l’autre qui s’étouffe en bouffant des bretzels, certains " non-américains " l’ont, et Richard Hawley en est le plus brillant exemple. Des compositions magnifiques, une chaleureuse, profonde et somptueuse voix de crooner (et dire que certains osent utiliser ce terme pour le grotesque Dany Brillant)… comment peut-il chanter Born under a bad sign ? Quand on a une voix pareille, on est béni des dieux (je parle de Richard Hawley, bien sûr, pas de Dany Brillant...)

Mais la perfection n’étant pas de ce monde, il fallait bien un titre un peu plus faible que les autres, et c’est ici le cas avec le " royorbinsonien " Hotel Room.

Pour conclure avec un argument de poids :  si vous ne faîtes pas fondre l’être aimé avec cet album, c’est qu’il n’y a aucun espoir… ou qu’il est temps de vous faire à l’idée d’une vie monastique…

 

 

Richard Hawley - Coles Corner

1. Coles corner
2. Just like the rain
3. Hotel room
4. Darlin' wait for me
5. The ocean
6. Born under a bad sign
7. I sleep alone
8. Tonight
9. (Wading through) the waters of my time
10. Who's going to shoe your pretty feet
11. Last orders

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