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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 00:19

Parce que c’est de circonstance, parce que l’overdose de foot dure déjà depuis plus d’un mois et va continuer encore longtemps si l’équipe de France a le malheur de gagner en finale, parce qu’il faudra subir ces journaleux et médias qui vont nous faire bouffer du footeux à toutes les sauces… je ne peux résister à placer maintenant ce formidable texte de Desproges, texte qui a pile 20 ans… et toutes ses dents acérées…

 

 

Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied.

Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football.

Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints.

Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s’enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois?

Je vous hais, footballeurs. Vous ne m’avez fait vibrer qu’une fois: le jour où j’ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J’eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu’à la fin du tournoi. Mais Dieu n’a pas voulu. Ça ne m’a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se planque, on ne peut y échapper.

Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait: " Ah, la fille ! " ou bien "Tiens, il est malade", tellement l’idée d’anormalité est solidement solidaire de la non-footballité.

Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celle des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades.

Pierre Desproges : Chroniques de la haine ordinaire.

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5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 15:27

Je comptais laisser tomber la rubrique MP3 - pas assez de temps - mais je suis tombé sur tellement de bonnes choses sur le blog Motel de Moka, très généreux en mp3 :

Du Sonic Youth ( Incinerate, du dernier album, et I love you golden blue)

Rome de Julia Vorontsova

Un instrumental pas mal du tout : Zentrum de Echo Base Soundsystem

Une révélation et une sublime ballade (j’en pleure encore…) : Some dead survive de Julian Angel.

Butterfly explosion - Sophia

Sufjan Stevens - The Henney Buggy band

My Brightest Diamond - Disappear

Du Jazz Bossa, et du bon :

Stanley Turrentine – Wave

Stan Getz – Summertime

Stan Getz & Joao Gilberto – O Grande amor

Dexter Gordon – Love for sale

Joe Henderson – Blue Bossa

 

Plusieurs extraits des BO d’ In the Mood for Love, Lost in translation et V for Vendetta.

Avec le génial (ceux qui ont vu le film ne peuvent l’avoir oublié) In heaven tiré d’ Eraserhead de David Lynch.

I don’t want U de Blonde Redhead

 

Le superbe Forthright de Vic Chesnutt

Brian Eno & John Cale - Cordoba

Midlake – Young Bride

Toutes ces perles sont donc sur Motel de Moka

 

Ensuite…

Deux mp3 de l’exceptionnel dernier album de Scott Walker chez david-f : http://david-f.livejournal.com/

Pris aussi chez david-f : sur YouTube, petit documentaire sur la carrière de Scott Walker avec interview (10 mn) :

http://www.youtube.com/watch?v=ZpwhMiFNPcI

Extrait de l’album solo de Thom Yorke (The eraser), Harrowdown hill, chez AmpCamp :

 

Enfin… un extrait de l’album posthume American V de Johnny Cash : God’s gonna cut you down, sur http://gorillavsbear.blogspot.com/

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2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 16:51

1998 – Quaterstick Records *****

 

L’arrivée de l’été, c’est l’occasion de subir des tas de tubes grotesques mélangeant pop, rock, techno ou dance avec des " musiques du sud ". Les occidentaux qui ne connaissent rien à ces musiques ne peuvent avoir qu’une bien piètre opinion de ce qu’elles sont en écoutant ces insupportables " tubes de l’été " martelés par les radios.

Il est vrai que le rock et les musiques populaires occidentales ne se marient pas toujours de façon heureuse avec les musiques du sud. Dans le meilleur des cas, on a des musiciens du nord et du sud qui se respectent et souhaitent faire quelque chose de bien… mais le risque d’aboutir a un album poli, fade ou trop hétérogène avec des musiciens qui restent timidement chacun dans leur coin est grand. Heureusement, de grandes réussites sont là pour me faire mentir. C'est le cas de l’exceptionnel The Black Light, deuxième (et meilleur) album de Calexico.

Ce groupe rock originaire de Tucson, Arizona, mené par Joey Burns et John Convertino, ne se contente pas d’épicer sa musique d’éléments mariachis. Loin de s’arrêter à un mélange qui aurait déjà pu suffire à les faire remarquer, ils associent librement et avec inspiration des chansons et des instrumentaux, Morricone au rock indépendant, des morceaux où l’atmosphère prime à d’autres où la mélodie est reine, des passages festifs à des passages sombres et, comme c’est le cas pour les grands albums, tout cela fusionne et fonctionne à merveille.


The Black Light
est l’album idéal pour les étés caniculaires, donc pour celui qui s’annonce. Vous crevez de chaud dans un 2 pièces pourri dans une banlieue morose, avec pour seul vue l’immeuble grisâtre d’en face ? Pas de quoi dramatiser (non, je ne suis pas payé par le gouvernement à diffuser de bonnes raisons pour ne pas se révolter contre sa condition). Avec The Black Light, c’est l’Arizona et le Mexique qui viennent à vous à peu de frais. Montez le son, fermez les yeux, et même avec le manque d’imagination d’un réalisateur de téléfilms de France Télévision, le dépaysement sera total et le voyage envoûtant.


La bande-son idéale des grands espaces et des petits motels du sud des Etats-Unis...

 

Formation :


Joey Burns : double-bass, guitars, cello, mandolin, accordion, keyboards, steel guitar, percussion and vox

John Convertino : drums, vibraphone, marimba, accordion, percussion and thunder drum

 

Tasha Bundy : backing vox

Howe Gelb : organ and piano

Neil Harry : pedal steel

Bridget Keating : violin

Gabriel Landin : gitaron

Nick Luca : spanish guitar and claves

Stephanie Nelson : fuzz vox

Rigo Pedroza : trumpet

Fernando Sanchez : trumpet

Al Tapatio : trumpet

 

Site officiel du groupe (vous y trouverez quelques mp3 de leurs albums ou de concerts) :

 

 

Discographie :


- Spoke (1997)
- The Black Light (1998)
- Hot Rail (2000)
- Feast of Wire (2003)
- Garden Ruin (2006)
- Carried To Dust (2008) 

 


Calexico – The Black Light

  1. Gypsy's Curse
  2. Fake Fur
  3. The Ride (pt II)
  4. Where Water Flows
  5. The Black Light
  6. Sideshow
  7. Chach
  8. Missing
  9. Minas De Cobre (for better metal)
  10. Over Your Shoulder
  11. Vinegaroon
  12. Trigger
  13. Sprawl
  14. Stray
  15. Old Man Waltz
  16. Bloodflow
  17. Frontera
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