Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Recherche

Playlist 2024

Classements d'albums

27 mars 2006 1 27 /03 /mars /2006 20:09

Le tube rock de ce début d’année. Très simple, très court (1’18), mais hyper-efficace. Un titre pour retrouver ses 15 ans, ce besoin d’en découdre avec le monde et de tout foutre en l’air. Teigneux, rageur, puissant, accrocheur… Un single que n’aurait pas renié Kurt Cobain. Gross out (quel nom !) est aussi beaucoup plus énervé que les précédents tubes des Vines (highly evolved, get free…). L’album, lui, est dans la lignée de ses prédécesseurs. Pas indispensable, mais plutôt réussi (en même temps, je n’en ai écouté que quelques titres).

Pour écouter (et voir le clip de) Gross out :

 

http://www.nme.com/

 

Puis cliquez sur listen now sur votre droite et sur Vines -Video Gross out.

 

PS : Vous pouvez aussi écouter l'album en entier, mais il faudra vous inscrire (c'est gratuit). Nombreux albums en écoute, dont les derniers Morrissey ou Yeah Yeah Yeahs.

 

Le clip sur Youtube :

 

 

Partager cet article
Repost0
25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 18:02

Electro               1998 - Ninja Tune *****

  

 

Comme le disait Gainsbourg, la chanson et le rock sont des arts mineurs qui ne peuvent rivaliser avec le classique et le jazz. Mais à toute règle, il faut des exceptions. Quelques-unes existent dans l’électro, tels Aphex Twin et Autechre qui n’ont pas à rougir face à la musique contemporaine savante. Le " cas " Amon Tobin est encore plus intéressant. Car il a réussi à créer une musique originale et complexe qui n’en reste pas moins assez accessible (mais si vous êtes fan d’Hélène Ségara, vous risquez d’avoir un peu de mal...)

 

Avec les logiciels et le matériel actuels, tout le monde peut créer des morceaux qui donnent l’apparence de la complexité, avec des rythmes et des sons qui partent dans tous les sens. Mais savoir les organiser pour en faire de véritables œuvres cohérentes est autrement plus délicat. Et s’il en est un qui maîtrise cela à la perfection, c’est bien l’anglo-brésilien Amon Tobin.

  

Le talent d’Amon Tobin c’est (entre autres) de savoir composer des albums cohérents, donc, où l’on n’a pas l’impression d’être face à un bidouilleur qui ne sait pas trop lui-même ce qu’il fait, et suffisamment denses et riches pour n’être jamais linéaires et monotones. Comme je l’ai écrit il y a quelques temps, Sea Inside body de Kelpe est un peu dans la même veine. Mais aussi bon soit l’album de Kelpe (et il est excellent !), Amon Tobin est un ton au dessus.

 

Ses albums (particulièrement Permutation et Out from out where) sont des albums-monde, des albums dont on ne vient jamais réellement à bout tant ils regorgent d’idées (les trouvailles sonores et leurs superpositions sont fascinantes). Il y a tout, chez Amon Tobin, mais un tout " organique ", pas bordélique (enfin… le bordel faisant partie du tout, il a aussi sa place). Sa musique est profonde et légère, sombre et ludique, agréable et angoissante, sauvage et planante, lyrique et sarcastique, expérimentale et accessible, subtile et fracassante, hyper-structurée et… bordélique.

Le plus saisissant, c’est qu’il arrive sur certains morceaux à faire coexister toutes ces caractéristiques sans perdre le fil, sans qu’on ait la désagréable sensation d’ingurgiter une bouillie post-moderne.

Comme c’est le cas pour les grandes œuvres classiques, on en perd beaucoup si on le laisse juste en bruit de fond, si on ne s’y plonge pas pleinement. Ça me fait mal de laisser un titre en mp3, sachant que certains l’écouteront avec un son médiocre et un temps de cerveau moyennement disponible puisqu’ils surferont sur le net en même temps. Mais bon, si ça peut en séduire d’autres qui achèteront le disque après…

De toute façon, il n’y a pas le moindre petit début de raison à ne pas acheter ses albums. A moins d’être hermétique à la musique électronique. Car, outre le fait qu’il est un des compositeurs les plus inspirés de l’époque, ajoutons qu’il n’est pas, comme certains vendeurs de soupe, opposé au p2p (il comprend, lui, ce qu’est la passion de la musique, l’envie de découvertes et le manque de moyens financiers) et il est produit par un label indépendant (donc pas un de vos sous n’ira dans la poche de Pascal Nègre & cie, c’est toujours ça de gagné…)

Par quel album commencer ? C’est à vous de voir… je conseillerais principalement (et dans l’ordre) Permutation ("jazzy" et tribal), Out from out where (particulièrement sombre, martial et "orientalisant") et Bricolage (un peu plus aérien et calme que les deux autres, mais aussi réussi). 

 

Pour finir, et revenir sur ce qui est un des leitmotiv de ces pages… le seul problème avec Amon Tobin, c’est de ne pas avoir l’époque qu’il mérite. Certes, il est très célèbre dans le milieu de l’électro, mais s’il vivait dans un monde un peu plus éclairé, nul doute qu’il serait incontournable et prendrait la place que les stars en toc de la chansonnette volent aux vrais artistes.

 

Extrait de permutation : The Bridge

La fiche d'Amon Tobin (avec tous ses albums en écoute)

Partager cet article
Repost0
22 mars 2006 3 22 /03 /mars /2006 18:02

 

Comme souvent, je digresse et m’écarte du sujet de ce blog…

Une bonne idée, ce " printemps du cinéma ", pour se faire une petite cure de films et constater… que le cinéma français fait pâle figure à côté du cinéma américain. En même temps je dis ça mais ne suis pas allé voir un seul film français. Faut dire qu’ils ne sont pas très alléchants. Entre de grosses comédies bien grasses (les Bronzés 3, Incontrôlable), bien maigres (Essaye-moi, Je vous trouve très beau, Du jour au lendemain), ou fades et polies (Fauteuils d’orchestre), des films rétro qui fleurent bon… la naphtaline (le temps des porte-plumes) et les histoires sentimentales anecdotiques de trentenaires navrants (Quand les anges s’en mèlent, Toi et moi), même 3,5 euros paraît très cher payé. Certes, il y a bien le dernier Chabrol qui traite d’un sujet un peu plus pertinent… mais pour une fois qu’un réalisateur français s’attaque à un sujet d’actualité politique et d’importance, il s’en défend partout et assure que ce sont les personnages qui l’ont intéressé, pas l’affaire Elf.

Que dit le cinéma français de la France ? Que c’est un pays de beaufs (bronzés) et de bobos (Fauteuils d’orchestre), qui cherche ses racines dans une campagne de carte postale (le temps des porte-plumes) et dont les citoyens se préoccupent principalement de savoir avec qui ils coucheront ce soir (Quand les anges…).

Que dit le cinéma américain de l’Amérique ? Que c’est un pays qui s’interroge sur lui-même, qui interroge ses origines (Le Nouveau Monde), sa liberté d’expression (Good night and good luck), ses " héros " ou anti-héros (Walk the Line), ses relations avec le monde (Syriana, Lord of Wars) et réfléchit sur les conflits majeurs de l’époque (Munich).

Il est clair qu’on ne peut lire un pays à travers son cinéma, que l’Amérique actuelle n’est pas ce que nous en montre Hollywood… mais elle a au moins un cinéma qui a l’ambition de la faire réagir, de l’éclairer, pas juste de la distraire mollement. Face à un cinéma américain adulte et engagé, la France présente un cinéma totalement régressif (blagues potaches, nostalgie, enfermement dans de petites amourettes insipides). On est bien loin du cliché d’un cinéma américain purement spectaculaire et divertissant, et d’un cinéma français exigeant.

Même dans leurs très grosses productions spectaculaires, les américains n’hésitent pas à faire de la politique (La Guerre des Mondes et le dernier Star Wars s’en prennent –dixit leurs auteurs – à l’hégémonie de l’Amérique). Je n’ai pas vu les gros succès français de ces dernières années, mais il ne me semble pas qu’il y ait une quelconque dimension politique dans Brice de Nice ou Podium

Si encore on pouvait s’enorgueillir d’un travail esthétique de meilleure qualité… Mais il suffit d’avoir vu les bandes annonces des Bronzés, de Je vous trouve très beau et des autres pour comprendre que la réalisation y rivalise de médiocrité avec les plus plats et laids des téléfilms… Ce qui n’est absolument pas le cas de Good Night and Good Luck, Le Nouveau Monde et Munich, tous trois magnifiquement mis en scènes.

Après, on pourrait aussi se dire que le cinéma américain est engagé et inspiré parce que l’Amérique est en crise et particulièrement critiquable dans ces années Bush. Certes... Mais n’a-t-on vraiment aucune raison, en France, de se questionner sur le système qui est le notre ? Bien sûr que non ! Les problèmes en France, on connaît pas ! Il n’y a pas eu d’émeutes dans les banlieues, la jeunesse n’est pas dans la rue etc, etc…

Pourquoi faire chez nous un film comme Good Night and Good Luck ? La presse est parfaitement indépendante, RDDV n’a pas pour projet de surveiller et censurer les blogs et l’info sur le net, les journalistes ne sont jamais de mèche avec les politiques, Chirac n’a pas fait la leçon à Charlie-hebdo à propos des " caricatures ", le spectacle et le divertissement ne prennent jamais le pas sur l’information…

Pourquoi faire Syriana ? La France, digne et noble, s’est opposée à la guerre en Irak par un réel attachement aux droits de l’homme, nous n’avons jamais eu d’intérêts pétroliers avec l’Irak de Saddam Hussein, nous n’avons pas le moindre petit début de relation avec des dictatures et gouvernements tyranniques…

Pourquoi faire Lord of Wars ? La vente d’armes, en France, on connaît pas, nous ne sommes absolument pas le genre de pays champion de la vente d’armes partout dans le monde (et peu importe le camp ou la moralité de l’acheteur…)

Pourquoi faire Munich ? Aucune raison valable ! Le terrorisme et le conflit israëlio-palestinien sont si loin de nous…

Mention spéciale à Clooney, acteur et co-producteur de Syriana, réalisateur, acteur et co-scénariste de Good Night and Good Luck. S’il continue sur cette voie-là, il va devenir une sorte de Michaël Moore… en plus fin (dans tous les sens du terme, même s’il a pris 15kgs pour son rôle dans Syriana).

Clooney vieillit bien… comme Spielberg. Je n’ai jamais été un grand fan du cinéma de Spielberg, mais faut avouer que depuis quelques années il est monté d’un cran. Munich est peut-être même son meilleur film. Réalisation efficace et très soignée, reconstitution historique réaliste, crédible, envoûtante, histoire passionnante, ambiances travaillées, sens du détail et personnages marquants… seules petites réserves : quelques clichés et une scène pas très heureuse où il jongle entre une relation sexuelle et l’attentat de Munich… par contre, il n’est pas certain que ces 2h40 captivantes sur grand écran soient aussi prenantes sur un écran de télé…

Saluons aussi le courage de Spielberg. Qui a reçu de nombreuses menaces de mort pendant le tournage, mais a tenu bon. A côté, ce sont de vrais petits rigolos les acteurs français qui disent "se mettre en danger" quand ils acceptent un rôle légèrement différent de ce qu'ils ont l'habitude de jouer... Le courage de Spielberg, donc, qui réussit un film complexe, sans manichéisme, qui lui a valu autant de critiques de la part des pro-israëliens et des pro-palestiniens. Ce qui est finalement bon signe...

Hollywood n’a cependant pas renoncé totalement au divertissement facile et bas de gamme. Mais au train où vont les choses, le cinéma américain va considérablement gagner en densité et pertinence alors que l’exception culturelle française, dans quelques années, ce sera d’être totalement déconnecté du monde, de l’actualité et des enjeux majeurs de l’époque…

 

Partager cet article
Repost0