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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 17:24
Vous connaissez tous A Girl Like You, le tube d'Edwyn Collins... une chanson dont il a les droits, mais que son ex-maison de disque, Warner, l'empêche de mettre en écoute sur myspace. Collins voulait la diffuser librement et gratuitement - parce qu'il n'a pas une vision purement mercantile de la musique - sauf que Warner l'interdit, prétextant qu'elle a le copyright sur cette chanson. Mais ce n'est pas le cas. Le contrat d'Edwyn Collins avec Warner a expiré depuis un moment, Collins a tous les droits sur sa chanson, Warner n'en a plus aucun... mais voilà, il a fallu des mois de procédure contre Myspace et Warner pour qu'il puisse enfin diffuser SA chanson, dont il détient les droits.
Vous trouvez l'attitude de Warner dégueulasse ? Vous avez raison. Mais c'est encore bien pire. La manager d'Edwyn Collins raconte qu'elle s'est aussi aperçue que Warner continuait à vendre cette chanson, sans ne rien reverser à Collins. Il faut absolument lire (à moins que vous ne compreniez pas l'anglais),
son coup de gueule pour comprendre l'injustice de la situation (et, comme elle le dit à juste titre, ces politiques ne sont pas seulement celles des majors, beaucoup de labels indépendants ne sont pas forcément plus respectables).

Quand on pense que c'est cette industrie du disque qui accuse si sévèrement les "téléchargeurs" de nuire aux artistes et de ne pas respecter leurs droits... Comme le dit le vieux dicton, mieux vaut commencer par balayer devant sa porte... car entre télécharger de la musique pour son écoute personnelle, sans chercher en aucune manière à en faire commerce, et spolier ou voler - car là, c'est véritablement du vol - les droits des artistes, il n'est pas difficile de déterminer qui respecte le moins les artistes.
Si Edwyn Collins n'était qu'un cas isolé, passe encore... mais on ne compte plus les artistes qui ont été floués par leur maison de disque. Le problème, c'est que pour défendre cette industrie, des tas d'artistes-larbins montent en première ligne... mais où sont-ils lorsqu'il s'agit de défendre leurs pairs victimes des politiques de l'industrie ? Quel artiste de chez Warner est venu défendre Edwyn Collins et dire publiquement qu'il trouvait l'attitude de sa major scandaleuse ? Sans doute sont-ils trop occupés à fustiger les petits internautes pour dénoncer ces pratiques du "milieu"...

C'est l'occasion de vous faire écouter le dernier album en date d'Edwyn Collins, Home Again (2007), plutôt sympathique et disponible sur deezer : 

Edwyn Collins - Home Again   

De tous ceux qui ont eu des gros tubes dans les années 90, on ne s'étonnera pas non plus que ce soit un Edwyn Collins qui n'accepte pas les diktats et politiques des maisons de disque, son "A Girl Like You" était un des rares titres écoutables et pas complètement débiles qui passait en boucle sur les radios FM :

Edwyn Collins - A Girl Like You



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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 20:39

stanley brinks


1. Stanley Brinks - Hoots 7,5

2. Tindersticks - Falling Down a Mountain 6,3

3. Massive Attack - 
Heligoland 6,1

4. The Besnard Lakes - Are the Roaring Nights 5,9


5. Gorillaz - Plastic Beach 4,4



Les blogs qui participent au classement

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Alternative Sound                      

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De la lune on entend tout
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Vous désirez participer ? Les règles sont ici.


A noter cette semaine
:

Gil Scott-Heron - I'm New Here (ma note : 7,5)

Voice of the Seven Thunders - Voice of the Seven Thunders (7,5)

Adam Green - Minor Love (7)

High on Fires - Snakes for the Divine (5,5)

Hot Chip - One Life Stand (4)



Pour prendre de l'avance sur les prochains disques, vous pouvez consulter mon
classement des albums 2010, avec les albums en écoute intégrale pour la plupart.

Classements des blogueurs 2009
2008  2007
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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 16:42

Chers lecteurs, aujourd'hui, c'est à un moment d'histoire que je vous convie (eh oui, carrément). Un des plus importants de l'histoire du rock... si ce n'est le plus important. Un acte fondateur pour tout le rock qui a suivi. 

Le 5 juin 1956, Elvis est invité au Milton Berle Show. Ce n'est pas la première fois que l'on voit du rock à la télé, ni la première apparition d'Elvis. Cela fait 6 semaines qu'il est n°1 des charts américains avec son single Heartbreak Hotel et 7 semaines avec son premier album. Mais c'est la première fois qu'il va interpréter à la télé son nouveau single, Hound Dog. Plus de 40 millions d'américains sont devant leur poste pour voir le phénomène du moment... et ils ne vont pas être déçus. Fascinés ou scandalisés, oui, mais sûrement pas insensibles au Hound Dog d'Elvis. 

Pour apprécier pleinement cette vidéo et l'événement qu'elle représente, il faut se replacer dans le contexte. Avant Elvis, les chanteurs populaires blancs, c'étaient les crooners. Délicats, sentimentaux, et, surtout... immobiles. Quelques claquements de doigts et mouvement du buste sur leurs titres les plus rythmés, et c'est tout. Puis il y a eu Bill Haley et ses Comets, en 1955, qui, avec Rock around the Clock, signe l'acte officiel de la naissance du rock et son entrée dans les foyers américains :   

 


C'est entraînant, sympathique, la jeunesse adore... mais rien de bien sexy, rageur ou sulfureux. Ce qui n'empêche pas une bonne partie des adultes de trouver cette musique dégénérée, sauvage, bruyante et abrutissante... On imagine alors sans peine leur choc face à l'interprétation qu'Elvis va faire de Hound Dog chez Milton Berle. Une bombe dans l'Amérique puritaine des 50's. Et une bombe sexuelle, car ce qui va provoquer ce scandale, ce sont bien sûr les "déhanchements suggestifs" d'Elvis. Lors du prochain passage d'Elvis à la télé, il sera interdit au réalisateur de le filmer en-dessous de la ceinture... Mais l'intérêt de Hound Dog, ce ne sont pas seulement les mouvements d'Elvis, c'est aussi sa musique. La première fois qu'un blanc se met à danser et bouger comme les noirs, certes, mais aussi à chanter et faire de la musique comme eux. Dans les années 50, la ségrégation était aussi musicale... les noirs avaient leurs propres charts, bien différenciés des charts blancs... et, au fond, qu'ils crient et s'agitent frénétiquement dans leur coin, ça ne dérangeait pas tant que ça les blancs réacs et racistes, ça confirmait aussi leur idée qu'ils restaient des "sauvages"... mais qu'un blanc en fasse autant, c'était déjà beaucoup moins acceptable. Avec le Hound Dog d'Elvis, le rock'n'roll blanc affiche fièrement ses origines noires, il devient plus teigneux, bluesy, "dirty"... Rock around the Clock, à l'image de son auteur, paraît bien lisse à côté.     

En 2010, la danse d'Elvis chez Milton Berle peut nous sembler assez inoffensive, on a vu bien pire, et bien plus subversif depuis dans le rock... mais pour les années 50, elle est nettement plus "scandaleuse" que ne le sera pour les années 70 un type qui bouffe des chauve-souris sur scène. Et, surtout, elle est un acte fondateur : le rock désormais sent le souffre et bouscule les moeurs en vigueur... ce qu'il ne cessera de faire ensuite dans ses plus grandes heures. 
Alors imaginez que vous êtes dans les années 50, que vous ne connaissez que les crooners, la country et que Bill Haley est le truc le plus "excitant" que vous ayez vu à la télé... vous allumez le poste, et vous tombez sur ça :


 



C'est l'occasion aussi de dire un mot sur la première interprète de Hound Dog, Big Mama Thornton (la chanson a été écrite par Leiber & Stoller et Johnny Otis)... sa version, rythm'n'blues, a été éclipsée par celle d'Elvis, mais elle est néanmoins excellente et n'a pas à rougir face à celle du King :

 


Il y a bien sûr eu de nombreuses versions de Hound Dog... une petite playlist avec celles d'Etta James, Jerry Lee Lewis, Little Richard, Clapton, Lennon, Albert King et Johnny Otis :

Découvrez la playlist 0000 Hound dog avec Jerry Lee Lewis




(Je viens de reprendre mon second blog, Music of The Times, et je vais donc, ici, vous livrer un bilan de l'année 1956 très prochainement... mais Hound Dog méritait bien un article qui lui soit exclusivement consacré.)

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