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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 16:22

Rivages Rouge, Payot, 2009 (préface de JD Beauvallet) 

 

Manchester-Music-city.jpgLe meilleur argument que je puisse trouver pour vous inciter à lire ce bouquin, c'est que je n'ai jamais vraiment aimé les Buzzcocks, Smiths, Stone Roses, James, Inspiral Carpets, Oasis ; groupes phares de Manchester surévalués à mon goût... pourtant, ce livre m'a passionné (et pas seulement parce qu'il est aussi beaucoup question, évidemment, de Joy Division).

 

Le principe est intéressant, John Robb (auteur et musicien), a recueilli pendant une année les témoignages de tous les principaux acteurs de la scène musicale de Manchester (groupes, producteurs, managers, DJ, journalistes, fans etc... et l'inévitable Tony Wilson, bien entendu) sur chacune des époques qu'ils ont traversées. Par exemple, vous retrouverez tout au long du livre Johnny Marr, qui raconte ses premiers concerts à Manchester lors de la période punk, les disquaires et clubs où il traînait, puis, plus loin, la formation des Smiths, le succès, et à la fin son avis sur les groupes de Manchester plus récents (fans des Smiths, rassurez-vous, Morrissey - comme les autres membres du groupe - s'exprime aussi sur tous ces sujets, mais Johnny Marr est particulièrement loquace). Pour chaque période s'entrecroisent ainsi les récits de tous ceux qui l'ont vécu (de l'intérieur ou de l'extérieur), ce qui permet une lecture "chronologique" où l'on saisit bien l'évolution de la scène musicale de Manchester, avec à chaque fois plusieurs points de vue. Mais ce procédé de "récits croisés" est autant une des grandes forces du livre qu'une de ses limites, car ceux qui ne connaissent rien à cette scène et ne voient pas qui sont des Peter Hook, Howard Devoto, Shaun Ryder, Genesis P. Orridge et autres Ian Brown pourraient être un peu perdus par endroits, et obligés de se rendre chaque fois au "générique de fin" pour savoir à quel groupe appartient celui qui parle (ce n'est précisé que lors de la première intervention de chacun).

 

Les Buzzcocks, Joy Division, New Order, Smiths, Happy Mondays, Stone Roses et Oasis cités sur la couverture ont bien sûr une place de choix dans le livre (ainsi que ces labels et lieux "mythiques" que sont Factory et l'Haçienda, et des événements fondateurs comme le concert des Sex Pistols au Free Trade Hall), mais de Herman's Hermits aux Doves en passant par A Certain Ratio, Magazine, Section 25, The Fall, 808 State, A Guy Called Gerald, Inspiral Carpets, les Charlatans, Chemical Brothers, The Verve , Badly Drawn Boy et tant d'autres, quasiment tous les groupes mancuniens qui ont compté sont présents. Manquent à l'appel... Mark E. Smith (il en est souvent question, mais n'a pas voulu s'exprimer, ce qui n'étonnera personne) et Autechre. Le seul vrai reproche que je pourrais faire au bouquin, c'est justement l'absence d'Autechre. Mais à la décharge de l'auteur, le livre se focalise plus sur la scène rock - même si une bonne partie concerne la scène électro-dance, essentielle pour comprendre "Madchester" - et Autechre est, dans tous les sens du terme, un groupe à part.

 

Un ouvrage dense (480 pages), très réussi, qui montre bien l'évolution de la ville, la genèse aléatoire et amateuriste des groupes rock, la continuité entre les différents artistes mancuniens et comment passer de Joy Division aux Happy Mondays, d'une ville industrielle terne et glauque à la madchester psychédélique et colorée, de l'héroïne à l'ecsta, de Factory à l'Haçienda... et pourtant, il est assez paradoxal de constater que ce qui est la "base" de la musique pop à Manchester dans les 60's, c'est l'intérêt très prononcé de ses habitants pour les musiques noires américaines. Car les Buzzcocks, Joy Division, Smiths, James et autres the Verve seront des groupes typiquement représentatifs d'un "rock anglais blanc", très loin des racines blues et du groove. S'il existe une réelle continuité dans la scène musicale de Manchester, ses racines noires-américaines n'ont pas autant qu'on aurait pu le penser contribué à définir le son de la ville et l'identité de ses groupes phares.

 

Il serait formidable que ce type de bouquins puisse exister pour toutes les grandes villes musicales... car il faut bien entendu que la ville ait eu une certain poids dans l'histoire de la musique pop pour intéresser au-delà de ses frontières. Un Tourcoing, Perpignan ou "Roubaix Music City 1976-1996", pas sûr que ce soit d'un intérêt exceptionnel...     

      

Bref, un livre que je conseille vivement à tous les amateurs d'histoire du rock, même s'ils ne sont pas forcément de grands fans de la scène de Manchester (et s'ils le sont, ils ne peuvent en faire l'économie : Thom et Guic, ce livre est fait pour vous...)

 

Et pour conclure sur une citation d'un des personnages de cette scène, puisque ce sont eux qui ont la parole tout au long du bouquin de Robb : "Le Greater Manchester Council a publié un livre sur la régénération de la ville. Au début, il y a une chronologie qui retrace les événements importants liés à Manchester. La deuxième entrée, c'est la date de l'ouvreture de l'Haçienda. C'est marrant de se dire que la ville a été transformée par une bande de barjots comme Factory, des types qui faisaient leur truc en indépendants, sans l'aide de personne, et qui se sont installés sur Whitworth Street West, dans un quartier où personne n'osait aller. Tout ça, c'est grâce à Rob Gretton et à Tony Wilson." (Ben Kelly, designer)  

 

A lire, en complément : Pourquoi Joy Division ?

 

A écouter, en illustration : Manchester Playlist

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Published by G.T. - dans Livres
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commentaires

GT 24/05/2010 20:57



CORTEZ : Ah merde, j'avais loupé ton commentaire, et donc l'émission...


 


TWIST : Tout à fait d'accord... même sur la très bonne préface de Beauvallet, alors que je suis loin d'être toujours de son
avis...



-Twist- 24/05/2010 18:06



En train de le lire. Et c'est vraiment passionnant. A la lecture on sent vraiment que l'arrivée du punk change tout.


Un peu difficile de resituer tout le monde à chaque fois, mais à part ca...


 


Ah si, très bon avant-propos de JD Beauvallet, il faut le signaler.



CortezTheKiller 19/05/2010 19:30



Pour ceux que ça tente : Sur le site de "C'est Lenoir", possibilité d'écouter l'emission d'hier au soir (Concert de Joy Divisioon aux Bains Douches le 18/12/79)



GT 19/05/2010 14:54



ARBOBO : Oui, et c'est bien ça le pire ;-)



arbobo 19/05/2010 12:04



tu voulais dire ta conscience bénévole, non? ;-)



GT 19/05/2010 11:39



LYLE : Je sais, ma conscience professionnelle me tuera^^


 


GUIC : T'es sûr que c'est pas plutôt "Pearl James" ? :-)



Guic' the old 19/05/2010 10:04



Précision pour G.T. tant qu'on y est: Non, Pearl Jam n'est pas un groupe tribute à Paul Weller. (Qui n'a rien à voir avec Eddie Vedder malgré les similarités orthographiques entre leurs noms) :-)



lyle 19/05/2010 10:02



"le dernier Paul Weller est un des prochains disques que je vais écouter"


 


Tu n'es vraiment pas raisonnable de t'imposer des choses pareilles... :)



GT 19/05/2010 01:32



SUNALEE : c'était la minute bibliothécaire de Sunalee


Je t'engagerais bien comme chroniqueuse, pour, chaque semaine, une "minute bibliothécaire de Sunalee"... sauf que le terme ""chroniqueuse" est tellement vilain que non :-)


(Sinon, je connais surtout les CD Rough Guide, faudrait que je lise les bouquins...)


ARBOBO : Oui, et Berlin fait bien sûr partie de ces grandes villes auxquelles on pense tout de suite lorsqu'il est question de
"villes qui ont compté dans l'évolution des musiques actuelles"...


 


DAHU : Ah le con (je parle pour moi, bien sûr)... Je connais The Jam, tout de même (et le dernier Paul Weller est un des
prochains disques que je vais écouter), mais c'est vrai que James comme The Jam n'ont jamais été des groupes que j'ai beaucoup écouté, et j'ai toujours tendance à confondre bêtement leurs noms...


 


THOM : Oui, qu'est-ce qu'on peut lire comme connerie sur le net... il serait grand temps d'élire un vrai président de la
blogosphère, qui remette de l'ordre dans tout ça :-) 


 


RALPH : Le problème, c'est que les 3-4 fois où j'ai essayé spotify, il y avait tellement de pubs audios que ça m'a rebuté...


 


 



Dahu Clipperton 19/05/2010 01:21



Spotify, GT ne peut pas s'en servir, il n'a pas de téléphone portable pour s'inscrire


Il est même tellement à la ramasse question nouvelles technologies qu'il a fallu que Christophe lui répète 15 fois : Quand je te parle de CSS, ça n'a rien à voir avec l'electro pop à la brésilienne. Dedieu !


 



Ralph 19/05/2010 00:51



Avez-vous pensé à faire les playlists avec Spotify?
Très bien livre, très interressant! Merci!



Thom 18/05/2010 21:25



La morale de cette histoire est que sur le Net, n'importe quel gland peut écrire une connerie, et tous les lecteurs n'y verront que du feu pendant trois jours. Votez Copé ! :-)



Dahu Clipperton 18/05/2010 19:56



GT : mort de rire, je viens de voir le quiproquo : tu as bien écrit Jam, et tu me réponds au sujet de James ! Donc après vérification : The Jam (tu sais, le groupe de Paul
Weller... mais tu connais pas, je pense^^) n'est certes pas de Manchester (mais de Woking) (une ville où l'on apprécie sans doute la cuisine du sud-est asiatique), mais t'as qu'à pas marquer
n'importe quoi, d'abord 


 


Donc, résultat des courses : James n'est certes pas bien groovy, alors que The Jam, plutôt si quand même, mais comme ils ne sont pas de Manchester, GT peut continuer à raconter des balivernes.
C'est quoi ce rade ?


 


Arbobo : dieu me pende, quel élan de bon goût !



arbobo 18/05/2010 17:21



c'est vrai que de tous les groupes qui avaient le potentiel pour devenir culte, Joy div tenait la corde



arbobo 18/05/2010 17:00



sur Berlin j'ai commenté le fabuleux 'Berlin, sampler', l'éditeur a le projet d'étendre à d'autres villes pour faire une collection, apparemment, mais ça couvre une période d'1 siècle


http://www.arbobo.fr/berlin-sampler-livre-de-voyage-et-de-sons/



sunalee 18/05/2010 16:45



"Il serait formidable que ce type de bouquins puisse exister pour toutes les grandes villes
musicales"


Je peux conseiller le Rough Guide: Music USA: plutôt un guide mais très intéressant parce que brassant tous les genres, de la soul à la country en passant par le rock.


Et j'ai gardé un bon souvenir d'un livre que j'ai lu à l'époque: On the road to Nirvana dans lequel Gina
Arnold raconte ses expériences dans différentes villes des USA à l'époque des débuts du grunge et apparentés.


- c'était la minute bibliothécaire de Sunalee -



GT 18/05/2010 14:44



DAHU : Ce que je remarque, dans la 5° piste de l'album de James que tu me mets en lien, c'est surtout que la rythmique est
largement pompée sur celle de Taxman ^^... 


Est-ce que j'exagère lorsque je dis qu'ils sont loin du groove et du blues ? Peut-être un chouïa, en effet, mais vraiment pas plus :-)


Quant à Shaun Ryder, rien que pour ses récits de débauche, le livre vaut le coup^^


 


GUIC : Ce n'est évidemment pas un hasard si je le publie maintenant, mais en hommage à Ian Curtis


(je déconne, bien sûr, je ne savais pas du tout que c'était l'anniversaire de sa mort)


(j'adore Joy Division, mais pas au point de brûler un cierge à chaque anniversaire de la mort de Curtis)


(même pour les 30 ans) 


(et je te vois venir avec "Joy Division, c'est vachement surfait" mais non, je ne rentrerai pas là-dedans^^)  



Guic' the old 18/05/2010 09:40



Tiens, en parlant de ça, aujourd'hui ça fait exactement 30 ans que Ian Curtis a cuisiné pour la dernière fois.


 


(Sinon, vous trouvez pas que Joy Division c'est quand même vachement surfait?) :-)



Dahu Clipperton 18/05/2010 01:20



Car les Buzzcocks, Joy Division, Smiths, Jam et autres the Verve seront des groupes typiquement
représentatifs d'un "rock anglais blanc", très loin des racines blues et du groove.


 


T'exagère pas un chouïa, là, quand même ? The Jam, pas groovy ? S'il y a un groupe qui était fortement imprégné de groove, qu'il soit d'obédience jamaïquaine ou Motown, c'est eux ! Que Bruce
Foxton, formidable bassiste du groupe, m'en soit témoin ^^


Si tu hésites encore, tu peux (ré)écouter cet album (file direct à la 5ème piste pour lever les derniers doutes)


(ou tu réécoutes Precious, ou Town called malice...)


(je ne dis surtout pas ça pour t'emmerder^^)


 


Pour revenir aux Happy Mondays, et répondre à ce que disait Christophe l'autre fois : j'aime bien Pills'n'thrills & bellyaches (non mais, ce titre...), et ça m'arrive de me le coller
parfois... m'enfin, surtout Kinky afro (la midinette pop en moi, toussa) et Bob's your uncle, fabuleuse chanson de cul (4/4 in a bed, 4 getting wet, 3 giving head : no
comment, comme qui dirait).


Mais rien à faire, c'est daté (pas que dans le bon sens : rhalala, ces claviers... sans parler de ces beats qu'on retrouvait partout au début des 90s...), et ça a du mal à "sonner" plus fort que
le groupe d'incommensurables branleurs assumés que c'était. Pas vraiment des "songwriters", les garçons (c'est pas un hasard si Kinky afro, LE tube, n'est jamais qu'une resucée de
Lady marmalade...), ils ont quand même toujours un peu trop l'air de s'en foutre pour être vraiment convaincants, non ?


Quoique, c'est aussi ce qui peut faire leur "charme" (et là je repense à ce vieux junkie de Shaun Ryder, et je me dis que ce n'est pas le terme adéquat^^)



GT 17/05/2010 22:27



THOM : Quoi ? Tu n'as pas lu "Dieppe Music City 1972-2006" ? ;-)


 


(et même si tu n'es pas un "fanatique" de la scène de Manchester, sur les 7 groupes mis en évidence, il y en a tout de même 4 que tu adores... moi, il n'y en a qu'un...)


(donc tu devrais prendre 4 fois plus ton pied que moi à la lecture de ce très bon bouquin^^)  



Thierry 17/05/2010 22:23



Et mon frère habite à Neuville-Lez-D...



Thom 17/05/2010 22:02



(je suis NE, bien sûr)



Thom 17/05/2010 22:02



(je suis à Dieppe et je peux affirmer à 100 % qu'aucun bon groupe de rock n'en est jamais sorti ^^)



Thom 17/05/2010 22:01



(c'est pas vrai, hein ^^)



Thom 17/05/2010 22:01


(non, je plaisante ^^) (j'ai déjà acheté ce livre, en fait, figure-toi)


Thom 17/05/2010 22:00



Hein ? Fan de la scène de Manchester ? Moi ? Tu déconnes, j'ai écrit un jour que je ne comprenais pas comment on pouvait considérer les Stones Roses comme des génies (et j'ai aussi écit que les
Happy Mondais étaient un très bon groupe à best of).


 


:-)


 


Non mais évidemment, pour moi c'est un peu différent, puisqu'en fait je suis... né à Manchester. Je n'ai jamais dû te le dire je pense.