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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 18:41

Fado           1992 - Auvidis ****

 

Je ne suis pas un spécialiste de fado (musique traditionnelle portugaise), mais je n’ai pas de doutes sur le fait que ce disque est un des trésors du genre.

Un album qui mérite vraiment que l’on s’y attarde, car le décalage entre sa notoriété et sa qualité est considérable. En tapant Alexandra " un parfum de fado " sur Google, je ne tombe que sur… 27 liens ! Et la plupart sont des vendeurs de disques chez lesquels il est épuisé.

Si elle est quasiment inconnue en France, elle semble tout de même plus célèbre au Portugal. Je ne connais rien au portugais, mais pas besoin d’avoir fait d’études de langues poussées pour comprendre la phrase suivante sur un site consacré au fado :

 

Alexandra, é uma das grandes referências da música portuguesa das últimas três décadas.

A l’écoute de l’album, on n’en doute pas une seconde. Pourquoi cet album est-il donc si méconnu ? Je vous entends derrière vos écrans dire " il doit bien y avoir une faille, un défaut qui l’explique "…

Sa voix ? Sûrement pas. Une si belle voix est un atout majeur, pas un handicap. Dans le pire des cas, on pourrait lui reprocher d’avoir une voix et une façon de chanter assez proches de la " grande dame " du fado, Amalia Rodrigues. Mais face à elle, Alexandra ne souffre pas la comparaison (certes, ce n'est pas Amalia, mais elle a des qualités à revendre).

Les chansons ne sont pas exceptionnelles ? Au contraire ! Même pour un profane, elles ont de superbes mélodies, qui émeuvent et charment à coup sûr. Les 14 fados de ce disque sont des perles du genre. Je ne connais pas d’album d’Amalia Rodrigues avec autant de morceaux captivants.

Le son est mauvais ? Un disques de musiques du monde enregistré par un ethnomusicologue sur un magnétophone pourri ? Non plus…Remarquable prise de son, rien à redire.

C’est le genre de disques de " world-music " où l’on mélange tout et n’importe quoi, avec des boîtes à rythmes et synthés pas toujours de très bon goût ? Toujours pas… le disque a été enregistré en 1977, avec des instruments traditionnels joués par d’excellents musiciens.

Bref…que ce disque reste confidentiel est une énigme qui me dépasse. Capable de séduire à la fois les spécialistes du genre et les novices, il devrait être considéré comme une référence incontournable du fado. Mais que font les journalistes ? Pour en faire des tonnes sur des types qui jouent à la baballe, ils sont là, mais quand il s’agit de réparer cette scandaleuse injustice, y a plus personne…


Je laisse trois titres en écoute :


Fado das Queixas

Marcha do Bairro Alto

Anda O’Fado N’outras Bocas

 

Guitare portugaise : José Luis Nobre Costa

                                Antonio Parreira

Guitare : José Carvalhino

Guitare Basse : Joël Pina

 

Enregistré en 1977 à Lisbonne

 

Alexandra – Un Parfum de fado Vol.2 *

                    Portugal - A spirit of Fado


1. Fado de Cada Um

2. Al Se Os Meus Olhos Falassem

3. Adeus

4. Lenda das Algas

5. Marcha Do Bairro Alto

6. Adeus Mouraria

7. Grande Marcha de Alfama

8. Maria Severa

9. Fado das Queixas

10. Rosa Enjeitada

11. Anda O Fado N'Outras Bocas

12. Fado da Sina

13. Nem as Paredes Confesso

14. Novo Fado da Severa (Rua Do Capelao)


Vol. 2 car c’est une collection en plusieurs volumes. Le volume 3, avec le chanteur Rodrigo, est aussi très bon (je ne connais pas les autres…)

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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 14:35

Italie       22/05/2006 ****

Désolant de voir qu’un aussi bon film ait si peu de succès en France. On peut comprendre qu’un film d’auteur italien sur Berlusconi ne fédère pas autant le public qu’une bande d’abrutis dans un camping ou au club med. Pourtant, Le Caïman n’est en aucun cas un film austère, didactique, ennuyeux… il est au contraire pétillant, vif et réussit l’exploit rare d’être à la fois drôle, émouvant et intelligent.

En une phrase, Le Caïman est l’histoire d’un producteur has-been de séries Z, remarquablement interprété par Silvio Orlando, qui essaye de monter un film sur Berlusconi.

Je parlais il y a quelques temps (ici) de l’incapacité en France de faire des films politiques sur l’actualité " brûlante " (et même tiède ou carrément froide). C’est un des sujets évoqué dans Le Caïman, où il est dit que les américains n’ont aucun problème à mettre en scène leur président dans leur film, alors que les italiens semblent tétanisés par l’idée d’en faire de même. Face à ce postulat, Moretti aurait pu prendre la pose et se faire passer pour le cinéaste héroïque qui se met en danger pour l’amour de la vérité et de la justice. Un film hyper-manichéen opposant le gentil justicier Moretti au méchant tyran Berlusconi était à craindre. Mais Moretti est trop intelligent pour tomber dans ce piège. Pas de mise en scène de menaces de mort, d’intimidation, de sbires de Berlusconi venant saboter le projet. Les moments où les risques de monter un tel film sont évoqués sont traités avec beaucoup d’humour et de légèreté. Le personnage principal ne se lance pas dans de grandes tirades accusatrices sur Berlusconi, mais se retrouve plutôt malgré lui obligé d’aller au bout de ce film qui, en fin de compte, lui importe moins que son divorce et ses enfants. Berlusconi, s’il hante le film du début à la fin, n’est en rien le seul sujet du film. La vie de famille du producteur et les interrogations de Moretti sur le cinéma ont la part belle dans Le Caïman.

Pour en revenir aux films français, certains me rétorqueront " Karl zéro vient de sortir un film sur Chirac ". C’est vrai. Effort louable, suffisamment rare pour être noté (même si le film n’a pas l’air de voler très haut). Mais il le fait alors que Chirac est en fin de règne, qu’il ne semble plus avoir de poids sur la politique actuelle et ne peut plus se représenter. Par contre, Moretti sort son film pendant les élections, sans savoir si Berlusconi resterait au pouvoir. Zéro tire sur une ambulance, et Moretti sur l’homme de pouvoir le plus redoutable d’Italie. Sacrée différence.

 

Comme la plupart des albums dont je parle sur ce blog, Le Caïman est une œuvre exigeante mais très plaisante et accessible, qui mériterait un succès bien plus large. Ce n’est pas par élitisme que je peste régulièrement ici contre la médiocrité des produits que nous survendent les marchands de daubes commerciales. C’est parce qu’il est frustrant de voir des œuvres de qualité accessibles au grand public rester dans l’ombre quand des produits insipides bénéficient de promos stupéfiantes… et du succès immérité qui va avec.

 

Le Caïman (Il Caïmano), de Nanni Moretti :

Bruno : Silvio Orlando

Paola / Aidra : Margherita Buy

Andrea : Daniele Rampello

 

Giacomo : Giacomo Passarelli

Teresa : Jasmine Trinca

Marco Pulici : Michele Placido

le Caïman (dans le film "Le Caïman") : Nanni Moretti

Site officiel : http://www.caiman-lefilm.com/

Vous y trouverez dans " Dernières nouvelles d’Italie " une petite sélection édifiante de phrases prononcées par Berlusconi.

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23 juin 2006 5 23 /06 /juin /2006 18:25

Beaucoup de textes opposés à DADVSI pullulent sur le net. Des bons, des moins bons…mais je suis tombé il y a peu sur celui qui me semble être le plus remarquable sur le sujet. Son seul défaut (si c’en est un) est d’être assez long. Mais il faut bien ça pour être exhaustif et rétablir la vérité, avec bon sens et clarté, après les campagnes de désinformation du gouvernement et des majors.

L’intérêt de ce texte est aussi d’être pédagogique, accessible à tous. Beaucoup de français sont un peu largués sur le sujet… alors n’hésitez pas à renvoyer ceux qui vous demandent des éclaircissements à ce texte. Impossible, après l’avoir lu, de ne pas comprendre les enjeux et problèmes que posent DADVSI… impossible même de ne pas être scandalisé ou de rester indifférent.

Ce texte est l’œuvre d’un sociétaire de la SACEM, Michaël Goldberg, et se trouve à l’adresse suivante :

http://michael.goldberg.free.fr/balivernes/index.php?2006/06/15/7-chere-amie-lectrice-cher-ami-lecteur#co

Un petit extrait, concernant les DRM :

La manne financière devient soudain colossale ! Grâce à la licence d'utilisation, ce n'est pas une fois mais cinq fois ou même dix fois que le consommateur sera amené à payer la même musique ou le même film ! Tous les rêves de grandeur sont permis ! Et lorsqu'une telle rentabilité devient possible, où reste-t-il donc de la place pour le bon vieux CD dans cet univers de culture immatérielle ? Nulle part. Désormais inutile. Comment ne pas céder à la tentation de n'accorder la totalité des ressources qu'à la promotion des deux ou trois artistes qui feront certainement exploser le chiffre d'affaires ? Vous aviez craint la disparition de la diversité culturelle avec l'apparition de la licence globale ? Mais ce sont les DRM qui conduiront à ce résultat !

L’idéal serait de le faire connaître au plus grand nombre possible, voire de l’envoyer aux politiques et à tous ceux qui sont concernés par le sujet.

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