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Classements d'albums

16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 22:01














1. Ez3kiel - Battlefield  7,8

2. Black Mountain - In the future  7

3. The Mars Volta - The Bedlam In Goliath 6,7

4. The Do - A Mouthful  6,7 

5. Vampire Weekend - Vampire Weekend 6,1

6. Syd Matters - Ghost Days 5,6

7. Nada Surf - Lucky 4,8

8. Sébastien Tellier - Sexuality 3,9 

9. Hot Chip - Made in the Dark 3,7

10. Radar Bros. - Auditorium 3,5



Chroniques du Black Mountain chez
Klak, Systool, Eric et Thom





Les blogs qui participent au classement

Systool  
Alternative Sound   
Le Golb     
7and7is  
Classe ou Crasse 
Guic'the old 

Lyle 
Le Chant de la Sirène
Le Bal des Vauriens 
Arbobo
Jazz, Blues & co    
Rxqueen

Chroniknroll
Kamunke
Kill Me Sarah

Les insectes sont nos amis
Là où dort le chat noir...
Strategikon
Labosonic
Pop-Hits

Pyrox
Tweek
Chtif
Zicdelanmil
Aymeric
115th dream

Et bien entendu les habitués (Christian, Crafty, Olive...)


Les retardataires et les nouveaux peuvent noter tous les albums déjà classés, mais prière de mettre vos notes dans le dernier article du classement (donc celui-ci), pour faciliter mes comptes.

La page des notes se trouve ici. Je la publie afin que ceux qui ne se souviennent plus s'ils ont noté tel ou tel album puissent s'y retrouver, et parce qu'il me semble intéressant de savoir, pour chaque album, quel blogueur l'a aimé (ou pas).
Cela ravira aussi nos amis maniaques et paranos, qui pourront vérifier si les comptes sont bons ou si je n'ai pas oublié leurs notes.
    

A noter cette semaine :


The Kills - Midnight Boom (8)

The Magnetic Fields - Distortion (6)

Xiu Xiu - Women as Lovers (6)

Morcheeba - Dive Deep (6)

Daniel Darc - Amours Suprêmes (pas écouté)
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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 22:50

Tout a commencé avec Hendrix... ce fabuleux musicien à la sensualité débridée, qui faisait corps avec sa guitare comme personne avant lui,  dont les doigts agiles montaient et descendaient avec une folle dextérité sur son gros manche, ce qui mettait toute la jeunesse de l'époque en transe. Ses deux titres emblématiques resteront le magnifique "Hey Joe", écrite pour son compagnon, et Purple Haze avec son fameux message crypto-gay (mais pas si crypté pour qui sait écouter), "s'cuse me, while I kiss the sky" qu'il prononce en fait "s'cuse me, while I kiss this guy", rendez-vous en compte par vous même :

Jimi Hendrix - Purple Haze

A peu près dans le même temps, l'autre groupe à l'origine du hard sera Led Zeppelin, mené par le couple sulfureux Robert "boucles d'or" Plant - Jimmy Page. L'ange blond et le guitariste ténébreux, qui - à la ville comme à la scène - étaient en parfaite osmose, les entrelacs de cris orgasmiques suraigus de Plant et de solos de Page resteront dans les annales du hard.

L'ange blond, Robert Plant, qui ferait passer dans la vidéo suivante Lennon et McCartney pour deux bluesmen rugueux, ou deux bucherons du grand nord :







L'ange blond et Jimmy Page, qui en a fait rêver plus d'un avec son double-manche :

 

























lls frappent un grand coup dès leur premier album, à la pochette qui a fait pas mal jaser pour cet énorme symbole phallique :

 















C'est avec eux que naît une des branches les plus radicales du "hard", branche qui ne fera pas l'unanimité dans leur communauté, puisqu'ils revendiquent ouvertement une haine des femmes, allant jusqu'à proclamer dans Dazed and Confused, au moment paroxystique, "Soul of a women was created below"... ces femmes, créatures de l'enfer, créatures malsaines, vénales, qui pensent gagner leur place au paradis en payant ("she's buying a stairway to heaven")

Led Zeppelin - Dazed and Confused


Hendrix et Led Zep ont posé les bases, et fasciné toute une génération de jeunes mâles : chevelure très longue et féminine, androgynie (Plant), couleurs chatoyantes, jeans moulants, guitariste qui n'est plus un simple accompagnateur mais le "heros" du show, excitant les jeunes hommes venus admirer ce gros engin qu'il manipule avec virtuosité dans des poses provoquantes... le hard est enfin né, on sort du placard, on n'a plus honte d'affirmer ses choix, son identité... mouvement qui ne pouvait naître en d'autres temps que dans ces années 67-68. 

Aux côtés de Led Zeppelin apparaîtront deux groupes phares du hard : Deep Purple et Black Sabbath, qui donneront naissance à des courants majeurs du genre. 

Deep Purple doit beaucoup à Hendrix. Son nom, déjà, référence à "Purple Haze", morceau emblématique dans lequel beaucoup se sont reconnus pour la phrase citée en début d'article, mais aussi la mise en avant de la virtuosité. Sauf que, contrairement à Hendrix dont la virtuosité est toujours au service d'une grande intensité orgasmique et reste profondément ancré dans le blues, ils ouvriront la boite de Pandore en cultivant un certain goût pour le kitsch (mélange rock-classique pas toujours de très bon goût, mais pas aussi grotesques que leurs suiveurs) et l'exhibition technique parfois gratuite. Ils restent capables de pondre de bons morceaux rock - tel "Speed King" écrit en hommage à l'un des amants de Ritchie "Black Amore" Blackmore - mais n'évitent pas quelques dérives qui donneront naissance à beaucoup des "grandes folles exhibitionnistes" du hard, Yngwie " la Sweedish Diva" Malmsteen en tête. A noter aussi que Ritchie Blackmore fondera "Rainbow" - les couleurs de l'arc en ciel sont un des symboles de la communauté gay - en 1975.

Black Sabbath, de son côté, va - comme son nom l'indique - développer un univers plus sombre, flirtant avec le satanisme, qui deviendra un des thèmes majeurs du metal. Pourquoi le satanisme ? Pour deux raisons :
1. Les espoirs nés du flower power sont vite retombés pour beaucoup de jeunes de l'époque, qui voyaient bien que rien ne changeait vraiment, que leurs parents et la société n'acceptaient pas leur "différence". On les rejette, on leur dit que leurs inclinations sexuelles sont "mal", on les culpabilise... soit. Ils vont "exorciser" le poids insoutenable de la culpabilité en jouant les "démons de l'enfer".
2. Le satanisme, c'est le renversement des valeurs judéo-chrétiennes, des impératifs moraux, des normes sexuelles... il s'accompagne souvent d'une sexualité débridée, où toutes les expériences non-conformes aux bonnes moeurs sont valorisées.

Cela donnera le "grand-guignol glam-sataniste", avec les créatures ambiguës que sont Alice Cooper et Marilyn Manson, et le satanisme plus radical des "honteuses" Slayer, puis ceux du Death Metal et, surtout, du Black Metal (dans les 90's). A côté des "grandes folles" colorées, flashy, décomplexées et glam-kitsch dont les médias sont friands, se développeront, de manière plus underground les "grandes folles de l'enfer" du Black Metal aux tenues fantasques et maquillages outranciers, qui, elles, sont coincées entre leur désir d'exhib et d'expression de leur identité, et le poids de cette culpabilité qui les ronge :

 

























Une chanson qui en dit long... Poison d'Alice Cooper, où "Alice" exprime son incapacité à vivre une relation physique avec une femme. Sa volonté, conditionnée par les injonctions de la société, le pousse vers les femmes, mais rien à faire, on ne peut aller contre sa nature et ses pulsions, le contact physique avec une femme le rebute. Double allégorie, le "Poison" étant à la fois l'effet physique provoqué par le toucher d'une femme, et les injonctions morales qui briment sa nature : 

I want to love you but I better not
Touch (dont touch)
I want to hold you but my senses
Tell me to stop
[...]
I want to taste you but your lips
Are venomous poison
You're poison running through my
Veins


Alice Cooper - Poison


Un mot sur les essentiels AC/DC, qui ont fait beaucoup pour avancer "la cause". Un nom qui annonce la couleur, puisqu'en argot il signifie "à voile et à vapeur" (bissexuel), un guitariste jouant les "écoliers pervers" et se baladant volontiers cul-nu sur scène, et un chanteur... qui a fait son coming-out à la télé dans la vidéo suivante, travesti comme il aimait tant le faire au quotidien :
  
AC/DC - Baby Please don't Go

Dans les années 70, le hard aura une rude concurrence comme "porte-drapeau" de la communauté gay, avec le glam-rock, tout d'abord, puis le disco. Mais il saura à chaque fois rebondir, aller plus loin dans l'excentricité, et s'imposer comme le seul genre musical "durable" représentatif de sa communauté. Lorsque le glam débarque, le hard contre-attaque avec Alice Cooper et Queen, et face à la déferlante disco, il jouera la carte KISS, groupe à faire passer le look disco pour celui de mornes "hétéro-beaufs" :

KISS - I was made for loving You : le mariage du hard et du disco.


Aux côtés de la fascination pour le kitsch et un certain mauvais goût revendiqués par la communauté gay - une manière de se défendre des attaques à son endroit en poussant à l'excès ce pour quoi on la rejette ("puisque vous trouvez que nos préférences sexuelles sont de mauvais goût, nous cultiverons ce mauvais goût") - codes qui deviendront un signe de reconnaissance, va se développer une esthétique de la "virilité surjouée". L'exemple le plus connu du grand public est bien sûr celui des Village People, mais le hard ne sera pas en reste et saura surfer sur cette vague. Avec Lemmy, qui souhaitait intégrer les Village People et tenir le rôle du motard... il passera les castings, mais se fera chiper la place, ce qui lui reste d'ailleurs toujours en travers de la gorge. Il devra se contenter, avec Motörhead, d'une version plus trash et crasseuse des Village People.

Photo de Lemmy - excité comme une puce - prise juste avant son casting chez les Village People :


















Dans la surenchère de virilité surjouée et de mauvais goût, le hard a trouvé ses maîtres dans les années 80 en la personne de Manowar, les "Village People de l'âge de pierre" :


 


Manowar, du "Gay Power Metal", sous-genre du heavy-metal qui, fin 70's début 80's, sera représenté par :

"La vierge de Fer", Iron Maiden, mélange de kitsch coloré et de grand-guignol de série B d'horreur.

Leur premier chanteur, Paul Di'Anno sera viré pour Bruce Dickinson, seulement choisi parce que son nom amusait ceux des autres musiciens dont le goût douteux ne se limitait donc pas seulement à la musique et aux fringues.

 


Bruce Dickinson qui d'ailleurs reprendra dans son premier album solo "All the young Dudes" de Bowie...

Judas Priest, qui popularise le "total-look SM", surtout via son leader, Rob Halford. Personnage emblématique du Metal, dans lequel se reconnaissent l'essentiel des fans de hard, qui l'ont déifié et surnommé le "Metal God". Il a révélé publiquement en 1998 son homosexualité alors que la plupart de ses confrères, très "chochottes", préfèrent garder un semblant de mystère qui pourtant ne trompe personne. Halford collaborera aussi avec son compagnon, Trent Reznor, sur le projet 2wo... les deux forment un couple sulfureux depuis longtemps, même si les infidélités de Reznor avec Marilyn Manson ont failli avoir raison maintes fois de leur relation.   


















"The Metal God"


Judas Priest - Touch of Evil


Autre groupe qui ne laisse pas vraiment planer de doute, les teutons d'Accept (pas la peine de chercher bien loin pour savoir ce qu'ils demandent "d'accepter") et leur fameux hymne gay, Balls To The Walls :

Accept - Balls To The Walls

Le plus célèbre groupe allemand de hard, Scorpions, dépassera les limites du bon goût... certes comme tout groupe de hard qui se respecte, par sa musique et son look, mais c'est surtout la pochette zoophile d'Animal Magnetism qui créera scandale :



















A noter que dans les 90's, le "flambeau" du metal allemand sera repris par Rammstein, surnommés par les mauvaises langues les "Village People Nazis" :

















En réaction contre la morbidité de nombreux groupes metal, les californiens de Van Halen vont proposer un hard plus "ensoleillé, fun et flashy". L'insouciance californienne, où les préférences sexuelles des uns et des autres sont bien mieux tolérées qu'ailleurs. Décomplexé, le couple Eddie Van Halen - David Lee Roth l'était. Avec Van Halen, la guitare - symbole phallique fétichisé par des légions de jeunes mâles depuis les origines du hard - s'émancipe totalement, elle devient objet de culte, vénérée pour elle-même sans avoir à s'entourer d'autres musiciens dans ce morceau fondateur, Eruption, dont le nom est une allusion qui n'a rien de subtil. Une "éjaculation de notes" qui fera malheureusement école auprès de ceux qu'on baptisera "guitar-heroes" dans le metal, style plus pertinemment nommé "branlette" dans le milieu rock :

Eddie Van Halen - Eruption   

Le couple Van Halen - David Lee Roth, en bon couple californien, est un couple libre. Dave laisse Ed s'amuser tout seul sur son manche, pendant qu'il va jouer les Zaza Napoli dans sa célèbre reprise de Just a Gigolo, clip où transparaît toute la décomplexion gay californienne, Dave arborant des looks plus excentriques les uns que les autres, faisant passer Boy George (présent dans le clip sous la forme d'un sosie) pour un modèle de sobriété et d'élégance discète :  

David Lee Roth - Just a Gigolo/I ain't got nobody :


Chouette reprise, ceci-dit... et si vous n'avez jamais vu le clip, il vaut le coup d'oeil...

Le glam-metal ira encore plus loin, avec Mötley Crüe, W.A.S.P. ou la folle tordue des "Twisted Sister" :

 























Mais toute cette exhubérance des "grandes folles du hard" agace un peu le milieu rock, pas toujours très ouvert d'esprit sur ces questions. En réaction apparaîtront des groupes rock sans fards et limites homophobes dans les années 80, tels les "hétéro-beaufs" The Smiths et leur fameux "The Queen is Dead", un de leurs "slogans", qui a fortement déplu à la communauté gay, le prenant comme une provocation :

The Smiths - The Queen is Dead

Les images parlent d'elles-mêmes, d'un côté les drag-queens de Mötley Crüe, de l'autre, la virilité tranquille de Morrissey :

 

 

motley crue

null 


Le message a été reçu par certains, qui refusent - pour des raisons diverses, d'ailleurs - cet étalage et cette surenchère. Le syndrome "cage aux folles" touche le hard depuis trop longtemps, et beaucoup de jeunes gays ne se retrouvent plus dans ce genre qui en fait beaucoup trop dans les paillettes, le kitsch ou le pompeux. C'est ainsi qu'apparaît le thrash, plus direct, moins fantasque dans le look, et plus en prise avec les "souffrances et la révolte" de sa communauté (toujours stigmatisée malgré une certaine évolution des moeurs). Le groupe qui va fédérer la communauté hard sera Metallica. 
James Hetfield, le leader charismatique a fondé le groupe avec Lars Ullrich (batteur) et a très rapidement intégré son compagnon, Dave Mustaine. Mais l'idylle entre James et Dave ne résistera pas à la difficile vie de groupe... la rupture sera consommée lorsque Dave surprendra James au lit avec un jeune et joli guitariste métis, Kirk. Fou de rage, Dave claque la porte et décide de fonder son propre groupe. C'est ainsi que Dave choisira un nom de groupe commençant par les mêmes deux premières lettres, mais dont la 3° est devant dans l'alphabet, pour faire de l'ombre dans les bacs à Metallica et se venger de celui qui l'a trompé. Mal lui en a pris, la jalousie est bien mauvaise conseillère, puisqu'il optera sans réfléchir pour un des noms de groupe les plus ridicules (pourtant, dans le hard il y a une forte concurrence à ce niveau) : Megadeth.

Notez aussi que Kirk a quitté James pour Lars, les deux filent le parfait amour et ne le cachent pas :

metallica.png

James, lui, saura toujours rester assez discret sur sa vie privée, mais il n'en écrira pas moins un des hymnes gays les plus touchants du hard. Sur une vraie musique de midinette, il révèle avec beaucoup de délicatesse et de douceur les atermoiements de son petit coeur sensible. Il s'agit bien entendu du fameux Nothing Else Matters, où Hetfield fait enfin publiquement son coming-out, d'une manière ô combien poignante. Chanson qui deviendra, donc, un hymne pour tous les jeunes gays de l'époque, rarement ont été aussi bien traduits leurs sentiments et aspirations que dans ce texte éloquent :

So close, no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
And nothing else matters

Never opened myself this way
Life is ours, we live it our way
All these words I don't just say
And nothing else matters

Trust I seek and I find in you
Every day for us something new
Open mind for a different view
And nothing else matters

Never cared for what they do
Never cared for what they know
But I know...

So close, no matter how far
Couldn't be much more from the heart
Forever trusting who we are
And nothing else matters

Never cared for what they say
Never cared for games they play
Never cared for what they do
Never cared for what they know
And I know...

Metallica - Nothing Else Matters


Qui d'autre que James Hetfield pouvait saisir avec autant de justesse et de sensibilité les sentiments des jeunes gays de son temps !
Coup de maître, puisque James faisait ainsi taire les quelques-uns qui dans la communauté traitaient les membres de Metallica de "honteuses" qui n'assumaient pas.

Les "power-ballads", fondamentales dans l'hisoire du hard, moments où les groupes dévoilent leurs petits coeurs sensibles et leur goût pour les sucreries écoeurantes.

Il y aurait tant de choses à dire sur la suite... mais par manque de temps, je vais aller un peu plus vite, et lister les autres styles et groupes importants :   

Le speed metal et ses voix de castrats à faire passer Brett Anderson pour Tom Waits.

Les bien-nommés "Sodom", grands amateurs d'hommes en uniforme, avec leur fameux hymne :
Fuck the Police.

Le "progressive-metal" (dont les fers de lance sont Dream Theater) plus communément appelé "chochotte-metal". On vire le hard de tous les poils qui dépassent, on lisse, on peaufine, on se lance dans de longues démonstrations techniques de premiers de la classe, croyant obtenir ainsi une certaine respectabilité auprès de la société... malgré quelques allusions suggestives dans les titres (Dream Theater - Pull Me Under), l'exhib technique ou de vraies ballades de midinettes, on tente de ne pas trop tomber dans les clichés "cage aux folles" du hard. Mais c'est d'un ennui monumental.

- Le death metal, fin des années 80... toujours en phase avec son époque, le metal, par le "death" va exprimer les peurs, angoisses des années sida. Ce fléau traumatise toute la communauté gay, pour laquelle amour et mort deviennent concrètement liés, ce qui explique l'émergence et le succès du death auprès d'une communauté qui n'avait plus de gay que le nom.

- Skid Row : groupe de hard qui a connu un beau succès dans les années 80-90, grâce à son chanteur, Sébastian Bach (sic), bel éphèbe blondinet qui a fait rêver toute la communauté hard. De Slash à Kerry King (Kerry Queen, pour les intimes...) en passant par Joe "The Toxic Queer" Perry, nombreux sont les guitaristes tombés sous son charme, qui ont affirmé être prêts à tout quitter pour lui, et l'accompagner à la ville comme à la scène. Mais il a chaque fois décliné, ce qui aurait suscité de nombreuses rumeurs qui ont fait frémir la communauté hard, rumeurs sur sa prétendue hétérosexualité. Il semblerait maintenant que ces rumeurs ont été lancés à l'époque par Axl Rose, profondément jaloux du beau Sebastian.  









Skid Row - Youth Gone Wild













- Sepultura, des travelos brésiliennes reconverties dans le thrash. 

- Le gothico-lyrico-metal : un des genres les plus populaires (et ridicules) actuellement. Il y a toujours eu une fascination dans la communauté gay pour les divas (ce qui rejoint le goût pour le kitsch). Fascination pour les divas d'opéra chez les gays cultivés issus de l'élite, pour les divas de la variét' (Dalida, Madonna, Gloria Gaynor...) chez les gays des couches plus populaires, et des divas du gothico-lyrique-metal chez les jeunes gays dont la culture se limite à l'héroïc-fantasy, trop peu instruits pour l'opéra. Nightwish, Evanescence, Within temptation, Tristania... des "groupes à chanteuses", et des chanteuses qui en font des tonnes dans le registre soupe-lyrico-kitsch :

Nightwish - End of All Hope    

 



Within Temptation



A moi de faire mon coming-out... le gothico-lyrico-metal est sans doute le genre que je déteste le plus, il réunit tout ce que je ne supporte pas : démonstrations techniques, lissage variétoche, niaiserie, kitcherie, boursouflures, gothique de supermarché... et pourtant, je trouve le refrain de la chanson suivante assez chouette (j'aime bien l'harmonie vocale à 2 voix de la chanteuse), et le reste de la chanson pas inécoutable (mais rassurez-vous, j'ai honte...) :

Tristania - Mercyside

- Le meilleur pour la fin : Queens of the Stone Age. Sûrement ce qu'il y a de plus intéressant actuellement dans le hard. Un nom qui annonce la couleur, les "Queens" menées par Josh "Homme" (ça ne s'invente pas...), affichent fièrement leurs inclinations. La vidéo suivante vous permettra de mieux comprendre pourquoi "Homme" est devenu une icône gay : voix haut-perchée, moues sexy, petite chemisette rose, et, surtout, son fameux déhanché sensuel :

QOTSA - First it Giveth

Certains seront déçus de voir que dans cette vidéo, Nick "les vêtements, moins j'en porte, mieux je me porte" Olivieri a bizarrement gardé le bas.   

Cet article vous aura peut-être décontenancé - voire consterné - (pour ceux qui sont allés jusqu'au bout), alors quelques explications... Ce n'est en fait qu'une (très longue) private joke. Tout part d'un mail à Thom où je lance une bête blague sur les inclinations de James Hetfield, précisant qu'il faudrait penser écrire la "véritable histoire du metal"... il me répond hier en plaisantant : "chiche !"... et voilà. Tout ça pour quoi ? Parce que je jubile à imaginer la tête de Thom qui débarque sur mon blog et voit que je l'ai pris au pied de la lettre. En plus dans un article interminable, avec photos, vidéos... (oui, je sais, tout ça pour ça, je suis un grand gamin...)

De plus... le milieu hard a beau être divers et varié - et prôner pour une partie des valeurs de liberté et de transgression - il compte aussi un certain nombre de réacs homophobes (ce qui est aussi paradoxal que des homophobes fanas d'Elton John et des Scissor Sisters). Savoir qu'en tapant "histoire du hard" il y en a qui tomberont sur cet article, j'avoue que l'idée m'amuse pas mal... 

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 11:10
Rock        2008 - Mute








Chronique un peu particulière,  puisque je vais en même temps parler du dernier album de Nick Cave, et de son concert à Marseille samedi 26 (première fois que je vois Nick Cave en concert). Pourquoi ce "2 en 1" ?

1. Parce que je suis flemmard, et n'ai pas envie de faire 2 chroniques différentes
2. Parce que l'album, pourtant déjà excellent, prend toute sa dimension sur scène.

Il y a des albums rock subtils qui donnent lieu à des concerts un peu mous (j'avais vu Radiohead lors de la tournée d'OK Computer, c'était magnifique, bien sûr, mais en voulant reproduire sur scène toute la richesse de l'album, joué en finesse, ça manquait tout de même un peu d'intensité)... d'autres rageurs, formidables en live, mais un peu trop bourrins et linéaires lorsqu'on les écoute chez soi. Nick Cave, lui, a trouvé l'alchimie parfaite. Un album suffisamment riche et subtil pour être écouté à tête reposée, mais qui a le potentiel pour devenir "monstrueux" sur scène, rageur, apocalyptique, et sacrément rock'n'roll. Avec deux batteries, on se doutait avant qu'il n'arrive que ça allait cogner fort... et on n'avait pas tort. 

Je rejoins totalement ce que dit
Ska, qui a parfaitement saisi le potentiel "explosif" de l'album, et a bien eu raison d'insister à la fois sur le fait que l'album était plein de subtilités, mais demandait aussi à être écouté le plus fort possible... l'aboutissement étant bien entendu le concert, où à un volume maximal et avec l'énergie folle de Nick Cave et ses Bad Seeds, il est d'une puissance incroyable. Le meilleur exemple est Lie down here (& be my Girl). Grande chanson, celle que je préfère de tout ce que j'ai pu écouter depuis le début de l'année, mais qui n'est pas un "brulôt" furieux et surpuissant... sur album. Par contre, en live, elle le devient. Un des moments paroxystiques du concert, peut-être même le titre qui a le plus retourné la salle. C'est bien une preuve du fait que Dig, Lazarus, Dig !!! est du grand Nick Cave, ses titres, pourtant "neufs", fonctionnent aussi bien sur scène (et même souvent mieux !) que ses grands classiques. Ce n'est pas un simple avis subjectif car :

1. Cela fait une quinzaine d'années que j'écoute Nick Cave en long, en large et en travers, et j'attendais bien sûr les grands titres de Cave qui m'ont tant marqué, plus que ceux du dernier, néannmoins excellent. Comme pour tout "fan", si j'avais eu le choix pour mon premier concert de Cave entre ses grands classiques en live et les titres du dernier, j'aurais opté sans hésité un quart de seconde pour les classiques. Et, après avoir assisté au concert, je pense que je n'aurais pas fait le bon choix...

2. Le public était composé (cela va sans dire) de fans de Nick Cave connaissant vraiment bien son répertoire... mais à voir ses réactions, il a comme moi été plus que conquis par les nouvelles chansons, qui fonctionnent à la perfection en live.

Il y a les groupes qui "explosent" avec un album, et le public attend les titres du dernier, manifestant un respect poli (quand ce n'est pas de l'impatience ou de l'ennui) lorsque le groupe joue ses premiers titres, moins connus. Il y a les "grands groupes", qui sont là depuis un moment, et dont le public, assez peu intéressé par les nouveaux morceaux, attend les classiques. C'est bien le signe pour un groupe qu'il commence à être has-been quand en live ce sont seulement les vieux tubes qui suscitent l'enthousiasme... le passage avant celui, pathétique, où lorsque vous jouez vos nouveaux morceaux, une partie du public se dirige vers le bar, pendant que l'autre siffle...

Mais Nick Cave, lui, est toujours au sommet, ses nouvelles chansons suscitent autant la ferveur du public que ses morceaux de bravoure.        

Pourtant... tout avait très mal commencé. J'ai acheté ma place avant la sortie de l'album. Mais les premières minutes où j'ai mis dans mon lecteur ce Dig lazarus, Dig !!!, ça a été une grosse déception. Je n'ai pas du tout aimé les deux premiers morceaux, indignes de Nick Cave à mon sens (j'ai révisé mon jugement depuis sur ces deux-là). Enorme déception, je me suis dit "je vais enfin le voir en concert, et il faut que ça se passe lorsqu'il sort son plus mauvais album". Je partais de très bas... pour monter au plus haut. Les morceaux suivants m'ont tout de suite rassuré, j'étais là face à du Nick Cave grand cru. Et tout cela s'est terminé hier en apothéose avec ce concert dantesque. 

Pourtant... tout aurait pu très mal se finir. Pas un seul titre du sublimissime No More Shall We Part, rien d'Abattoir Blues (juste The Lyre of Orpheus), seulement un titre de Let Love In et de Murder Ballads (en même temps, ce sont rien moins que mes deux chansons favorites : Red Right hand et Stagger Lee, ça compense). Même pas The Mercy Seat ! Je faisais le malin, lorsque tout le monde gueulait pour le rappel, en disant à ma compagne "pas la peine de hurler à la mort, il va revenir, il peut pas s'en aller sans nous faire The Mercy Seat" et bien... si ! Il y a eu des rappels, mais pas de Mercy Seat... Il n'a pas joué non plus l'exceptionnel From her to Eternity, grand moment du Live Seeds. Pas de The Good Son, Do you Love Me ?, Loverman, Jack The Ripper, Brother my cup is empty, The Wheeping Song etc... bref, tout fan de Nick Cave aurait a priori eu de quoi râler ou sortir frustré de n'avoir pas eu droit à bon nombre de classiques. Mais cela n'a pas été le cas, le concert a été si impressionnant qu'il n'y a qu'une chose à en dire "c'était parfait". Thom l'avait pressenti, il posait dans sa chronique de l'album la question : "Un futur classique ?", la réponse est assurément "oui !' et il suffit de l'entendre sur scène pour comprendre qu'il n'est même pas la peine d'attendre que le temps fasse son oeuvre pour affirmer qu'il l'est.  

Ce doit tout de même être un choc pour ceux qui ont connu seulement le Nick Cave dandy, crooner, cabaret, poète... de tomber actuellement sur un de ses concerts... ils ont de quoi se dire : "c'est qui ce type sur scène" ? c'est qui ce grand
  moustachu rock'n'roll, qui semble tout droit sorti d'un film de Peckinpah (voire de taule), et qui ferait passer Queens of The Stone Ages pour un groupe de bal-musette ?".

Ce n'est sûrement pas en allant voir le film de Scorsese (et Dieu sait si j'adore Scorsese) sur le concert des Stones que vous toucherez à "l'essence" de ce qu'est un vrai concert de rock. La meilleure illustration serait forcément un concert du Nick Cave cru 2008, vous vivrez un moment d'une intensité et d'une puissance assez sensationnelles. Je parlais, l'année dernière, de Grinderman qui renvoyait les petits jeunes qui se targuaient de faire du rock dans les jupes de leurs mères... en live, c'est encore pire (ou mieux). Il est très vivement déconseillé aux jeunes groupes de la scène rock actuelle de passer, lors d'un festival, avant ou après Nick Cave, ils auraient l'air d'aimables garçons-coiffeurs ayant appris le rock sur Brother in Arms de Dire Straits.
Cela ne veut pas dire pour autant que Nick Cave a viré hardcore-bourrin, mais juste que sa musique atteint un degré d'intensité électrique rare. Et je n'ai même pas jusque-là parlé de sa formidable présence sur scène, de sa voix impeccable (rien à voir avec les extraits de live qu'on peut voir via youtube, où elle ne sort pas terrible). Formidable présence, donc, où il est à la fois impérial, totalement habité en "grand-prêtre de l'apocalypse" pendant ses morceaux, puis chaleureux et plaisantant facilement avec le public. Dès la fin du tout premier morceau, d'une puissance et d'une noirceur stupéfiantes (alors que sur album, il est bien plus calme), un fan hurle : I Love You !!!! Nick Cave se tourne vers lui, le pointe du doigt et lui dit d'un air très sérieux et de sa voix grave : I love you too ! le fan renchérit : I love you more !!!! Nick Cave : yes... that's probably true ! Belle complicité aussi sur scène avec Warren Ellis, les deux s'entendent comme larrons en foire (alors que Mick Harvey, de l'autre côté de la scène, semblait un peu plus isolé).  

Quelques ballades, tout de même, pour calmer les esprits... d'ailleurs, le seul tout petit reproche que je pourrais faire, la seule réserve, c'est The Ship Song, qui perdait un peu de son côté "ballade irlandaise" pour virer légèrement, par endroits, "power-ballad". Mais c'est vraiment pinailler... J'ai essayé de me remémorrer la set-list, il est possible que j'en ai oublié un titre ou deux, et je ne garantis pas l'ordre des morceaux (c'est l'émotion, difficile de remettre les choses dans le bon ordre). Il a joué tous les morceaux du dernier... ou presque, j'ai un doute sur Hold on To Yourself, pourtant un de mes titres préférés de l'album, et qu'en plus je reprenais la veille à la guitare... on sait jamais, ils auraient pu avoir besoin d'un guitariste... (que celui qui joue d'un instrument et n'a jamais été traversé par cette idée totalement débile et puérile, lorsqu'il va voir un des artistes qu'il admire le plus, qu'existerait la possibilité de jouer avec lui, me jette la première pierre...) 

La set-list était approximativement (en italique, les titres du dernier album) :

Night of The Lotus Eaters
Today's Lesson
Red Right Hand
Dig Lazarus, Dig !!!
Albert goes West

Tupelo
The Ship Song
Midnight Man
Your Funeral, my trial
Moonland
We call Upon The Author

Wanted Man
More News from Nowhere
Lie Down Here (& be my girl)

Deanna
Papa won't Leave you, Henry
Jesus of The Moon

1er rappel :

The Lyre of Orpheus
Hard On For Love
Into my arms

2° rappel :

Stagger Lee


Seulement 2 dates en France, la 2° étant le 29 au casino de Paris... alors si vous aimez le rock (et même si vous n'aimez pas le dernier album, et même si vous ne connaissez que peu Nick Cave) et êtes sur Paris, ne manquez sous aucun prétexte ce concert, c'est un très très grand moment de rock'n'roll. Si j'ai pu convaincre une seule personne d'y aller, je sais que j'aurais fait un heureux. Ou un malheureux, s'il est insensible au rock (mais dans ce cas, fallait lire le reste de l'article, pas se contenter de la phrase précédente).

La chronique de Ska

La Chronique de Thom

[Edit] Pour les fans de Cave qui ne l'ont pas vu en live, petite vidéo, illustrant bien à quoi a pu ressembler le concert et à quel point c'était rock et intense. Pour les "fans", bien sûr, car la vidéo est d'assez mauvaise qualité, le son est vraiment pourri (on retrouve ce "torrent d'intensité", mais c'est horriblement brouillon ici) et la vidéo s'arrête avant le paroxysme !

Une nouvelle date a été prévue, à l'Olympia le 9 juin.

Nick Cave and The bad Seeds - Lie down here and be my girl



La version de l'album : Lie Down Here (& be my girl)  

Dig, Lazarus, Dig !!!

  1. Dig, Lazarus, Dig!!!
  2. Today's Lesson
  3. Moonland
  4. Night of the Lotus Eaters
  5. Albert Goes West
  6. We Call Upon the Author
  7. Hold on to Yourself
  8. Lie Down Here (and Be My Girl)
  9. Jesus of the Moon
  10. Midnight Man
  11. More News from Nowhere
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