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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 10:26

Thom a proposé que l'on se lance dans un texte commun, que tout le monde puisse participer à cette lettre ouverte... je crains que ça ne mène à un bordel sans nom avec des tergiversations interminables, mais j'espère que vous me ferez mentir et lui donnerez raison.

Comme je lui disais, s'il fallait vraiment intégrer les sensibilités et opinions de tout le monde, on aboutirait à la lettre suivante :

 

Nous passionnés de musique (le terme est un peu vague, certains parmi nous ne le cautionnent pas), téléchargeons - ou pas - illégalement - mais parfois aussi légalement pour certains - de la musique pour découvrir - ou tout simplement parce que c'est plus simple et qu'on veut payer le moins possible (ou parce qu'on a vraiment plus les moyens, c'est la crise) - des albums (récents mais aussi des anciens), et cela ne nous empêche pas de continuer à acheter des disques et d'être parmi les plus fidèles clients de l'industrie, même si certains parmi nous déclarent acheter tout de même beaucoup moins - voire quasiment plus (mais ils dépensent tout de même pas mal en concerts - ou pas) -  depuis la possibilité de les télécharger. Nous aimerions que l'industrie comprenne que le rapport à la musique a changé, que le consommateur de musique (précisons que certains parmi nous se désolidarisent du terme "consommateur de musique"), actuellement, a besoin d'écouter avant d'acheter (enfin, pas tous, certains aiment bien l'effet de surprise) et nous aimerions que les maisons de disques aillent dans ce sens (bien que quelques-uns estiment tout de même que le streaming légal n'est pas un modèle économique viable, et qu'il ne rapporte pas suffisamment aux artistes).  
Que demandons nous ?  
Certains voudraient vraiment que l'industrie arrête de considérer la plupart de ses plus fidèles clients comme des délinquants, et comprenne que la question du téléchargement est plus complexe qu'elle veut le faire croire. D'autres trouvent qu'elle devrait continuer, car le téléchargement illégal, c'est illégal, c'est un fait. Et une 3° mouvance souhaiterait que ces gros fils de ***** des maisons de disques crèvent tous dans d'horribles souffrances.
Merci de votre attention 
CABU (Collectif Anarchiste de Blogueurs Unis) 
 
Voilà donc ce qu'il faut éviter... je pense qu'il est important de rester centré sur l'idée de passionnés qui sont ceux qui dépensent le plus en musique, mais pratiquent aussi le téléchargement illégal car c'est ce qu'il y a toujours de plus simple et efficace pour découvrir de la musique, passionnés qui en ont marre d'être pris pour des "délinquants", "fossoyeurs de la musique" par une industrie rigide et bornée.
Je vais virer la toute dernière partie de la lettre, celle qui suit la question car, comme me le faisait remarquer Thom, on pourrait penser à une "menace un peu ridicule" (il est certain que les maisons de disques se moquent pas mal du fait que quelques blogueurs arrêtent de parler de leurs artistes), alors que le but était juste pour moi de savoir quels labels sont plus souples, nuancés, proches de leurs "clients" sur la question, pour les privilégier... ce que l'on verra de toute façon avec leurs réponses à cette question.
Contrairement à ce que je disais dans le billet précédent, ce n'est pas moi, seul, qui trancherait dans un sens ou dans un autre pour modifier la lettre en fonction des suggestions, mais on fera ça en commun, avec tous ceux qui veulent participer et modifier des choses dans cette lettre qui ne sera donc qu'un texte de base, à modifier, simplifier, développer sur les points que vous souhaitez...    
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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 20:02

Je compte remanier légèrement la lettre ouverte aux maisons de disques, de manière à faire apparaître de façon plus claire le message suivant :

 

Le net a permis un autre rapport à la musique, et nous a habitué à écouter légalement (ou illégalement s'il n'y a pas le choix) avant d'acheter. il n'est pas question pour nous de revenir en arrière et de renoncer à cela. C'est à l'industrie de s'adapter, par exemple en favorisant le plus possible le streaming légal, car elle aura de toute façon toujours un train de retard pour empêcher les moyens de diffusion "illégaux" de la musique sur le net, et elle ne fera que de pousser les internautes vers des réseaux cryptés incontrôlables.

 

Je ne vais pas tout reprendre à zéro, ni ajouter trop de choses, mais si vous avez des suggestions sur ce qu'il faut dire ou pas, vous pouvez toujours en faire part dans les commentaires de ce billet. Il ne s'agira pas d'un "texte commun", je n'ai pas envie (et vous non plus, je pense) qu'on passe des mois à se prendre la tête pour être tous parfaitement d'accord sur la moindre ligne du texte (qui n'est pas plus un manifeste qu'un programme politique), et je me réserve donc le droit d'intégrer ou non vos propositions. L'essentiel, c'est que l'on soit en gros d'accord sur le message, et que tout ça se fasse rapidement. Et si vous n'êtes pas d'accord, pas la peine de parasiter les commentaires avec des débats sur le bien-fondé de la lettre, ce n'est pas le lieu (si ça vous amuse, vous pouvez toujours en parler ici).

Le but est d'être ici constructif. Si vous avez des suggestions sur où et comment diffuser la lettre, n'hésitez pas. Plusieurs m'ont dit de mettre cette lettre sur un site à part... je pense que le mieux serait d'ouvrir un blog qui lui soit exclusivement destiné (on ne va pas s'emmerder à créer un site exprès). A vous de me dire aussi ce que vous en pensez.

Si vous avez des liens de forums, sites, blogs où les visiteurs sont susceptibles de venir signer la lettre afin de ramener du monde, c'est aussi l'endroit pour le proposer. J'en ai déjà pas mal en tête, mais je vais attendre que la lettre ait son propre site pour les contacter.

 

   

      

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 18:05

[Discuter comme nous le faisons si souvent du téléchargement, ça va un temps, mais il s’agit maintenant de se faire entendre. C’est pourquoi je vous propose cette « lettre ouverte », que je compte bien envoyer aux majors, labels et médias. Si vous êtes d’accord avec le contenu de cette lettre, merci de le signaler dans les commentaires. Et si vous avez un blog ou site web, il sera listé à la fin de la lettre. J’espère recueillir un maximum de commentaires, de soutien des blogueurs, et j’aimerais que vous encouragiez vos lecteurs (à la fin de votre prochain article, par exemple), s’ils partagent ce point de vue, à venir ici le dire. L’union fait la force, et l’on sera d’autant plus pris au sérieux que l’on sera nombreux.]

 

Il en va des débats sur le téléchargement comme du business de la musique : la dernière roue du carrosse, ceux à qui l’on ne prête jamais attention, ce sont les plus fidèles clients des maisons de disques, les passionnés de musique. Je ne prétends pas tous les représenter ici, mais je me fais l’écho de ce qu’une grande majorité de ceux que j’ai pu côtoyer sur le net ou ailleurs pensent de la situation.

 

Nous, passionnés de musique, rejetons catégoriquement la loi Hadopi et nous opposons fermement aux politiques répressives des maisons de disques à l’encontre des internautes qui téléchargent « illégalement » de la musique. Non pas que nous souhaitons pouvoir assouvir notre passion gratuitement, nous sommes parfaitement disposés à acheter les albums qui nous plaisent - nous l’avons fait, nous le faisons, et nous continuerons à le faire - mais nous estimons qu’une technologie qui permet de diffuser librement et de reproduire à l’infini de la musique, sans coût supplémentaire pour l’artiste ou les producteurs, est un progrès sur lequel on ne pourra revenir.   

 

Depuis de nombreuses décennies, l’industrie du disque n’a eu de cesse de privilégier les acheteurs occasionnels de musique au détriment des passionnés. Logiques de concentration, matraquage des mêmes tubes et mêmes artistes, mise en valeur de best-of et compilations qui rapportent aux éditeurs et héritiers au lieu de valoriser les nouveaux artistes, coups marketing qui supplantent toute démarche artistique, et, dernièrement le « téléchargement légal » de musique. Car ce téléchargement légal que l’on nous présente comme « l’avenir de la musique » et une « alternative au piratage » peut correspondre à des acheteurs de tubes, mais sûrement pas à l’essentiel des passionnés de musique (à moins qu’ils soient riches… mais la musique ne doit pas être réservée aux riches, non ?). Lorsque les musiques que nous aimons sont si peu (voire jamais) diffusées en radio ou en télé, et puisque nous nous intéressons aux albums bien plus qu’aux singles, en quoi le téléchargement légal tel qu’il existe actuellement peut-il nous convenir ? Nous n’allons pas payer 10 euros chaque fois que l’on souhaite juste découvrir un album, rien que pour l’avoir en fichiers dématérialisés…

Les passionnés de musique se faisaient des copies de copies de K7 dans les années 80 puis de CD dans les années 90, copiaient les albums dans les médiathèques… ils s’échangent des mp3 actuellement sur le net. Nous ne pouvons nous payer chaque mois les 10, 20 ou 30 albums qui nous intéressent, il faut bien faire des choix, ne pas être soumis simplement à l’avis de journalistes ou au matraquage publicitaire, et donc écouter tous ces albums pour nous faire notre propre opinion. Et ce n’est pas avec 30 secondes d’extrait ou 2-3 titres que nous pouvons y parvenir réellement. Que vous le vouliez ou non, nous ne sommes pas plus des moutons que des pigeons. Nous n’attendons pas que la musique vienne à nous uniquement par la radio, la télé, les journaux en suivant servilement leurs suggestions, nous allons la chercher ; notre rapport à la musique est bien plus actif que passif. Grâce à internet, nous pouvons maintenant écouter avant d’acheter, et il n’est pas question que nous revenions en arrière, à l’époque où nous devions nous fier simplement à quelques critiques et quelques maigres extraits chez les disquaires. Que l’on ne nous sorte pas la comparaison avec les livres et les films ; écouter plusieurs fois un album ne le gâche pas, ne l’use pas, contrairement à un film ou un livre qui, une fois l’intrigue et le dénouement connus, perdent souvent une partie de leur intérêt. 

 

La seule véritable alternative au téléchargement illégal, ce sont les sites de streaming légaux tels deezer, musicme, jiwa, wormee… (même si l’on est encore loin de pouvoir tout trouver sur ces sites). Mais au lieu de les aider à se développer, les majors retirent leurs catalogues (comme Warner, récemment, de Jiwa) ou les étouffent en leur demandant trop, risquant ainsi de les couler.

 

Le téléchargement illégal ne s’est pas seulement imposé à cause d’individus qui trouvaient juste là un bon moyen de ne pas payer, mais bien parce que face à une industrie qui met si peu en valeur les artistes plus exigeants, novateurs, passionnants, c’était enfin le moyen rêvé par les amateurs de musique pour découvrir facilement ceux que l’on entend d’ordinaire si peu. Nous pourrions tous ou presque vous citer des dizaines et des dizaines d’artistes découverts par ce biais (et auxquels on n’aurait sans doute jamais eu accès sinon, ni pris le risque d’acheter leurs disques sans savoir à quoi s’attendre véritablement), que l’on a apprécié, et dont on a ensuite acheté les albums, et/ou que l’on est allé voir en concert.  

 

Notre passion pour la musique est telle que, sans ne rien attendre d’autre en retour que le plaisir d’avoir pu faire découvrir un artiste que l’on admire, nous passons beaucoup de temps à tenir des blogs, discuter musique sur des forums… tout un travail de « promotion » d’artistes qui vont hors des sentiers battus que ne font pas suffisamment les maisons de disques. De plus, en sachant très bien les risques encourus, beaucoup d’entre-nous ont non seulement téléchargé « illégalement », mais, aussi, n’ont pas hésité à partager des liens vers des contenus « illégaux » ou les diffuser sur nos blogs. Non pas par méconnaissance des droits d’auteur ou volonté de nuire, simplement parce que le meilleur moyen de faire aimer une musique, ce n’est pas simplement d’en parler, mais - ça tombe sous le sens - de la faire écouter.

 

Que demandons-nous au juste ?

 

Nous en avons assez d’être traités de délinquants et criminels par l’industrie du disque. Pourquoi passer tant de temps à écrire des articles, chroniques, sur des albums que nous avons peut-être téléchargés illégalement et achetés ensuite, si les maisons de disques dont nous mettons en valeur les productions nous criminalisent ? Ainsi, nous demandons aux maisons de disques - majors et labels indépendants - de répondre clairement à la simple question suivante :

 

Considérez-vous que nous, qui achetons bien plus de musique que la moyenne, sommes des délinquants responsables de la crise de l'industrie parce que nous avons le malheur de vouloir écouter des albums avant de nous décider à les acheter ?

 

Merci de bien vouloir répondre à cette question, que nous puissions voir quelles maisons de disques nous respectent, et lesquelles nous devons ainsi privilégier... et si aucune ne nous respecte, nous nous dirigerons bien plus vers les "musiques libres", artistes en auto-production, et toutes les nouvelles formes de diffusion de la musique. Il va de soi que cette réponse vous engage, vous ne pourrez continuer à défendre cette criminalisation aveugle et systématique si vous répondez à cette question par la négative...

 

 

Sites et blogs signataires :

 

Art-rock

Le Golb

Jazz, Blues & Co

Coquecigrues

Blinkinglights

Systool

Dr. Franknfurter

Monzoeil

Pyrox

Berceuse électrique 

Libellus

Ziik

PlanetGong

La cave du mangedisque

115th Dream

Lamusiquedelerouge 

 

 

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