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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 16:28

Non, vous ne rêvez pas, Dire Straits a bien été victime de la censure. Le Conseil Canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a décidé d’interdire la diffusion de Money for Nothing sur les ondes, parce qu’on y entend le terme « faggot » (tapette). Honteux. Pour le rock. Car que le dernier morceau rock qui fasse polémique soit un vieux tube FM des années 80, joué par un des groupes les plus lisses et inoffensifs de l’histoire du rock, ça en dit long à la fois sur la frilosité de nos sociétés, et celle du rock actuel qui ne sait plus être à la fois subversif et fédérateur. Pas étonnant que le rap ait pris la place du rock dans le cœur d’une  bonne partie de la jeunesse ; au moins, lui, parle cru, parle mal, provoque, dérange, et se fait censurer à tour de bras par les radios.

 

Mais le pire, dans l’histoire, c’est qu’il n’y a aucune homophobie dans Money for Nothing (si l’on m’avait dit, qu’un jour, je prendrais la défense de Dire Straits…), ce n’est pas « l’artiste » qui s’exprime à ce moment de la chanson, mais un livreur bourrin, aigri et frustré, qui regarde avec mépris les rock-stars efféminées sur MTV et les traite de « tapettes ». Peu importe pour le CCNR :

 

 «  [...] [À] l’instar d’autres mots qui s’articulent autour de la race dans la langue anglaise, « faggot » est un mot qui, même s’il était entièrement ou marginalement acceptable à une époque précédente, ne l’est plus. Le Comité estime qu’il fait maintenant partie de la catégorie des désignations inacceptables eu égard à la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental. » (voir ici).

 

Une association de défense des droits des gays s’est félicitée de cette décision : « il est extrêmement important de supprimer ces mots des textes de la culture populaire ». Le terme « faggot » n’est donc plus acceptable dans une œuvre au Canada, quel que soit le sens de l’œuvre. Le politiquement correct dans toute sa splendeur. Imaginons qu’un chanteur homosexuel écrive une chanson poignante, sensible et très personnelle sur les brimades dont il a souffert, et dise simplement « on me traitait de pédale »… chanson censurée. Parce qu’en raison de la lutte contre l’homophobie et les discriminations, les termes « pédale, tapettes, tarlouze etc… » sont interdits. Donc, en raison de la lutte contre contre l’homophobie, on en viendra à interdire des chansons qui luttent contre l’homophobie. Plus absurde que ça, je vois pas trop…

 

Tout comme les noirs se sont réappropriés le mot « nigger », des homos se sont aussi réappropriés les termes « insultants » qui les concernaient. Broken Social Scene, groupe canadien qu’on ne pourra pas accuser d’homophobie, chante I’m your fag… selon la logique de ces censeurs, il faut les censurer des ondes. Comme Fairytale of New York des Pogues et son "You cheap lousy faggot", ou When the Whip comes down des Stones (“Yeah, momma and poppa told me, I was crazy to stay, I was gay in New York, Which is a fag in L.A.”)… et un des titres les plus importants et fondateurs de la musique populaire actuelle, The Message de Grandmaster Flash et son «Spend the next two years as an undercover fag » (bon, là, sûr que c’est pas un morceau « gay-friendly », mais ça n’a rien non plus d’homphobe…)

 

 

Et le « sulfureux » Money for Nothing mérite d’autant plus d’être censuré qu’il y est question de « chicks for free »… « chicks », c’est pas super valorisant pour les femmes…

 

S’il fallait interdire des ondes toutes les chansons qui utilisent des mots qui peuvent paraître insultants pour telle ou telle communauté - quand bien même ils les mettraient dans la bouche d’intolérants qu’ils dénoncent- on n’en finirait plus.

 

Revenons au mot « nigger » et à sa réappropriation, qui offre un parallèle particulièrement intéressant. Un mot violent, symbole de tout le racisme, toutes les discriminations dont ont été victimes les noirs américains. Et pourtant, ils se le sont réappropriés, une manière pour eux de dire « ça ne m’atteint plus », de se vanner, ou d’affirmer leur solidarité « on sait d’où on vient, on est dans la même merde, on est des niggaz…»

S’il faut supprimer des ondes tout morceau comportant le mot « nigger », on priverait le peuple de la plupart des groupes de rap, notamment deux des plus grands, N.W.A. (Niggers With Attitudes) et le Wu-Tang Clan : difficile de trouver un de leurs morceaux qui ne comporte pas le mot « nigger » (en même temps, ils sont déjà largement censurés pour d’autres raisons…)

 

Censuré aussi, un des plus célèbres morceaux de Dylan, Hurricane, « And to the black folks he was just a crazy nigger ». Qu’un ne vienne pas me raconter que l’auteur de The Lonesome Death of Hattie Carroll soit un danger pour la cause des noirs américains…

 

Un autre célèbre cas de « censure aveugle » a existé, dans les 70’s. Le titre Woman is the Nigger of the World de John Lennon a été banni des radios US qui n’avaient même pas pris la peine de s’interroger et de comprendre qu’il ne s’agissait en rien d’un morceau sexiste et raciste, mais bien, évidemment, de tout le contraire. La seule vue du nom de l’auteur aurait dû les mettre sur la bonne voie, pourtant…

 

En suivant cette logique canadienne « d’épuration de la langue », que faire des films de Scorsese, de séries comme les Soprano, et de toutes ces grandes oeuvres qui « osent » faire parler de façon crue et réaliste des voyous, des petites frappes machos et racistes ? Les interdire de toute diffusion télé ? 

 

L’art ne doit-il présenter que des individus lisses, tolérants, courtois et respectables, dans un monde aseptisé et féerique ? 

 

Le prix à payer pour cette belle idée qu’est la « liberté d’expression », c’est d’accepter, parfois, d’être choqué, dérangé, insulté… à moins de ne pas aimer vraiment la liberté d’expression.

 

Sur ce, je m’en vais continuer la lecture du génial Underworld USA d’Ellroy, dernier volet de son indispensable trilogie sur les années 60 américaines, dans laquelle les juifs sont des youpins ; les noirs des nègres, des moricauds, des bamboulas ; les homos des tapettes, des pédés, des tantouzes ; les italo-américains des ritals, les femmes des poupées ou des salopes… Parce que dans la bouche d’un mafieux, d’un flic véreux des 60’s ou d’un fils de membre éminent du KKK, « personne de couleur », je sais pas vous, mais moi, je trouve tout de même que ça sonne moins juste que « nègre »… 

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Published by G.T. - dans Divers
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commentaires

GT 31/01/2011 18:04



PTILOU : Il n'est certes pas réservé à la France et aux EU, le "politiquement correct" est particulièrement important
au Canada.


 


Et dans le registre "on ne peut plus rien dire", il y a aussi toute cette histoire autour de Nicolas Bedos qui, dans une chronique, compare Sarkozy à un "VRP cocaïné"... c'est tout
de même hallucinant qu'on fasse un tel foin pour quelque chose d'aussi anecdotique. C'est pourtant bien Sarkozy qui avait parlé du droit à la caricature, et qu'il valait mieux un
"excès de caricature"... et là, on est dans une simple histoire de caricature, qui n'a rien de bien méchant ni terriblement humiliant... le pire, c'est que même la direction de france 2 se
désolidarise de Bedos, et vient dire qu'elle trouve aussi sa phrase regrettable... et les politiciens qui tombent tous sur Nicolas Bedos... dernière en date, Nathalie
Kosciusko-Morizet pour laquelle "Nicolas Bedos n'est pas drôle, il est nul et insultant"... Putain, qu'est-ce qu'on en a à foutre de son avis sur ce qui est drôle ou pas ? Elle le
trouve pas drôle ? Moi, si.  Et alors ?


C'est fou que dans ce putain de pays on fasse des polémiques pour des choses aussi insignifiantes. Si on ne peut même plus s'amuser à caricaturer Sarkozy en "VRP cocaïné", si ça, c'est
dépasser les limites, qu'est-ce qu'on peut encore dire ?



ptilou 30/01/2011 21:42



Cette décision est bien laide ! le "parlé correct" n'est donc pas que français ou américain... triste époque !



GT 26/01/2011 19:39



PYROX : Oui, l'affaire Céline aussi va dans ce sens...  


 


ARBOBO : je déteste cette expression fourre-tout "politiquement correct", on lui fait dire n'importe quoi


 


Et le pire, c'est que certains l'utilisent pour justifier leurs discours haineux et racistes, en se prévalant de ne pas être être "politiquement corrects", ce qui est plutôt "positif", tant le
terme politiquement correct est devenu, lui, négatif. Et s'il est devenu négatif, c'est justement parce que beaucoup de gens en ont marre de voir attaquer - et parfois même condamnée - la moindre
parole qui sort un tout petit peu des clous...


 


YANG : Puisque tu parles d'Ellroy, il eut à subir lui aussi quelques foudres pour justement avoir "oser", un des premiers,
faire parler les flics et autres mafieux comme ils parlaient réellement...


 


Mais quelle idée bizarre, aussi, de vouloir faire parler des individus tel qu'ils le font en réalité, tout ça pour rendre les personnages plus crédibles... ^^


 


En fait, c'est le bandeau tennis sur la tête de Knopfler qui aurait du être censuré depuis longtemps...


 


On est d'accord^^


 


LYLE : Je vais peut-être dire une petite connerie mais c'est bien dommage qu'on n'ait pas censuré 'Money for nothing' il y a
25 ans...


 


Non non, je t'assure, ce n'est vraiment pas une connerie :-)



YanG 26/01/2011 14:41



En fait, c'est le bandeau tennis sur la tête de Knopfler qui aurait du être censuré depuis longtemps...



lyle 25/01/2011 14:35



Je vais peut-être dire une petite connerie mais c'est bien dommage qu'on n'ait pas censuré 'Money for nothing' il y a 25 ans...


 


Plus sérieusement, n'est-ce pas plutôt à la justice de statuer sur ce qui est incitatoire à la haine et toutes ces sortes de chose plutôt qu'aux programmateurs de radio ? Mais vu qu'il y a des
procès sur tout (genre Tintin au Congo), on préfère ne pas prendre de risque et censurer d'office... Quelle belle société...



YanG 25/01/2011 10:51



Puisque tu parles d'Ellroy, il eut à subir lui aussi quelques foudres pour justement avoir "oser", un des premiers, faire parler les flics et autres mafieux comme ils parlaient réellement...


 



arbobo 24/01/2011 22:54



il faut que je précise tout de même : ce que nous disent les discriminations est politique, les chiffres que j'ai donnés correspondent à des catégories, mais...


quand on est dans le dur, on l'est, on peut être une femme noire gagnant bien sa vie et avec un super job, et un blanc baptisé s'appelant durand et être en fin de droits et interdit bancaire. ça
se sont des situations individuelles, et elles ne se subdivisent pas. quand une personne est en situation difficile, elle l'est, c'est la réalité première, que ce soit ou non la conséquence d'une
discrimination n'y enlève ou n'y ajoute rien.


je déteste cette expression fourre-tout "politiquement correct", on lui fait dire n'importe quoi. 



arbobo 24/01/2011 22:47



je prends acte yosemite :-)


le fait est que lorsqu'on fait partie de la majorité ce qui nous définit n'est jamais énoncé, dit. il y a pourtant plein de choses qui nous définissent chacun.


je suis un blanc hétéro bourgeois, je suis de gauche, droit de l'hommiste, je me définis aussi par mon goût pour la culture et l'écriture... je pourrais continuer.


il ne faut pas prendre la manière dont d'autres se définissent comme une réduction ou une assignation de sa propre identité.



pyroX 24/01/2011 21:24



et on peut rajouter ces jours-ci la polémique autour de Céline... quoique ca ne soit pas tout à fait les mêmes enjeux =)



GT 24/01/2011 20:19



YOSEMITE : Tu me l'apprends, même le "dangereux et subversif" Mark Twain a donc droit à la censure... c'est
n'importe quoi...


 


Sinon, je suis tout à fait d'accord avec toi, bien sûr (c'est la fameuse solidarité entre hommes blancs hétéros et laïcs^^) 


(faut se serrer les coudes, pas question de laisser le pouvoir a une bande de grosses tarlouzes qui flippe sa race devant le moindre mot qui l'importune...)


(merde, j'oubliais que même le second degré est "inacceptable"^^)


 


ARBOBO : Ah mais je suis tout à fait d'accord sur cette dénonciation des hypocrisies, sur le fait qu'il est important que la
société agisse pour rendre ses citoyens plus tolérants etc... et bien sûr, je trouve toujours scandaleux que l'on continue à avoir des femmes moins payées à job et compétences égales... et ça,
c'est un vrai problème, autrement plus important que celui d'artistes ayant utilisé le mot "tapettes"... Mais je vois pas trop le rapport. Comme XAVIER, je déteste le politiquement correct... non pas que je déteste les valeurs qu'il défend, au contraire, mais sa façon de les
défendre, en bondissant sur tout et n'importe quoi, en traquant la moindre phrase qui pourrait être considérée comme insultante, ce qui donne l'impression à beaucoup de gens qu'on ne peut plus
rien dire, qu'il y a une "police de la pensée" qui traque la moindre incartade... 


Pour prendre l'exemple de PYROX, je comprends que "Sale pute" d'Orelsan puisse choquer, je trouve bien sûr normal que des
radios grand public et des télés ne le diffusent pas, mais qu'on interdise la diffusion du titre sur tout media ou que l'on condamne son auteur, je suis
fondamentalement contre. 


 


DR. F : Contre toute attente, il semblerait pourtant qu'il y a encore des gens qui écoutent la radio en 2010 !



yosemite. 24/01/2011 17:08



arbobo : ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit. oui les discriminations existent. oui, je suis le moins "touché" par ces discriminations. non, mon identité de se construit pas en opposition
de tous les discriminés et opprimés du monde. :)



pyroX 24/01/2011 16:04



apparement, il existait une version censurée du morceau, qu'ont refusé de passer les radios. D'ou la décision 'd'envergure' du CSA canadien.


il y a avait eu une polemique similaire en France en 2009 je crois, avec Orelsan et son morceau Sale Pute...


(GT quand tu t'énerves, c'est quand même plus classe que quand c'est moi ^^)



arbobo 24/01/2011 15:39



après allons-y, le "politiquement correct" on n'en a présenté en France qu'une caricature, comme par hasard puisque ça venait des universités américaines (condition suffisante pour être raillée
dans tous les médias français),


mais en réalité c'était aussi en réaction à une hypocrisie. Une hypocrisie bien ancrée en France qui révendique l'unviersalisme pour mieux cacher les discriminations de fait. Il y a des personnes
qui inversent les rôles, mais dans l'ensemble il y a surtout des discriminations qui se surajoutent les unes aux autres. Cf les testing sur les CV, s'appeler Mohamed Labdi et habiter La Courneuve
c'est envoyer sa candidature direct à la poubelle, quant-au fameux mythe sur les homos friqués, l'an dernier une enquête démontrait que les homos gagnent en moyenne 17% de moins que les hétéros
(faites le calcul, enlevez 17% de votre salaire et voyez à quoi vous échappez), pour les femmes les écarts de salaires n'ont pas bougé d'un iota en 30 ans malgré 5 lois sur l'égalité salariale
depuis 1982. Ca n'empêche ni les hommes blancs hétéros d'être au chômage ni de se faire agresser dans la rue, mais ça s'y ajoute.


quant-à "nigger", que je sache la NAACP, principal organisation de lutte contre les discriminations anti-noirs aux USA, a été fondée en 1909 et son nom dit bien national assocaition for the
advancement of COLORED people ;-)


Tout ceci pour dire que je trouve cette censure là mal dirigée et obsolète, mais n'en profitez pas pour noyer le bébé avec l'eau du bain, ce serait un peu trop facile ;-)



dr frankNfurter 24/01/2011 14:54



En même temps, qui écoute encore la radio... produit tellement formaté depuis longtemps que finalement, c'est juste un pas de plus vers la pasteurisation sonore 



Xavier 24/01/2011 12:12



J'ai aussi été atterré par cette affaire, et je me doutais que tu allais dénoncer cette censure "publiquement". Ce que tu fais fort bien, comme d'habitude...


Le politiquement correct me fait vraiment horreur, c'est un des grands maux de notre société, qui essaye ainsi pittoyablement de masquer son intolérance chronique.



yosemite. 24/01/2011 09:12



On est en train de vivre le même phénomène avec les réédtions de Mark Twain :


http://www.slate.fr/lien/32353/twain-huckleberry-finn-racisme-censure


Ceci étant dit, c'est une victoire de plus des communautarismes bêtes et méchants qui défendent tous leur petite chappelle :


En tant qu'hétéro blanc moyen et laïc, je ne peux plus me définir que comme la négation des toutes les minorités qui - sous prétexte de défendre leurs droits (et leurs devoirs alors ?) -
revendiquent leur appartenance à un groupe spécifique au lieu de revendiquer leur spécificité dans un seul groupe, le genre humain.


Si je ne suis pas gay, musulman ou nain, je ne suis plus rien. Et c'est presque intolérable à leurs yeux, sous prétexte qu'ils ont souffert, souffrent ou souffriront de cette position
socio-culturelle ou/et religieuse.


L'intolérance sous le vernis de la tolérance crasse.


Et c'est très grave.



arbobo 24/01/2011 01:01



en fait c'est comme pour la violence dans les films/séries, dans certains cas elle est valorisée de manière complaisante, dans d'autres elles est montrée pour la dénoncer, et entre les deux il y
a des milliers de cas intermédiaires,


ça me fait penser à ce pensum de judith butler sur le pouvoir des mots, très confus mais on y trouve quelques cas intéressants d'injures saisies par le juge



GT 24/01/2011 00:00



PARNE : Tu l'as dit ! Quand on tombe sur des histoires pareilles, on en regrette d'autant plus un Zappa...


 


GUIC : C'est un peu vrai... mais c'est surtout parce que Pascal est pour moi une injure au mot "nègre" :-)


 


ARBOBO : Bien sûr que lorsque des hétéros utilisent fag ou faggott, ce n'est pas de la réappropriation... et encore, lorsque les
blancs-becs Dylan ou Lennon utilisent le mot "nigger", ce n'est en rien une injure, c'est aussi une forme de "réappropriation". Et quand Dire Straits met le terme faggot dans la bouche d'un
type aigri et bourrin, ça n'a rien à voir non plus avec son utilisation au premier degré dans pas mal de textes de rap...


 


De toute façon, je suis 100% d'accord avec THOM, même au premier degré, je serais contre la censure de ce titre... pour cette
raison-là... par contre, la censure de groupes de rock chiants, je suis aussi pour^^


(degret, c'est un mix de regret et degré ?^^) 


 


Il existe déjà une forme d'auto-censure... qu'un homo refuse de passer Money for Nothing dans son émission de radio parce que le terme "faggot" le gêne, je peux le comprendre. Que des
stations de radio grand public ne passent pas aux heures de grande écoute du rap hardcore avec des textes injurieux et obscènes, je comprends aussi... mais qu'on en vienne à décréter
l'interdiction "officielle" de la diffusion d'un titre, là, ça me gêne vraiment.


 


Pratiquer l'intolérance sous couvert de lutter contre l'intolérance, je trouve ça absurde.


 


ADEN : On peut se demander parfois si, dans nos sociétés modernes, la liberté d'expression est encore une réalité, ou bien
une simple vue de l'esprit.  


 


Oui, même si je pense qu'elle n'a en fait jamais été une réalité... Il faudrait penser à remplacer l'expression "liberté d'expression", assez mensongère, par celle, plus longue, mais plus réelle
: "liberté d'expression de ce qui est considéré comme acceptable" (par qui ? on sait pas trop...)


 



Aden 23/01/2011 22:53



Un article très pertinent. C'est bien vrai, le rock peut sembler en perte de vitesse. Cependant, il reste encore des groupes qui poursuivent dans le même état d'esprit rebelle qui a caractérisé
ce genre par le passé. Les groupes post-grunge, par exemple. Mais il y a une différence importante entre rebellion et provocation gratuite (cultivée à souhait par certains groupes, aussi bien de
rap que de rock).


Quant à la censure... On peut se demander parfois si, dans nos sociétés modernes, la liberté d'expression est encore une réalité, ou bien une simple vue de l'esprit.



Thom 23/01/2011 22:00



Même si les paroles du morceau étaient au premier degret je serais contre sa censure, alors bon. Oui, je suis un vrai de vrai, je suis contre toutes les formes de censure. La seule censure que je
tolère c'est pour les groupes de merde. Du coup je suis bien emmerdé dans cette affaire, mais bon, tout le monde me voyait venir :-))



arbobo 23/01/2011 20:31



je ne dis pas que je suis pour cette censure, mais ne confondons pas tout,


quand des hétéros chantent "faggot", ce n'est pas de la réappropriation, ce n'est pas comme lorsque des noirs parlent eux-mêmes de "niggas", ou quand une association comme les panthères roses se
décrit comme composée de "pédégouines"


;-)


cette censure là me dérange, sous cette forme, une politique générale contre la grossièreté ou la violence verbale à certains créneaux horaires, déjà moins, sur le modèle du sticker "explicit
lyrics". Et à ce moment là c'est facile d'inclure money for nothing dans le lot, sans avoir à passer par un décryptage moral des paroles



Guic' the old 23/01/2011 19:50



Oh... et dans tout cet article, tu n'as même pas un instant pensé à appeler à la censure de Pascal Nègre... Tu manques de forme, G.T. ;-)



Pame vent 23/01/2011 19:00



Tsss... Le pauvre Zappa doit se retourner dans sa tombe...