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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 18:37

Les longs discours sur le téléchargement et les majors, j’ai déjà donné. C’est pourquoi je compte maintenant plutôt privilégier, après Edwyn Collins vs Warner, des anecdotes éloquentes sur certains comportements des majors…

Le texte qui suit est extrait de l’ouvrage indispensable – pour tout amateur de musiques électro – de Laurent Garnier, Electrochoc :   

 

« En 1999, Underground Resistance [label essentiel de la techno de Detroit] avait publié le maxi de DJ Rolando sous le pseudonyme de The Aztec Mystic, Knights of the Jaguar. Un disque sublime, éternel, alliant toutes les caractéristiques de la techno de Detroit : le groove, l’expérience, la vitesse, l’émotion, et une certaine magie. Jaguar était instantanément devenu un classique, au même titre que Strings of Life ou No UFOs. Ce disque était le pont idéal entre la house et la techno et à ce titre, son succès fut instantané, abattant les frontières entre les chapelles, s’inscrivant dans les sets de Djs aussi différents que Joe Claussel, Gilles Peterson ou Jeff Mills.
Quelques semaines seulement après la publication de Jaguar, Sony Music contacta Mike Banks et lui demanda l’autorisation de mettre ce titre sur une compilation. Mike refusa, et l’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais plusieurs mois plus tard, des messages d’insultes où Underground Resistance était en substance traité de « vendu » inondèrent la boîte e-mail de UR. Les courriers provenaient parfois d’artistes européens ayant toujours entretenu jusque là un rapport amical avec le label. Mike ne comprenait pas. Il enquêta et découvrit que Sony avait publié une cover (reprise) de Jaguar sans lui demander au préalable, une quelconque autorisation. Une pratique qui, si inélégante soit-elle, demeurait légale, n’importe qui étant en droit d’enregistrer une reprise d’un titre (Satisfaction des Stones, par exemple), pourvu que les royalties soient reversées et les auteurs crédités. Mais un vent de panique traversa le monde de la techno. Un des bastions mythiques incarnant l’intégrité techno avait été trompé, pillé, par une major.

Avec pour seule arme internet, une bataille rangée s’ouvrit, opposant la ténacité de l’underground à l’avidité des cols blancs des multinationales. »

 

Laurent Garnier laisse ensuite Mike Banks s’exprimer sur le sujet :

 

« Notre communauté a des traditions très profondes dans la musique, des choses qui ont survécu à l’esclavage : la vaudou, le pouvoir du rythme, une certaine magie aussi. Et parfois ces choses retrouvent une vie dans le monde réel à travers la musique et les disques. C’est toute l’histoire de Knights of the Jaguar. Le spirituel contre le matériel. Le nom de Aztec Mystic vient de ces restaurants mexicains où on va souvent avec Rolando. Il y a toujours sur les murs ces dessins représentant les vestiges de la culture aztèque. Un soir on était dans un de ces restaurants et avec Rolando on imaginait ce que pouvait être la musique et les mélodies utilisées dans la musique aztèque au plus fort de leur civilisation. Quelle était la part de mystère contenue dans leur musique. Comment elle pouvait sonner. Le résultat, ça a été Jaguar.
Lorsque ces types des majors ont fait la cover de Jaguar ça m’a beaucoup perturbé. Ils n’avaient aucune conscience des raisons pour lesquelles on avait fait ce morceau, aucune conscience de son aspect spirituel. Ce qui m’a choqué, c’est leur ignorance. C’était très bizarre de voir des gens s’approprier un titre sans  en comprendre le contexte et de les voir en faire une version pop commerciale. Je conçois que dans le monde de la musique on se sample les uns les autres, c’est pas un problème, ça fait partie de notre culture. Mais d’être plagié de cette façon, ça m’a fait mal ! Le fait que la cover de Jaguar sorte sur Sony, c’est une chose, mais le nom de l’auteur n’est même pas mentionné sur le disque (ce qui est obligatoire) ! Et ils avaient même choisi une pilule d’ecstasy pour illustrer la pochette !
Les commandos ont commencé à s’agiter sur Internet. Lorsque nous avons découvert l’affaire nous avons tenté de joindre les gens de Sony mais ils ne nous rappelaient jamais. Une pluie d’e-mails de contestation s’est alors abattue sur leurs dirigeants. A ce moment là, ils ont changé d’attitude et nous ont contactés. Soudain ils voulaient trouver un arrangement. Ma réponse a été très simple : « Pas d’arrangement. Retirez ce disque de la vente. » Il n’y avait aucun deal à envisager avec ces types ! Avec cette histoire, je pense que Sony a appris une leçon : internet peut devenir une arme. Puis ils ont essayé de nous berner, ils ont cessé de sortir leur cover en Europe, mais ils ont continué à la vendre en Amérique du Sud. C’était sale ! Mais au delà de l’aspect légal, pour nous c’était une violation spirituelle. »

 

Laurent Garnier : « Le disque de Rolando est devenu un symbole de la résistance techno underground. A travers lui, une communauté s’était mobilisée contre le cynisme des majors. On dit que le harcèlement des internautes défendant la cause de UR fut tel que les numéros de téléphone et les boîtes e-mail des dirigeants de Sony et BMG (qui licenciait la cover) furent littéralement saturés. Ces compagnies de disques tentaculaires n’avaient jamais connu pareille agression. Jaguar fut d’une certaine manière le cheval de Troie de la techno, là pour rappeler que la soul, l’âme de cette musique, n’est pas à vendre, et qu’il n’y a pas d’arrangement possible face aux agressions et aux pratiques vicieuses des gangsters du music-business. »

 

 

Laurent Garnier – David Brun-Lumbert, Electrochoc, 2003, Flammarion, P. 263-267

 

 

The Aztec Mystics - Knights of the Jaguar :

 

 

 

 

 

Je ne résiste pas non plus à vous citer cet autre extrait, lorsque Garnier fait écouter un de ses morceaux à un type de chez Barclay :

 

« Après le silence qui précède généralement la sanction, il jura qu’il trouvait ça pas mal et proposa de le soumettre à son patron, un certain Pascal Nègre, qui mettra fin à cette initiative : « C’est du Jean-Michel Jarre, c’est nul ! »

 

P. 115

 

Nul doute que ce « Pascal Nègre », complètement largué sur cette nouvelle musique au début des années 90, n’a pas pu faire long feu dans l’industrie de la musique…

 

 

A voir aussi sur le sujet :

 

Edwyn Collins vs Warner

 

De la responsabilité des majors dans la crise du disque

 

 

 

 

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commentaires

G.T. 09/02/2012 18:59


PIETRO : J'en sais rien... ça fait longtemps que je n'ai pas écouté ses albums, et je ne compte pas m'y remettre dans les années
à venir^^

Pietro 09/02/2012 18:22


Est-ce qu'il y a des trucs à sauver chez Jarre?

Arno 11/08/2010 15:17



Cool, je viens de voir ton commentaire...  bien cool... je digère (idoo) tout ca... j'écoute ce dont tu me parles pour certains groupes... et je reviens au plus vite... 



Dahu Clipperton 11/08/2010 14:11



Je continue : pour ce qui est de Didgeridoo d'Aphex Twin :


1 - évidemment, c'est une invraisemblable tuerie, du pur tricotage de neurones doré sur tranches ;


2 - j'ai du mal à voir en quoi ce morceau serait plus élaboré musicalement que de la techno ou de la house des débuts ('tention ! c'est pas du tout péjoratif de ma part^^) et surtout en quoi ça
ne sentirait pas la grosse défonce en rave, le gros retournement de dancefloor en règle !


3 - Detroit, certes non, mais Chicago, c'est sûr et certain : dur de ne pas repenser à ce morceau mythique qui a inventé purement et simplement l'acid house, le fameux Acid
tracks de Phuture (mais DJ Pierre et ses potes étaient juste bourrés quand ils l'ont pondu, même pas sous trip ) (et la 808 était, elle, juste (fra)cassée) (je t'épargne la version de 12 minutes, hein^^).


 


Maintenant, KLF : d'abord, oui, Chill out est une perle. Mais en parallèle, les gars de KLF pondaient aussi des tubes dancefloor assez bourrins (genre, ceux qu'on retrouve sur l'album
The white room).


 


Quant à Tangerine Dream, sans aucun doute, mais en fait c'est une bonne part des musiciens "krautrock" qu'on peut citer. En premier lieu, Cluster et son Zuckerzeit de 1974, dont Plaid et Aphex
Twin ont dit qu'ils l'emmenaient sur une île déserte (suffit d'écouter Hollywood et Caramel, et le reste aussi, y'a de quoi être sur le c*l ;D). Les groupes comme Can ou Neu!
sont carrément les grands-pères en matière d'électronique, dans la logique, la pensée sous-jacentes à leur musique... mais aussi dans le son : hop, Neuschnee 78 de Neu! (je l'avais fait écouter à un pote qui fréquente
beaucoup les raves, sa réaction avait été : "... sans déconner ?")


 


Eno, pour l'ambient, bah c'est un peu lui qui a inventé le "concept" (mais au niveau du son, du genre en tant que
tel, on va pas oublier... les premiers Tangerine Dream, les errances de Pink Floyd, certains morceaux de Neu!, etc.)


 


Je ne m'étendrai pas sur saint Steve Reich ^^


Et puis Future Sound Of London, faut que je vois ça, je ne connais que leur daté, mais très beau Lifeforms.


 


Quant aux albums que je t'ai cités, c'est justement parce que ce sont des albums (pas du tout le format de prédilection de la techno, et ce pendant des années), et qu'à partir du moment (qui
vient assez tard, en effet^^) où ils s'y sont penchés, ils ont su démontrer la richesse du genre, au-delà d'un maxi.



Dahu Clipperton 11/08/2010 13:12



Alors, je reprends (j'ai un peu la tête dans le f... je te préviens ;D).


D'abord, sur le côté "y seraient toujours à pleurer dans les jupes de maman sans Detroit" : c'était carrément de la provoc ! Evidemment que c'est (en partie) faux, mais vu comment tu
avais entamé le débat (et tu en conviens toi-même que c'était un peu à la hussarde^^), j'ai pas pu m'empêcher de surenchérir avec une bonne grosse dose de mauvaise foi


 


Les influences sont bien plus vastes, c'est bien plus complexe que ça... (et Aphex Twin est de toute façon un OVNI, un type qui a "défini" beaucoup de choses quasiment à lui seul, entre autres de
par l'extrême diversité de sa production)


 


Il n'empêche, si tu jettes un oeil au tracklisting de la compile Warp 10+1 : the influences, pour l'essentiel, qu'est-ce qu'on retrouve ? De Detroit : Reese & Santonio (AKA Kevin
Saunderson, celui qui pond les tout premiers "tubes" du genre sous le nom d'Inner City), Model 500 (AKA Juan Atkins), Rhythim Is Rhythim (AKA Derrick May) (donc là c'est réglé : les 3 pères
fondateurs^^). De Chicago (ou dans la veine) : Nitro Deluxe, Mr Fingers (AKA Larry Heard), Unique 3, Farley Jackmaster Funk, Adonis ("No way back", essentiel !)...Là, je ne te cite que
les titres dont je suis certain qu'ils sont sortis entre 85 et 88.


 


Et là, on a les bases de ce qui va directement essaimer chez les musiciens techno anglais, LFO bien sûr, et les fondamentaux 808 State qui écrivent les tables de la loi à partir
de... 1988, justement. D'ailleurs, les premiers morceaux qu'ils aient sortis ont un son bien brut et crade complètement sous l'influence de la house chicagoane. Ensuite, ils raffinent (aucun
rapport avec BP ;D) la formule pour aboutir à l'album Ex:el (si tu apprécies les Chemical Brothers et que tu ne connais pas, c'est simple : ils ont dû dresser un autel à la gloire de ce
disque^^). Certains morceaux ont mal vieilli (pour ma part, les titres chantés, hum...), mais ce disque est absolument incontournable (et l'influence des detroitiens sur les mélodies est assez
prégnante, je dis ça... ).


 


Ensuite (après, promis, j'arrête avec Detroit^^), je ne peux m'empêcher d'évoquer Juan Atkins, qui a pondu son premier album, de l'electro-funk "primitif" sous le nom de Cybotron, en 1982.
Certes, ça n'a pas bien vieilli, mais c'est important. Et puis, pour ce qui concerne Front 242, comme je l'ai dit à Diane, l'Electronic Body Music (comme qu'on l'appelait) est une influence
déterminante et ouvertement revendiquée par les pionniers de la techno. Ils écoutaient les sélections d'un animateur radio de Detroit nommé The Electrifying Mojo, qui passait en grande partie des
titres électroniques européens (l'electro pop de Soft Cell, The Normal, les premiers Human League, et puis Cabaret Voltaire of course, Kraftwerk on n'en parle même pas... ça fait partie de leurs
premiers émois... avec Funkadelic^^).



Arno 11/08/2010 05:01



Salut Dahu... bien content de voir encore des liens et des commentaires mais j'avoue être toujours un peu perdu... je vais donc
essayer de recentrer le débat...


 


Concernant le fait que c'est une musique froide, c'est pas du tout ca qui me dérange... pour être sur qu'on ne revienne pas la dessus


 


Concernant les drogues... laissons totalement tomber ce débat, ca me fait d'ailleurs bien rire quand je me relis, mais je suis très implusif... donc tout ca est hors propos! Par contre... 


 


J'écoute en ce moment Carl Craig (more song about food) que tu me conseilles: très bons, effectivement, merci... on se rapproche de l'ambient
avec des touche jazz... mais si je ne me trompe, c'est du 1999!!!! et on est très loin de la techno originelle, tant en terme d'époque que de style. En tout cas, j'avoue
qu'effectivement, je vais maintenant voir Carl Craig sous un autre jour, mais mon point de vue sur la techno n'a pas vraiment changé, puisque ce disque n'est pas de la techno et est "très"
récent!  Pareil pour ton remix de Coldcul, excellent mais trop vieux que pour rentrer dans le débat


 


Pour Derrick May... parfait exemple de bonne electro... Visiblement, la compilation Innovator reprend une partie de ses travaux entre 1986 et 1991... mais comme je vais te le suggérer dans mes
propositions, déjà en 1991 sortais de grand albums en Europe qui vont directement aller plus loin et être bien plus riche! Et ce que j'entends dans cet albums est la "base"? La plupart des sons
présents sur cette compil ne sont pas si nouveau que ca! 


 


Plastikaman (Ricthie Hawkins) - Consumed - 1998! La j'avoue avoir totalement accroché... (merci)  mais de nouveau 1998, et
c'est vraiment à la frontière Ambient techno minimaliste... et bien après déjà tellement d'autres créations... donc rien de nouveau avec cet album, au contraire même si il est excellent!


 


Pour Garnier, j'écouterai plus tard puisque la, on est tout à fait trop tard en terme d'époque! Mais j'espère bien découvrir une nouvelle facette de lui! 


 


De mon coté..., j'aimerais alors que tu écoutes.. si ce n'est déjà fait.... quelques albums qui date du début des années 90... et quand je les
écoute, je reste mitigé sur l'unique influence de Detroit ou Chicago! Au contraire,  je reconnais d'autres groupes majeures que je vais te mettre en lien comme très grosse influence qui ont
créé aussi de leur coté les bases de l'electro! ... On peut aussi parler d'Aphex puisque tu me cites que sans la techno de détroit, aphex serait en train de pleurer dans les jupes de sa mère! En
1985, (cfr Wiki mais je l'avais déjà lu à de multiple reprise) Aphex s'amusait déjà à crèer ses propres son à partir de rien sans avoir attendu de personne chez lui en enregistrant ses sons sur
cassettes, en les mixants (et Amon Tobin à également commencé avec une radio, un double deck cassette à faire du mix avec le top 50)! On peut aussi revenir à Reich dont parlais GT? Reich à quasi
fait de l'electro avec des musiciens classiques par ces répétitions  comme des boulces electro... et des pionniers de l'electro reconnaisse être clairement influencé par Reich et non par
Detroit dont finalement personne n'en cite l'influence! 


 


Donc de mon coté, une petite selection... 


-1973 - Tangerine Dream - Phaedra : qui à déjà créé la plupart des nappes electro que l'on va retrouver pas après dans la musique electro


- 1976 - Reich - music for 18 musician (tu trouveras déjà la présence de sorte de boucles rythmiques très proche de l'electro)


- 1978 - Brian Eno - music for airport... on retrouve même parfois un peu d'aphex dans ses futur album d'ambient


- 1984 - Front 242 - No comment (et leur son s'est très rapidement durci pour déjà créer de grosse basse...)


Déjà ces quatres albums regorges d'influence pour la suite de la musique electro


 


Maintenant, quatres albums posts début Détroit ou selon moi, en moins de 5 ans après l'apparition des premiers morceau techno, la qualité et l'influence de Detroit, il faut vraiment la
chercher! 


1990 - The KLF - Chill Out... pur album d'Ambient


1991 - LFO -  Frequencies... déjà mille fois plus fin comme musique...et ici, oui on peut considéré que Derrick May les a influencés.. mais LFO à vraiment rapidement fait
évoluer tout ca! 


1992 - Digerridoo d'Aphex Twin - putain de mega morceau déjà à des centaines de mettre au dessus de tout ce qui a été créé (que tu peux retrouver sur la compil classic, première
plage) - est-ce que Aphex à eu vraiment besoin de la techno de Detroit... je ne saisis pas bien ou se retrouve Detroit dans ce titre!


1994 - Futur sound of london - ISDN : qui est un pur merveille...  une pure merveille d'electro


et après... ca a explosé... Ninja et Warp étai déjà créer, Autechre Apehx et Coldcut était déjà "des stars",


 


Les albums que tu mes cites  ne défendent pas le propos que la techno de Detroit (85-95) soit vraiment transcendante et soit le berceau de l'electro... mais tes liens me signale juste le
fait qu'effectivement, Carl Craig, Hawtinks ou Garnier ont sortis de très bons albums... mais a des époques ou ca n'a plus rien de pionnier! 


 


Tout ca pour dire que des choses nouvelles sont apparues à Detroit... qu'il y a eu un grand boum dans cette ville, que de grand musiciens y sont nés (j'avoue ne pas comprendre comment je suis
passé à coté de ces disques)... l'esprit tehcno est également né à Detroit, et ca c'est quelques chose qui profondément changer les choses aussi... est-ce aussi le début des raves, les Dj, les
clubs que l'on vénère... alors oui... c'est cool...  vive Detroit


MAIS d'un point de vue purement musical, beaucoup de choses était également en gestation chez nous... le matériel allait
être disponible et les créations qui sont sorties très peu de temps après on carrément lessiver ce qui venait de Détroit... et je ne pense vraiment pas que sans Detroit, rien n'aurait existé...
ca aurait peut-être été un peu différent, mais les musiciens de Détroit n'ont pas non plus inventé la poudre à canon, les musiciens européens bidouillait déjà aussi de l'electro, et quelques
chose de différent serait peut-être sortis, mais ce serait sortis quand même! 


 


Tout ca pour dire que l'influence de la techno de Detroit comme mère de l'electro est une petite fumisterie selon moi... les musiciens Européens, Anglais en tête, on directement dépassé la techno
de détroit... La musique electro ne doit pas exclusivement à Detroit, au contraire... si l'electro europenne à su aussi rapidement dépassé Detroit, c'est bien parce que l'europe regorgeait déjà
depuis longtemps de multiples son electro déjà bien présent...  d'une richesse bien supérieure


 


Ben voila... toujours pas convaincu que la techno 85-95 soit l'essence même de l'electro, et que son influence sur la musique soit si importante! Mais c'est effectivement Detroit qui  à
allumé l'étincelle qui a fait explosé la techno dans le monde... mais musicalement parlant... bof bof bof... j'espère avoir été clair pour une fois 



Dahu Clipperton 11/08/2010 00:19



Hop, pour un petit lien avec ce dont parlait GT au-dessus : sur The meal de Château Flight, v'là-t'y pas qu'on passe d'une tuerie techno minimale sur Cosmic race (vrillage de cerveau
garanti sur facture, ça s'écoute fort, bien sûr), à un hommage aux musiques répétitives sur Superflight (oui, ils aiment bien les jeux de mots débiles eux aussi ;D)



Arno 09/08/2010 06:40



Dahu : merci pour les propositions de disques... je vais écouter tout ca et je te tiendrai au courant... ca prendra évidemment un
certain temps... 


 


GT et Dahu : j'espère bien qu'il existe d'excellents morceaux en techno et que donc du coup, pas besoin de drogue pour écouter...
j'ai la facheuse tendance à généraliser et prendre beaucoup de racourci quand j'écris (c'est pas le première fois que je me prend le choux par manque de diplomatie)... mais je suis d'accord...
peut-être aussi qu'a partir du moment ou j'aime un morceau de techno, je ne le considére plus comme de la techno mais comme une autre musique ou sous genre... mais bon... c'est pas gagné d'avance


 


GT ; pour Reich, Glass, Riley... sans être un grand fan, j'avoue percevoir la dimension artistique... ce que j'ai du mal à
percevoir dans la techno. Je comprend bien que la techno soit un passage obligé dans l'histoire de l'electro. Je pense aussi qu'au fil de cette conversation, mon sentiment pour la techno vient
peut-être du fait que c'est une des musiques qui a été le plus produite de facon totalement odieuse ou ratée... ou le nombre de soirées ou j'aurais bien flingué un Dj, je ne les compte plus!
N'importe qui avec un programme peut enchainer les beats... les compils, soirées et/ou Dj plus lamentables les uns que les autres m'ont vraiment dégouté... donc je vais voir encore avec les
propositions de Dahu... si tu as des conseils, n'hésites pas non plus... 



GT 06/08/2010 21:35



ARNO : Bon, DAHU m'a distancé et a dit l'essentiel...
j'ajouterai que c'est vraiment la trance qui a des effets "spectaculaires" sous ecstas en particulier, mais la techno, plus qu'une musique liée à la défonce, c'est une musique liée à la
danse !


Pas besoin de prendre quoi que ce soit non plus pour se laisser porter, même si, je te l'accorde, la techno de Detroit (et la techno pure et dure, en général), peut sembler trop
répétitive... En fait, j'y verrais surtout un lien avec la musique minimaliste des années 60 : c'est vrai qu'elle était aussi appréciée par ceux qui se défonçaient, qu'elle permettait de se
taper des trips alors que beaucoup la trouvaient vraiment trop monotone quand elle était écoutée "sobre"... et pourtant, on peut parfaitement aimer, comprendre et se laisser
transporter par la musique minimaliste de Reich, Glass, Riley & co sans avoir besoin de prendre de drogues...  



Dahu Clipperton 06/08/2010 16:49



Diane : oui oui, les musiciens de Detroit citent volontiers les groupes d'EBM, les pionniers comme Cabaret Voltaire... Pour eux ça fait partie des fondamentaux, sans oublier leurs dieux vivants,
Kraftwerk. J'y pense : ça m'avait amusé de voir Carl Craig citer, en interview, d'obscurs combos new wave belges comme références. En fait, les gars de Detroit sont de fins connaisseurs de toute
l'électronique bien blanche qui les a précédés, clairement.


 


Mais bien sûr, aussi, il y a Prince (dire que ça date de
83... ça me trouera toujours autant le c*l )



Dahu Clipperton 06/08/2010 16:34



Arno : c'est juste qu'on n'en a pas la même perception, clairement. En fait, je n'ai JAMAIS été en club pour écouter de la techno (je suis un type bizarre, je sais). Là où on ne tombera pas
d'accord, c'est que pour moi la techno n'est pas moins "musicale" que l'electronica, l'ambient... Quand j'ai découvert les sons de Detroit, ça a été une énorme baffe, cette musique froide,
mentale (j'ai pas dit "cérébrale"^^), hypnotique, et ce groove ovniesque, comme trempé dans un bain d'acier froid (ça ne vient pas de cette ville pour rien ;D).


Le remix de Carl Craig que j'avais mis en lien (ravi que ça te plaise ;)), c'est parce que les musiciens techno sont quasiment tous aussi partis sur des pistes qui n'ont plus grand chose à voir
avec le dancefloor, si on en revient à Carl Craig, je pense à son chef d'oeuvre More songs about food and revolutionary art, je songe à Richie Hawtin quand il signe Consumed
sous le nom de Plastikman (un disque à mille bornes de sa maestria d'embraseur de dancefloor), à la tournure prise par Garnier à partir de Unreasonable behaviour, ou à Derrick May (si tu
ne connais pas la rétrospective Innovator, jettes-y une oreille, j'aimerais avoir ton avis). Et si, c'est quand même de la techno, c'est la part trop souvent oubliée de cette musique, sa
dimension éclatée, impressionniste, rêveuse et mélancolique... 


 


Pour ce qui est de la drogue, bah non, ça s'écoute très bien à jeun, j'insiste.


C'est peut-être ce qui m'empêche de mettre les pieds dans un club (les raves, je conçois mieux, en plus c'est dehors, c'est mieux^^), je dois être un peu trop sur la ligne "vieux con zappaesque"
vis-à-vis des "gobeurs" (sans parler de ceusses qui se poudrent le nez). Et je ne trouverai jamais ça cooool de se défoncer avec des cachetons


 


Le plus drôle, c'est que la majorité des musiciens de Detroit ne se défoncent pas, c'est plus des rêveurs plus ou moins mystiques, et le fait qu'une grosse part du public s'arrache la gueule à
outrance ne les fait pas spécialement rêver... Après, c'est sûr, il y a d'autres courants où c'est bien plus lié (trance, goa, et compagnie... mais précisément, j'en écoute pas du tout) (chez moi
ni ailleurs^^) (parce que ce sont des courants où les gusses ne savent pas bosser en termes d'album ou de compo, à mon sens) (et ça ne fait pas partie de leurs "prétentions", de toute façon)


 


P*tain, j'avais prévu de faire court


Mais c'est chouette de discuter de musiques électroniques (ça change d'Arcade Fire loooool)



diane cairn 06/08/2010 11:07



en même temps front 242 sortait geography 1982, ya pas que Detroit



Arno 06/08/2010 08:40



Héhé.. c'est bien ca... plein de réactions...


 


Je pousse pas bobonne les gars, selon ma conception et mon expérience, la relation entre la techno et la drogue (extasy en premier) est on ne peut plus évidente... la drogue a toujours coulé à
flot dans le milieu musicale... mais jamais une musique n'a été composée à ce point pour être écoutée défoncée en témoigne son évolution vers la jungle, la trance... l'apparition d'after qui
commencent à 6 heures du mat et sans réel fin... je veux bien encore en discuter mais ca me parait évident... rapidement la "vrai" techno a évolué aussi vers des styles plus "musicaux" comme
l'ambient, le downtemp et jusqu'à l'IDM, le dubstep... et ca continue à évoluer... et j'en passe et la ca me parle cette musique, j'en écoute tout le temps, mais ce n'est plus de la techno! La
techno, j'ai abslument tout écouté mais non, c'est vraiment pas un truc à écouter, mais selon moi l'acompagnement musicale d'une soirée de défonce... une soirée techno sous exta (ou autre) (du
moins au début), c'est quand même quelque chose d'assez fort et puissant, une expérience que je conseille, donc je suis pas réac de ce point de vue!  Mais ce n'est pas parce que l'electro et
née detroit que je suis censé l'aimé ou ne pas la critiquer... c'est pas parce que c'est historiquement la base que je dois aimer, parce que historiquement, c'est la que l'enfant techno est né...
ce que j'aime par contre, c'est l'esprit techno qui est née à Detroit et Chicago et qui s'est ensuite propagée en Angleterre plus en Europe et partout dans le monde... mais c'est un sujet
différent, qui n'a rien de musical...! 


 


Dahu, je critique pas non plus Carl Craig, le morceau que tu mets en lien et terrible... mais c'est pas de la techno... quand je les cites, c'est pour représenter la techno pur et dur... ils ont
évidement fait d'autres choses depuis..... 


 


Allez... j'attends vos réacs... 



GT 05/08/2010 15:12



DAHU : Dans le genre, il y a un paquet d'anecdotes moches sur les majors, très promptes à diaboliser la musique électronique
à partir de la fin des années 80 (surtout avec les histoires de sampling), pour ensuite se faire des c******s en or massif par des moyens semblables à ceux évoqués dans ton article. Ariel Kyrou
en évoquait pas mal dans son Techno rebelle.


 


Je connais pas ce bouquin, je note...


 


Et tout ça est aussi vrai pour le rap, et ça rejoint ce que dit Nik Cohn dans son excellent Tricksta (http://www.musiclodge.fr/article-15891973.html), que j'avais déjà cité mais que je remets ici :


On aurait pu penser qu'une industrie qui s'engraissait avec Olivia Newton-John et les Bay City Rollers se serait gardée de porter des jugements esthétiques.
Toutefois, l'ironie n'a jamais été la qualité principale de l'industrie du disque. Tout au long de son histoire, chaque fois que quelque chose de nouveau et de stimulant surgit, elle hurle au
meurtre et proclame la mort de la vraie musique. Quand la menace venait du rock'n'roll, la vraie musique était représentée par Frank Sinatra et Perry Como. Sous l'effet des assauts du rap,
elle l'était maintenant par Paul Simon et Billy Joel.  (...) Ces paniques ne sont pas tant provoquées par l'amour de l'art pour l'art que par une paresse crasse. Il n'existe pas de secteur
professionnel plus parasitique que l'industrie du disque. (...)
Tout ce qui faisait du rap une chose neuve et stimulante était considéré comme une menace. A l'écoute, le fait que le rap ait mis à la poubelle la forme pop classique - la chanson de trente-deux
mesures définie par l'industrie du disque - était un immense progrès. Qu'y a-t-il de si merveilleux à régurgiter les mêmes suites d'accords et les mêmes progressions harmoniques jusqu'à plus soif
? Il se trouve que nous vivons dans une époque électronique. Mieux vaut une machine, utilisée avec inventivité, que des milliers de ballades sentimentales décervelées. Sacrilège, hurlaient les
vétérans de l'industrie du disque; les machines n'ont pas d'âme. Davantage d'âme que Michael Bolton, selon moi. 


 


ARNO : C'est sûr que la techno de Detroit est assez minimaliste, pas évidente à apprécier si on est d'abord passé par
l'electronica d'Aphex Twin et toutes ses trouvailles sonores, rythmiques, ses audaces et étrangetés... à côté la techno de Detroit peut sembler assez monotone... mais elle a tout
de même sa richesse, quand on plonge vraiment dedans, et, comme le rappelle DAHU, elle est absolument essentielle dans
l'évolution et l'histoire des musiques électroniques.  


THOM : Putain, comparer Garnier à Jarre... j'ai horreur de cette expression mais faut vraiment avoir de la merde dans les
oreilles. Et après le gars on lui fait écouter un morceau de Stravinsky et il répond "laisse tomber, c'est de la merde, on dirait Yes" :-)


Heureusement que Johnny Cash n'est pas passé par lui pour son retour dans les années 90, il aurait été capable de lui dire "c'est nul, on dirait du Cabrel" :-)


 (tiens, dommage que Christophe soit en vacances, ça lui aurait fait un bon sujet de flood^^)


(et ça me fait penser à ce que me disait un type qui bossait avec des majors : il connaissait un mec qui avait un poste important et qui se vantait de ne quasiment rien connaître à
la musique, et de n'avoir jamais écouté les Beatles...)



Dahu Clipperton 05/08/2010 11:54



Arno : comme le dit Thom, faudrait voir à ne pas pousser mémé dans les orties, ni pépé dans les bogues de marrons ^^


En fait, c'est simple : sans les musiciens de Detroit (et ceux de Chicago, bref ceux qui ont inventé et défini les genres dont on parle), Aphex Twin et tous les premiers signés chez Warp (et une
bonne part de chez Ninja Tune), ils seraient sans doute encore tous en train de pleurer et se moucher dans les jupons de môman


 


En ce qui concerne Carl Craig (je fais comme si je n'avais rien lu^^), tu peux faire CLIC. D'ailleurs, ça ne se danse pas du tout, c'est juste le morceau de "jazz électronique mental" ultime. Voiloù.



Thom 05/08/2010 08:27



(Arno il veut toujours parler d'électro et quand on en parle, il nous sort le bon vieux "ils se droguent pour supporter la musique" !)(quand même Nono, tu pousses un peu mémé dans les
orties)(t'es pas assez vieux et réac pour ce genre de blagues :D)



Thom 05/08/2010 08:25



Je connaissais le morceau mais pas l'anecdote... merci ! (enfin, merci Laurent).


 


Et merci aussi pour le petit crochet final. Putain, comparer Garnier à Jarre... j'ai horreur de cette expression mais faut vraiment avoir de la merde dans les oreilles. Et après le gars on lui
fait écouter un morceau de Stravinsky et il répond "laisse tomber, c'est de la merde, on dirait Yes" :-)



Arno 05/08/2010 03:18



Belle histoire... ca fait plaisir à lire...


 


En revanche, je viens encore de me refaire un petit mix des Dj de Detroit et de toute la Dream Team de la techno année 80-90... suite à ton article, et je trouve toujours cette musique vraiment
limitée... j'ai pas trouvé un seul morceau de Carl Craig, Garnier, Jeff Mills ou autre qui arrive à la cheville d'un Aphex et Tobin.. la seule pensée qui me vient à l'esprit , c'est que je sais
pourquoi les gens se défonce pour aller en boite, c'est pour supporter la musique... clean, c'est vraiment pour se faire chier! 



Dahu Clipperton 04/08/2010 23:56



Pfiou, ce morceau... ça faisait une paye que je l'avais pas écouté. Une sorte de leçon de compo techno, et ces synthés "lyriques" et tordus, très Derrick May (donc ça se range juste à côté de
Strings of life^^).


J'avais oublié cette anecdote (et oui, il est très bien le bouquin de Garnier et Brun-Lambert, ça se lit tout seul, et c'est essentiel pour quiconque s'intéresse à l'electro, la techno, tout ça),
et j'avais aussi zappé le tristement drôle "C'est du Jean-Michel Jarre, c'est nul !"


Comment qu'y disent dans les majors ? Ah, c'est ça : Directeur Artistique (cherchez le mot superflu)


 


(et une petite pensée pour Jac Holzman, fondateur d'Elektra... Je ne veux pas faire ma crise de "c'était mieux d'avant", mais il fut un temps, c'était pas les mêmes gusses, et surtout pas les
mêmes paires d'oreilles, dans les maisons de disques...)


(bref)


 


Dans le genre, il y a un paquet d'anecdotes moches sur les majors, très promptes à diaboliser la musique électronique à partir de la fin des années 80 (surtout avec les histoires de sampling),
pour ensuite se faire des c******s en or massif par des moyens semblables à ceux évoqués dans ton article. Ariel Kyrou en évoquait pas mal dans son Techno rebelle. T'as de quoi faire ^^


(surtout que c'est trop peu connu, même des amateurs d'électronique)