Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 18:26

Dans cet article de Slate, l’auteur se plaignait de l’évolution des blogs musicaux, regrettait les mp3-blogs d’antan, frondeurs et innovants, remplacés par des blogs qui se contentent de faire de la chronique d’albums à l’image de ce qui existe déjà dans les magazines musicaux. On peut le comprendre, mais il néglige un point fondamental : pourquoi mettre illégalement de la musique sur son blog alors qu’il est possible de la partager en toute légalité grâce aux sites de streaming du type deezer ? Il ne s’agirait plus de partage, mais de « vice »… C’est bien ce streaming légal qui a rendu inutile les mp3-blogs. Et je ne vois pas de raison de s’en plaindre, mieux vaut que les artistes touchent une rémunération pour leurs œuvres mises à disposition, même petite, que rien du tout.

 

Pourtant, il pourrait avoir de quoi se réjouir… puisque deezer va changer considérablement : dorénavant, à moins de s’acheter un compte premium, vous ne pourrez plus disposer que de 5h d’écoute par mois sur deezer. Autant dire rien du tout. Cela équivaut à 2 albums écoutés 2-3 fois dans le mois. Bref, deezer devient un site payant, avec une petite vitrine gratuite. Vous pensez que les majors s'en contenteront ? Même pas. L'ennemi juré des passionnés de musique, Pascal Nègre, menace encore de retirer le catalogue d’Universal (mais qu’on le laisse le retirer !)… si deezer ne limite pas en plus le nombre d’écoutes (pas plus de 4 écoutes d’un même morceau selon lui).

 

J’ai toujours trouvé hypocrite et même profondément abject la posture de Pascal Nègre et ses petits copains prétendant lutter contre le téléchargement illégal qui ferait surtout du mal à la diversité et aux « petits artistes »… alors que ce qui fait du mal depuis toujours aux petits artistes, ce sont les politiques de concentration, de matraquage et nivellement par le bas des majors. Là, on voit clairement le vrai visage de Pascal Nègre (enfin, tout le monde le connaît, à part quelques naïfs) : les petits artistes, il s’en tape. Car les premières victimes de cette nouvelle situation, ce seront bien les artistes les moins médiatisés et les plus exigeants. Avec un crédit si faible de « 5h d’écoute gratuite par mois », les internautes ne vont pas le gaspiller à s’aventurer vers des albums plus confidentiels ou vers des artistes qu’ils ne connaissent pas, ils préfèreront l’utiliser pour des artistes qui leur plaisent déjà. C’est aussi la mort des playlists deezer sur les blogs, on ne va pas dépenser ce petit crédit d’écoute pour des playlists mais plutôt pour 2-3 albums qui nous intéressent. Lorsqu’on fait une playlist sur un blog, c’est pour la faire écouter à tous, pas pour quelques privilégiés en premium sur tel site de streaming.

 

C’est en partie pour cette raison que je ne veux pas du premium de deezer : à quoi bon faire des playlists et partager des tas de liens vers des albums s’ils ne seront écoutés que par quelques happy few ? Il y a tant d’albums que je ne trouve pas sur deezer (sans parler de tous les titres qui disparaissent au fil des années et rendent les playlists inécoutables), idem pour spotify, qui limite aussi l’écoute gratuite (à… 10 heures), je ne vais donc pas payer le premium de deezer + celui de spotify (et music me…) Aucun site de streaming n’est idéal, pas question de payer pour l’un d’entre-eux. Mais la raison la plus importante, c’est le principe. Je suis trop attaché au droit à la culture pour tous (oui, Pascal, je sais, pour toi c’est sans doute choquant, mais je pense que même les pauvres ont le droit de se cultiver) et au principe de liberté et de gratuité sur le net. Aux producteurs et artistes de s’adapter à cette révolution. Il existe deux conceptions du net pour le moins opposées : le considérer comme une gigantesque bibliothèque ou comme un gigantesque centre commercial… vous savez quelle est la mienne, on sait quelle est celle des majors.   

 

Les premières victimes de cette « triste révolution du streaming » sont donc les artistes les moins médiatisés, et le principal bénéficiaire sera bien entendu… le téléchargement illégal ! C’est tout Pascal Nègre, pour rogner encore un peu plus sur les sites de streaming, il est prêt à redonner un bon coup de boost au téléchargement et streaming illégal…

 

Partager cet article
Repost0
8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 18:51

Permettez-moi de vous présenter un nouvel ami, que vous allez adorer j’en suis sûr : Benjamin Lancar. Président des jeunes UMP.

Alors que la majorité des « jeunes UMP » rejetait HADOPI (comme quoi, il est possible qu’il y ait quelques vrais jeunes chez les jeunes UMP), leur nouveau président est au contraire un fervent défenseur de cette loi grotesque. Pas de quoi en faire un billet, me direz-vous… sauf qu’il a sorti une phrase qui m’a fait bondir, et à laquelle je ne peux que réagir. Il a déclaré : « avec Hadopi, on a protégé la liberté d’expression des artistes » (voir ici). 

 

A moins que pour certains, à l’UMP, liberté d’expression = portefeuille (et encore, rien ne prouve que la loi Hadopi ait un impact financier bénéfique pour les artistes), je ne vois pas ce que la liberté d’expression vient faire ici.

 

Des artistes ont pu s’exprimer librement avant que n’existe une « industrie culturelle », ils ont pu s’exprimer librement pendant, ils s’exprimeront librement après…

 

Essayons, avec la meilleure volonté possible, de comprendre le point de vue de Lancar. Il veut sans doute dire : le téléchargement illégal fait perdre de l’argent aux artistes et à l’industrie, ils ont moins de moyens pour créer, donc moins de moyens pour « s’exprimer ». Par exemple, un musicien a envie de « s’exprimer » à l’aide d’un orchestre symphonique, d’un long et coûteux travail de studio, mais il se retrouve « bridé » (à cause de sa maison de disque en crise qui lui avance de moins grosses sommes qu’auparavant), et ne doit s’exprimer sur ce nouvel album qu’avec une guitare acoustique, sa voix, et doit enregistrer son oeuvre en deux semaines au lieu de trois mois. Voilà ce que veut dire forcément Lancar : moins les artistes et producteurs vendent de « produits culturels », moins ils ont de moyens pour s’exprimer aussi bien qu’ils le voudraient.

Le problème, c’est que cette « logique Lancar » qui confond « liberté d’expression » et « moyens de production »… est totalement absurde. Si on la suivait, on pourrait tout autant dire « la société marchande et le business de la musique nuisent à la liberté d’expression des artistes ». Car si vous êtes un artiste auquel l’industrie ne prête pas attention, ne croit pas en votre « potentiel de vente », jamais elle ne vous fournira les moyens nécessaires pour créer vos œuvres les plus ambitieuses. Téléchargement ou pas.

Vous êtes musicien, vous avez en tête une grande œuvre, expérimentale et complexe, avec orchestre, chœur et les machines actuelles les plus sophistiquées… est-ce que l’on nuit à votre liberté d’expression d’artiste si on ne vous permet pas de la réaliser ? Dans ce cas, et selon la « logique Lancar », tout artiste devrait avoir le droit aux plus coûteux moyens de production pour son œuvre. Mais ça n’a jamais été le cas.

Admettons que Lancar réponde à cela « il faut tout de même que l’artiste ait fait ses preuves pour avoir le droit de s’exprimer librement avec les moyens qu’il désire ». Godard, que l’on aime ou non ses films, est considéré de par le monde comme un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma. Pourtant – et depuis bien avant que l’on puisse télécharger illégalement des films – il ne cesse de dire à quel point il manque d’argent et de financement pour tous ses films… Lancar pourrait encore rétorquer : « il faut aussi que l’artiste puisse toucher un vaste public pour avoir le droit de s’exprimer librement ». Dans ce cas, en effet, sa logique pourrait presque tenir debout… mais elle se baserait alors sur quelque chose qui va totalement à l’encontre de la conception que l’on a en général de l’artiste, puisqu’elle signifierait que pour « s’exprimer librement », un artiste ne doit pas créer d’œuvres trop personnelles, originales, mais des œuvres formatées pour plaire au plus grand nombre. Ce qui nous mène à l’équation la plus illogique qui soit : pour s’exprimer librement, un artiste doit mettre de côté ce qui lui est vraiment personnel, et n’exprimer que ce que le grand public attend. Voilà ce qu’est la « liberté d’expression de l’artiste selon Benjamin Lancar ». De là à considérer que la liberté d’expression des individus se résume à n’exprimer que ce que pense le plus grand nombre…

 

Curieux, tout de même, cette façon de relier « liberté d’expression » à « moyens de productions »… Imaginons qu’un jeune rappeur, séduit par la pertinence des propos et le charisme de Benjamin Lancar, ait l’envie subite de créer une chanson où il exprime l’affection qu’il a pour ce jeune homme, sa famille, et en particulier sa maman avec laquelle il souhaiterait passer de bons moments dans la cave de son immeuble… Est-ce que l’obligation d’enregistrer ce morceau sur un 4-pistes au lieu de rentrer en studio et bénéficier des consoles de mixage dernier cri nuirait à sa liberté d’expression ?

La question de la liberté d’expression de l’artiste, il me semble, concerne ce que la société et la loi l’autorisent ou non à dire dans ses œuvres, la censure qu’il pourrait subir de la part de certains médias, mais pas la somme d’argent qu’il pourrait retirer de cette « œuvre », ni le budget alloué par la maison de disques.

On n’a jamais entendu dire par le gouvernement que le « marché nuisait à la liberté d’expression de l’artiste », alors qu’il existe beaucoup d’artistes talentueux qui ont été virés par leurs maisons de disques, parce qu’ils ne vendaient pas suffisamment, ou n’ont pas été financés pour continuer à enregistrer leurs oeuvres.

 

La liberté d’expression de l’artiste, c’est son droit de porter un regard critique – ou pas – sur la société de son temps, ses congénères ; c’est son droit d’exprimer des opinions politiques ou religieuses sans être censuré sous le simple prétexte qu’elles ne plaisent pas au pouvoir en place. Mais elle n’a jamais été un « droit aux moyens de productions ». A l’artiste de faire… selon ses moyens. Le net et le téléchargement n’ont en rien nuit à la « liberté d’expression de l’artiste », au contraire. Jamais autant d’artistes n’ont pu s’exprimer « librement », sans devoir passer par le filtre de l’industrie, que depuis l’arrivée d’internet.

 

Mais le pire dans cette histoire, c’est qu’en politique, jeune ou pas (et de droite comme de gauche), c’est toujours la même chose, toujours la même forme de manipulation. On invoque de grands principes (la « liberté d’expression de l’artiste », qui peut être contre ?) pour mettre dans sa poche ceux qui ne prennent pas le temps de vraiment réfléchir (après tout, ce sont la majorité des votants…), et par ce biais, on justifie n’importe quoi. Peu importe si le raisonnement ne résiste pas à l’analyse et si le principe derrière lequel on s’abrite n’a rien à voir avec le problème dont il est question…

La liberté d’expression des politiques, c’est sans doute cette… liberté d’entubage. Que les journalistes respectent avec complaisance. Il ne serait pas venu à l’idée des deux « journalistes » sur le plateau de demander à Benjamin Lancar « Quel est le rapport entre la liberté d’expression artistique et hadopi ? » et « Qu’entendez-vous par liberté d’expression de l’artiste ? » Non, la liberté d’expression du journaliste télé, c’est sans doute cette liberté de monter des pseudo-débats à la va-vite, où tout ce qui compte, c’est l’affrontement, le show, que le ton monte, mais pas de rentrer dans le détail…

 

La "liberté du net passe par un contrôle plus intensif du pouvoir", "la liberté d'expression des artistes est protégé par Hadopi"... ce qu'il y a de bien pour les politiques avec le mot "liberté", c'est qu'il leur permet vraiment de vendre n'importe quoi. Mais à force d'en abuser, les gens finiront bien un jour par comprendre que lorsqu'on leur parle de "liberté", c'est pour leur imposer encore et toujours de nouvelles contraintes.  

Partager cet article
Repost0
4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 18:37

Les longs discours sur le téléchargement et les majors, j’ai déjà donné. C’est pourquoi je compte maintenant plutôt privilégier, après Edwyn Collins vs Warner, des anecdotes éloquentes sur certains comportements des majors…

Le texte qui suit est extrait de l’ouvrage indispensable – pour tout amateur de musiques électro – de Laurent Garnier, Electrochoc :   

 

« En 1999, Underground Resistance [label essentiel de la techno de Detroit] avait publié le maxi de DJ Rolando sous le pseudonyme de The Aztec Mystic, Knights of the Jaguar. Un disque sublime, éternel, alliant toutes les caractéristiques de la techno de Detroit : le groove, l’expérience, la vitesse, l’émotion, et une certaine magie. Jaguar était instantanément devenu un classique, au même titre que Strings of Life ou No UFOs. Ce disque était le pont idéal entre la house et la techno et à ce titre, son succès fut instantané, abattant les frontières entre les chapelles, s’inscrivant dans les sets de Djs aussi différents que Joe Claussel, Gilles Peterson ou Jeff Mills.
Quelques semaines seulement après la publication de Jaguar, Sony Music contacta Mike Banks et lui demanda l’autorisation de mettre ce titre sur une compilation. Mike refusa, et l’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais plusieurs mois plus tard, des messages d’insultes où Underground Resistance était en substance traité de « vendu » inondèrent la boîte e-mail de UR. Les courriers provenaient parfois d’artistes européens ayant toujours entretenu jusque là un rapport amical avec le label. Mike ne comprenait pas. Il enquêta et découvrit que Sony avait publié une cover (reprise) de Jaguar sans lui demander au préalable, une quelconque autorisation. Une pratique qui, si inélégante soit-elle, demeurait légale, n’importe qui étant en droit d’enregistrer une reprise d’un titre (Satisfaction des Stones, par exemple), pourvu que les royalties soient reversées et les auteurs crédités. Mais un vent de panique traversa le monde de la techno. Un des bastions mythiques incarnant l’intégrité techno avait été trompé, pillé, par une major.

Avec pour seule arme internet, une bataille rangée s’ouvrit, opposant la ténacité de l’underground à l’avidité des cols blancs des multinationales. »

 

Laurent Garnier laisse ensuite Mike Banks s’exprimer sur le sujet :

 

« Notre communauté a des traditions très profondes dans la musique, des choses qui ont survécu à l’esclavage : la vaudou, le pouvoir du rythme, une certaine magie aussi. Et parfois ces choses retrouvent une vie dans le monde réel à travers la musique et les disques. C’est toute l’histoire de Knights of the Jaguar. Le spirituel contre le matériel. Le nom de Aztec Mystic vient de ces restaurants mexicains où on va souvent avec Rolando. Il y a toujours sur les murs ces dessins représentant les vestiges de la culture aztèque. Un soir on était dans un de ces restaurants et avec Rolando on imaginait ce que pouvait être la musique et les mélodies utilisées dans la musique aztèque au plus fort de leur civilisation. Quelle était la part de mystère contenue dans leur musique. Comment elle pouvait sonner. Le résultat, ça a été Jaguar.
Lorsque ces types des majors ont fait la cover de Jaguar ça m’a beaucoup perturbé. Ils n’avaient aucune conscience des raisons pour lesquelles on avait fait ce morceau, aucune conscience de son aspect spirituel. Ce qui m’a choqué, c’est leur ignorance. C’était très bizarre de voir des gens s’approprier un titre sans  en comprendre le contexte et de les voir en faire une version pop commerciale. Je conçois que dans le monde de la musique on se sample les uns les autres, c’est pas un problème, ça fait partie de notre culture. Mais d’être plagié de cette façon, ça m’a fait mal ! Le fait que la cover de Jaguar sorte sur Sony, c’est une chose, mais le nom de l’auteur n’est même pas mentionné sur le disque (ce qui est obligatoire) ! Et ils avaient même choisi une pilule d’ecstasy pour illustrer la pochette !
Les commandos ont commencé à s’agiter sur Internet. Lorsque nous avons découvert l’affaire nous avons tenté de joindre les gens de Sony mais ils ne nous rappelaient jamais. Une pluie d’e-mails de contestation s’est alors abattue sur leurs dirigeants. A ce moment là, ils ont changé d’attitude et nous ont contactés. Soudain ils voulaient trouver un arrangement. Ma réponse a été très simple : « Pas d’arrangement. Retirez ce disque de la vente. » Il n’y avait aucun deal à envisager avec ces types ! Avec cette histoire, je pense que Sony a appris une leçon : internet peut devenir une arme. Puis ils ont essayé de nous berner, ils ont cessé de sortir leur cover en Europe, mais ils ont continué à la vendre en Amérique du Sud. C’était sale ! Mais au delà de l’aspect légal, pour nous c’était une violation spirituelle. »

 

Laurent Garnier : « Le disque de Rolando est devenu un symbole de la résistance techno underground. A travers lui, une communauté s’était mobilisée contre le cynisme des majors. On dit que le harcèlement des internautes défendant la cause de UR fut tel que les numéros de téléphone et les boîtes e-mail des dirigeants de Sony et BMG (qui licenciait la cover) furent littéralement saturés. Ces compagnies de disques tentaculaires n’avaient jamais connu pareille agression. Jaguar fut d’une certaine manière le cheval de Troie de la techno, là pour rappeler que la soul, l’âme de cette musique, n’est pas à vendre, et qu’il n’y a pas d’arrangement possible face aux agressions et aux pratiques vicieuses des gangsters du music-business. »

 

 

Laurent Garnier – David Brun-Lumbert, Electrochoc, 2003, Flammarion, P. 263-267

 

 

The Aztec Mystics - Knights of the Jaguar :

 

 

 

 

 

Je ne résiste pas non plus à vous citer cet autre extrait, lorsque Garnier fait écouter un de ses morceaux à un type de chez Barclay :

 

« Après le silence qui précède généralement la sanction, il jura qu’il trouvait ça pas mal et proposa de le soumettre à son patron, un certain Pascal Nègre, qui mettra fin à cette initiative : « C’est du Jean-Michel Jarre, c’est nul ! »

 

P. 115

 

Nul doute que ce « Pascal Nègre », complètement largué sur cette nouvelle musique au début des années 90, n’a pas pu faire long feu dans l’industrie de la musique…

 

 

A voir aussi sur le sujet :

 

Edwyn Collins vs Warner

 

De la responsabilité des majors dans la crise du disque

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0