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Classements d'albums

2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 12:16

               


Il est de bon ton de taper sur Michael Moore. De faire la fine bouche et de le trouver démago, excessif, maladroit. Avec le Syndrome du Titanic, Nicolas Hulot s'est vu, lui, pas mal critiqué sur le caractère trop "déprimant" ou désordonné de son film. S'ils ont tout de même bénéficié de nombreuses critiques positives, il est pour le moins étonnant d'en lire certaines vraiment à côté de la plaque.
Dieu sait que l'esthétique, le style, ont une importance considérable pour moi.... mais devant de tels films, pinailler sur des questions formelles, de réalisation, de cohérence narrative, de mise en valeur de certains effets "spectaculaires" semble limite obscène. Ou, du moins, parfaitement décalé. Ce serait comme gloser sur la chevelure approximative et le costume mal taillé d'un type qui vient révéler un gigantesque scandale politico-financier. Car face à ces deux films les questions de style sont anecdotiques. Ils touchent à des choses véritablement essentielles, bien trop rare et précieux dans nos sociétés hyper-superficielles.        
Dans Le Monde, un critique blasé estime que "Si l'on s'est un peu intéressé aux événements financiers de ces derniers mois, la démonstration de Michael Moore n'apporte pas grand-chose de neuf". Je le plains sincèrement. Son film au contraire, nous en apprend beaucoup, car apprendre, ce n'est pas seulement collecter des infos... Tout le monde a entendu parler de la crise des subprimes, de ces gens expulsés de leurs maisons alors qu'ils ont trimé toute leur vie. Mais voir dans le film de Moore comment plusieurs familles l'ont vécu nous en apprend bien plus sur l'absurdité du système qu'un article du Monde, aussi détaillé soit-il. Certains pourraient penser "Bah, Hulot nous parle encore de désastres écologiques, de l'écart entre les pays pauvres et les pays riches, de la sur-consommation, Moore va nous en faire des tonnes sur les riches qui se goinfrent pendant que les pauvres trinquent... pas besoin d'aller perdre deux heures pour voir ça, on le sait tous..." Ils auraient tort. Car il y a un fossé entre voir et savoir, entre être au courant d'un phénomène et en prendre réellement conscience. Même lorsque l'on est parfaitement convaincu et bien informé sur ces sujets, ce sont des choses qui méritent d'être dites et redites, vues et revues. Dans ce monde de bruit et de fureur où tout le monde s'excite pour n'importe quoi, les oeuvres de Hulot et Moore sont salutaires, parce qu'elles, au moins, ciblent les vrais problèmes.  
Moore en rajoute parfois dans le pathos, avec des violons en fond sonore ? Il est trop vindicatif contre les grands patrons de la finance ? Mais tout ça n'est vraiment rien face à la cruauté de ce système, il aurait pu aller encore plus loin...
Certes, Michael Moore ne fait pas dans la finesse, ses films sont trop chargés, il use de grosses ficelles, passe des sujets les plus dramatiques à des épisodes comiques... ce n'est pas Raymond Depardon, mais lui cherche vraiment à toucher le plus grand nombre, pas une toute petite poignée d'esthètes exigeants. Et il a bien raison. Car ce qu'il dit, comme ce que dit Hulot, doit être entendu par le public le plus large possible (et malheureusement, le film de Nicolas Hulot n'a pas eu un grand succès, la faute en partie aux médias qui ont trop insisté sur son côté sombre et déprimant). Parfois, la fin justifie les moyens, et Capitalism : A Love Story est bien plus utile avec ses effets pas toujours très subtils, son rythme nerveux et son humour potache qu'un documentaire austère qui n'attirera que 2-3 enseignants. Tant mieux si les films de Moore sont plus divertissants et moins sérieux que les documentaires d'Arte (et encore, ça dépend lesquels), au moins, ils sont plus accessibles, le grand public sait qu'il ne va pas s'ennuyer deux heures à écouter les silences entre les mots.     
Appliquer les mêmes critères de jugement à ces films qu'à n'importe quelle oeuvre est absurde. Les films de Moore et Hulot remplissent parfaitement leur fonction : mettre nos sociétés face à leurs pires travers, leurs plus grandes injustices. Se focaliser sur la forme quand le fond touche à des questions aussi fondamentales, faut vraiment manquer sévèrement d'humanité et d'empathie.
Il est tellement facile, le cul confortablement assis sur sa chaise, de distribuer de bons et de mauvais points à Moore et Hulot, de jouer au critique "à qui on ne la fait pas". Mais c'est si petit, si mesquin à côté de ce que nous disent ses films. Bien sûr, on peut toujours discuter de leurs qualités, de certains raccourcis... mais avant toute chose, comment ne pas saluer le travail et l'engagement de Hulot et Moore, nécessaires comme peu le sont. Et si j'osais - et j'ose - je dirais que leurs films sont les deux seuls vraiment indispensables de l'année... pas simplement parce qu'à part Gran Torino et Looking for Eric, peu de films m'ont emballé, mais vraiment parce que rien, au fond, n'a autant d'importance que ce sur quoi ils mettent le doigt. Ils ont les défauts de leurs qualités, dans deux styles opposés (Le Syndrome du Titanic est grave, mélancolique, poétique par endroits, parsemé de doutes ; Capitalism : A Love Story est tonitruant, volontaire, rentre-dedans, drôle, speedé), mais se rejoignent parce qu'ils dressent deux portaits de notre monde à voir absolument.

Cette chronique, vite-faite, n'est sûrement pas ma meilleure, sûrement pas la mieux écrite... peu importe, là aussi, la seule chose qui compte vraiment, c'est de vous pousser - que dis-je, vous pousser... vous exhorter ! - à les voir...

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 12:23
Comme promis, le compte-rendu de Monsieur Jean-Pierre Morignard, membre du cabinet conseil "Blog Brothers", spécialiste ès blog-marketing, et auteur des trois ouvrages de référence suivant :

Morignard, Jean-Pierre -  Essai de modélisation des logiques concurrentielles de la blogosphère,  Les Editions du Brochet, Paris, 2006
Morignard, Jean-Pierre - Etude structurelle et algorithmique de la dynamique des réseaux à l'ère du web 2.0, P.U.F., Paris, 2007 
Morignard, Jean-Pierre - Introduire son blog en bourse pour les nuls, Editions First-Gründ, Paris, 2009

Voilà donc ce qu'il a retenu de vos divers blogs musicaux :

Dr. Franknfurter : Ecrire en gris sur fond gris, avoir un nom de blog imprononçable, parler de nanars, de jazz, de disques inconnus, de groupes rock inaudibles... moi, tout ce que je vois ici, c'est un blog qui me crie "Me lisez pas ! Me lisez pas !" Qu'il soit rassuré, je ne le lis pas, et, d'ailleurs, je pense que personne n'a envie de lire un blog pareil. Seuls quelques blogueurs obsédés par l'idée de laisser des liens vers le leur laissent un petit commentaire, et il ne pourra jamais attendre mieux s'il ne se décide pas à revoir de fond en comble sa stratégie. Une stratégie d'autant plus consternante qu'il n'écrit pas trop mal, qu'il a de l'humour... mais ça, personne ne le saura jamais tant qu'il ne se remettra pas en question, puisque personne n'a envie de s'arracher les yeux pour lire des billets sur des albums ou films qui n'intéressent que monsieur Nfurter. La seule utilité de ce type de blog, c'est de servir de modèle pour comprendre ce qu'il ne faut surtout pas faire lorsqu'on se lance dans ce vaste marché en pleine expansion qu'est la blogosphère.  

Note : 1/10

Yosemitefolksinger : Je pensais qu'on ne pourrait jamais faire pire que le blog de Dr. Franknfurter en matière de marketing bloguien, je me trompais. Voilà le cas le plus désespéré qu'il m'ait été donné de voir dans toute la blogosphère. Un nom tendancieux et segmentant (sionisme ou second-degré antisémite ? A mon avis, rien de tout ça, le blogueur n'a sans doute même pas réalisé ce que son nom pouvait suggérer), et, là aussi, le pire design qu'on puisse imaginer : des textes en gris clair sur du gris foncé... ça lui coûterait quoi, de mettre une jolie image de paysage aéré et légèrement bleuté en fond, avec un texte en blanc ? A part une augmentation massive de sa clientèle ? Mais ça, Monsieur Folksinger ne semble pas en vouloir. Un rythme de publication proche du néant (un article par mois lorsqu'il est en forme), bref, c'est terne, vide, un blog qui semble nous dire "Lisez-moi si vous voulez vraiment vous emmerder et vous morfondre avec moi". Je n'ai même pas lu le contenu, la simple vue de la page d'accueil ne donne qu'une envie : fuir ! Je recommande vivement à ce monsieur Folksinger de prendre rendez-vous avec un des conseillers de notre cabinet Blog Brothers, il y a tout, mais vraiment tout à revoir sur son blog !

Note : 0/10  

Arbobo : Là, on a déjà du mieux : des articles très réguliers, un design plutôt attractif, du blanc pour aérer... on respire, après les deux sinistres blogs précédents. Mais voilà, c'est toujours le même problème lorsque l'on laisse les blogs à des amateurs, même quand il y a volonté de bien faire, il y a toujours des erreurs grossières et rédhibitoires que voit n'importe qui ayant un minimum de connaissance des fondamentaux du blog, le marketing ! Comment peut-on choisir comme pseudo et nom de blog "Arbobo" lorsqu'on sait bien que le "bobo" est un actuellement un repoussoir universel ? Pour les gens de droite, le bobo, c'est l'ennemi, la gauche-caviar devenue gauche-"caviar bio", le donneur de leçons qui ne connaît rien de la réalité difficile des gens qui se lèvent tôt. Pour les gens de gauche, il n'y a rien de pire que d'être considéré comme un "bobo", ce qui signifierait que l'on est complètement coupé de la base, de ce prolétariat qu'on défend et que l'on prétend comprendre. Pour les rockeurs, c'est le petit bourgeois précieux et ridicule qui est loin de leur univers de bière, de sang et de sueur. Pour le folkeux, c'est celui qui n'est pas vraiment "roots", une pièce rapportée en quête d'une authenticité qu'il n'a pas, etc, etc... je pourrais prendre chaque catégorie d'individus, le bobo est toujours le repoussoir. Tout le monde le sait, sauf Arbobo, qui aurait dû, comme tout bon blogueur moderne, faire une étude de marché afin de choisir le meilleur nom possible, pas le pire ! De plus, ce monsieur Arbobo s'adresse à des clients du milieu rock et folk indépendants. Et vante les mérites de chanteuses carlabruniennes... Il est là encore évident que Carla Bruni est devenue un des plus grands repoussoirs pour son coeur de cible. Dommage, vraiment, qu'il y ait d'aussi grosses erreurs stratégiques.

Note : 4,5/10  

Pop-hits : Le plus grand gâchis de la blogosphère. Et je pèse mes mots. Un excellent titre de blog, parce que "pop" et "hits", voilà des mots que le grand public qui cherche de la musique peut être amené à taper (alors que personne ne tapera spontanément "Dr. Franknfurter" "Arbobo" et encore moins "Yosemitefolksinger"). Mais, surtout, un humour, une férocité, un style, une faconde qui lui permettraient sans peine d'être le "roi" de la blogosphère musicale... s'il n'allait pas gaspiller son talent à flooder chez les autres pendant des heures alors qu'il ne publie qu'un article par mois ! Mais bon dieu, qu'il floode chez lui au lieu d'augmenter les commentaires et les stats de ses concurrents ! C'est d'ailleurs une des toutes dernières tendance bloguienne, le "self-flooding", où comment donner l'illusion que son blog intéresse plein de monde en y ajoutant des tas de commentaires sous divers pseudos. Faut vous tenir à la pointe, les gars, si vous voulez atteindre les hautes sphères de la blogosphère !
Bref, je m'interroge vraiment sur ce monsieur Cavallero. Un grand malade ou un abruti de première ? Parce que bafouer de la sorte toutes les règles élémentaires du blog-marketing, c'est hallucinant ! Et je ne parle même pas de tous ces articles sur des pochettes d'albums ringardes dont tout le monde se contrefout alors qu'il a tant à dire sur les albums et artistes qui passionnent les fans de rock. 

Une note : 1,5/10 (pour le style, et le nom, et c'est tout)

Libellus : Pffff... que dire... pour en dire quelque chose, encore faudrait-il comprendre ce dont il est question sur ce blog. Autant dans la forme que le fond, c'est du grand n'importe quoi. Du surréalisme, de l'ellipse, de la poésie ? Mais enfin, ces choses-là n'ont rien à faire sur le net ! Le blog, c'est un business sérieux... on ne devrait pas laisser ce type de blogs polluer le web. Vivement que les plateformes de blog imposent un examen d'entrée aux apprentis blogueurs, que l'on en finisse avec cet amateurisme qui décridibilise le marché !
Pourtant, on avait ici un design correct : des photos, des écoutes, du blanc, c'est aéré... bref, tout est bien lisible, sauf ses textes...

Une note : 1/10 

Laisseriez-vous votre fille coucher avec un rock-addict... C'est à croire qu'un blogueur concurrent lui a refilé ce nom pour couler son blog. Imaginons un visiteur qui tomberait chez lui, qui trouverait son blog pas trop mal... mettons qu'il veuille y revenir une semaine plus tard, rien que l'idée de taper le nom du blog (s'il s'en souvient) dans un moteur de recherche, il abandonne ! On est dans l'ère de l'hyper-communication, de l'information en temps réel, de la vitesse à tout prix, personne n'a de temps à perdre pour taper des noms pareils, ni les garder en mémoire !
Deuxième point préoccupant, monsieur "The Old" ne cesse - chez lui et chez les autres - de s'auto-flageller, et de tendre la bâton pour que tout le monde le batte. Il passe son temps à avouer qu'il aime des trucs "honteux" (Mötley Crue, BB Brunes, Billy Idol, Libertines, Buffy contre les Vampires...), qu'il ne connaît pas tel grand classique du genre dont il prétend avoir des choses à dire... mais que l'on aime des trucs honteux ou que l'on ait de grosses lacunes, on s'en fout ! Le but, c'est de donner l'impression d'être au top dans son domaine d'expertise, puis d'écraser la concurrence, pas de crier à la concurrence "Ecrasez-moi, je ne suis qu'une merde !"

Une note : 1,5/10   

Le Golb : Ah, enfin un bon p'tit gars qui a tout compris des règles du blog-marketing :
1. Des classements, des concours (le top of the flops, c'est très bien, flatter les bas instincts, rien de tel pour vendre), bref, de l'interactif, essentiel à l'ère 2.0. 
2. Un nom court, qui sonne bien et que l'on tape facilement sur les moteurs de recherche.
3. Un très bon rythme de publication, de la diversité dans les choix de sujets, des chroniques, des éditos, et, surtout, le Golb a su trouver un très bon créneau, moderne, où il y avait un vrai déficit d'offre par rapport à la demande : les chroniques de séries.    

Et pourtant, là encore, tout est bêtement gâché par une faute impardonnable... le fond grisâtre ! Le gris, c'est tout de même le pire code couleur. Tout ce que ça évoque, c'est la tristesse, la morosité, la saleté... bref, le gris, c'est terne, c'est laid ! Evident pour tout le monde, sauf le propriétaire du Golb et quelques autres blogueurs qui ne comprennent rien aux codes couleur. On ne leur demande pas de passer au rose fluo, mais un agréable petit fond blanc, c'est le minimum ! Le blanc, c'est propre, c'est rassurant. Ou du bleu clair, le bleu, c'est apaisant. Quand vous recevez des gens chez vous, le sol n'est pas gris de poussière, non ? Alors pourquoi les recevoir sur son blog de cette manière ?

Note : 6/10

7and7is : C'est à croire qu'ils le font exprès, ou que je suis tombé sur une communauté de blogueurs daltoniens... du gris, du gris, et encore du gris ! A moins que ce ne soit une petite bande de blogueurs dépressifs... Là aussi, du gâchis, vraiment, parce qu'il y a quelques bonnes choses : pas mal de photos, des vidéos - ce qui permet tout de même de contrebalancer légèrement la morosité du gris - mais bon, peu importe ce monsieur ne désire pas vraiment être lu, entre la tristesse du gris et son rythme de publication trop paresseux, il a peu de chances d'attirer des visiteurs ou d'être bien référencé.

Note : 2,5/10  

Le Bal des Vauriens : voir 7and7is, mêmes défauts, même note.

Jécoutedelamusiquedemerde... On veut bien le croire, puisque personne ne semble connaître les groupes dont il parle, et personne n'a envie de les connaître non plus tant ils sont confidentiels. Dommage, pourtant, car ici, la forme était pas mal : le fond bleu apaisant, des billets brefs et très réguliers, de nombreuses vidéos, des photos... Suffirait juste de remplacer les groupes anodins dont il parle par de vrais groupes pour avoir un blog musical correct. 

Une note : 2/10

Kill Me Sarah : Encore un cas pathologique. Pourtant, il y a du potentiel chez monsieur KMS : des billets très réguliers, pas trop longs, bien écrits (même si on regrettera le ton un peu trop "poétique", inadapté au monde des blogs). Un blog assez clair, aéré, des écoutes... bref, dans la forme, c'est bien, mais le fond, c'est une autre paire de manches. Le grand professionnel que je suis est allé jusqu'à écouter les titres qu'il propose... et dieu que je le regrette ! Des groupes sous tranxène incapables d'accorder correctement une guitare, des bidouillages électro de malades mentaux... bref, quand c'est pas lent et déprimant, c'est speed et inaudible. Ca lui ferait mal de penser un peu au public qui a envie d'écouter de jolies choses entraînantes ? Ca lui ferait mal de mettre un peu de Coldplay, de Coeur de Pirate, de Laurent Voulzy, de Pete Doherty, bref, des choses que tout le monde aime ? Non, monsieur KMS préfère rester avec sa petite poignée de clients snobinards et sociopathes, à s'extasier devant tout ce qui agresse les oreilles saines du public.
Plus grave encore... monsieur KMS va totalement à l'encontre d'un des préceptes de base du blog-marketing, respecté par l'essentiel des blogueurs : "je déteste mes concurrents et leurs goûts, mais je les flatte parce que l'essentiel est de se créer le plus grand réseau possible"... et lui n'arrête pas, chez l'un ou chez l'autre, de se foutre de leurs goûts et de balancer de laconiques "c'est de la merde"... Non seulement il cherche à se couper du public en diffusant des musiques inaudibles ou déprimantes, mais aussi des blogueurs ! Un blogueur misanthrope, c'est du non-sens total. Personne ne vous demande d'aimer les nullités qu'aiment les autres, mais faites comme tout le monde, suffit juste de dire "bel article, bravo", et tout le monde est content.  

Une note : 2,5/10 (parce que je suis sympa... contrairement à ce monsieur KMS)

Instant Critique : Peut-être le contenu de ce blog est-il très bien, j'en sais rien... puisque ce monsieur ne veut tellement pas qu'on le lise qu'il a choisi la police de caractère la plus petite possible. Renonçant à l'idée d'aller chercher une loupe pour décrypter ses billets, j'ai laissé tomber.

Une note, quand même : 0/10  
  
Le Gueusif online : Passons sur le titre ridicule... Quelle mauvaise idée de ne laisser qu'un article sur la page d'accueil ! Il faudra expliquer à Monsieur Systool que l'internaute moderne, ce n'est pas un type qui a du temps à perdre à écumer les archives des blogs, ce qu'il lui faut, c'est au moins 5 articles sur la page d'accueil, ce qui multiplie par 5 les probabilités qu'il tombe directement sur quelque chose qui l'intéresse. Sachant que les "oeuvres" dont parle ce monsieur Systool sont assez segmentantes, c'est vraiment ne pas vouloir s'attirer des lecteurs ni les garder sur sa page d'accueil que de n'y laisser qu'un article.
Un bon point, tout de même, une fenêtre de pub qui montre que monsieur Systool cherche à rentabiliser sa pratique du blog... sauf qu'elle est en plein milieu de sa page ! Si ça lui rapporte plus de la laisser là, pourquoi pas, mais ça m'étonnerait que son coeur de cible apprécie... 

Note : 2/10 

115th Dream : Un rythme de publication beaucoup trop paresseux... alors certes, la tenancière de ce blog a écrit qu'elle a eu un bébé il y a quelques mois, et trouvera sans doute cela comme excuse pour justifier de son faible rendement. Foutaises ! Quand on a un bébé, rien de tel pour alimenter son blog facilement, on publie des photos de l'enfant très régulièrement, tout le monde aime ça, c'est mignon, et c'est très vendeur ! Des photos de bébé qui dort, de bébé dans les bras de maman, de bébé qui boit son biberon... et on le fout dans la baignoire, avec un billet accroché à une canne à pêche, ce qui amusera tous les fans de rock qui la lisent ! S'emmerder à écrire un article sur José Carlos Somoza (!) - et emmerder ses lecteurs par la même occasion - alors qu'en deux secondes, suffit de prendre une photo du marmot et de la publier, faut vraiment n'avoir rien compris aux fondamentaux du blog-marketing... Et quand on est une jeune femme, on publie des photos de soi sur son blog, c'est la moindre des choses pour fidéliser le lectorat masculin !

Note : 1,5/10

Jazz, Blues & co : Toujours la même histoire sur vos blogs : soit le fond est bon, mais la forme est nulle, soit c'est l'inverse. Comme ici. Pas de longs textes ennuyeux ni de design pourri, mais beaucoup de photos, d'écoutes, de vidéos (le nerf de la guerre du monde des blogs), des couleurs plutôt sympathiques et attrayantes... sauf que les musiques dont il est question n'intéressent personne ! Des trucs hyper-ringards (jazz, blues, bossa)... où sont les nouveautés excitantes qui font le buzz actuellement ?

Note : 2,5/10

Chants Ethérés : Même problème que Jazz, Blues & Co, la forme est pas mal (couleur sympathique, articles courts, liens nombreux, photos, texte clair et compréhensible) mais encore, une fois, des musiques ringardes qui ne risquent pas d'accrocher le grand public. A quoi ça sert de soigner la présentation si c'est pour parler de choses que personne n'a envie de lire ?

Note : 2,5/10 
   
Berceuse Electrique : Et encore du gris sur fond gris ! Non, vraiment, il y a trop de cas désespérés dans ces blogs musicaux, je vais arrêter ici ce compte-rendu, au risque de répéter encore et toujours les mêmes règles de base pour vos blogs d'amateurs.

Note : 0,5/10

Pour terminer sur une petite note positive, il y a aussi quelques blogs qui s'en tirent pas trop mal (Alternative Sound, BlinkingLights, Chez Vaness, The Man of Rennes...), où je n'ai pas relevé d'erreurs stratégiques aussi graves que celles dont je viens de parler (mais bon, on reste encore très loin des vrais pros de la blogosphère).

Voilà, ne me remerciez pas pour tous ces précieux conseils qui vous permettront d'optimiser votre pratique du blog. J'espère que l'auteur du blog qui m'accueille aura au moins retenu ce dont je lui parlais précédemment : ne surtout pas livrer ce long compte-rendu dans son intégralité, ce serait bien trop indigeste et totalement contre-productif, mais vraiment en faire plein de petits billets : un billet pour chaque blog analysé !
Je travaille sur un compte-rendu plus détaillé des défauts majeurs de son propre blog, et je lui livrerai très bientôt...
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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 08:35

Suite à une longue discussion avec Christian sur les logiques "concurrentielles" supposées de la blogosphère, j'ai pris contact avec un spécialiste, afin qu'il nous aide tous à rentabiliser et optimiser nos blogs musicaux.

Monsieur Jean-Pierre Morignard membre du cabinet conseil "Blog Brothers", spécialiste ès blog-marketing, est l'auteur des trois ouvrages de référence suivant :

Morignard, Jean-Pierre -  Essai de modélisation des logiques concurrentielles de la blogosphère,  Les Editions du Brochet, Paris, 2006
Morignard, Jean-Pierre - Etude structurelle et algorithmique de la dynamique des réseaux à l'ère du web 2.0, P.U.F., Paris, 2007 
Morignard, Jean-Pierre - Introduire son blog en bourse pour les nuls, Editions First-Gründ, Paris, 2009

Je le remercie très chaleureusement d'avoir accepté de jeter un oeil sur nos humbles blogs et de m'avoir accordé la permission de retranscrire ici notre discussion :

G.T. : Monsieur Morignard, permettez-moi de rentrer tout de suite dans le vif du sujet, pensez-vous que les relations entre blogueurs soient guidées principalement par une logique concurrentielle ?


Jean-Pierre Morignard : Monsieur G.T., permettez à mon tour que je vous pose une petite question toute simple : pourquoi bloguez-vous ?
 

G.T. : Ben... parce que je suis un passionné de musique, qui veut partager...
 

JPM : Allons, gardez ces beaux discours pour vos clients... enfin, vos "lecteurs"... non, sérieusement, répondez honnêtement à ma question...

G.T. : Mais je vous assure, je suis un passionné de musique et j'aime faire découvrir et mettre en valeur les artistes qui...

JPM : Alors là, je vous arrête tout de suite, si c'est pour tenir des discours puérils, vous me faites perdre mon temps. Non, soyons lucide, si vous tenez un blog, vous avez forcément pour objectif de devenir LE blog de référence dans votre domaine, d'écraser toute concurrence, voire même de vous retrouver en situation de monopole... si vous et vos confrères blogueurs vous retrouvez à discuter sur les blogs des uns et des autres, c'est dans l'unique but d'aller piquer le plus de clients chez les autres, car au fond, vous vous haïssez tous ! Ils vous détestent, et vous les détestez, c'est aussi limpide que cela. 

G.T. : Si vous le dîtes... mais comment expliquer alors que tant de blogueurs fassent si peu d'efforts pour rendre leur blog plus lisible sur la toile ?


JPM : Parce que ce sont des cons ! Excusez ma franchise, mais il faut être conscient du fait que l'amateurisme des blogueurs, c'était compréhensible il y a 4-5 ans, c'est inacceptable maintenant ! Il y a, dans la blogosphère, une fracture sociale... un gouffre même, de plus en plus important entre les vrais "pros", la blogosphère qui se lève tôt, et les petits blogueurs du dimanche, qui n'ont aucun espoir de survie dans cette jungle qu'est le net où seul le plus fort, le plus vif, le plus agressif peut survivre. Et je milite justement pour réduire cette fracture, mes publications et les aides de notre cabinet de conseil Blog Brothers inc. sont destinées à permettre à tous d'optimiser son blog et sa pratique bloguienne. D'où le nom "Blog brothers", nous voulons aider tous nos frères blogueurs...


G.T. :Ah ? je pensais que c'était surtout en référence à Orwell et son fameux...


JPM : A qui ?


G.T. : Peu importe, poursuivez...


JPM : D'ailleurs, je suggère à vos lecteurs disposant d'un blog de commander notre brochure détaillée, disponible contre la modique somme de 199,99 euros, qui leur sera d'une aide précieuse - et ils en ont besoin, de ce que j'ai pu voir - pour rentabiliser au mieux leurs blogs. Qu'ils vous écrivent s'ils sont intéressés, vous me transmettrez...


G.T. : Bien entendu... mais ne pensez-vous pas que tout le monde n'a pas forcément le temps pour devenir un blogueur "pro" ? 


JPM : Foutaises ! C'est même tout le contraire. J'ai longtemps étudié non seulement les blogs, mais aussi les blogueurs. Et je vous assure qu'on peut les ranger en deux catégories : le blogueur amateur, qui traîne chez lui en survèt' en attendant son RMI et en se creusant la tête pour trouver des sujets d'articles pour son blog, et le blogueur moderne, dont je peux vous donner l'emploi du temps type...


G.T. : Faites donc...


JPM : 6h00 : Lever
6h05 : Il boit son café en consultant les stats de son blog.
6h08 : Il vérifie que ses objectifs d'audience prévisionnels fixés en début de semaine correspondent bien à la réalité de ses stats, et calcule ce que lui ont rapporté ses fenêtres de pubs.
6h11 : Petit tour sur les sites anglo-saxons les plus réactifs dans son domaine de prédilection, il voit ce qui fait l'actualité du jour, traduit brièvement les grandes lignes dans un billet sur son blog, ajoute en quelques clicks vidéos, photos, jeux, pour proposer un contenu plus ludique qui séduise sa clientèle. 
6h29 : Une fois ce premier billet publié, il retourne à ses stats, calcule la popularité de ses sujets d'article en fonction du taux de visites de ses pages, va chercher une news sur le sujet le plus attractif, et en fait un petit billet qu'il programme pour la fin de journée. Deux billets dans la journée, voilà ce qu'il faut pour optimiser son référencement sur google.   
6h51 : Il se brosse les dents en allant faire un tour rapide sur les blogs de référence. Il fait un copier-coller de la phrase "Très bon billet, bravo !" dans les commentaires de chaque nouvel article (mais il n'est pas idiot non plus, il a quelques variantes du style "Bravo, très bon article" "J'aime beaucoup cet article" 'Je suis tout à fait d'accord avec toi" etc...). Tout ce qui compte, c'est que les commentaires permettent de renvoyer un lien vers son blog, Toujours bon à prendre pour optimiser son référencement. 
Et à 7h00... il en a terminé avec son blog ! Il peut alors emmener les enfants à l'école, partir au boulot et vivre une vie normale, sans que cette activité ne lui ait coûté trop de temps. Tout juste faudra-t-il qu'en fin de journée il réponde "Merci à tous pour vos interventions !" à la suite des commentaires de ses deux nouveaux articles. C'est tout de même pas bien compliqué, non ?


G.T. : Mais... où est le plaisir ?


JPM : Le plaisir est chaque matin de regarder sa courbe d'audience augmenter, ses parts de marchés s'accroître, et ses revenus pubs grimper chaque jour un peu plus. Bloguer, ce n'est rien d'autre que ça, le reste, c'est de la branlette de pseudo-intello, et ça n'a rien à faire dans ce gigantesque marché qu'est le web.

G.T. : Vous m'avez très gentiment proposé d'analyser brièvement nos divers blogs, de nous conseiller ainsi sur comment optimiser nos parts de marché dans un petit compte-rendu. Vous permettez que je le publie à la suite de notre discussion ?


JPM : Surtout pas ! Enfin, je veux dire, oui, bien sûr que vous pouvez le publier, je suis là pour vous aider tous à améliorer vos blogs. Mais non, pas à la suite de notre discussion, c'est d'ailleurs là un des principaux défauts de votre blog... Pourquoi faire de si longs articles que personne ne lira vraiment en entier alors que tout blogueur sait bien qu'une des règles de base est de faire court, de publier un maximum, et lorsque l'on a un texte un peu plus long que d'habitude, le couper en 2 ou 3 parties... D'ailleurs, un blogueur moderne, pro, aurait coupé cette interview en au moins deux billets. De cette façon, vous incitez votre clientèle à revenir plus régulièrement dans la journée et le lendemain - ce qui vous amène donc beaucoup plus de clicks - en espérant tomber sur la suite de l'article. Nous sommes dans une société de l'information, pas de la réflexion. Ce que veulent les gens, c'est des brèves, les dernières infos, du buzz, pas s'emmerder à lire des dissertations chiantes comme les vôtres - excusez une nouvelle fois ma franchise, mais il faut appeler les choses par leur nom. Il faut appâter le lecteur, pas l'assommer avec des textes interminables. Dites à vos lecteurs que vous publierez la suite dans la journée, ils reviendront tous plusieurs fois sur votre blog - d'autant plus que les blogueurs n'aiment au fond qu'une seule chose, que l'on parle d'eux - et publiez l'article ce soir ou demain.

Aurez-vous l'honneur de voir votre blog sélectionné et analysé par le sympathique Monsieur Morignard ? La réponse tout à l'heure...

 

La suite : Top of the flops of the blogs 

 

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