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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 15:18


  























Personne n'a jamais incarné le rock aussi bien que Jim Morrison. Un peu grandiloquent, j'en conviens, comme entrée en matière... mais c'est à la (dé)mesure de Morrison. Car, au fond, c'est quoi le rock... un truc sauvage, sexy, arrogant, rageur, jubilatoire, urgent, romantique, cool, provocateur, ironique, rebelle, charismatique, foutraque et insoumis (oui oui, c'est tout ça). La plupart des stars du rock ont su incarner quelques-unes de ces caractéristiques... mais Morrison, lui, les a toutes portées au plus haut. 

Il a ringardisé ceux qui le précédaient ; à côté de lui, Elvis a l'air d'un boy-scout, Dylan d'un intello timide, Jagger d'un bouffon, Lennon d'un compositeur de bluettes devenu gentil baba-cool... ce qu'ils étaient déjà en partie, mais c'est encore plus criant quand on les compare à Morrison.
 
Il est allé si loin que personne, après lui ou à son époque, n'a pu prétendre rivaliser sans souffrir la comparaison. Face à Morrison, il manque quelque chose à tous les autres :

Joplin et Hendrix étaient aussi habités que Morrison, mais ils n'avaient pas son arrogance charismatique et rock'n'roll. 
Syd Barrett n'était pas aussi sauvage. Un danger pour lui, pas pour les autres, là où Morrison était les deux.
Lou Reed... il a comme Morrison cette ironie et ce côté "poète maudit"... mais sans l'énergie.  
Bowie... trop élégant, délicat et raffiné. On peut facilement s'imaginer converser avec Bowie autour d'une tasse de thé...
Alice Cooper et Marilyn Manson... ils peuvent en faire des tonnes dans les décors et maquillages de films d'horreurs de séries Z, ils ont toujours l'air moins dangereux et imprévisibles que Morrison..
Iggy Pop... il aurait bien aimé être un nouveau Morrison... mais suffit pas de se défoncer et d'exhiber son engin sur scène pour y arriver... (oui, je sais, j'exagère)
Freddie Mercury ? Soyons sérieux... (là, je n'exagère plus)
Springsteen... trop sage...
Johnny Rotten... sauvage et rageur, certes, mais un peu trop bourrin et psychotique (enfin, son "personnage", Lydon est beaucoup plus fin qu'il en avait l'air). Et Morrison était nihiliste avant les punks.
Ian Curtis...  -c'est qui, Ian Curtis ? 
                    -Le chanteur de Joy Division... 
                    -Joy quoi ?
Lemmy... cf Johnny Rotten, en plus graisseux.
Robert Smith... trop british et bien élevé, malgré ses approximations capillaires et son maquillage qui ne trompent personne.
Bono... soyons sérieux...
Morrissey... cf. Bowie.
Sting... cf. Bono.
Axl Rose... cf. Lemmy, mais encore un degré au-dessus dans la crétinerie.
Nick Cave... sombre, poète, habité, rock'n'roll... il y a du Morrison chez Nick Cave... mais Morrison était déjà tout ça bien avant, en beaucoup plus sexy...
PJ Harvey... trop sérieuse, pas assez dangereuse. Même quand elle gueule, on a envie de la prendre dans ses bras. 
Trent Reznor... on a connu plus cool et sexy...
Kurt Cobain... trop pleurnichard et déprimé.
Thom Yorke...  il faudrait vraiment qu'il n'y ait que lui et McCartney pour qu'on le trouve rock'n'roll. Et encore, c'est pas gagné...
Pete Doherty... il voudrait bien être le nouveau Jim Morrison, il tente de faire tout pareil : provoc, drogues, poésie... mais 40 ans après, en moins extrême, à une époque beaucoup plus permissive, et sans la virile rugosité du blues. Bref, un Morrison ultra-light.

Pour le titre de "figure emblématique du rock", y a pas photo, Morrison est vainqueur par K.O. Bon, il est vrai qu'Elvis a de sérieux arguments, c'est un mythe qui n'a rien à envier à Morrison... Seulement, il lui manque tout de même ce côté insoumis, dangereux, barré, sans lequel le rock n'aurait pas survécu. Morrison c'est, pour aller vite, le cerveau de Dylan dans le corps d'Elvis. Cynique, poète et arrogant comme Dylan... sexy, rock'n'roll, charismatique et beau comme Elvis. En plus chaotique et révolté qu'Elvis et Dylan, deux de ses modèles.  
Cependant, il n'y en a pas tant que ça qui se réclament ouvertement de Morrison. Lorsqu'on est passionné de rock - et donc toujours un peu snob - c'est une figure trop "évidente". Mieux vaut être fana du bassiste d'un obscur groupe cold-wave fin 70's...

Je n'aimais pas Morrison. Lorsque le film d'Oliver Stone est sorti, j'écoutais les Doors depuis peu. Et, en bon fana de rock qui se respecte, tout le foin autour de Morrison à cette époque, les filles qui en étaient folles, la médiatisation excessive, tout ça ne pouvait m'inspirer que du rejet. Même pas allé voir le film sur le moment (enfin, je crois, ça remonte à loin)... J'aimais la musique du groupe, mais pas Morrison, que je voyais comme un poseur, une rock-star superficielle qui aurait lu 2-3 trucs de Baudelaire et Rimbaud et se prenait pour un poète. Baudelaire, je le vénérais depuis longtemps, et le voir brandi par un rockeur "sex-symbol", ça m'irritait au plus haut point. Mais j'avais tout faux... Car plus j'écoutais les Doors, plus je m'intéressais au groupe, plus je découvrais un Morrison à mille lieux des clichés, un Morrison d'une complexité insoupçonnée. C'est bien simple... sa personnalité est si tortueuse, que chaque fois qu'on croit le saisir et le réduire, il apporte de quoi vous démentir et vous échappe. Sinueux comme un serpent... pas étonnant qu'il ait toujours témoigné de cette fascination pour les reptiles. On l'a surnommé le "Roi Lézard", mais "Crawling King Snake" serait plus pertinent (du nom de cette chanson de John Lee Hooker qu'adorait Morrison et que les Doors ont repris sur L.A. Woman). Jeune, il a habité un petit moment chez ses grands-parents (des fondamentalistes...), et sa grand-mère a dit de lui : "Il haïssait le conformisme, il trouvait un point de vue étrange sur tout. Il essayait de nous choquer. Il adorait ça. Il nous disait des choses dont il savait qu'elles nous dérangeraient. C'est simple, nous ne le comprenions pas, ni l'un ni l'autre. Il avait des facettes différentes, Jimmy. On en voyait une, on en apercevait une autre, on ne savait jamais ce qu'il pensait." *

Un poseur ?

Certes... mais pas comme n'importe quelle star débile du rock. Fils aîné d'un militaire, venant d'une famille où l'on ne plaisante pas avec la morale et les bonnes manières, il a toujours pris un malin plaisir, depuis sa plus tendre enfance, à provoquer et agacer. Et, surtout, c'est un des types les plus cultivés de l'histoire du rock (j'y reviendrai), ne voir en lui qu'un poseur, c'est comme ne voir en Bowie qu'un type qui aime bien le maquillage et les déguisements. Grand amateur d'Oscar Wilde, il connaissait cette citation du Portrait de Dorian Gray, qui lui va comme un gant : «Etre naturel est aussi une pose, et la plus irritante que je connaisse.»
 
Un chanteur romantique, poète et sensible ?  

Mouais... il était grossier, cynique, manipulateur, macho, parfois homophobe (il détestait les homos qui tournaient autour de sa compagne pour essayer de le rencontrer), aimait les bars mal famés, se bourrait la gueule en balançant des obscénités, et la musique qu'il préférait, c'était le blues bien rugueux...

Un hippie illuminé ?

Il est toujours drôle de constater que bon nombre de hippies ont pris Morrison comme référence ultime, modèle absolu... certes, il était cool, débraillé, défoncé, libertaire, contestait toute forme d'autorité... mais, quand on y regarde de plus près, il était le contraire d'un hippie. Le Flower Power, très peu pour lui. La vie en communauté dans une douce béatitude ou tout le monde s'aime, se respecte, vit en harmonie (enfin, essaye...) il n'aurait pas tenu une seconde. Comme il le disait :  "
Rien ne m'intéresse en dehors de la révolte, du désordre, du chaos... "
Morrison était un individualiste, un provocateur, un manipulateur... Un érudit, qui dévorait livres sur livres, qui accordait la plus haute importance à la culture, qui ne croyait absolument pas en l'égalitarisme... un élitiste, dont la plus grande influence est... Nietzsche.

Morrison était plus un punk avant l'heure qu'un hippie. Ce n'était pas de construire un monde nouveau qui l'intéressait, c'était juste détruire l'ancien.
Kim Fowley disait des Doors : "C'était le premier groupe diabolique, tout comme les Beatles étaient le premier groupe aux cheveux longs".
Il raconte ainsi la première fois où il a entendu les Doors, alors que ceux-ci n'avaient pas encore sorti le moindre album :
"La première fois que je les ai vus, c'était chez Ciro en 1966. [...] Je suis arrivé chez Ciro avant le début du concert et les musiciens étaient sur scène, en train de se préparer. Un chahuteur a commencé à hurler au groupe "Vous êtes horribles. Vous ne savez pas jouer. Vous êtes de la merde. Vous ne savez pas boire, vous ne savez pas penser, vous ne savez pas vous battre, vous ne savez pas baiser." Il était sale et il avait l'air dangereux. Les musiciens avaient l'air nerveux et ont commencé à jouer... et ce type sauta sur scène et commença à chanter. C'était Morrison, qui venait d'insulter ses propres musiciens. C'est un des meilleurs trucs que j'ai vu dans un club. Pas d'introduction, juste le chanteur qui interpellait les musiciens et puis la musique. Je me suis dit "Bon sang, ces types-là vout être intéressants"

Un sale type égocentrique, prétentieux et tyrannique ?

En partie... on pourrait le penser à la lecture de l'anecdote précédente. Pourtant, contrairement à tant de stars égocentriques du rock, il a toujours montré le plus grand respect pour les autres membres du groupe. A ses débuts, on lui propose en douce un contrat en or, lui expliquant qu'il n'a pas besoin des autres, que ce qui intéresse les gens, ce n'est pas les Doors, c'est Jim Morrison... il répond avec cette ironie caractéristique (en gros, je cite de mémoire... enfin, j'étais pas là, hein, mais j'ai lu ça dans des bouquins) : "nous sommes un groupe démocratique, aucune décision importante n'est prise sans qu'elle soit soumise au vote... vous voulez qu'on aille voir les autres savoir ce qu'ils en pensent ?"

Morrison, à la personnalité si écrasante, aimant manipuler les foules et les médias, aurait très bien pu devenir un vrai tyran au sein des Doors... il n'en a rien été, les décisions ont toujours été prises en commun, non pas à la majorité, mais à l'unanimité, sans que Morrison prenne les autres de haut.
Bien entendu, comme dans tout groupe, il y a eu des tensions, divergences... Morrison a enragé quand les autres ont accepté de vendre la mélodie de Light my Fire pour une pub. Morrison, perdu dans les excès et la débauche, montant sur scène (quand il y venait !) juste pour insulter le public ou raconter des conneries, ça n'était bien entendu pas du goût de Krieger, Manzarek et Densmore... qui ont dû en avaler, des couleuvres, avec un chanteur aussi incontrôlable. Mais, au fond, il y avait un respect sincère entre les quatre.    

Un sex-symbol, jouisseur invétéré, instinctif et animal ?

Morrison en fin de compte était... un intellectuel. Un Q.I. assez exceptionnel (149), un élève brillant (mais très indiscipliné) et, surtout (on peut avoir un gros Q.I. et ne pas s'en servir), un type extrêmement cultivé, passionné par la philosophie, l'art, la littérature, la psychanalyse, l'histoire, l'ésotérisme... Les cours de philosophie, comme l'ont raconté les étudiants de sa promotion, se limitaient à des discussions érudites entre le prof et Morrison, que personne d'autre n'arrivait à suivre. Ce qu'a fait Morrison sur scène, provoquant la foule, l'amenant où il le voulait, ce n'est en fait... qu'une application de son mémoire universitaire, sur les "névroses sociales" et la psychologie des masses. Déjà, à l'université, il aimait faire ce type d'expériences. A ses camarades, il prétendait avec arrogance être capable de manipuler les foules, de les conduire à tel type d'émotion collective... Le rock et la scène lui ont permis d'aller plus loin dans ce qui était un de ses jeux favoris, personne ne savait comme lui, par sa gestuelle, son chant incantatoire, ses mots, mener une foule à l'hystérie, ou l'apaiser subitement s'il trouvait que ça dégénérait trop.

Ce n'était ni pour l'argent, ni pour la gloire que Morrison aimait manipuler les foules... c'est parce qu'il avait ce sentiment de supériorité très "nietzschéen", il savait qu'il était un "leader-né", il était fasciné par le chaos et comme une sorte de "savant fou", il considérait ses congénères et la société en général comme un terrain d'expérience ludique. C'était déjà le cas dans son enfance, lorsqu'il allait jusqu'à mettre la vie de son frère en danger en le poussant à prendre tous les risques... ou provoquant constamment ses camarades, son entourage, pour après noter dans un petit cahier leurs réactions, comme un entomologiste. 


















Une des anecdotes, à mon sens, les plus éclairantes sur Jim Morrison, est un autre de ses jeux favoris, à l'université :
Quand des amis venaient dans sa chambre, il les mettait au défi : "Vas-y, prend un livre, n'importe lequel [...] ouvre-le au début d'un chapitre et commence à lire. Je ferme les yeux et je te dis quel est le livre et qui est l'auteur."Jim balayait d'un geste les centaines et les centaines de livres qui couvraient les meubles et s'empilaient partout contre les murs. Jamais il ne s'est trompé ! *
On a ici en même temps son arrogance, la frime... mais aussi, un profond amour des livres, de la culture et du savoir. Car pour être capable de cela, faut pas être un dilettante, un type qui lit sans grande passion, juste pour avoir une vague "culture". Non, faut, comme Morrison, avoir un rapport "viscéral" à la culture et à la littérature, lire avec la plus grande attention et curiosité.
Baudelaire, Rimbaud... ça ne nous semble pas si original, en France, comme référence... mais pour un américain des années 50-60, ça l'était. D'obscurs livres esotériques à de grands textes philosophiques, des poètes les plus anciens (il était fasciné par la Rome antique et le Moyen Age) aux écrivains les plus modernes, il a passé moins de temps, dans sa jeunesse, à courir les filles que les livres. Enfant, alors qu'il traînait toujours avec la même chemise et que sa mère lui file 5 dollars pour s'en acheter une neuve... il en prend une à 25 cents à l'armée du salut, et court se payer des livres avec le reste.
La vie de Morrison, jeune, c'était celle du fils aîné d'une famille de militaires tout ce qu'il y a de plus wasp et stricte, qui passe son temps plongé dans les bouquins.


















Ceux qui s'intéressent à la poésie de Morrison sans bien connaître le personnage ont de quoi être dérouté. On imagine, en se fiant à son image de rockeur sauvage, habité, cool et sexy, que sa poésie relève de celle de la beat generation, de l'écriture automatique, de textes fumeux avec quelques fulgurances balancées sur le papier sous l'effet de champignons hallucinogènes... mais elle en est le plus souvent très loin. Morrison a avoué lui-même n'avoir jamais su se lancer dans l'écriture automatique. Il aimait le travail sur la langue, les mots, les sonorités (Joyce était un de ses écrivains favoris). Ses poèmes sont ultra-référencés, avec des allusions constantes à des textes et poèmes qui lui plaisaient... rien d'étonnant, en fait, de la part d'un type qui choisit le nom de son groupe en référence à Huxley faisant lui-même référence à William Blake (une autre des grandes influences de Morrison) et dont on peut trouver, sur le premier album, la reprise d'un titre de Brecht et Kurt Weill (tout de même pas commun pour un groupe de rock américain des 60's), la référence au Voyage au Bout de la Nuit de Céline sur End of the Night... celle à Nietzsche sur The End (on pense souvent que cette allusion au mythe d'Oedipe lui a été inspiré par Freud, qu'il avait beaucoup lu, mais c'est la Naissance de la Tragédie de Nietzsche - où celui-ci expose sa théorie de l'art apollinien et dyonisiaque - qui l'a ici inspiré).



















Morrison - Nietzsche... même combat !
   

Lorsqu'il a découvert Elvis, Morrison, comme beaucoup des gamins des années 50, a été profondément marqué, il sentait qu'une nouvelle ère s'ouvrait, une ère qui semblait particulièrement excitante... mais Elvis, dont il a pourtant toujours été un grand fan n'était sûrement pas son influence majeure. Morrison doit beaucoup moins à Elvis... qu'à Nietzsche. 
Il a trouvé en Nietzsche un "esprit frère", un homme dont la philosophie rejoint ce qu'il n'a cessé de faire toute sa vie durant : renverser les valeurs, déconstruire la morale, remettre en cause tout ce qui est considéré comme "normal", convenable, juste ou "bon".  
L'un, Nietzsche, est fils de pasteur, l'autre, Morrison, est fils de militaire... tous deux ont eu une éducation très austère, stricte, morale... mais tous deux étaient trop intelligents et critiques pour accepter les injonctions de leurs milieux. Ils ont déconstruit et remis en question tout de leur éducation, leur conditionnement, en allant le plus loin possible dans cette voie opposée. Les valeurs morales chrétiennes - même les plus universalistes acceptées par les athées - personnne ne les a contestées et attaquées autant que Nietzsche. Les valeurs de la société blanche et wasp dominante, Morrison s'est appliqué à toutes les renverser. Rares sont ceux qui ont osé aller si loin dans leur révolte que Nietzsche et Morrison... qui ont aussi en commun de ne pas vivre cette révolte dans le ressentiment. Ce ne sont pas, comme tant d'autres, des romantiques qui expriment avec le plus grand pathos la douleur de ce poids du monde qu'ils tiennent sur leurs frêles épaules, pas des ados pleurnichards haïssant cette "société injuste et cruelle" et cherchant à se faire consoler. Non, ils ont un grand appétit de vie, de jeu, de plaisir, ils défient le monde avec ironie et panache, ils ne craignent jamais d'en faire trop... plus ça dérange, mieux c'est. Bien sûr, il y a aussi chez eux des frustrations, de la haine, du ressentiment. Mais pas de complaisance dans l'apitoyement, ils le transcendent en exprimant leur violence sans craindre qu'elle soit mal perçue. Peu de gens, dans la vie, sont réellement nietzschéens... même Nietzsche (voire surtout Nietzsche) ne l'était pas. Mettre en pratique les théories de Nietzsche, c'est quasi-impossible et asocial. Morrison, lui, aura essayé... et, sans y être parvenu totalement, il est un des hommes qui a approché au plus près cet idéal. Pour faire comprendre la philosophie de Nietzsche dans les écoles, on pourrait s'appuyer sur l'exemple qu'est celui de Morrison : 
Rejet de toutes les conventions, inversion des valeurs morales judéo-chrétiennes, refus de "voir petit" et de se contenter de demi-mesures, aller toujours plus loin en tout, une mystique sans dieux ni morale ni dogmes, importance du corps, de la danse et de la sensualité. Pas d'égalitarisme, il y a des natures de maîtres et d'autres d'esclaves... la violence est une manifestation de la vie et doit s'exprimer, la culpabilité est la marque des faibles rongés par le ressentiment, une vision très aristocratique de la vie fondamentalement opposée à la vision "bourgeoise", provoquer pour déranger les certitudes etc, etc...

John Densmore (batteur des Doors) : "[Jim] voulait réellement sortir de lui-même, aller absolument jusqu'au bout, aussi loin que possible, et chaque fois. Allez savoir ! Je n'ai jamais compris parce que je suis du côté indien de la métaphysique, du côté lumineux, ce que vous voudrez. Lui était toujours plongé dans Nietzsche, le-sens-de-toutes-choses et l'exploration existentielle." *


Morrison a lu Nietzsche très jeune. Au lycée, il avait déjà dévoré la plupart de ses ouvrages. Pas banal pour un lycéen américain des années 50. Les autres occupaient plutôt leurs loisirs à écouter Elvis et tenter de l'imiter. Morrison, lui, deviendra un Elvis nietzschéen...    






















A ce stade de l'article (pour les courageux qui n'ont pas encore décroché), certains doivent être assez perplexes car :

1. Il est difficile d'arriver à croire que ce sex-symbol rock, sauvage et provocateur était un érudit, un calculateur, un intellectuel dont la référence majeure est Nietzsche... j'ai moi-même mis du temps à m'en faire à l'idée, et quand je vois des vidéos de Morrison, j'ai toujours du mal à l'imaginer. Mais à force de lire des bouquins et articles sur les Doors, j'ai fini par m'en convaincre. 

2. Un intello érudit fana de Nietzsche et calculateur... ça n'a rien de très rock'n'roll. Ce qui contredit ce que j'écrivais au début, Morrison ne serait donc pas la plus parfaite incarnation du rock... il serait plutôt à la traîne, entre Mc Cartney et Thom Yorke. Pire encore, il n'a jamais eu une grande considération pour le rock. Quand, à la fin du lycée, tout le monde ne jurait que par le rock'n'roll, lui disait mépriser le genre et n'écouter que du blues. Lorsqu'il quitte les Doors, ce n'est pas une "passade", les autres membres du groupe savaient que ce serait définitif, que Morrison avait plus d'estime pour la poésie, et voulait s'y consacrer pleinement. Le rock était pour lui plus un jeu qu'un art...

Mais c'est aussi cela qui, paradoxalement, fait de Morrison la "figure emblématique du rock". C'est parce qu'il ne prenait pas le rock au sérieux qu'il pouvait tout s'y permettre. Il n'était pas là pour "faire carrière", mais surtout pour s'amuser, provoquer et foutre le bordel. Qu'y a-t-il de moins rock'n'roll que ces groupes qui vous expliquent que l'important, c'est de durer ? Car le rock, c'est un truc de sale gosse. Et s'il y a bien eu un "sale gosse" dans l'histoire du rock, c'est Morrison (ce n'est pas le rabaisser que de le dire, à leur manière, Nietzsche et Baudelaire sont aussi de parfaits "sales gosses") Morrison est un sale gosse qui a toujours tenu à faire le contraire de ce qu'on lui imposait. Et pas qu'un peu. Le rock lui a permis de faire ce pour quoi il étail le plus doué : emmerder le monde. C'est ce qui lui donne une véritable authenticité, il n'a pas, comme tant d'autres, attendu de monter sur scène pour jouer les rebelles, rentrant le soir chez lui vivre une petite vie tranquille. Le public le sentait bien : il était aussi barré à la ville qu'à la scène.  

Une petite vidéo qui illustre à merveille le "sale gosse nietzschéen" qu'était Morrison... il s'amuse et improvise, au piano, en racontant des conneries sur un épisode de la vie de Nietzsche (c'est le "Frederic" dont il est question) :



Depuis sa plus tendre enfance, Morrison n'a eu de cesse de provoquer sa famille, ses amis, son entourage. Mais ce n'était pas simplement de la provoc' "bête et méchante", il était en quête de vérité, et provoquait parce qu'il a toujours refusé d'accepter les normes arbitraires, les opinions et règles morales que tous semblaient partager. Ses provocations, c'était une manière de mettre à l'épreuve tout ce qui est considéré comme admis ou établi, d'interroger constamment la société et le psychisme de ses congénères, de mettre le monde face à ses contradictions :
"Une grande partie de la personnalité de Jim était son désir de vous provoquer jusqu'à ce que vos mécanismes naturels de défense entrent en jeu. Il essayait sans arrêt de faire tomber les prétentions et les masques que nous nous construisons. Il vous forçait à utiliser vos instincts de survie, parce qu'il voulait vous rendre plus réel. Quand il arrivait à vous faire hurler, crier et sauter de colère il se mettait à rire d'un rire hystérique. Parce qu'il avait gagné"
Bill Siddons, manager des Doors

Une personnalité sinueuse, riche, déstabilisante... mais on est tous amené, selon les jours et nos humeurs, à manifester des aspects très différents de nos personnalités. La grande différence chez Morrison, c'est que lui pouvait être une chose et son contraire, mais dans l'excès le plus total  :

Il vient d'une famille de militaires, pur produit de la "bonne société" blanche et rigide américaine... et deviendra le symbole même de la rock-star débauchée, subversive, provocante... finissant même sur la liste noire du FBI.

Une intelligence et une culture exceptionnelles... et un des plus grands sex-symbol de l'histoire du rock, et même de l'histoire tout court.

Un groupe de rock californien, en plein Flower Power... dont le chanteur parle comme aucun rockeur avant lui de chaos, nihilisme, Rimbaud, Nietzsche et Céline...

Il adorait la littérature et la poésie européenne la plus raffinée... mais était par d'autres côtés une vraie "grosse brute", mélange de dandy européen du XIX° et de bluesman viril et grossier.

Personne dans le rock n'a semblé aller aussi loin dans la quête d'absolu, de grandeur, de transcendance... alors qu'il était d'un grand cynisme et tournait tout en dérision.

Sombre, tourmenté, violent... il était en même temps très "espiègle", rigolard, farceur, ses amis ne savaient jamais s'il était sérieux.

Personne ne semblait aussi habité sur scène... et, pourtant, peu de rockeurs ont osé montré un tel mépris du public, des phénomènes d'idolatries, voire même du rock.


Enfin, s'il y a une chose essentielle qu'on oublie souvent lorsqu'on parle de Morrison, c'est sa voix. Sa personnalité est telle qu'elle a tendance à éclipser le reste. Pourtant, c'est une des grandes voix du rock, un timbre et une manière de chanter en accords avec ses multiples facettes. Une voix fascinante, qui peut-être tour à tour virile et enveloppante avec de beaux graves, nonchalante ou criarde comme celle d'un sale gosse agaçant, éraillée et enragée, éthérée ou bluesy... et, surtout, ce qui lui est le plus personnel, une façon très incantatoire de chanter, unique en son temps, et rarement égalée, si ce n'est plus tard par Nick Cave...

Il est dommage qu'on ne trouve pas de vidéos live vraiment représentatives de ce qu'étaient les concerts des Doors :
"Le public savait à quoi s'attendre lors d'un concert des Doors : bagarre et folie. A défaut, ils verraient au moins le Roi Lézard se conduire comme nul autre n'en était capable, ou ne le voulait. Défoncé au point de basculer hors de la scène - soûl au point de pousser des hurlements à la place des paroles oubliées - planant si haut qu'il allait baiser un ampli avant de s'écrouler sans pouvoir se relever. Avec les Doors, il y avait du spectacle - du spectacle jamais vu, un truc dingue" *

Pas de live convaincant, mais un excellent montage, sur un des meilleurs titres des Doors où le chant de Morrison est à mon sens... génial, et un montage qui est une parfaite illustration de la fascination qu'a pu exercer Morrison...

The Doors - Not To Touch The Earth


     


Pour voir "la bête" en live, le mieux, c'est sans doute cette version de The End, où il est à la fois habité, distant, farceur, provocateur... avec notamment ce jubilatoire "Mother I wanna fuck you all night long", faut imaginer ce que ça pouvait représenter à l'époque, aux EU...

The Doors - The End


  
Jim Morrison chez :

Guic'The Old

Les Doors chez :

Systool

Thom



 * Jerry Hopkins & Daniel Sugerman - Personne ne Sortira d'ici vivant  
J'ai lu pas mal de bouquins sur les Doors, mais celui-là, que j'ai relu pour écrire cet article, est à mon sens le meilleur. Même si vous n'aimez pas trop les Doors, je vous le recommande, la vie de Morrison est un roman. Pas étonnant pour un type qui s'est tant construit à partir des livres, pas étonnant pour la "créature littéraire" qu'il était, allant même jusqu'à tenter d'imiter dans ses gestuelles le personnage de Sur la Route de Kerouac ou la façon d'incliner la tête d'Alexandre le Grand, une autre de ses idoles...


 

 

 

 

 

 

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Published by G.T. - dans Rock
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commentaires

G.T. 15/10/2013 23:57


IOIO : Le Floyd ne peut prétendre être un groupe qui "incarne" au mieux l'esprit du rock, par bien des aspects,
ils vont même à l'encontre de ce qui fait l'essence du genre (urgence, intensité, simplicité etc.) Pour autant, j'aime beaucoup Pink floyd, c'est un des groupes de rock qui m'a le plus marqué et
que j'ai le plus aimé dans ma jeunesse (entre 18 et 21 ans, environ)...


 


(ah, et désolé VINCENT d'avoir loupé ton commentaire...)

ioio 14/10/2013 07:48


Bjr,


 


Vous avez les floyds dans vos comparaisons ^^


Les pink floyd, ça envoit quand même du steak :D ! Et à ce propos, moi qui suis un inconditionnel de Jim, je placerai sur le même niveau de compréhnesion, même longueur d'onde Roger Waters qui a
qd mm créer the wall !!


 


Là encore une oeuvre incontournable qui va au fond de l'espèce humaine, une expérience, un voyage dans les profondeurs ...


 


Ce que tous les passionés aiment en fait, Jim, Waters et tant d'autres ... Tant d'autres que nous n'avons plus aujourd'hui !


 


When the music's over, c'est la fin de nous, en l'an 2000 finit la musique comme chantait Léo Ferré :/


 


Me vient aussi un ver à l'esprit :


Les gens aiment les artistes, car ils y entendent leur propre désespoir avec les mots d'un autre. C'est de moi c'est venu comme ça ... La passion surement :)


 


Portez vous toutes et tous bien.


 


 

Vincent 04/10/2011 00:24



C'est drôle, j'avais oublié la fin de l'article sur On the Road (qui est d'ailleurs mon image, tu aura remarqué). Je vais justement commencer à bosser sur un lien entre les Doors et Kerouac,
est-ce que tu as des bouquins à me conseiller sur le premier, puisque tu en connais plusieurs ? N'hésite pas à être exhaustif si tu en as le temps. Au fait, que se passe-t-il ? Pourquoi est-ce
que tu ralentit ton activité ?


La bise !



G.T. 05/07/2011 14:20



K : Qui sait...



K 04/07/2011 22:44



Mais c'est peut etre mon coté nietzschien qui me fait detester Jim Morrison



K 04/07/2011 22:32



Avec ta description, Morrison me fait pitié. (c'est pas mechant)
Je comprends vraiment pas cette fascination, meme Britney Spears me fascine plus.



GT 04/06/2010 23:28



PAULINE : Certes, Richard Hell ferait un bon "prétendant", je comprends parfaitement qu'on puisse y voir la "meilleure
incarnation du rock"... sauf que le rock, à la base, c'est tout de même une musique "populaire", censée marquer la société, l'interpeller... une musique qui frappe, accroche et
séduit... mais Richard Hell n'est connu que par une toute petite partie de la population, que par une frange minime d'amateurs de rock... là où Morrison est devenu une icône qui a largement
dépassé les frontières du genre.  



Pauline 04/06/2010 21:14



Pour moi l'incarnation la plus parfaite du rock n roll, c'est Richard Hell. A la base, c'est un poète et a même écrit une chanson appelée "Fuck Rock N Roll", Blank Generation est un
classique, avant les Voidoids il a fait partie de deux des plus grands groupes au monde, Television et les Heartbreakers. Il a sorti un deuxième très bon disque.. Il a inspiré directement
McLaren, qui l'admirait vraiment. Il prenait son art très au sérieux et a donc refusé d'être le chanteur des Sex Pistols... Depuis c'est un écrivain qui n'a sorti que des compils d'interêt, qui
prend pas ses ... "fans" (;-)) pour des cons. Il ne se montre pas trop (bon en même temps y'a plus connu, c'est vrai), il s'en fout même, et il a SURVÉCU (et vraiment bien vieillit en plus!)
... Etc etc. En plus il avait une classe (toujours, et c'est ça qui est fort), Bebe Buell le compare à Dylan.


(En disant ça je peux pas m'empêcher de penser à Iggy...)


Bref. Morrison, il a été ma première idole, littéralement, tout ce que tu as écrit je le savais, mais ça m'a pas empêché d'apprécier, ton article est excellent... Mais faut avouer que le Morrison
c'était un vrai psychopathe parfois... Et (ça me fait mal de dire ça) un clown dans ses pires moments. Et comme Thom, (je crois que c'était Thom) je doute quant à ses talents
littéraires... Il a écrit des trucs excellents, ça faut pas le nier, mais "The blue bus is callin' us".. Euh.. Moyen, quand on connaît l'origine du vers (non enfin, même sans le savoir c'est
quand même bidon).



Léa 25/04/2010 20:53



Hey je suis désolée. Rotten est crétin, mais Lydon est assez subtil quand même quand on y réfléchit bien. Pis il est roux :)



Pedro 19/04/2010 06:21



Merci pr cet article, j'ai jamais lu un article si précis et si explicatif de la personnalité de JIM. Gracias hermano



Lorgnonan 05/04/2010 23:33



Jim, un poëte raté?! Je n'y crois pas. Mais je respecte ce point de vue. La poésie de Morrison est un peu comme un chiot difforme qui naîtrait dans une portée de petits chiots normaux. Elle est
curieuse, intéressante, dérangeant. Mais elle n'est pas mauvaise, je pense. La médiocrité même se transforme en or quand on sait la manier comme un jongleur. Et Morrison - je l'ai tout lu!- avait
ce don curieux de vous bercer avec des mots qui, bien que très rationnels, disposés dans la forme que monsieur avait choisi, devenaient transparents puis se mélangeaient pour former des images,
plus des sensations même, des chocs spirituels! C'est mon ressenti, et c'est de la que découle mon avis.


Je pense qu'on ne peut, avec une oeuvre qui s'étend sur si peu d'années, convaincre autant de cervelles, qui plus est des cervelles du 21eme siècle, supérieurement savantes et capables de
critiques pointilleuses et assassines!


Alors, soit Morrison a, en effet, été un sous-poëte, un minable ivrogne qui se croyait illuminé par les cieux crevant en éclairs, tout comme Rimbaud, soit il a, du début à la fin, flirté avec la
folie de la création, et feint le nihilisme pour ne pas devenir fou et suicidaire. Je dirais que ca n'a aucune importance. Si on pouvait lui parler, on lui demanderait si il est heureux, et selon
sa réponse, on aurait plus ou moins envie de continuer le débat...



INFOODWETRUST 03/04/2010 22:21



Fut un
temps                                                                                                                   
marchaient droit tous les gens, faces à faces_                                          
                             Sans contacts à rendre à personne_                
                                                       
              Les munitions étaient stables et les fusils riaient moins souvent_                      
                   L'air eloquent il se manipule les spires et expire                    
                                                  sans rien d'eloquent
à dire_                                                    
                                               Maquillage séduisant arrive,
elle arrive sereine                                                  
                  et pourrit de grâce et de bonté par la force du désir_                      
                                       Car l'artifice de la vie, de la vie humaine c'est cela:
                                                       
        Trouver du plaisir dans le plus perfide des mondes_                                
                               Monde ivre, monde vide, monde plein ...de givre          
                                                     
   Monde soudain, monde qui stagne _                                          
                                           Les chefs-d'oeuvre vivant comprendront-ils
                                                       
                   Comment pouvons-nous nous sentir superieurs                      
                                               En voyant  .... Tout ça
?.... Regardes !!                  



fred 03/04/2010 16:26



Enfin !!


Enfin, on aborde le cas Morrisson en abordant sa poésie (et ce même sur un blog de Rock). Il reste indéniable que son heritage demeure bien plus musical que littéraire (dumoins jusqu'aujourd'hui)
mais il faut prendre en considération le fait que la chanson soit d'un accés infiniment plus facile. Admettre aussi, que cet Art rencontre un plublic toujours plus restrein et surtout, qu'il n'a
jamais eu la même dimension patrimoniale dans les pays anglo-saxons qu'il ne l'a eu en France. Or, on ne peut acceder à toute la mesure d'un poéme par le biais d'une traduction dût elle etre
excellente, seule la version originale demeure "Le Poéme" celui-ci n'est traduisible qu'au prix d'un sacrifice non négligeable de sa richesse phonétique et stylistique. Malheureusement je ne
maitrise pas suffisamment l'anglais pour pouvoir apprécier Morrisson dans le texte.


  En tout cas, une chose est sûre, on ne peut pas faire l'impasse sur la production de Jim. Qu'elle soit bonne (ce dont je ne suis pas sûr pour autant) ou mauvaise (ce dont je suis convaincu
qu'elle n'est pas totalement) elle apporte autant sinon plus que les quelques anecdotes rabâchées que l'on nous ressers sans fin. Car, aprés tout, si sa poésie était si mauvaise: Le savait-il ?
Avait-t-il conscience de ne pas arriver à la cheville de ses modèles? Ou bien, Morrisson, cet îdole, ce chanteur nihiliste pétri de culture ne fut, en dépis de toutes ses aspirations, en dépis de
toutes sa production, en dépis de toute sa vie et jusqu'à sa mort à Paris, cité des poétes,et en dépis de son éternel repos au cotés d'illustres figures du genre, qu'un poéte raté? Avouons quand
même, que faire l'écononomie d'étudier Morrisson a travers ce prisme, serait sinon trés dommage en  tout cas une grosse lacune.


  J'aime à croire que Morrisson n'a pas complètement raté sa vocation et que ses poémes mérite mieux que d'etre bannis sous pretexte qu'ils ne sont pas a la hauteur de la musique que Jim et
les Doors nous ont offert. Si l'on discute un peu de poésie à travers ce blog (musical...je sais) on pourra non seulement restait dans l'univers du Rock mais surtout rendre un  hommage au
lézard tel qu'il aurait apprécié  ...enfin ...peut-être.     



Christophe 31/03/2010 10:29



M'ouais... je comprends que ce texte puisse parler à certains, qu'il a une rage et une force intérieure indéniables pour qui y est sensible.


je me permettrai juste de trouver ça un peu léger au niveau du style : les vers ne sont même pas des alexandrins !


Allez Jim, retourne faire du bon gros boogie woogie avec Charlie Oleg, t'es plus swing dans ce créneau que dans le lautréamont de fac de lettres.



ikran 31/03/2010 09:41



Tu as raison bien sur. Ma petite soeur adore jouer de la flûte, et moi je ne suis pas enchanté pour autant...


Mais par sincérité, je voulais dire talent. Comme une chose qu'on accomplit aisément, sans savoir pourquoi, parfois même sans y porter grand intêret, mais qui reflète une sincérité profonde, une
évidence.



G.T. 31/03/2010 01:38



IKRAN : Merci... et à moi aussi, ce poème me parle... par contre, il y a une chose avec laquelle je ne suis pas d'accord avec
toi, c'est lorsque tu dis que l'art est bon lorsqu'il est sincère... ce n'est pas une condition nécessaire ou suffisante. Et Morrison, justement, en est bien la preuve ! Combien de jeunes ont été
des fous de rock, ont fait cette musique parce qu'il la ressentait au plus profond de leurs tripes etc... et pourtant, ça ne donne pas toujours de grandes choses... alors qu'un Morrison, lui, qui
n'avait pas une grande considération pour le rock, restera avec les Doors un des plus grands artistes du genre...



ikran 31/03/2010 00:56



La tentation originelle était de détruire.
Les Falaises. La Route. Les Murs.
L’héroïsme originel – bluffer les éléments
de feu. Entraîner les créatures dans la tempête.
L’héroïsme originel était de chuter. Baiser.
Le Tout. L’homme naturel.

Participer à la création.
Foutre les choses en l’air. Faire naître
les Choses.

La croisée des chemins où la voiture se cache.
Demeure. Réside. Lieu de rencontre
des Mondes. Fabrique de rêves.
Tout y est possible. Les démons
sont là.

La voiture est d’acier et de chrome. Un tas de bois.
Le haut du tas. Le monceau. Le cimetière.
Où le métal est réduit à son élément
muet et ordinaire. Renaître. Un conte
de renaissance dans le désert. Devenir
chaos puis revenir.

Au balcon, deux négresses, ou un roi
et une reine, font des commentaires.

Les différents types de société défilent sur la scène.
Microcosme dans un dé à coudre

les temps changent, rectifie
à la hâte le sang du chat endommagé
sillons de cactus, arméria
sauvage catalogue de grâce

La chasse était intériorisée
des ombres humides s’élevaient vers l’occident
Vers l’étrange confiance
sur l’arc du sud

Amplifie l’accent traînant de l’orateur
allume la chandelle
La Nuit approche
et nous sommes surpassés en nombre

Près des vagues, chaque soldat
hérisse sa truelle
Pour nous fouiller, prétendant
Nous enseigner nos funérailles

L’esprit fait des merveilles
pour un temps, la lanterne respire
illumine, puis adieu

Chaque homme d’équipage rame pour compren-
dre et observe d’inoptiques accords
pour entendre :

Nous venons d’ici
Pour aller là-bas

Ainsi informés nous nous étonnons
stupides au plus haut point
Un siècle très rarement
se ferme dans le sommeil
il brûle, il commence


Bon sang, je sais pas vous, mais moi cette poésie me parle. C'est comme si tout ce que je voyais se trouvait tout à coup rejetté à l'état dont parle constamment morrison. La folie, le culot,
l'acceptation viscérale de la peur, de l'angoisse, de je sais pas quoi.  C'est puissant! C'est détruit, c'est malsain, c'est totalemet fait "à l'arrache", malgrès les longues années passées
dessus (il était défoncé, son style est donc un style de défoncé, pas clair, tentaculaire, violent, instinctif). Mais c'est lui! C'est ainsi qu'il était! Quoi qu'on en dise, je ne peux comprendre
ceux qui trouvent ses poèmes rébarbatifs, surfaits, banals. Je suis surement un con, car les cons ne comprennent pas l'avis des autres, mais si c'est le prix à payer pour aimer la poésie de ce
connard, alors j'accepte. J'écris moi aussi, et je sais ce que c'est que d'être critiqué, mal vu, satanisé par un article. Et dans ces moments la, on sent brûler au fond de son coeur la flamme la
plus pure, la plus parfaite qui vous dit de n'écouter que vous même. Jim, à mon sens, était dans ce genre d'état d'esprit. C'est pourquoi, à mon sens, sa poésie est forte. Elle ne s'aide
d'aucune critique. Elle est seule, et le seul fait qu'elle existe aujourd'hui, qu'on en parle dans ce débat, c'est la preuve qu'elle ne nous laisse pas indifférents. Sinon, on n'en aurait même
pas parlé.


Merci à l'auteur de l'article, il est excellent. Je suis etudiant en journalisme, et les sites tels que le votre m'aident beaucoup.



ikran 30/03/2010 00:48


Il y a ceux qui écrivent de la poésie, et il y a ceux qui la critiquent. Morrison en écrivait, c'était toute sa vie, plus en tout cas que la musique à ses yeux. Tout ce qu'il a donc écrit, c'était
une oeuvre véritable. Qu'on la trouve bonne ou mauvaise, c'est sur elle qu'il a basé son existence. Quand on la lit, c'est son âme qu'on lit. Rien d'autre ne compte. Aucun art n'est bon si il n'est
pas sincère.


Christophe 29/03/2010 09:07


"Euh... vous l'avez lue, la poésie de Morrison ?"

Je suis passé à celle de Villepin, une sorte de Morrison de la nouvelle droite française du XXIe siècle. 


Thom 28/03/2010 20:46


Euh... vous l'avez lue, la poésie de Morrison ?

Parce que si ce n'est pas indigeste, emphatique et bourré de clichés, je ne sais pas comment on peut appeler ça...

Il faut lui reconnaître une chose, c'est qu'il avait compris ce que d'autres n'ont jamais pigé, à savoir qu'écrire une chanson et un poème étaient deux choses très différentes. Il n'écrivait pas du
tout de la même manière ses textes de chansons, souvent beaucoup plus épurés et moins verbeux.

Je ne sais pas combien de thèses il y a eu sur sa poésie ; en revanche, je sais qu'elle est éditée (et traduite dans de nombreuses langues) depuis des décennies, et que beaucoup de gens (dont moi)
l'ont lue. Sincèrement, autant il me semble qu'on puisse prendre sa musique pour elle-même, autant je ne suis pas convaincu que sa poésie ait une grande valeur en dehors du champ d'étude plus large
de la biographie de Morrison.


fred 28/03/2010 19:12


Certes on parle ici d'un chanteur bien plus que d'un poëte. Néanmoins on parle aussi et surtout d'une icône, d'un leader charismatique... et j' en passe. Alors s'en vouloir insister, ne serait-il
pas interréssant, à partir du moment où l'on veuille approfondir le personnage, et ne pas se cantonner à ce qui à été dit et écris mille fois, de déchiffrer un peu plus sa production littéraire ou
peut-être simplement quelques paroles de chanson? Cette production, dis-tu, est sommes toute assez médiocre. Mais a-t-elle seuleument été étudiée comme il se doit? J'ai découvert il y a peu, qu'une
seule thèse ,d'aprés son auteur, a porté sur ses écrits  ...c'est peu.
  Je partage une grande partie de l'analyse qui a été faite sur lui par vos soins et je trouve le boulot remarquable. Cependant permettez-moi de vous dire que sans de nouvelles sources, peu de
d'éclairage nouveaux n'enrichiront ce qui a déjà été fait. Or, il reste une une grande partie de l'univers Morrisson à défricher, et des gens passionnés comme vous l'ete peuvent contribuer à
découvrir de nouvelles choses. La grande culture et l'intelligence de James Douglas M. laisse penser qu'il a truffé ses écrits, non seulement de références, mais de pleins d'autres parties de
lui-même.
  Je ne connais pas les toiles de Gainsbourg, mais je sais que, s'il considerait la chanson comme un art mineur par opposition à la peinture, il n'a jamais clamé être un grand peintre. Il a
d'ailleurs, il me semble, avouer en être bien attristé. Celui dont on parle en revanche n'a jamais cessé de déclarer que la poêsie était sa vocation et au vue de sa vie, de son érudition, de son
intelligence, je doute (bien que rien de tout cela ne garantisse quoique ce soit - Je te l'accordes- en poësie) qu'il n'ait commis que d'indigestes proses.


G.T. 28/03/2010 14:38


FRED : Tout d'abord... c'est un blog musical, le Jim Morrison chanteur m'intéresse plus que le Jim Morrison poète... ensuite, comme
je le dis dans l'article, ce qui est plutôt "marrant" avec Morrison, c'est qu'à presque tous les niveaux, il y a un malentendu avec lui...un type qui est plutôt à la base un "intellectuel" et
devient un sex-symbol rock'n'roll, un mec assez cynique, sarcastique, manipulateur que l'on a pris pour une icône hippie etc... et le fait que lui, au fond, prenait la poésie bien plus au
sérieux que le rock mais restera à jamais avant tout le chanteur des Doors y participe. Tout cela, aussi, parce qu'il est bourré de contradictions...

THOM : Oui, et dommage aussi qu'un certain Adolf H., qui voulait être peintre à la base, ne soit pas plus connu pour
cette activité-là... :-)


Thom 27/03/2010 22:39


Gainsbourg se sentait profondément peintre, le problème c'est que quiconque a vu ses (rares) toiles et s'y connaît un peu en peinture sait que ce sont des croutes. Idem d'ailleurs pour ses
ambitions cinématographiques, qui ne débouchèrent que sur des oeuvres de seconde voire de troisième zone.

Morrison était meilleur poète que Gainsbourg n'était peintre ; cela dit, sa production poétique, pour n'en être pas moins abondante, demeure tout de même assez médiocre au regard des influences
qu'il revendiquait (ou de la production poétique américaine de son époque). Je pense qu'il ne faut pas chercher plus loin la raison pour laquelle on l'évoque si peu par ce prisme.

Après, que ce soit révélateur de ce qu'il était... sans le moindre en doute, mais j'ose croire qu'il était bien plus et valait bien mieux que ses recueils, assez médiocres et bourrés de clichés.
L'histoire de l'art abonde d'artistes qui auraient voulu être reconnus pour autre chose que ce pour quoi ils excellaient. J'ai toujours trouvé cela à la fois triste et fascinant.


fred 27/03/2010 21:35



excusez-moi d'intervenir là, d'un coup, sans être invité mais j'ai bon espoir d'avoir pierre a rajouter à l'édifice de vos tergiversations et celle-ci est la suivante: l'homme dont on parle se
targuait lui-même d'être un poëte alors, même s'il s'agit ici du chanteur et que personne n'est ici amateur de poesie, il me semble utile voir necessaire de considerer enfin le personnage sous
l'angle de sa production poëtique. Il n'est rien qui lui fût plus indispensable, rien qu'il n'ai plus choyé et dont il n'ai été plus fière. Or pour ne pas dire que cette  part de lui est
quasi-occultée, si ce n'est, pour utiliser le fameux terme generique de "poëte" finalement si facile et convenu, elle n'est pratiquement jamais explorée bien qu'elle puisse mieux que tout le
reste nous éclairer sur ce qu'il est vraiment et sur ce qu'il a voulu laisser à la postérité.  



G.T. 26/01/2010 21:44


NONO : merci et bon courage pour ta bio !


Nono 26/01/2010 16:30


Toute mes félicitations pour ce texte mémorable. c'est simple : il est tellement complet qu'il m'en a appris bien plus que ce que je ne conaissait à la base. tes reflexion sont a mon avis très
juste. 
j'ai commencer a faire une biographie de cet embleme du rock. je crois que ce sera un sacré appui pour moi.
cela fait maintenant deux ans que je connais ce groupe mais dès la première intonation du premier morceaux que j'ai écouter j'ai croché a fond. et je me suis tout de suite pris de passion pour
lui.
merci pour toute ses information. je lirai le livre que tu conseil en fin de texte.
je ne te féliciterai jamais assez pour ce que tu a écrit car tu pense énormément comme moi. les comparaison par rapport aux autre rock star sont superbe.
vraiment BRAVO a toi .
n'hésite pas a rentré en contact avec moi si tu voudra bien m'aider dans sa biographie. 


G.T. 22/01/2010 01:05


Désolé, CRIMSON, d'avoir loupé ton commentaire à l'époque... ce que tu dis sur Waiting for the Sun est très juste, même si ce n'est
pas mon album favori des Doors...

THIERRY : Oui mais dans cette décennie, mourir est d'un banal... pas pour Morrison, trop égocentrique pour accepter de mourir en
janvier 2010 comme tout le monde^^

Quant aux comms 238 et 240... je pige pas trop ce qu'ils essaient d'exprimer avec beaucoup de mal... et je ne suis pas sûr que ça vaille la peine de chercher à comprendre...


lachatteèatamèrefilsdepute 21/01/2010 22:18



Jim Mporrison et son groupe sont bien, comme les Beatles (bah ouais ils étaenit p'tête baba cool mais écoute Sergent Pepper Lonely Heart c'est un album magique, je crois que nietchze s'il était
encore en vie aurait adoré) Et bon arrêter de vous obstinez avec vos idoles et planez! La musique des années 60s c'est la meilleure, et si c'est de la merde alors je suis scatophile.



Thierry 21/01/2010 22:09


En tout cas, Jim Morrison s'est trompé de décennie pour mourir ! ^^


grejhuvegyughf 21/01/2010 21:49


Rhoo, la petite fan en chaleur qui a écrit ce texte  comme c'est mignon. Je vais peut-être verser une larme (j'ai dit
peut-être). Écoute Jim Morrison n'était pas un dieu, ni un surhomme. J'espère t'avoir fais assez chier pour que tu m'admire


crimson 15/08/2009 15:51

Dossier très intéressant et réussi...Morisson était un vrai artiste malheureusement plus connu aujourd'hui pour ses déboires que pour sa musique.Mon album préféré des doors est, sans contexte, waiting for the sun.Un disque à la fois léger et sombre, un disque schizophrénique, un disque paradoxale, donc un disque typiquement doorsien.

daniel 23/06/2009 14:56

@ Fonzi, Thom et GT : je suis un peu embêté parce que je voulais juste crier au monde ma douleur de fan volé .

Fonzi 23/06/2009 13:36

Bonjour Daniel Bon ben excuse moi pour ce commentaire un peu sec! Même si je suis d'accord avec tes propos, aimer Jim Morrison parce qu'il est cool dans un film (qui le traite d'une manière très simpliste), c'est évidemment un peu snul! L'article met d'ailleurs bien en valeur les multiples caractérisitiques oubliées de Jim dans le film.Mais on ne peut enlever à Jim Morrison ce qui fait le personnage, le resumé à une belle voix (comme le dis Thom), c'est nier également une autre partie de sa contribution "au monde de la musique" (meme si elle n'est pas musicale). Et Jim Morrision ne serait pas Jim Morrison sans la vie qu'il à menée. On ne peut pas le nier. Même si ce sont deux choses différentes, elles sont tellement extreme chez Jim que ca forme un tout. 

G.T. 22/06/2009 23:54

DANIEL : Je t'aurais bien répondu, mais THOM l'a fait à la perfection, je ne vois rien à rajouter... ^^

Thom 22/06/2009 20:36

(hé, ne me confonds pas avec le maître de séant)(même si c'est flatteur)(et même s'il est probable qu'il passe pour dire "Daniel, je t'aurais bien répondu, mais Thom l'a déjà très bien fait)No offense, comme ils disent.Et je suis bien comptant de ne pas avoir fait mon service (même s'il m'arrive, juste pour rire, de prétendre le contraire...)(Nick Cave à l'armée quand même... fallait oser ;-)

daniel 22/06/2009 20:01

Tout d'abord , je peux t'assurer qu'il n'était pas dans mon intention d'être déplaisant ( tu auras peut-être  noté que contrairement à ce que je t'avais annoncé il y a un petit moment  déjà , je n'ai pas posté de billet à propos du concert de Matt Elliott que j'ai vu à Dijon, justement parce que j'y aurais dit des choses déplaisantes à propos d'un artiste qui m'impressionne beaucoup mais dont la musique m'ennuie profondément ) Je voulais juste rappeler ce point essentiel concernant la voix de Morrison, parce que celle-ci n'est quasiment jamais évoquée au détriment du "personnage" . Ce commentaire laconique , je l'ai déposé juste après avoir trouvé sur ultimate bootleg experience un enregsitrement live audible du groupe et avoir tenté - une fois de plus en vain - de récouter les Doors. En ce qui concerne la validité des auditeurs en revanche , je serai sectaire et je le revendique . Je ne vise pas les gens comme toi qui sont passionnés de musique . J'ai moi-même découvert les Doors très tard et avant le film et je me suis tapé une année de merde dans une chambre à l'armée avec des connards qui aimaient les Doors parce qu'ils étaient conditionnés par le film et le battage qui l'accompagnait  . et ces connards , quand je leur passais un Nick Cave en leur disant que ça pouvait leur plaire s'ils aimaient les Doors me riaient au nez en me disant qu'ils me connaissaient avec ma musique de merde . Voilà . Franchement , ne prends pas la peine de me répondre car tu dois commencer à en avoir assez ; je le comprendrai . En tout cas , une fois de plus il n'était pas dans mon intention d'être désagréable avec quelqu'un qui a écrit un ausi bon article à propos du projet Hadopi. Bonne soirée .

Thom 22/06/2009 19:02

Hé Daniel, reconnais quand même que ton premier commentaire était inutilement déplaisant ;-)Je te retrouve sur certains points (j'ai dit à peu près la même chose des textes un peu plus haut dans cette interminable discussion), néanmoins je ne peux pas être d'accord avec un truc aussi laconique que (en gros) "l'essentiel : la voix de Jim Morrison . Qu'est-ce qu'on en a foutre du reste ? Le reste est ce qui a justifié le film d'Oliver Stone et l'arrivée en masse de nouveaux fans des Doors ...". D'une part parce qu'ayant découvert Morrison bien longtemps après sa mort (quoique pas avec le film), je ne vois pas du tout en quoi c'est un problème et en quoi je serais un auditeur moins valable que toi ou un autre. Et d'autre part (surtout) parce que je ne loge pas à la même enseigne l'attrait de Morrison pour la littérature et ses provocations à deux balles, de même que je ne range pas dans le même sac sa vie privée et l'impact que son personnage a eu sur l'inconscient collectif.Morrison était une des plus grandes voix des années 70, ça ne fait aucun doute. La plus grande ? C'est fort probable. Mais ce n'est pas le fait qu'il ait été une grande voix qui a profondément marqué l'inconscient collectif au point d'en faire une icône si radicale, pas plus que ce n'est cela qui a révolutionné l'histoire du rock (être une grande voix n'est pas plus une fin en soi qu'être un virtuose de la guitare). C'est son approche artistique et sa démarche esthétique, sa manière unique (du moins en 1967) de conjuguer rock lettré et beat quasiment primitif, de réconcilier le corps et l'esprit, de réunir Elvis et Dylan sous la même bannière. Toutes choses effectivement absentes du film d'Olivier Stone... mais parfaitement dévelopées par cet article.

daniel 22/06/2009 18:37

Rajouter "déjà " dans la dernière phrase. Merci.

daniel 22/06/2009 18:25

Merde alors , je sais pas comment je me débrouille pour publier deux fois le même commentaire . Du coup , laisse tomber Fonzi, je vais pas me lancer dans une super joute sur internet et tout . Je comptais pas "gagner " , c'est juste que je suis assez ridicule pour en rajouter ...

daniel 22/06/2009 18:04

@ fonzi : Je m'excuse , mais il veut dire quoi ton commentaire à toi ? Je dis et je répète que Jim Morrison au-delà des doors ( pour reprendre le titre d'un livre que j'ai lu il y a longtemps et qui aborde le personnage de Morrison sous le même angle que GT ) ne présente aucun intérêt . Un chanteur c'est une voix , portée par un groupe . Qu'il lise Nietzche ou pas , quelle importance ? Qu'il ait des prétentions littéraires , et alors ? Je suis désolé pour  Jim Morrison , mais ses paroles , on s'en fout et elles sont même pour tout dire un peu ridicules . Quand son livre est sorti il aurait dit : " ceci est la seule putain de chose que j'ai réussie dans ma vie " . Oui, oui. Encore un qui n'est pas le meilleur juge de son oeuvre . C'est sa voix qui fait Jim Morrison . Le côté animal de la bête de scène ? Pas besoin de le voir , ça s'entend . Dans sa voix . Point . Ca te va comme commentaire ? Si tu en veux plus , tu vas sur notre blog , les raisonnements y sont plus étayés . A condition bien sûr que ce soit justifié .

daniel 22/06/2009 18:04

@ fonzi : Je m'excuse , mais il veut dire quoi ton commentaire à toi ? Je dis et je répète que Jim Morrison au-delà des doors ( pour reprendre le titre d'un livre que j'ai lu il y a longtemps et qui aborde le personnage de Morrison sous le même angle que GT ) ne présente aucun intérêt . Un chanteur c'est une voix , portée par un groupe . Qu'il lise Nietzche ou pas , quelle importance ? Qu'il ait des prétentions littéraires , et alors ? Je suis désolé pour  Jim Morrison , mais ses paroles , on s'en fout et elles sont même pour tout dire un peu ridicules . Quand son livre est sorti il aurait dit : " ceci est la seule putain de chose que j'ai réussie dans ma vie " . Oui, oui. Encore un qui n'est pas le meilleur juge de son oeuvre . C'est sa voix qui fait Jim Morrison . Le côté animal de la bête de scène ? Pas besoin de le voir , ça s'entend . Dans sa voix . Point . Ca te va comme commentaire ? Si tu en veux plus , tu vas sur notre blog , les raisonnements y sont plus étayés . A condition bien sûr que ce soit justifié .

Fonzi 22/06/2009 16:36

PS : super article!

Fonzi 22/06/2009 16:35

Commentaire 5 étoiles! Merci DanielNe mets aussi que les pochettes albums sans articles tant qu'on y est! Faudrait peut-être faire un classement des commentaires les plus nuls - le super bêtisier d'overblog 

daniel 22/06/2009 09:54

Franchement , tu aurais pu ..Non, je plaisante , je ne recommence pas . C'est juste que je viens seulement de retrouver mon commentaire précédent ( celui dont je pensais qu'il n'avait pas été publié ).

daniel 22/06/2009 09:52

Franchement , tu aurais pu faire plus court en ramenant ton billet à l'essentiel ( qui n'est jamais dit ... ) , à savoir la voix de Jim Morrison . Parce que pour le reste , en quoi c'est intéressant ?

daniel 22/06/2009 09:27

Franchement , tu aurais pu largement raccourcir ton billet en ramenant à l'essentiel : la voix de Jim Morrison . Qu'est-ce qu'on en a foutre du reste ? Le reste est ce qui a justifié le film d'Oliver Stone et l'arrivée en masse de nouveaux fans des Doors ...

G.T. 17/04/2009 12:12

TM : :-)GUIC : Ce n'est pas vraiment de la mort de Nietzsche dont il est question, mais plutôt du moment où il est "devenu fou" (on dit que le déclic a été lorsqu'il a vu un cocher maltraiter un cheval)... et c'est sur cet "épisode" que Morrison délire ici... 

Guic' the old 17/04/2009 10:19

Au fait, (ben oui, ca fait ressortir l'article ces commentaires à la con - même si morrison était, c'est vrai, féru de crayons à papier), mais dans l'impro piano sur Nietzsche, "l'épisode de la vie de Fredéric" que narre Jim, c'est pas tout simplement... la mort dudit Friedrich? Parce que j'ai pas tout compris, mais le coup de s'accrocher à un cheval, et de lui parler, ... je crois que c'est ça non?(Amis bilingues et férus de morts de philosophe, pourriez vous m'éclairer?)

Taille-Mannequin 16/04/2009 23:03

G.T. 16/04/2009 22:44

TC : Merci :-)