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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 17:35

Expliquer ce que sont les tonalités, les accords parfaits majeurs et mineurs, les règles harmoniques, est un vrai défi lorsque l'on s'adresse à de non-musiciens (et même à certains musiciens). C'est un cercle vicieux : pour comprendre ce qu'est une tonalité, il faut comprendre ce qu'est un accord, pour comprendre les accords et leur utilisation, il faut comprendre les gammes, pour comprendre les gammes, il faut comprendre comment elles s'utilisent dans une tonalité. Mais chacun a la possibilité d'entendre la différence entre tonalités majeures et tonalités mineures : le majeur sonne plutôt joyeux, le mineur triste. Distinguer une musique joyeuse d'une musique triste, c'est à la portée de tous ; n'importe, sans ne rien connaître de la théorie musicale, peut dire d'un morceau s'il est en majeur ou en mineur. Pourtant... il faut aussi nuancer, on peut faire du "mineur joyeux" et du "majeur triste". Mais ce sont là plutôt des exceptions, la très grande majorité des morceaux en mineur que vous ferez écouter à quelqu'un lui sembleront tristes (ou sombres, mélancoliques, etc...) 
Par exemple, les musiques tziganes ou orientales, généralement en mineur, peuvent être "festives" selon la manière dont elles sont jouées, mais elles ont toujours un peu de la tristesse du mineur.

Pourquoi cette tristesse du mineur ? Il existe une réponse assez simple à cette question : les intervalles mineurs sont des intervalles plus petits, plus "ressérés" que les intervalles majeurs... ce qui donne cette impression de mélancolie, d'introversion, de mystère. Prenez une comptine pour enfants, jouez-la en mineur... et vous verrez qu'elle perdra de son côté léger et apaisé, elle s'assombrira et deviendra mélancolique. Un chef-d'oeuvre l'illustre bien, la 1ère symphonie de Mahler dont le 3° mouvement reprend sous forme de marche funèbre le fameux chant pour enfant, Frère Jacques (Bruder Martin chez les allemands et autrichiens), joué en mineur. Ce mouvement a fait scandale à l'époque, on trouvait notamment qu'il y avait quelque chose de maléfique, satanique, à détourner cette comptine innocente pour enfants :

 

Cf. mon article sur le 3° Mouvement de la Symphonie n°1 en Ré Majeur de Mahler.

(La Symphonie est en Ré majeur, mais ce mouvement est bien entendu en mineur.)

  

  

Le rythme de marche funèbre et la sonorité plaintive des contrebasses jouées dans l'aigu contribuent  à assombrir Frère Jacques, mais c'est la transformation des intervalles majeurs en mineur qui change vraiment le caractère de cette comptine. 

Qu'est-ce qu'un intervalle ? C'est la distance qui va séparer deux notes. Vous connaissez forcément l'ordre des notes : Do Ré Mi fa Sol la Si Do. 
De Do à Ré, il y a un intervalle de seconde.
De Do à Mi, un intervalle de tierce
Do-Fa : quarte
Do-Sol : quinte
Do-La : sixte
Do-Si : septième
Do-Do (aigu) : octave

C'est l'intervalle de tierce par rapport à la note principale (la fondamentale) qui détermine si la tonalité est majeure ou mineure. Donc, dans la gamme de Do ci-dessus, on est en majeur, il y a deux tons entre Do et Mi. Si l'on voulait passer en mineur, il faut baisser la tierce, on lui enlève 1/2 ton, on se retrouve alors avec un intervalle de 1,5 ton : Do - Mi bémol (mettre un bémol, c'est baisser une note d'un demi-ton).

Si vous êtes largué (ce qui peut se comprendre, tout ça est difficile à saisir lorsque l'on ne joue pas d'un instrument), sachez que ce n'est rien, on va passer maintenant à une explication nettement plus complexe qui fait intervenir les lois de l'acoustique. Mais accrochez-vous, la récompense sera d'autant plus grande, car il y a matière à remettre en question ou du moins interroger pas mal de préjugés sur ce qu'est la musique et ce qu'est le son.

Lorsque vous jouez une note... vous en jouez plein d'autres sans le savoir. Ce sont les "harmoniques". Un son comporte plusieurs autres sons, très difficiles à percevoir à l'oreille, mais qui sont bien présents, vibrent et entrent en résonance. Faites vibrer une corde de guitare, et, si vous prêtez bien l'oreille, vous devriez entendre, en plus de la note jouée, des sons plus aigus. Ce sont les harmoniques de la note, et leur importance est considérable. Ce sont elles qui vont faire la richesse d'un son, et différencier deux instruments. La qualité d'un instrument, d'une voix, dépend de ses harmoniques. Par exemple, si les synthés bas de gamme des années 80 avaient un son aussi pourri, c'est parce que l'on synthétisait une note, mais pas toutes ses harmoniques. Plus un son donne à entendre d'harmoniques, plus il sera riche, chaleureux, plus il aura un beau timbre. 
Il peut sembler étrange à certains que ces notes que l'on n'entend pas "naturellement" fassent la qualité d'un son... il suffit de prendre un exemple que vous connaissez en général mieux : le mp3. Dans un fichier mp3, on a retiré les fréquences trop basses ou aiguës pour l'oreille. Et pourtant, cela nuit à la qualité du son, puisque l'on sent bien que la musique en mp3 n'a pas la qualité d'une musique non-compressée.

Quelles sont les harmoniques ?
Si vous jouez un do et que vous avez une oreille exercée, vous arriverez à percevoir ses premières harmoniques : un do à l'octave, puis on monte au sol, de nouveau un do et un mi (et sib - do - ré - mi -fa -sol).
Soit un intervalle d'octave, puis un intervalle de quinte (do-sol), de quarte (sol-do), et de tierce... majeure (do-mi) !

Une petite vidéo trouvée sur youtube qui vous permettra d'y voir plus clair :




Ce que la physique démontre en étudiant les vibrations sonores (et qui remonte à Pythagore) est que les premiers intervalles "naturels" sont les octaves, quintes, quartes, et enfin les tierces majeures. Il est assez fascinant de constater que c'est aussi dans cet ordre que l'on a considéré comme "consonance" ces intervalles dans l'histoire. Les musiques de l'antiquité et du Moyen Age privilégient les octaves, quintes et quartes, il faudra attendre la renaissance pour que la tierce commence à être acceptée. Et dans les musiques assez rudimentaires (blues, rock des années 50... voire le metal avec les "power chords"), on s'attache avant tout aux quintes et quartes. En fait, ce qu'ont apporté les Beatles au rock, c'est en quelque sorte l'équivalent de ce qu'a apporté la musique de la renaissance. Si l'Italie (et Florence en particulier) a été le pays où qui a vu naître cette nouvelle esthétique dans les arts, cela n'a pas été le cas en musique. Au XVème siècle, c'est d'Angleterre qu'est venu cette nouvelle utilisation et conception des tierces (et sixtes, la sixte est un renversement de la tierce) à la base de la musique tonale qui suivra (les accords parfaits majeurs et mineurs sont des empilements de tierces)... et dans les années 1960, 4 gars de Liverpool vont révolutionner le rock, notamment en privilégiant beaucoup plus les tierces que les quartes et quintes, ce qui rend leur musique plus "raffinée" douce, agréable que le rock qui précédait. 

Revenons aux harmoniques... dans une note, on trouve donc l'accord parfait majeur (fondamentale - tierce majeure - quinte) dès les premières harmoniques. Un accord majeur est donc plus "naturel" qu'un accord mineur, ce qui peut nous permettre de mieux saisir pourquoi les musiques en majeures semblent plus sereines, apaisées ou joyeuses. La tierce mineure, elle, ne fait absolument pas partie de ces harmoniques, elle est ainsi plus "artificielle".

Les impressions de tristesse, de mélancolie, d'inachevé, de mystère et/ou d'angoisse que le mineur suscite si facilement peuvent ainsi s'expliquer par le fait que l'intervalle mineur est lui-même étranger à l'harmonie naturelle d'un son. Faut-il en déduire que les musiques en majeur sont préférables à celles en mineur ? Non, bien sûr... sinon, ce serait comme dire qu'un film tourné avec un éclairage particulier, un grain d'image "stylisé", serait moins bon qu'un autre dont l'image est la plus "réaliste" possible.

Pour terminer, quelques exemples de musiques en mineur afin de voir les différentes atmosphères, émotions, qu'il permet de "mettre en musique"... car il ne se limite pas à la seule "tristesse" :  

Mineur mélancolique et lyrique :

Radiohead - Exit Music (For a film)

 



Mineur rêveur et triste :

Antonio Carlos Jobim - Insensatez

 



Puissant et tourmenté :

Beethoven - 1er mouvement de la 5° symphonie

 



Envoûtant, hypnotique et orientalisant :

Dead Can Dance - Yulunga

 


(ou, bien sûr, The End des Doors)

Festif et funky :

Doobie Brothers - Long Train Runnin' 

 


Inquiétant et malsain :

Massive Attack -
Mezzanine

 



Pesant, glauque, envoûtant :

Velvet Underground - Venus in Furs

 



Funèbre, douloureux, grave :

Chopin - "Marche Funèbre" de la sonate pour piano n°2

 



Volontaire, dynamique :

Bella Ciao

 



Martial, puissant, tragique :

Mahler - Symphonie n°6, 1er mouvement 


Sauvage, violent, déstructuré :

Sonic Youth - Silver Rocket

 



Cool et sensuel :

David Bowie - Win 

 



On peut exprimer des choses très différentes en mineur, mais comme vous pouvez le constater - si vous prenez la peine d'écouter ces morceaux (enfin, j'espère que vous connaissez la plupart, qui sont tout de même des références dans leurs genres) on retrouve toujours, même dans ses moments les plus "joyeux", un fond de tristesse... 
 

 

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Published by G.T. - dans Divers
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commentaires

Face nord 08/06/2017 18:29

Merci pour ces explications et exemples aussi clairs qu'utiles.
Auriez-vous connaissance d'une pièce de musique développant un thème sur le mode mineur puis le développant ensuite sur le mode majeur faisant ainsi passer l'auditeur de sentiments mélancoliques à des sentiment plus joyeux ?
je vous remercie par avance.

Jérôme 21/12/2016 13:24

Super article, merci ! C'est vraiment bien en plus d'avoir un mélange de tous les styles (classiques, moderne...), ça permet de s'ouvrir à plein de chose. La partie sur les Beatles est aussi très instructive...
On m'a fait remarqué une fois que les morceaux mineurs sont ceux qui sont le moins "datés" et passent plus l'épreuve du temps alors que les majeurs sont plus facilement démodés ou marqué de l'époque où ils ont été faits, devenant plus facilement "has been". Et depuis je l'ai souvent remarqué. Avez-vous une idée de pourquoi cela ou pourquoi pourrions-nous avoir cette perception ?

Marine 24/10/2015 14:29

Merci, tout cela m'est très utile.

G.T. 19/08/2013 21:20


J'en ai une longue liste sous le coude (c'est ce que je préfère dans le classique), mais je vais me les réserver pour un article plus détaillé sur la question, patience...


(en attendant, j'en donne déjà pas mal dans mon article sur le Dies Irae : http://www.musiclodge.fr/article-dies-irae-115265461.html)

Fabien W. Furter 19/08/2013 11:13


ps : Dans Ligeti, il y a beaucoup de mélancolie aussi - je pense au Requiem par exemple.

Fabien W. Furter 19/08/2013 11:11


Pour moi, il a "Der doppelganger", un lied de Schubert, extremement mélancolique et dépouillé, tellement poignant.
Les Nocturnes de Debussy aussi, il y a quelque chose de ce genre qui s'en dégage.


Certaines parties des Diables de Loudun de Penderecki glacent le sang aussi (l'exorcisme en tête)

Pietro 17/08/2013 16:11


Je mettrais le Requiem de Mozart, les Nocturnes de Chopin et le quatuor n°8 de Chostakovitch. En voyez-vous d'autres?

Pietro 15/08/2013 11:03


Pour finir, quels sont les oeuvres sombres ou tristes du classique qui sont indispensables?

G.T. 30/07/2013 18:08


PIETRO : Schubert est-il un spécialiste du changement de tonalité ? La réponse est oui ! Les modulations majeur - mineur
fréquentes au sein d'un même morceau sont une des caractéristiques de la musique de Schubert... de plus, il lui arrive de brouiller un peu les cartes des tonalités avec notamment du majeur
mélancolique... 

Pietro 28/07/2013 15:22


Je réitère ma quiestion pour Schubert. Je trouve que les trios pour piano, le quintette en ut majeur et certains impromptus en majeur ne sont pas spécialement joyeux (mais mon oreille n'est
peut-être pas assez exercée). Schubert serait-il un spécialiste du changement de tonalité?

Pietro 14/06/2013 02:02


Merci pour cette réponse. Je vais donc écouter cela d'une oreille plus attentive.

G.T. 13/06/2013 23:49


PIETRO : C'est un bon exemple... le majeur peut en effet avoir un côté mélancolique, selon comment il est joué, et c'est le cas
dans les Nocturnes. Et c'est aussi un bon moyen de faire travailler son oreille, pour développer plus précisément la reconnaissance du majeur et du mineur. Car si tu écoutes bien, tu verras tout
de même une différence entre les Nocturnes en majeur et en mineur. Ceux en mineur sont tout de même plus sombres.


Il ne faut pas oublier non plus que l'on peut changer de tonalité au sein d'un même morceau, ce qui se fait particulièrement dans le classique... un morceau classique en majeur peut avoir
quelques passages en mineur, et inversement...

Pietro 13/06/2013 22:29


Je trouve les Nocturnes et Préludes de Chopin mélancoliques alors que la moitié est jouée en majeur d'après ce que j'ai lu. Ces pièces seraient-elles du majeur triste?

G.T. 19/02/2012 14:23


JF : Merci !


Pour répondre à ta question, si un intervalle peut donner cete impression de tristesse, c'est parce qu'il est juste en-dessous de celui qu'on attend, de celui qui est le plus "naturel" (le majeur
qui fait partie des premières harmoniques d'un son). La note mi est dans l'harmonique du do... alors si tu joues un mi bémol pour avoir la tierce mineure do-mi bémol, ç'a quelque chose d'un
peu plus "faux", c'est, au propre comme au figuré, "en-dessous de ce qu'on attend". Donc ça suscite plus de mélancolie, de tristesse...


Autre exemple, dire la phrase "je vais bien". Mettons que tu montes sur "bien" : "Je vais bien !" C'est affirmé, dynamique, et on te croit facilement. Mais si tu dis "je vais bien"
en descendant sur "bien", on se demande si ça va si bien que ça^^  


Je ne sais pas si ça t'éclaire plus, sinon, n'hésite pas à me poser des questions ou me demander des précisions...  

JF 18/02/2012 05:45


Ça fait plusieurs jours que je me demande pourquoi un interval mineur sonne triste et je suis tombé sur votre blog. Bravo, excellent article, j'ai appris plein de choses! 


Mais je reste quand même sur ma faim. J'arrive pas à voir comment un agencement précis, mathématique, de vibrations fait pour produire de la tristesse, d'autant + que selon un commentaire
précédent, ce serait un phénomène universel. C'est pas banal quand on y pense...

GT 15/08/2011 19:02



YOSEMITE : Je l'avais loupé à l'époque (ou j'ai oublié de réagir), mais elle est excellente^^


 


ADRIEN : Oui, merci de le signaler, c'est corrigé ! 



Adrien 14/08/2011 22:00



Très bon article! Petite coquille: la marche funèbre, c'est le mouvement lento de la sonate n°2 de Chopin (et non de la 3 iem).



Dahu Clipperton 20/10/2010 12:49



Ah ben c'est malin Yosemite



yosemite. 20/10/2010 10:38



doit-on remettre à jour cet article suite à l'événement chilien ?



gregory rodriguez 19/10/2010 23:47



Un grand merci pour MERCI pour ce petit topo! C'est exactement ce que je recherchais..


 


greg



alf 28/10/2009 14:40



j'ose l'oxymore: sublime, la mélancolie chez GT ;-)!



diane cairn 25/10/2009 18:38


merci, j'avais bien compris, je me ferai un tableau synoptique avec toutes ces gammes MAIS dans l'article wikipedia j'ai entrevu d'autres gammes, modes et intervalles que je vais me faire un
plaisir d'explorer. Ceci dit avec la gamme majeure j'arrive a avoir une mélodie japonisante et mélancolique


G.T. 25/10/2009 14:14


DIANE CAIRN : En partant de do, tu as effectivement des modes avec surtout des bémols. Mais tout dépend de ta note de départ.
Le plus simple reste de chaque fois de partir d'une note de la gamme de do :

Mode 1 : Do ré mi fa sol la si do
2 : ré mi fa sol la si do ré
3 : mi fa sol la si do ré mi
4 : fa sol la si do ré mi fa 
Etc... ce qui permet d'avoir chaque mode sans dièze ni bémol.

Mais si tu pars d'une gamme de Si, qui a 5 dièzes, tu auras 5 dièzes dans chacun de tes modes... 


arbobo 22/10/2009 15:47


je comprends enfin pourquoi Matthieu Boogaerts parle du mode lydien dans "rhapsode" de Dick Annegarn


diane cairn 22/10/2009 15:42


si j'ai bien compris ton explication:
on doit toujours avoir le nom des notes de la gamme en majeur et mettre des bemols et dièses en fonction de l'écart voulu, ce qui donnerait ceci:
 





















do











mi


fa





sol





la





si


do


ionien


majeur classique




do








mi♭





fa





sol





la


si♭





do


dorien







do


ré♭





mi♭





fa





sol


la♭





si♭





do


phrygien







do











mi





fa#


sol





la





si


do


lydien







do











mi


fa





sol





la


si♭





do


myxolydien







do








mi♭





fa





sol


la♭





si♭





do


aelien


mineure naturelle




do


ré♭





mi♭





fa


sol♭





la♭





si♭





do


locrien







si qui ne me laisse qu'un dièse en lydien puisqu'on doit bien y trouver un fa mais il augmenté et non diminué dans ce cas ci, dans tous les autres cas j'ai gardé le nom de la note censée s'y
trouver et mis le bémol (d'ailleurs je vais en mettre à mes questions et retourner aux neubauten première période)





G.T. 18/10/2009 20:36


ARBOBO et BOEBIS : Pour dire les choses plus simplement et résumer ce que je veux expliquer, le terme "nature" a
parfaitement sa place place lorsque l'on parle du son, puisque le son est un phénomène naturel, et dans la nature d'un son, il y a bien ses harmoniques. Mais la musique, ce n'est pas juste le
"son" et, bien sûr, lorsqu'il est question de musique, c'est la "culture" qui prime sur la nature.
Pourtant, ce n'est pas un hasard si dans toutes les musiques (sauf exceptions comme la musique atonale, qui est une musique que la très grande majorité des gens ne supportent
pas) toutes les cultures, les intervalles privilégiés sont les octaves, quintes et quartes, qui sont justement les premières harmoniques d'une note (do-do, do-sol, sol-do). Bref, peu importe
qu'un art soit plus ou moins proche de lois naturelles, ce n'est pas ça qui fait sa qualité, mais on ne peut noer que ces lois naturelles ont une "résonance" - c'est le cas de le dire - dans
les arts et leur évolution...

On est d'accord, là, non ? ^^

DIANE CAIRN : la notation voudrait donc que si l'on considére les 6 autres modes comme des gammes dérivées de la majeure, la
tierce et la quinte devraient être notées en bémol et non en dièse si c'est 1/2 ton en dessous de la note correspondante dans la gamme majeure ? (désolée si c'est des questions à la con, j'apprend
l'harmonie en autodidacte) mais alors qui des # on les utilise quand ?

En fait, dans les gammes, les modes - à part des cas très particuliers d'échelles chromatiques - on doit avoir des quintes, quartes, tierces, secondes etc... ou chaque note est
soit "naturelle" (bécarre), dièsée ou bémolisée... elle ne peut être à la fois naturelle et dièse, c'est pourquoi on n'a pas de ré/ré# mais des ré/mi bémol. 
La tierce d'un mi, par exemple, ce sera forcément un sol. Si tu es en mi mineur, ce sera le sol, si tu es en majeur, un sol#. Donc, tu peux parfaitement avoir un #. Ce ne pourra pas être le la
bémol - même si c'est la même note que le sol # - par convention, car qui dit tierce de mi dit sol. Le la, c'est la quarte en sol. La bémol, c'est une quarte diminuée, la # une quarte
augmentée.
Pourquoi ces conventions ? par exemple, sur une partition, on repèrera mieux ainsi les intervalles, s'il y a un sol au-dessus d'un mi, on lui met un # si on veut une tierce majeure, on voit
alors mieux qu'il s'agit d'un intervalle de tierce... 
Et, surtout, ça permet d'avoir toujours dans une gamme heptatonique les 7 noms de notes, on met des # et des bémols selon les intervalles voulus...

Je ne sais pas si j'ai été clair... sinon, n'hésite pas à demander !

EL-F : Excellent :-)


diane cairn 18/10/2009 12:22


ok je ressort les disques d'Exploited de mon adolescence et je la ferme sinon je vais finir par faire du muse ou du queensryche.


Laurent 17/10/2009 22:49


Ce soir, c'est samedi soir. Donc j'ai décidé de ne pas mobiliser mon cerveau sur ce sujet.
Par contre, je vois qu'El Funcionario n'hésite pas à y aller à fond. Quel dévouement pour la musique.


El Funcionario 17/10/2009 22:40


Ah ouais...

Si avoir une belle gueule de poseur et jouer les rebelles ne suffit plus à faire du rock, et qu'en plus il faut même s'y connaître en musique, où va-t-on???

Et ils y en a qui s'étonnent qu'Oasis ait laissé tomber!

Et comme ça les bonnets phrygiens ont un rapport avec la mode de la musique! Allez dire ça à Prince!


diane cairn 17/10/2009 20:49


oups pardon, knocking c'est un accord de ré majeur, mais bon je persiste les accords ouverts du haut du manche de la guitare s'accordent bien avec la gamme de mi en mode phrygien... mais bon il
doit y avoir plein d'autre interactions... c'est fou quand même, il y a une gamme majeure que l'on considère comme naturelle avec l'explication scientifique que G.T. et plein de gammes intrigantes
qui fonctionnent plus ou moins bien en fonction des accords joués.

la dessus je retourne à mon disque de l'éthiopien Alemu Aga qui joue du Baganna (harpe de david) plein d'harmoniques bizarres avec sa voix rassurante et envoutante


diane cairn 17/10/2009 18:14


D'autant qu'il y a le gamelan javanais et balinais, le balinais très rythmé et le javanais plus contemplatif d'autant que la flute s'y intègre à merveille. Cela a influencé plus ou indirectement
des
compositeurs classiques de la fin 19ieme, debut 2Oième grâce aux expos universelles.

Sinon en expirementant avec les modes je me suis rendu compte que jouer la gamme de mi en mode phrygien sur une guitare permet :

1. de jouer les accords de la mineur, mi mineur et majeur, do majeur, sol majeur et ré mineur (plus une série d'accords augmentés) qui sont quand même la base de pas mal de morceaux hyper connus
genre knocking on heaven's door ou Ramblin' man
2. que c'est une gamme de blues des plus fréquente auquel on a rajouté 2 notes, comme quoi les gammes pentatoniques de certaines musiques africaines sont bien pratiques, elles sont polyvalente, à
la foi majeure et mineure, elle colore une mélodie de manière fluide. Je commence à comprendre comment les musiques folk/country, le classique et le blues/jazz/ragtime se synthétise si bien dans le
rock
3. quand on part d'une musique rock et qu'on y réintroduit les 2 notes susnommées ont "onrientalise" la musique, on y retrouve des logiques de la musique andalouse et donc arabe
vais décortiqué Kashmir et l'album transmission de Tea Party. Mais bon sans quart de ton c'est pas pareil.
4. Comme disait Laurent on peut y consacrer une vie (je vais donc tenter de trouver la partition de l'art de la fugue, histoire de voir si il n'y pas un code pour gagner aux Lotto à tous les coups
planqué là-dedans)
5. Qu'il serait peut-être temps que je reprenne des cours de guitare un peu plus évolués.

question G.T., la notation voudrait donc que si l'on considére les 6 autres modes comme des gammes dérivées de la majeure, la tierce et la quinte devraient être notées en bémol et non en dièse si
c'est 1/2 ton en dessous de la note correspondante dans la gamme majeure ? (désolée si c'est des questions à la con, j'apprend l'harmonie en autodidacte) mais alors qui des # on les utilise quand
?

c++





arbobo 17/10/2009 16:32


wow!
boebis, merci pour geng gong, c'est canon :-)


Boebis 17/10/2009 14:58


J'ai bien compris GT que tu n'affirmais pas la supériorité de la musique occidentale, et je ne dis rien de tel. Si je bondis, c'est seulement de voir la nature invoquée à tort et à travers pour des
choses strictement culturelles à mon sens. Il n'y avait dans mon commentaire tout sauf une revendication tiermondiste ou une repentance post coloniale :-)

Je ne disais au fond rien d'autre qu'arbobo. Ce que je veux dire, c'est que même si on peut expliquer a posteriori par la science (le fréquences etc.) pourquoi ça sonne ce qui sonne juste pour nous
sonne juste, ce n'est pour moi qu'une explication culturelle (la science est notre manière culturelle de comprendre le monde), mais cette explication ne se confond pas avec la nature.

D'ailleurs pour relativiser la différence entre tierce mineur et majeur, il y a bien le cas du blues et du jazz, qui mélangent allégrement tierces majeur et mineur. On plaque allégrement des
tierces mineur sur des accords majeurs, et on joue les deux dans une même mélodie. (je n'ai jamais su d'ailleurs si cette tierce mineur dans une gamme majeur était la blue note, ou si c'était la
quinte bémol). Enfin c'est ce que disait Diane, je m'en aperçois. Mais ce que je veux dire, c'est que dans ces styles, les tierces n'ont pas le même rôle que dans la musique classique. On ne peut
plus dire qu'on a une tierce joyeuse et une triste. C'est comme expliquer la pentatonique en disant qu'il s'agit d'une sélection de notes des gammes classiques, c'est absurde. Elles répondent à des
logiques propres, ça serait comme expliquer les gammes classiques en disant qu'elles seraient des penta enrichies...ce qui n'auraient aucun sens... mais je m'éloigne du sujet :-)

[D'ailleurs Diane, quand je parlais de la musique indonésienne de percussions, je pensais à la musique de GengGong (dispo sur madrotter) et pas au Gamelan que je ne connais presque pas (mais en
réécoutant, je remarque qu'elle n'est pas 100% percu mais presque sur certains titres). Mais quel groupe ces GengGong!]


arbobo 17/10/2009 12:11


"je ne sais pas si j'ai bien compris le commentaire d'ARBOBO, s'il va dans ce sens en parlant d'intervalles ou simplement de la
fréquence des notes"

je parlais des deux :-)
car dans les deux cas on tombe sur ce fait que les notes sont déterminées de façon arbitraire.
comme pour tout langage d'ailleurs, je voulais simplement dire que raisonner en termes de "nature" n'a pas sa place dans l'histoire. Un son existe à partir du moment où il a été émis, point barre
:-)

Un anglais te dira que le "u" tel que nous le prononçons n'est pas un son naturel, tandis qu'un français en dira autant de leur manière de prononcer "the" :-)
Et encore je reste en occident ^^


Laurent 17/10/2009 01:23


Lanig : cette histoire d'accords inversés, ça m'emballe à mort. Et même si on sait que, forcément, y'a de grandes chances pour qu'à une
oreille normale un morceau avec de tels accords ressemble à une bouillie dissonante, j'ai bien envie de tester ça... rien que d'y penser, ça m'excite.

Oui, il est tard, c'est pour ça que j'suis chaud et que je m'excite pour ce que j'ai sous la main (je parle d'une idée, vilains). On pourrait faire un concours de mélodies à accords inversés! Non?
C'est pas foireux comme idée, si on est un peu aventureux... mais ça doit demander du travail: bosser un nouvel accordage de guitare par exemple, puis maîtriser les nouveaux accords... mais le
défi, s'il n'a pas été relevé, devra l'être un jour.


G.T. 17/10/2009 01:03


GUIC : Rien à voir, mais dis moi, tu te leves particulierement tot aujourd'hui
11h11 ? tu veux dire particulièrement tôt pour un "musicien" ? :-)

DIANE CAIRN : Si on voulait pinailler, on dirait que les modes tels que tu les as pris sur wikipedia ne sont pas tout à
fait justes d'un point de vue théorique, car on ne les note pas ré/ré# ou la/la# mais ré/mi bémol et des la/sol bémol. Ce qui revient au même d'un point de vue sonore (du moins, sur un
instrument où il n'y a rien entre les demi tons).
(car do/ré#, c'est une seconde augmentée, et do/mi bémol une tierce mineure)

LAURENT : Je te renvoie les compliments, lire tes commentaires sur le sujet, ça me donne d'autant plus envie de continuer à écrire
sur l'harmonie... (mais bon, on va arrêtez là les violons^^)

BOEBIS : Ce qui me gêne un peu dans ton commentaire, c'est l'impression d'y voir une manière de "bondir" lorsque l'on parle de
phénomènes naturels qui justifieraient la tonalité parce que cela impliquerait soi-disant que les musiques tonales occidentales seraient "meilleures" que d'autres, et donc un certain
ethnocentrisme... un point de vue que j'ai souvent entendu (et même partagé à une époque)... mais ce point de vue est assez idéologique à mon sens (et fortement marqué par une culpabilité
occidentale vis-à-vis de civilisations qu'on a longtemps méprisé ou considéré comme inférieures) (et je ne sais pas si j'ai bien compris le commentaire d'ARBOBO, s'il va dans ce sens en parlant d'intervalles ou simplement de la fr"quence des notes)... Dire que la tierce majeure est plus naturelle, ça n'a
rien d'ethnocentriste, c'est scientifique, puisqu'elle est une des premières harmoniques d'un son. Et cela n'implique en rien la "supériorité" ou la plus grande "justesse" de telle ou telle musique
car, comme je le montre dans l'exemple avec les films, une oeuvre n'est pas meilleure ou plus juste parce que plus "réaliste". 
Il n'y a aucun ethnocentrisme de ma part, je pourrais même penser que les musiques tonales occidentales sont au fond plus "primaires" que d'autres car elles n'ont pas su vraiment s'affranchir
de la nature et des propriétés du son...  

LANIG : Joli ! Il est où ce monde ? Je signe tout de suite :-)


JiCé 17/10/2009 00:00


Bonsoir! Je découvre ce blog que je trouvre très, très interessant! J'y reviendrai car on y apprend énormément de choses sur la musique. Franchement, bravo! Bonne soirée!


Lanig 16/10/2009 20:51


Imaginons un autre monde.
Dans lequel les harmoniques seraient inversées; c'est-à-dire qu'on entendrait après l'émission de la note do, son octave inférieure puis sa 12ème inférieure (donc sa quarte - fa), puis en 5ème
harmonique, sa 17ème inférieure (c'est-à-dire sa sixte mineure - la bémol). Nous aurions un accord mineur, fa - lab - do (Do étant la fondamentale de cet accord "inversé"). On peut dès lors, grâce
à la musique, imaginer ce monde irréel et goûter à ses saveurs sombres, mélancoliques et étranges...


Laurent 16/10/2009 14:42


Boebis: Quand je parle de montée d'accords, peu importe la tonalité, c'est une suite mélodique simple qui suggère une ligne continue d'un
point bas-grave, à un point haut-aigu. Prenons do-ré-mi-fa-sol-la-si-do. C'est l'exemple le plus simple de mélodie, nous sommes d'accord? Haha... être en désaccord sur des accords, ça serait
drôle... ou pas.
Une mélodie est un tracé de courbes qui dessinnent une image sonore. Il y a plusieurs procédés pour suggérer différentes émotions. Les péripéties de 2 films peuvent être différentes, tout en
procurant des impressions pourtant analogues, n'est-ce pas?
On peut avoir la photo d'un chien écrasé par un tracteur, c'est de la violence.
On peut aussi voir une scène, avec plusieurs éléments qui, combinés, créent de la violence.
On peut donc installer un concept par un processus, ou le présenter de manière figée. Une descente d'accords ouverts suggèrera donc une image sonore différente d'une montée d'accords ouverts. Je
vois dans ce cas la mélodie comme méthode de tracer d'une émotion.

Un accord majeur et un accord mineur ont un rôle très différent, et très difficilement intervertible (j'ai envie de dire que c'est impossible même, sauf pour les gens sourds incapables de
distinguer une tierce majeure d'une mineure, bah oui, certains ne sont pas à un demi ton près, et je les comprends, ils ont autre chose à foutre qu'écouter attentivement). Une mélodie entièrement
majeure convertie en mineure, en gardant les mêmes fondamentales, ne sonnera pas pareil. Mais on a alors changé la couleur, pas la forme du son. Si on change la forme en gardant la couleur, on
obtiendra quelque chose d'apparenté mais de différent quand même aussi. Et on peut prendre la peinture à l'huile aussi, à la place de la peinture à l'eau (là, cette analogie concerne le choix de
l'instrument).

La couleur et la forme jouent beaucoup dans l'image en résultant. Et même un accord majeur, avec une dissonance, s'en voit totalement bouleversé et perd sa valeur majeure pure. Sans aller jusqu'à
la dissonance, un accord majeur septième, ou de seconde, n'a plus le même sens.

Ce que je veux dire par là, c'est que les différents types d'accords sont des outils, et avec des outils, la maison n'est pas faite. Il faudra des clous, des planches, des briques, du ciment.
Les tonalités sont un matériau utilisé pour fabriqué une émotion, mais il faudra aussi une mélodie, pour la créer, l'émotion, à l'aide d'une image sonore dessinée par la mélodie. Chaque choix de
tonalité et chaque choix d'accord avec lequel on enchaîne, chaque choix d'instrument aussi, tout n'est qu'une somme de moyens mis en oeuvre afin de servir un but final. Dans cette cuisine musicale,
le rôle de l'accord mineur est de suggérer, par comparaison au majeur, une chute, tout comme, de la même façon, en cinéma, les mouvements de droite à gauche suggèrent la mort, l'anormalité,
l'imminence d'un danger (rapport à l'écriture de droite à gauche "normale" dans notre culture). On pourrait toucher à l'image, on pourrait donner des consignes de jeu à l'acteur aussi. On n'a qu'à
piocher dans la liste des codes qui ont des valeurs voisines voire similaires. Et c'est la possibilité infinie de combinaison de ces codes qui fait qu'on peut continuer d'espérer voir de bons films
finement réfléchis. Pareil pour la musique.
Une descente d'accords n'aura pas le même effet qu'un simple accord mineur, bien évidemment, mais nous sommes dans un registre cousin.

J'imagine parfaitement que tout ce que j'ai écrit là peut apparaître comme très faux ou très limité ou très ethnocentrique ou très incompréhensible, mais on ne peut pas avoir raison en musique (par
contre on peut avoir tort, j'ai envie de le croire!). On peut juste essayer d'en parler, dans des considérations théoriques, et expliquer sa façon de gérer tout ce qu'elle offre comme possibilité.
Sinon, si plusieurs personnes ne peuvent pas se mettre d'accord, il reste la pratique, et le partage.

Amen (?)


diane cairn 16/10/2009 10:28


Les ensembles de percussions indonesiens, le gamelan donc, produise des notes, comme le xylophone auquel ont pourrait l'aparenter.


Guic' 16/10/2009 10:27


Apres Ionien et Dorien, devrait pas y avoir corinthien quelque part? C'est quoi ce bordel?


Boebis 16/10/2009 10:08


Je vois pas ce que tu veux dire Laurent par une montée d'accord... Il y a plein de grilles d'accord bateaux, mais on ne peut pas opposer des grilles montantes et des grilles descendantes. Et le
rôle qu'aura un accord dans la grille ne dépend pas que de sa composition en elle même, mais de sa place par rapport à la fondamentale et à l'accord le précédant. Et notamment, une grille n'est que
rarement composée que d'accords majeurs ou que d'accords mineurs mais les deux sont mélangés. Et un accord majeur peut d'ailleurs avoir un effet disonnant, car les règles de l'harmonie classique
commenderaient un accord mineur à la place.

GT, Pour le caractère "resséré" du mineur, je veux bien admettre qu'il est si on ne regarde que par rapport à la fondamentale. Mais je ne vois absolument pas en quoi ce caractère resséré en lui
même viendrait expliquer le côté triste qui s'en dégage. Ton explication par les harmoniques est bien plus convaincante.

Et sinon, je suis un peu surpris par toutes les référénces dans les commentaires au caractère naturel de la musique, voir même des tierces majeurs et mineurs. Car, je doute fortement que quelqu'un
qui n'est jamais été en contact avec notre musique puisse la comprendre d'un coup (et un africain dans un village isolé a très bien être indirectement en contact avec notre musique, tout comme nous
avons indirectement été en contact avec la sienne). Pour lui, ça sera de la musique ultra bizarre, ultra disonnante! Pour que ces tierces mineurs/majeurs, soient universelles, il faudra déjà que la
logique par tierce le soit, ce qui n'est pas le cas. Il faudrait que la division de la hauteur en 12 demi ton le soit, ce qui n'est pas le cas. Après il faudrait même que les catégories
joyeux/triste le soient, ce qui n'est pas le cas non plus au sens où nous les entendons. Et enfin, il faut même que dans ces cultures, on raisonne en se basant sur les notions d'harmonie, ou de
tonalité, ce qui peut aussi ne pas être le cas (par exemple toutes les styles exlusivement basés sur les percussions comme en afrique de l'ouest ou en indonésie).

Quelques chansons, que je vous défie de me dire si elles sont tristes ou gaies :-) (oui je recycle un des mes articles)
http://berceuse.electrique.over-blog.com/article-20087490.html


Laurent 16/10/2009 02:52


Fichtre, j'ai zigouillé ma belle poésie avec mon laspsus "moins/mois".

J'en parlerai à mon psy.

Ce que dit Simon est intéressant (par là, je ne veux pas dire que ce qui est dit par d'autres est inintéressant) (mais ne pas le dire ne signifie pas que je ne le pense pas) (mais avouer celà n'est
pas une preuve de mon mépris à l'égard de gens qui ont des perceptions différentes de la mienne).

Pour le cas de la guitare, avant de commencer à pratiquer cet instrument, le pianiste de formation classique que j'étais avait tendance à prendre la séquence mi - ré (peu importe la tonalité) pour
une séquence ascendante. A partir de cette constatation, on découvre qu'on peut se faire balader par des paramètres autres que cette bonne vieille fondamentale.
Si, dans une mélodie, on joue un accord de ré mineur à la guitare, on modifie les trois cordes aiguës, laissées à vide pour le mi mineur. Selon certaines perceptions peut-être, et sans doute, mal
formulées, on dira qu'on a une impression de relâchement dans la structure mélodique, un effet d'accord majeur. Or, c'est un mineur. Donc si l'on cherche le paramètre qui a fait avoir cette
impression, il ne s'agit pas réellement de la nature physique de l'accord. Il faudra donc aller chercher du côté des autres paramètres: la hauteur des notes.

Plus haut, dans mon interprétation libre de l'accord mineur et de son effet sur l'oreille/le cerveau humain, je dis que l'accord de tonalité mineure a une tierce tirant l'accord vers le bas. Si on
effectue une montée d'accords mineurs, on mettrait alors en opposition deux forces contradictoires. Que ressentir? Que comprendre? Il faudra alors trancher, mais est-ce possible? Est-ce simple? Y
a-t-il une réponse juste?

Sur la guitare, les notes aiguës, comme on en trouve dans un ré mineur, sont plus aiguës que celles qui sont jouées dans un mi majeur. L'idée de relâchement ou de luminosité ne serait donc pas
apportée par la tonalité du ré, mais par l'évolution contextuelle de la mélodie. Oh mon dieu, il existerait donc des mélodies sur des mineurs qui soient plus lumineuses que d'autres? Mmmh...

Sinon j'ai une autre piste (en rapport avec la réflexion ci-dessus, si si, j'insiste):
-Jouez au mois de juillet un truc sur le xylophone du p'tit neveu de 4 ans dans sa chambre rose bonbon (oui, ses parents veulent qu'il soit gay)
-Jouez le même truc sur un orgue dans une cathédrale, mmh, disons la cathédrale Notre-Dame, lors de l'enterrement de quelqu'un que vous appréciez

En comparant ces deux situations (qui ne me sont, Dieu merci, jamais arrivées en vrai, sauf dans le premier cas où c'était moi Kévin, bref), on peut se dire que la nature de l'instrument ainsi que
le conditionnement altèrent la perception tonale de la mélodie.

Voilà pour l'inspiration nocturne relative à ces accords mineurs.


Laurent 16/10/2009 02:28


Diane Cairn: Haha! Alors ça c'est marrant, j'ai moi aussi été voir ce qui était dit sur internet à propos des gammes, du coup... et j'ai bien
bien scotché sur ces gammes ionienne, dorienne, et autres péripathéticiennes.
C'est passionnant, et à chaque type de gamme, on peut y consacrer toute une vie...

La musique est passionnante, la musique est une jeune fille qu'on ne finit jamais d'apprendre à connaître, et c'est un puits sans fond dans lequel on puise un éternel émerveillement digne d'un
enfant de 8 ans qui découvre pour la première fois la beauté du spectacle d'un coucher de soleil breton au moins d'octobre.

(Et encore, je me suis censuré)

Ces articles analytiques de GT, je les adore, ça me laisse pensif, rêveur pendant des jours... :-)


diane cairn 15/10/2009 16:09


Finalement j'ai trouvé une belle explication des modes sur wikipedia donc si tu veus te
fendre d'un article vas-y mais moi ça me suffira pour l'instant, mais c'est clair qu'il faut être un peu musicien pour voir de quoi il retourne. J'ai résumé avec ceci pour ceux que ça intéresse.
a+





















do











mi


fa





sol





la





si


do


ionien


majeur classique




do








ré#





fa





sol





la


la#





do


dorien







do


do#





ré#





fa





sol


sol#





la#





do


phrygien







do











mi





fa#


sol





la





si


do


lydien







do











mi


fa





sol





la


la#





do


myxolydien







do








ré#





fa





sol


sol#





la#





do


eolien


mineure naturelle




do


do#





ré#





fa


fa#





sol#





la#





do


locrien












arbobo 15/10/2009 12:49


sinon je voulais être sûr qu'on soit d'accord que cet article ne parle pas des mineurs de fion
mais alors pas du tout


arbobo 15/10/2009 12:47


aucune note n'est plus "naturelle" qu'une autre, d'ailleurs le "la" utilisé communément en musique ocidentale est plus exactement le "la 440", parce que 440 c'est sa fréquence, en termes
acoustiques, physiques.
il existe d'autres "la" sur d'autres fréquences, et des diapason qui vont avec,
soit parce qu'on préfère s'accorder différemment (ex Dylan à une période),
soit parce qu'on joue d'un instrument ancien dont l'accordage d'origine n'était pas en 440.

de même la notion d'écart entre les notes, varie d'une civilisation à l'autre,
dans certains pays le langage utilise des variations de ton qui ne sont pas perceptibles d'emblée à un français, parce que notre sensibilité aux écarts de hauteur, sauf musicien à l'oreille bien
formée, est culturellement moins fine que dans d'autres cultures et langues.
on pourrait dire la même chose pour les rythmes, d'ailleurs, les spécialistes de musique indienne se régalent de trucs que j'ai un mal fou à percevoir.


Guic'the old 15/10/2009 11:52


Ah tu me rassures, quand même... ;-)
(C'est un scoop pour personne que je suis un bien piètre musicien.)

Sinon, le distingo scientifique / musique, bon, je trouve que c'est une connerie dans l'absolu, mais ce sera un scoop pour personne. Pour preuve, toi, dans cet article, tu as finalement une
approche de la musique vachement plus scientifique que jamais je ne pourrais l'avoir, alors que, pourtant, je uis censé être "le" scientifique et toi "le" musicien en fait (en gros).

Après, on peut faire des sciences sans esprit scientifique. (J'en suis l'exemple vivant, si si j'te jure).
Enfin bref.

Rien à voir, mais dis moi, tu te leves particulierement tot aujourd'hui ;-)


G.T. 15/10/2009 11:11


LAURENT : C'est une manière intéressante de voir les choses... mais que certains trouveraient très "occidentale", dans le sens où
des musiques d'autres cultures n'ont pas les mêmes conceptions du majeur et du mineur (ce que l'on pourrait aussi dire de mon article, mais je pense tout de même qu'on ne peut contester la réalité
"naturelle" du son)... de toute façon, tu précises bien que c'est "personnel"... alors que ça marche aussi plus globalement en ce qui concerne la musique occidentale.

SIMON : Le Mi majeur "triste" et le ré mineur "lumineux" ? Tu dois être guitariste^^
Car à la guitare, on joue, avec les cordes à vide, le mi majeur dans le grave, et le ré mineur dans l'aigu. Là, c'est la hauteur des sons qui donne cette impression car, bien entendu, il n'y a pas
que la tonalité qui peut susciter une sensation de tristesse, mais aussi la lenteur, la gravité des sons...
Sinon, il n'y a intrinsèquement rien qui donne au mi majeur une couleur plus "sombre" que n'importe quel autre accord majeur. Et rien qui ne donne au ré mineur une couleur plus "lumineuse"
(d'autant plus qu'on l'a souvent utilisé pour des pièces funèbres, cf. le Requiem de Mozart, en ré mineur).

GUIC : Bien entendu, je ne pense absolument pas qu'il faille être musicien pour parler de musique ! Mais c'est vrai que je me suis
mal exprimé dans le commentaire (ou du moins, un peu vite, et ça peut être mal compris). ce que je voulais dire, c'est que ton commentaire signifierait que tu es plus "scientifique dans
l'âme" que "musicien dans l'âme", ce qui, dans le milieu de la musique - et surtout dans le milieu rock - est plutôt à cacher, on a ce cliché très ancré (depuis le romantisme)
que la musique et la science s'opposent, la science, c'est la raison, la logique, l'ordre ; la musique, c'est l'irréel, la poésie, le désordre, la fantaisie etc... et un type avec un
esprit "scientifique" ne peut vraiment comprendre la musique... et très loin de moi l'idée de défendre ce point de vue, cf. ce que j'écrivais dans "la musique et l'émotion"...


Guic' the old 15/10/2009 09:35


G.T.:  Mieux vait éviter de le proclamer haut et fort lorsqu'on tient un blog musical, ça signifie qu'au fond, tu es plus physicien que
musicien^^

Ben... d'une part je considère que y a pas besoin d'être musicien est nécessaire pour parler musique (mélomane suffit), mais bon, j'espère que ce n'est qu'un lapsus de ta part... ;-)

D'autre part... Etre plus doué pour mon métier que pour ma passion, bizarrement, je me dis que c'est pas plus mal...

Laurent: Merci pour la précision, j'ava&is pas les accords sous les yeux (ni en tête d'ailleurs)