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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 22:06

Je me dis à chaque fois que je ne vais pas rajouter une nouvelle couche sur Hadopi, le téléchargement, les majors et politiques qui ne comprennent rien à la situation... mais faut toujours qu'il y en ait un qui balance publiquement de telles énormités sur le sujet que je ne peux m'empêcher de réagir, à mon modeste niveau. Il semblait pourtant que toutes les bêtises aient été dites sur le problème, mais avec Christophe Lameignère, président du SNEP (Syndicat National de l'Edition Phonographique) et PDG de Sony Music France, on monte encore d'un cran... Ecoutez ses propos, c'est consternant (et le mot est faible) :




Pire encore, selon Metro, il aurait ajouté : « Ces gens-là, ils auraient vendu du beurre aux allemands pendant la guerre ! »...

Toujours la même histoire... un homme de pouvoir qui ne comprend rien, mais alors vraiment rien du tout à ces problèmes qui sont pourtant au coeur de son métier depuis une dizaine d'années, et la ramène malgré tout dans les médias. Il serait bon, cher Christophe, de vous expliquer certaines choses évidentes... ne me remerciez pas, c'est cadeau, mais si vous pouvez inviter vos petits copains (Pascal Nègre et les autres) à lire cette petite remise à niveau, ce serait parfait.

1. Qui est ce fameux "pirate" ?
A vous entendre, Christophe, les gens qui téléchargent et s'expriment sur le net contre Hadopi sont des "petits voleurs mesquins", collabos et qui n'ont jamais rien fait pour la création. On en a entendu des conneries, on s'en est pris plein la gueule depuis 10 ans par des patrons de maisons de disques, artistes, qui nous stigmatisent sans jamais nous écouter vraiment... mais là, on touche le fond.

Le saviez-vous ? On trouve de tout chez les millions de gens qui téléchargent, ces "pirates" comme vous les appelez :  

- Des gens qui estiment que la musique (enfin, ce qu'elle est devenue suite aux politiques hyper-commerciales des maisons de disques), ça n'a pas une grande valeur, c'est un truc qu'on écoute comme ça, de temps en temps, c'est sympa, mais ça vaut pas le coup de dépenser 15/20 euros pour un album, il y a  des choses plus essentielles.

- Des pauvres. Et en particulier des jeunes, des étudiants. Un âge où l'on est souvent passionné par la musique, et, en même temps, on dispose d'un budget très restreint. Quand on a à peine de quoi payer sa bouffe et son loyer, l'achat de CD n'est pas prioritaire... mais ce n'est pas une raison pour ne plus écouter de musique, ne plus se tenir au courant des dernières sorties ou se contenter des merdes qui passent à la radio. 

- Des passionnés de musique. Qui achètent beaucoup d'albums, qui ont une discothèque bien remplie, mais ont toujours besoin de découvrir de nouvelles choses, et rien ne vaut le téléchargement "illégal" pour cela. On ne va tout de même pas payer 10 euros en téléchargement légal un album en mp3 que l'on pourrait acheter "en vrai" par la suite.  

- Des acheteurs occasionnels. Qui aiment bien télécharger avant, pour s'assurer que tel disque va vraiment leur plaire, et l'achètent si c'est le cas.

- Des cons (y en a partout, donc forcément chez les "pirates"... paraît même qu'il y en aurait dans l'industrie du disque, si, j'vous assure, des gens dont le métier a été bouleversé par un nouveau média qu'ils n'ont même pas pris la peine de comprendre). 

- Des accros. Qui ne peuvent pas attendre 6 mois que la nouvelle saison de leur série favorite soit enfin diffusée en France (si elle l'est), ni quasiment un an (parfois plus) pour l'avoir en DVD et la voir en VO. Ce n'est pas pour autant qu'ils sont des "voleurs", c'est juste que les politiques de programmation, de distribution, sont parfois tellement lamentables et hasardeuses qu'ils vont au plus simple. Et il y a aussi les accros qui ne peuvent s'empêcher d'écouter un album trois mois avant la sortie officielle, s'il se trouve sur le net.

- Des ados. Qui se faisaient des copies de copies de copies de K7 dans les années 80, des copies de CD dans les années 90, et maintenant se font des copies de mp3. Rien de nouveau. A la limite, ceux de cette décennie ont plus de "circonstances atténuantes", car la musique n'a plus un poids aussi important dans leur "culture", mieux vaut se payer tel mobile, telle paire de basket ou tel dernier jeu vidéo à la mode... nous, on avait quasiment que la musique, et pourtant, on la copiait massivement.

- Des gens sympas, ouverts, tolérants, généreux, intelligents. Parce que comme les cons, il y en a partout. Mais en moins grande quantité, je vous l'accorde. Et je vous accorde aussi qu'il y en a sans doute quelques-uns dans l'industrie du disque. Il est juste dommage que ce ne soit jamais eux qu'on laisse s'exprimer dans les médias, mais toujours des types obtus qui ne comprennent pas la situation.

- Des musiciens et des artistes. Non pas les grosses stars que l'on entend pleurnicher dans les médias depuis l'arrivée de Napster, mais les "petits", des musiciens qui, par passion, ont pris le risque de se lancer dans cette voie, ont à côté un job mal payé qui leur permet juste de survivre (ou quelques maigres contrats)... ce sont des fanas de musiques, qui ne peuvent bien entendu se payer tous les albums qui les intéressent, et téléchargent "illégalement".    

- Des idéalistes. L'industrie du disque les a tellement révolté qu'ils ont choisi de ne plus rien acheter. Parmi eux, on trouve notamment ceux qui ne se tournent plus que vers les "musiques libres" ou les artistes indépendants.  
 
Bien sûr, il existe sûrement dans le lot  de "lâches voleurs mesquins et collabos qui n'ont jamais rien apporté à la création"... mais qu'est-ce qui vous permet de stigmatiser ainsi tous les gens qui téléchargent et ont le malheur de s'exprimer sur le net contre Hadopi ? Vous avez commandé une étude statistique sur les comportements et la personnalité des "pirates" ? Parce que les seules qui ont été faites montrent que les gens qui téléchargent le plus sont en général les plus gros acheteurs de "produits culturels" (je déteste cette expression... particulièrement, Christophe, pour la majorité des productions qui viennent de chez vous, Sony... car je vois bien le produit, mais je ne vois pas la culture). 
Je n'ai listé que quelques exemples, mais il y en aurait beaucoup d'autres. Autant dans les pratiques, les raisons qui poussent à télécharger, que dans le regard porté sur le problème. Cela va du modéré, qui souhaite vraiment qu'on puisse trouver une solution qui ne lèse ni les artistes, ni le public, au radical, qui veut foutre en l'air l'industrie du disque. Pour ma part, je suis un "radical modéré"... j'aimerais que l'on trouve une solution qui convienne aux artistes et au public, tout en démolissant l'industrie du disque...   

2. Dénonciation, totalitarisme, boycott et collabos.

C'était bien tenté, Christophe, mais complètement loupé. Vous avez essayé de retourner un discours que l'on retrouve parfois chez les internautes, celui de "résister face aux majors qui monopolisent le marché et ont une politique scandaleuse "... sauf que très rares sont ceux qui, comme vous, touchent le point Godwin et en viennent à comparer les majors aux nazis. Complètement loupé, car faut pas déconner... qui a le pouvoir dans cette histoire ? Ce sont bien vous et vos petits camarades défenseurs d'Hadopi, que l'on entend s'exprimer très majoritairement dans les gros médias, pas les modestes internautes, dont les avis sur la question via les blogs, forums,sites spécialisés touchent infiniment moins de monde que le journal télé de TF1... vous savez, le média le plus puissant de France, celui ou un salarié qui a osé envoyer une lettre "personnelle" à son député pour lui expliquer pourquoi Hadopi était une mauvaise loi s'est retrouvé
viré pour cela
Si les mots des internautes sont parfois durs, s'ils en appellent au boycott, c'est parce qu'ils n'ont plus que ça. Depuis le début, on se fout de leur avis ; gouvernement, majors et artistes "embedded" vont main dans la main sans se soucier de toutes les nuances que ces "pirates" peuvent apporter sur les raisons du téléchargement, de la crise du disque etc... 
Quant à faire "l'outing", comme vous dîtes, de députés qui ont voté pour... je ne vois pas où est le problème. Les députés sont nos représentants, ils nous doivent des comptes, et c'est la moindre des choses qu'ils assument publiquement leurs votes. Ce n'est pas de la dénonciation, c'est de l'information. Les gens doivent savoir pour quoi votent leurs députés. Car des députés qui voteraient tous en secret les lois, sans avoir à rendre de comptes, ce serait, pour le coup, assez peu démocratique.
Je ne vois pas non plus ce qui vous scandalise tant dans le boycott d'artistes pro-Hadopi (d'ailleurs, vous mentez effrontément en prétendant que tous les artistes sont pro-Hadopi, plusieurs se sont exprimés contre). L'industrie du disque et les artistes se sont largement enrichis en jouant sur le "culte de la personnalité" (là, je vous arrête tout de suite, ne partez pas dans un autre délire Godwinien, il n'y a aucune allusion au culte de la personnalité nazi ou stalinien, c'est bien pour cela que je l'ai mis entre guillemets, ne mélangeons pas tout)... ils ne vendent pas seulement leur art (un album, un film) mais aussi une "personnalité". En créant ce lien particulier avec le public, ils touchent plus de monde, et plus durablement... normal qu'il y ait un revers de la médaille et que certains veulent les boycotter lorsqu'ils les déçoivent ou les irritent par leurs prises de positions.     

3. Pourquoi l'anonymat sur le net ?

Il semble, mon petit Christophe, que cela vous énerve particulièrement. Ces "lâches internautes" qui fustigent artistes, producteurs et députés cachés derrière leur ordinateur... tout d'abord, la technologie a évolué - mais les pontes de l'industrie du disque n'y comprendront jamais rien -  et sachez que l'on peut maintenant insulter les artistes sur son iphone dans un bar, dans le train, à la plage, chez des amis, etc... Mais bon, ce n'est qu'un point de détail (là encore, ne voyez pas de référence douteuse).

Puisqu'il faut tout vous expliquer, allons-y sur ce qui semblait pourtant aussi évident, l'anonymat sur le net. 
Contrairement à ce que racontent certains, avant Hadopi, internet n'était pas une zone de non-droit, et le téléchargement illégal pouvait être durement sanctionné par la loi. Certains internautes en ont d'ailleurs fait les frais. Les gens ne sont pas complètement stupides, ils ne vont pas prendre le risque de déclarer sur le net "je m'appelle Michael Dupont, j'habite rue du maréchal Foch à Bordeaux, et je télécharge comme un malade".
Vous ne comprenez pas que des gens s'expriment de manière anonyme ? Il n'y a rien de plus simple et logique. Contrairement aux artistes et producteurs, la grande majorité d'entre-nous sommes des gens qui n'ont aucune existence "médiatique", publique. On ne vend rien, on n'a rien à gagner à s'exposer de la sorte, mais beaucoup à perdre. N'importe qui pourrait tout savoir de nos opinions politiques, religieuses en tapant notre nom sur google et en lisant ce qu'on a dit sur tel ou tel sujet dans tel forum, et ça pourrait nous être très dommageable (exemple simple : on postule pour un job, et le type chez qui on a posé notre candidature ne va pas nous prendre parce qu'il n'a pas aimé ce qu'on a dit sur tel fait politique). De toute façon, nous ne venons pas sur le net pour mettre en valeur notre nom et notre identité (à part certains sur cette vaste fumisterie qu'est Facebook), mais nos opinions. Les gens ne traînent pas sur ce blog, par exemple, pour lire une "personnalité", mais des avis, des opinions. Que je m'appelle Gustave Thénardier, Gérard Tarantino, Gene Tierney ou Guillaume Tell, tout le monde s'en tape, ça n'a pas le moindre début d'importance, seul compte ce que j'exprime, pas mon nom. Idem pour tous ceux qui combattent Hadopi sur le net. Mais n'en déduisez pas bêtement que nous n'avons pas de "courage" et que nous restons planqués. La plupart d'entre-nous sommes tout à fait prêts, si ça peut faire avancer les choses, à débattre publiquement avec vous, Pascal Nègre et les artistes pro-Hadopi, on serait ravis d'être entendus. Et même seul contre vous tous, ça ne poserait aucun problème, vu la minceur de vos arguments et votre méconnaissance du net et du téléchargement. Je suis certain qu'une bonne partie de ces gens que vous traitez de lâches et de voleurs sont prêts à en faire autant... 

Enfin, le meilleur moyen pour éviter d'être confronté à la virulence de certains propos d'internautes est simplissime... il suffit d'arrêter de les stigmatiser comme l'industrie et les politiques le font depuis le début, et, surtout, d'arrêter de raconter n'importe quoi.

Sans rapport - quoique - mais l'article est si remarquable que je ne peux faire autrement que vous inciter à aller le lire :
554 Haute fidélité : Mono Vs Stereo (The Beatles : Revolution (mono)) 

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 08:09

Dans un monde un peu moins stupide, les visions paranoïaques d'auteurs de S-F tel Orwell et son fameux 1984 auraient, au pire, l'effet de repoussoir, au mieux, resteraient de la simple fiction destinée à se faire peur. Mais dans ce monde-ci, elles semblent malheureusement donner des idées aux gouvernants. Ce que l'on nous prépare en ce moment, des Staline, Hoover et autres Nixon ne l'auraient pas renié. En si bonne compagnie, on comprend que nos politiques se sentent dans leur bon droit...

Mais que nous prépare-t-on au juste ? Deux sources à connaître pour en savoir plus :

1.
Ce site, dont l'article introductif, clair et très bien fait sur la loi LOPPSI 2 (Loi d'Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure)... Cette SILOPP 2 - oui, je trouve que "la Sécurité Intérieure Légitime l'Observation de Paisibles Particuliers" lui correspond bien mieux - n'a pas fini de faire parler d'elle, et nécessite notre plus grande vigilance. 

2. La vidéo allemande suivante (sous-titrée en français, rassurez-vous), vous explique de manière très didactique ce qui arrive en Allemagne, et ce à quoi nous non plus ne devrions pas échapper.

Nous sommes tous des terroristes :



Nicolas "Bling Brother" Sarkozy en a rêvé, l'Allemagne le fait, et nul doute qu'il va leur emboîter le pas.

Au-delà de la liberté et de la neutralité du net, la question de l'exercice du pouvoir est ici un point crucial. Le net, faut-il le rappeler, n'est pas le monde réel. C'est un moyen de communication, pas un pays ou une entreprise, il n'appartient à personne en particulier. N'importe quel internaute un minimum débrouillard - malgré la censure - arrivera toujours à y trouver ce qu'il désire, que ce soit légal ou pas. Ce n'est pas une zone de non-droit pour autant, contrairement à ce que veulent nous faire croire certains politiques (cf. Alliot-Marie)... si, demain, je publiais un article faisant l'apologie du nazisme, mon blog serait supprimé au plus vite. De même si je proposais publiquement 20 000 euros à qui ferait taire définitivement Florent Pagny. Pas moyen non plus de diffuser la sex-tape de Carla et Nicolas, que ce soit ici, sur youtube, dailymotion etc... (par contre, je peux vous l'envoyer par la poste, pour la modique somme de 20 euros frais de port compris, avis aux amateurs...) Il existe déjà un contrôle du web, on ne peut y faire absolument n'importe quoi en toute liberté sans risquer d'être condamné. Mais vouloir s'engouffrer encore plus dans cette brèche, chercher à contrôler toujours plus le net, c'est envoyer un signe fort au peuple... sans même aller jusqu'au "vous êtes tous des terroristes" de la vidéo ci-dessus, c'est dire "le peuple est un ramassis d'imbéciles (ce qui est parfois vrai, je vous l'accorde, il y en a même qui deviennent ministres) et de gens dangereux (idem) que l'on doit toujours plus encadrer, diriger, surveiller". Et plus on fait sentir à ceux que l'on dirige qu'ils ont besoin d'être dirigés, plus on en fait des moutons idiots (ou, à l'inverse, des rebelles qui étouffent dans ce système oppressant et veulent y foutre le feu). L'exercice du pouvoir, dans une démocratie moderne, devrait au contraire consister à laisser la plus grande liberté possible, à ne pas céder à la peur qui incite à voir derrière chaque citoyen un terroriste ou pédophile potentiel. Le net était justement l'endroit idéal pour cela. Idéal pour permettre aux politiques de montrer qu'ils croient vraiment à la liberté d'expression, au partage des connaissances, et ne nous prennent pas pour des gamins attardés derrière lesquels il faudrait être en permanence. Dans les rapports dominants/dominés, ce sont toujours les mêmes processus qui sont en oeuvre, que ce soit dans la relation entre les gouvernants et le peuple, ou des parents et leurs enfants. Le seul moyen pour rendre vos enfants vraiment adultes et responsables, c'est de leur faire confiance, pas de vous autoriser à fouiller leur chambre ni les prendre en filature lorsqu'ils sortent avec des amis. 

Tenter de nous faire croire qu'Internet est une zone de non-droit qui mérite d'être surveillée au plus près, c'est aussi absurde que de dire que le téléphone et la poste sont des zones de non-droit. Par téléphone ou courrier, vous pouvez organiser un meurtre, un attentat... est-ce une raison pour que l'Etat puisse lire tous nos courriers et mettre toute la population sur écoute ? 
S'il faut accepter cette surveillance des individus sur le net pour des raisons sécuritaires, autant aller au bout de cette logique, et proposer un système encore plus efficace... installons des caméras vidéos dans chaque maison ! On serait dans le même ordre d'idées : la possibilité pour l'Etat d'avoir accès à tout ce qu'il y a de plus intime chez les citoyens. Mais cette technique serait bien plus efficace pour la sécurité des individus que le contrôle du net, cela entraînerait une baisse spectaculaire des violences conjugales, de la pédophilie dans le cercle familial, des cambriolages... on résoudrait tant d'affaires plus facilement avec ce système. Et pourtant, si l'idée de maris qui battent leurs femmes ou de parents qui abusent de leurs enfants est intolérable, qui est prêt à accepter que l'Etat ait un oeil chez chacun de ses citoyens ? 
Bien sûr, les politiques nous assureraient que tout cela sera utilisé avec précaution, que l'on n'observera pas n'importe qui n'importe comment, que ces données resteront ultraconfidentielles... mais la question est : pourquoi devrions-nous faire confiance sur ce point à un Etat qui ne nous fait pas confiance ? 

La technologie nous libère, disait-on. On a plutôt l'impression, avec ce qui se prépare, qu'elle permet surtout de nous surveiller chaque fois un peu plus.

Pourtant, il suffirait d'un minimum de recul et d'intelligence à nos dirigeants pour comprendre ce phénomène très simple : épier le moindre geste de ses enfants, c'est leur mettre dans la tête qu'ils sont indignes de confiance. Criminaliser les internautes de manière ultra-simpliste comme l'a fait l'industrie du disque, cela a été le plus sûr moyen de se mettre à dos même ses plus fidèles "clients", qui en ont eu marre d'être traités de la sorte alors que de télécharger via le p2p pour découvrir facilement de nouveaux albums ne les empêchait pas de continuer à acheter des disques. Les projets de contrôle du web, de surveillance des internautes, c'est exactement ce qu'il faut faire... pour envoyer toute personne éprise de liberté vers des réseaux cryptés, et pousser de pacifiques citoyens à opter pour des techniques et réseaux qu'utilisent hackers, terroristes et cyber-criminels. Voir derrière chaque citoyen un terroriste potentiel, c'est le conduire à se comporter comme tel.    

  
 
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 14:13
L'heure est grave. L'industrie du disque est en crise, les baisses des ventes sont alarmantes, il faut agir, et vite. La seule bonne nouvelle, dans cette situation dramatique, est que l'on a au moins identifié le coupable : piratage et copie privée. 
Tout cela est vrai, les médias et politiques le disent dans le journal :





J'oubliais... comme vous avez pu vous en rendre compte, c'est ce qui se dit au début des années 80, et plus précisément dans le journal du 21 janvier 1980. Une petite différence par rapport à la situation actuelle, c'est que les médias/politiques ajoutent au couple infernal "piratage et copie privée", une autre hypothèse (mais bon, en dernière explication) : la baisse de la créativité... 

La copie s'est développée de manière spectaculaire dans les années suivantes, et pourtant, l'industrie du disque ne s'est jamais aussi bien portée. Et ce n'est sûrement pas l'idée d'une "fondation pour la chanson française" par le ministre de l'époque qui a changé quoi que ce soit. 

Plus qu'une petite dizaine d'années à attendre, et on pourra fêter le centenaire de la première fois où l'industrie du disque a déclaré avec le plus grand sérieux qu'elle allait mourir (avec l'arrivée de la radio). A force de crier au loup...

Lorsqu'on vous dit "j'ai chopé un virus, je vais mourir, c'est imminent...", ça vous fait un choc, vous compatissez... si vous revoyez quelques années après, la même personne en parfaite santé qui vous sort la même phrase, vous vous inquiétez déjà beaucoup moins. La 3° fois, vous ricanez. légèrement... la 4°, vous n'y prêtez même plus attention. Mais la 5°, irrité, vous en venez à souhaiter qu'elle meure vraiment...  

Pour une industrie censée mourir il y a 90 ans, elle ne se porte si mal que ça actuellement, non ?
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