Folk Sub Pop - 2004 ****
Sarkozy, Ségolène, Sarkozy, Ségolène… marre du tapage médiatique autour de ces deux démagogues, qui prétendent pompeusement renouveller la politique mais ne reflètent que les vieux archétypes du père (inflexible, prêt à sanctionner tout écart) et de la mère (à l’écoute des « désirs d’avenirs » de ses enfants) ?
Marre de ne pas pouvoir allumer la radio, la télé, ouvrir un journal, sans tomber sur eux et d’interminables circonvolutions autour de leurs personnalités, stratégies, inimitiés, qualités, défauts, tailleurs ? Marre du bruit et de la fureur de cette grosse artillerie médiatique ? Pas nécessaire de tout plaquer et de s’exiler en Alaska pour retrouver un peu d’air pur et de sérénité, ce très beau disque d’Iron & Wine est amplement suffisant.
Sam Beam (Iron & Wine, c’est lui) ne promet pas de résoudre tous nos problèmes… il le fait. Sans harranguer les foules, sans même hausser la voix, il nous plonge dans un univers fait de quiétude, de calme et de volupté, où rien ne compte plus que cette sensation de bien-être. Mais rien à voir avec de la musique new-age soporifique, ce sont de vraies et belles chansons, des petits bijoux folk intemporels. Avec une petite touche de mélancolie, parfois, mais rien de désespéré. Juste ce qu’il faut pour inciter à la rêverie.
Une musique indémodable, le genre de disque qu’on prend plaisir à retrouver à chaque fois que l’on souhaite couper court avec la frénésie ambiante. Bref, un disque indispensable.
En écoute : Cinder and Smoke
Iron & Wine - Our Endless Numbered Days
- "On Your Wings"
- "Naked As We Came"
- "Cinder and Smoke"
- "Sunset Soon Forgotten"
- "Teeth In the Grass"
- "Love and Some Verses"
- "Radio War"
- "Each Coming Night"
- "Free Until They Cut Me Down"
- "Fever Dream"
- "Sodom, South Georgia"


Mener à bien plusieurs projets musicaux est le lot d’un grand nombre d’artistes actuellement. Le problème, c’est que beaucoup s’éparpillent et, quelles que soient leurs incarnations, semblent bâcler leurs différents albums – voire faire toujours le même. Mais ce n’est pas le cas de Greg Weeks. Que ce soit avec Espers (projet commun avec Meg Baird) ou sous son nom, il ne sort que d’excellents disques aboutis et passionnants. En solo, il compose des albums folks sombres et déchirants, avec Espers, ses chansons folks se parent d'harmonies et mélodies typiquement celtiques et moyenâgeuses.