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Classements d'albums

2 juillet 2006 7 02 /07 /juillet /2006 16:51

1998 – Quaterstick Records *****

 

L’arrivée de l’été, c’est l’occasion de subir des tas de tubes grotesques mélangeant pop, rock, techno ou dance avec des " musiques du sud ". Les occidentaux qui ne connaissent rien à ces musiques ne peuvent avoir qu’une bien piètre opinion de ce qu’elles sont en écoutant ces insupportables " tubes de l’été " martelés par les radios.

Il est vrai que le rock et les musiques populaires occidentales ne se marient pas toujours de façon heureuse avec les musiques du sud. Dans le meilleur des cas, on a des musiciens du nord et du sud qui se respectent et souhaitent faire quelque chose de bien… mais le risque d’aboutir a un album poli, fade ou trop hétérogène avec des musiciens qui restent timidement chacun dans leur coin est grand. Heureusement, de grandes réussites sont là pour me faire mentir. C'est le cas de l’exceptionnel The Black Light, deuxième (et meilleur) album de Calexico.

Ce groupe rock originaire de Tucson, Arizona, mené par Joey Burns et John Convertino, ne se contente pas d’épicer sa musique d’éléments mariachis. Loin de s’arrêter à un mélange qui aurait déjà pu suffire à les faire remarquer, ils associent librement et avec inspiration des chansons et des instrumentaux, Morricone au rock indépendant, des morceaux où l’atmosphère prime à d’autres où la mélodie est reine, des passages festifs à des passages sombres et, comme c’est le cas pour les grands albums, tout cela fusionne et fonctionne à merveille.


The Black Light
est l’album idéal pour les étés caniculaires, donc pour celui qui s’annonce. Vous crevez de chaud dans un 2 pièces pourri dans une banlieue morose, avec pour seul vue l’immeuble grisâtre d’en face ? Pas de quoi dramatiser (non, je ne suis pas payé par le gouvernement à diffuser de bonnes raisons pour ne pas se révolter contre sa condition). Avec The Black Light, c’est l’Arizona et le Mexique qui viennent à vous à peu de frais. Montez le son, fermez les yeux, et même avec le manque d’imagination d’un réalisateur de téléfilms de France Télévision, le dépaysement sera total et le voyage envoûtant.


La bande-son idéale des grands espaces et des petits motels du sud des Etats-Unis...

 

Formation :


Joey Burns : double-bass, guitars, cello, mandolin, accordion, keyboards, steel guitar, percussion and vox

John Convertino : drums, vibraphone, marimba, accordion, percussion and thunder drum

 

Tasha Bundy : backing vox

Howe Gelb : organ and piano

Neil Harry : pedal steel

Bridget Keating : violin

Gabriel Landin : gitaron

Nick Luca : spanish guitar and claves

Stephanie Nelson : fuzz vox

Rigo Pedroza : trumpet

Fernando Sanchez : trumpet

Al Tapatio : trumpet

 

Site officiel du groupe (vous y trouverez quelques mp3 de leurs albums ou de concerts) :

 

 

Discographie :


- Spoke (1997)
- The Black Light (1998)
- Hot Rail (2000)
- Feast of Wire (2003)
- Garden Ruin (2006)
- Carried To Dust (2008) 

 


Calexico – The Black Light

  1. Gypsy's Curse
  2. Fake Fur
  3. The Ride (pt II)
  4. Where Water Flows
  5. The Black Light
  6. Sideshow
  7. Chach
  8. Missing
  9. Minas De Cobre (for better metal)
  10. Over Your Shoulder
  11. Vinegaroon
  12. Trigger
  13. Sprawl
  14. Stray
  15. Old Man Waltz
  16. Bloodflow
  17. Frontera
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28 juin 2006 3 28 /06 /juin /2006 18:41

Fado           1992 - Auvidis ****

 

Je ne suis pas un spécialiste de fado (musique traditionnelle portugaise), mais je n’ai pas de doutes sur le fait que ce disque est un des trésors du genre.

Un album qui mérite vraiment que l’on s’y attarde, car le décalage entre sa notoriété et sa qualité est considérable. En tapant Alexandra " un parfum de fado " sur Google, je ne tombe que sur… 27 liens ! Et la plupart sont des vendeurs de disques chez lesquels il est épuisé.

Si elle est quasiment inconnue en France, elle semble tout de même plus célèbre au Portugal. Je ne connais rien au portugais, mais pas besoin d’avoir fait d’études de langues poussées pour comprendre la phrase suivante sur un site consacré au fado :

 

Alexandra, é uma das grandes referências da música portuguesa das últimas três décadas.

A l’écoute de l’album, on n’en doute pas une seconde. Pourquoi cet album est-il donc si méconnu ? Je vous entends derrière vos écrans dire " il doit bien y avoir une faille, un défaut qui l’explique "…

Sa voix ? Sûrement pas. Une si belle voix est un atout majeur, pas un handicap. Dans le pire des cas, on pourrait lui reprocher d’avoir une voix et une façon de chanter assez proches de la " grande dame " du fado, Amalia Rodrigues. Mais face à elle, Alexandra ne souffre pas la comparaison (certes, ce n'est pas Amalia, mais elle a des qualités à revendre).

Les chansons ne sont pas exceptionnelles ? Au contraire ! Même pour un profane, elles ont de superbes mélodies, qui émeuvent et charment à coup sûr. Les 14 fados de ce disque sont des perles du genre. Je ne connais pas d’album d’Amalia Rodrigues avec autant de morceaux captivants.

Le son est mauvais ? Un disques de musiques du monde enregistré par un ethnomusicologue sur un magnétophone pourri ? Non plus…Remarquable prise de son, rien à redire.

C’est le genre de disques de " world-music " où l’on mélange tout et n’importe quoi, avec des boîtes à rythmes et synthés pas toujours de très bon goût ? Toujours pas… le disque a été enregistré en 1977, avec des instruments traditionnels joués par d’excellents musiciens.

Bref…que ce disque reste confidentiel est une énigme qui me dépasse. Capable de séduire à la fois les spécialistes du genre et les novices, il devrait être considéré comme une référence incontournable du fado. Mais que font les journalistes ? Pour en faire des tonnes sur des types qui jouent à la baballe, ils sont là, mais quand il s’agit de réparer cette scandaleuse injustice, y a plus personne…


Je laisse trois titres en écoute :


Fado das Queixas

Marcha do Bairro Alto

Anda O’Fado N’outras Bocas

 

Guitare portugaise : José Luis Nobre Costa

                                Antonio Parreira

Guitare : José Carvalhino

Guitare Basse : Joël Pina

 

Enregistré en 1977 à Lisbonne

 

Alexandra – Un Parfum de fado Vol.2 *

                    Portugal - A spirit of Fado


1. Fado de Cada Um

2. Al Se Os Meus Olhos Falassem

3. Adeus

4. Lenda das Algas

5. Marcha Do Bairro Alto

6. Adeus Mouraria

7. Grande Marcha de Alfama

8. Maria Severa

9. Fado das Queixas

10. Rosa Enjeitada

11. Anda O Fado N'Outras Bocas

12. Fado da Sina

13. Nem as Paredes Confesso

14. Novo Fado da Severa (Rua Do Capelao)


Vol. 2 car c’est une collection en plusieurs volumes. Le volume 3, avec le chanteur Rodrigo, est aussi très bon (je ne connais pas les autres…)

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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 14:35

Italie       22/05/2006 ****

Désolant de voir qu’un aussi bon film ait si peu de succès en France. On peut comprendre qu’un film d’auteur italien sur Berlusconi ne fédère pas autant le public qu’une bande d’abrutis dans un camping ou au club med. Pourtant, Le Caïman n’est en aucun cas un film austère, didactique, ennuyeux… il est au contraire pétillant, vif et réussit l’exploit rare d’être à la fois drôle, émouvant et intelligent.

En une phrase, Le Caïman est l’histoire d’un producteur has-been de séries Z, remarquablement interprété par Silvio Orlando, qui essaye de monter un film sur Berlusconi.

Je parlais il y a quelques temps (ici) de l’incapacité en France de faire des films politiques sur l’actualité " brûlante " (et même tiède ou carrément froide). C’est un des sujets évoqué dans Le Caïman, où il est dit que les américains n’ont aucun problème à mettre en scène leur président dans leur film, alors que les italiens semblent tétanisés par l’idée d’en faire de même. Face à ce postulat, Moretti aurait pu prendre la pose et se faire passer pour le cinéaste héroïque qui se met en danger pour l’amour de la vérité et de la justice. Un film hyper-manichéen opposant le gentil justicier Moretti au méchant tyran Berlusconi était à craindre. Mais Moretti est trop intelligent pour tomber dans ce piège. Pas de mise en scène de menaces de mort, d’intimidation, de sbires de Berlusconi venant saboter le projet. Les moments où les risques de monter un tel film sont évoqués sont traités avec beaucoup d’humour et de légèreté. Le personnage principal ne se lance pas dans de grandes tirades accusatrices sur Berlusconi, mais se retrouve plutôt malgré lui obligé d’aller au bout de ce film qui, en fin de compte, lui importe moins que son divorce et ses enfants. Berlusconi, s’il hante le film du début à la fin, n’est en rien le seul sujet du film. La vie de famille du producteur et les interrogations de Moretti sur le cinéma ont la part belle dans Le Caïman.

Pour en revenir aux films français, certains me rétorqueront " Karl zéro vient de sortir un film sur Chirac ". C’est vrai. Effort louable, suffisamment rare pour être noté (même si le film n’a pas l’air de voler très haut). Mais il le fait alors que Chirac est en fin de règne, qu’il ne semble plus avoir de poids sur la politique actuelle et ne peut plus se représenter. Par contre, Moretti sort son film pendant les élections, sans savoir si Berlusconi resterait au pouvoir. Zéro tire sur une ambulance, et Moretti sur l’homme de pouvoir le plus redoutable d’Italie. Sacrée différence.

 

Comme la plupart des albums dont je parle sur ce blog, Le Caïman est une œuvre exigeante mais très plaisante et accessible, qui mériterait un succès bien plus large. Ce n’est pas par élitisme que je peste régulièrement ici contre la médiocrité des produits que nous survendent les marchands de daubes commerciales. C’est parce qu’il est frustrant de voir des œuvres de qualité accessibles au grand public rester dans l’ombre quand des produits insipides bénéficient de promos stupéfiantes… et du succès immérité qui va avec.

 

Le Caïman (Il Caïmano), de Nanni Moretti :

Bruno : Silvio Orlando

Paola / Aidra : Margherita Buy

Andrea : Daniele Rampello

 

Giacomo : Giacomo Passarelli

Teresa : Jasmine Trinca

Marco Pulici : Michele Placido

le Caïman (dans le film "Le Caïman") : Nanni Moretti

Site officiel : http://www.caiman-lefilm.com/

Vous y trouverez dans " Dernières nouvelles d’Italie " une petite sélection édifiante de phrases prononcées par Berlusconi.

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