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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 18:50

Semaine "spéciale Xavier"... ou plutôt semaine Hello Darkness. Après leur sélection de disque dans le Classement des Blogueurs, voilà l'histoire d'une de leurs chansons. Xavier m'a piraté, il prend possession de mes blogs... et parvient même à mettre ici à l'honneur les Smashing Pumpkins, c'est dire... mais bon, je veux bien accepter ce compromis, sa chanson, comme son texte d'explication, valent vraiment le détour : 

 

 

Hello Darkness - Shame, par Xavier (Blinkinglights)

 

Au commencement étaient les Smashing Pumpkins. Il y avait eu des trucs avant bien sur, mais c’est à l’écoute intensive du Mellon Collie and the Infinite Sadness que je su qu’il était impossible que je continue mon existence sans savoir jouer de la guitare. Au moins « Tonight Tonight ». Ainsi fut fait, ainsi m’usais je les doigts sur une Yamaha Pacifica débranchée, ainsi mes compositions sont elles irrémédiablement marquées par l’ombre du grand frère Billy (comme beaucoup de groupes actuels d’ailleurs, même si ceux qui se bouchaient les oreilles à l’époque en entendant la voix de Corgan ou ses chiffres de vente ne s’en rendent pas du tout compte).

 

“Tonight, Tonight” – the SMASHING PUMPKINS

 

 

Mon « premier disque », enregistré bien longtemps après, est imprégné de nombreuses autres influences (1), en particulier Mogwai et Arab Strap qui sont devenus deux de mes groupes favoris et qui ont en commun d’utiliser régulièrement des arpèges, technique que j’adore depuis ce fameux « Tonight Tonight ». Beaucoup de mes compositions ont été créées dans l’objectif avoué de sonner comme Arab Strap (2), ce que je ne suis jamais parvenu à faire, notamment parce que les titres du groupe écossais sont beaucoup plus complexes qu’il n’y parait (Malcolm Middleton est d’ailleurs l’un de mes guitaristes préférés aujourd’hui).

 

 « not quite a yes » - ARAB STRAP

 

 

 

Puisqu’il faut choisir un titre pour cet article, prenons « Shame ». C’est une des plus anciennes compos figurant sur …to sleep is to die…, et - il y a souvent corrélation - l’une des meilleures, en tout cas l’une de celles qui a résisté au temps. Musicalement, on reconnait facilement une progression d’arpèges à la « Tonight Tonight », pas mal de mélodie avec une deuxième guitare en arpèges, un solo pas trop pesant et une « intensification » finale, toutes choses que j’apprécie chez mes artistes favoris. On notera en étant attentif que certaines parties de la deuxième guitare ont été « copiées-collées » au mixage, sans doute n’ai-je pas su effectuer une prise complète correcte compte tenue du tempo relativement rapide, mais finalement loin de desservir l’enregistrement je trouve que cela donne une petite dynamique supplémentaire indéfinissable. Pour le chant j’avais dans l’idée quelque chose de grave, et je pensais (naïvement) imiter Ian Curtis, ce qui évidemment s’est révélé impossible. Ma femme (vraie chanteuse) m’a d’ailleurs dit que la chanson était trop grave pour ma tessiture (je suis nettement plus tenor que basse…)

 

Concernant le thème de la chanson, il est à la fois universel et personnel. Tout le monde a déjà été confronté à la honte, l’un des plus puissants et dévastateurs sentiments humains. Suivant les caractères, on peut y être plus ou moins exposé : pour diverses raisons, et pour résumer, j’ai pendant très longtemps eu honte de tout. Je suis à peu près guéri mais sujet ad vitam aeternam à une véritable plaie dont parle en fait la chanson : la honte rétrospective (en gros je me rends compte après coup qu’une discussion ou action était malvenue et revis la honte que j’aurai du ressentir sur le coup sans avoir aucun moyen de l’atténuer). C’est le plus souvent une petite dizaine de scènes, pour la plupart ayant eu lieu il y a  des lustres avec des gens qui m’ont oublié depuis presque aussi longtemps, qui viennent à tour de rôle m’envahir la tête à l’improviste, engendrant un comportement absurde à la limite du syndrome de Tourette. Bref, ca fait partie des trucs bien désagréables de ma vie. Je suis assez peu doué pour les textes de chansons : je suis une buse en anglais, trop pudique pour écrire en français, et de toutes manières aucunement assez littéraire pour exprimer joliment mes idées, quand bien même j’en aurai eu quelques unes intéressantes. Le texte de « Shame » fait partie je pense de mes réussites : il est simple,  ni trop explicite, ni trop obscur, le refrain est immédiat, et comme on l’a vu, il sent le vécu…

 

SHAME V1

 

J’ai choisi de présenter « Shame » parce que c’est un titre qui a évolué au fil de mon parcours musical. Avant même son enregistrement, je l’avais travaillé avec Damien, que j’avais rencontré via petite annonce à la médiathèque. On jouait toute les semaines en acoustique dans son appartement, deux guitares/deux voix, tout en discutant beaucoup et en buvant de la bière (comme maintenant en fait…). La version captée lors d’une de ces sessions est très lente, je ne la propose pas en écoute… Après avoir arrêté notre collaboration faute de salle de répète, je m’attelais à l’enregistrement de la chanson qui connu une petite dizaine de versions et j’en sélectionnais une pour la placer sur l’album. Puis mes efforts furent récompensés par la création d’un groupe autour du disque fraichement enregistré, avec Damien et une nouvelle recrue, Julien, guitariste lui aussi. Au début, le line up changeait quasiment sur chaque titre : sur « Shame », Damien tenait la guitare principale, Julien la deuxième guitare, j’officiais juste au chant, et l’on avait rajouté une piste de batterie électronique qui tournait en boucle sur ordinateur (un truc sur lequel Arab Strap m’avait complètement décomplexé). Cette version a été enregistrée pour le « EP#1» qu’on a sorti en trio.

 

SHAME V2

  

 

Au moment de renouveler le répertoire, je présentai aux autres une nouvelle manière de jouer les arpèges de la chanson, qui les inspira : Julien réinventai complètement la deuxième guitare avec des petits soli complexes et Damien passait à la batterie, puis nous ajoutions un pont avec des réponses de guitares pour casser un peu la linéarité du morceau. Ainsi rafraichie, « Shame » resta dans le répertoire, et c’est aujourd’hui le seul morceau où je ne suis pas à la batterie. Lorsque  Seb intégra le groupe, il rajouta facilement une ligne de basse (le jour même il me semble, tant le titre est simple). En dernier lieu, l’acquisition de « fagots » (rods) au lieu des balais permis à Damien d’accélérer son tempo et d’améliorer notre interprétation du titre en quatuor (3). En voici la version qu’on a donnée dernièrement au Bar des Capucins.

 

SHAME V3

  

 

Après le dernier concert de la saison, il est temps de refondre notre setlist. « Shame » fait partie de nos valeurs sures, appréciée du public, et en même temps cela fait des années qu’on la joue. Nous verrons donc si elle figure encore au programme des prochaines répétitions….

 

(1)   pour ceux que ca intéresse, j’en cite quelques unes sur mon blog où j’ai fait un court descriptif de chacun des titres de …to sleep is to die

 

(2)   le nom du groupe Hello Darkness est d’ailleurs une référence à la chanson « Hello Daylight » d’Arab Strap.

 

(3)   Un bon exemple de l’importance des détails et du matériel sur la qualité d’une chanson, chose que j’ai beaucoup trop négligée pour le moment, et sur laquelle je vais me pencher plus sérieusement (dans la limite de mes moyens financiers, malheureusement…)

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 17:23

Après Blue Chill et The Bankees, il était temps que je me lance aussi dans l’histoire d’une de mes compositions. J’ai choisi celle qui m’aura posé le plus de problèmes, Tribal R… une des premières écrite pour cet album, et pourtant, 6 mois après l’avoir commencée, j’en étais encore insatisfait, et j’ai continué de la modifier alors même que je venais de vous présenter l’album. La première partie a été composée assez rapidement, deux jours (et quasiment pas modifiée depuis, si ce n’est quelques très légères nuances), c’est uniquement le final qui m’a demandé tant de temps avant que je ne trouve la « clé ».

Akland - Tribal R

 

Le player bandcamp ne marche pas sur certaines anciennes versions d'IE, dans ce cas, vous pouvez écouter directement le morceau sur bandcamp, ou dans le lecteur grooveshark (mais sans le minutage) :

 

  

Première partie (0’00 à 4’00)

Après 2 morceaux qui utilisaient quelques boucles (surtout rythmiques) du logiciel, j’ai décidé à partir de celui-là de tout écrire, de la première à la dernière note. Pour le rythme, je n’ai pas eu à hésiter longuement, j’adore les rythmes « tribaux », c’était ma première idée.

Le morceau commence donc par la batterie seule, avec un rythme plutôt martial et simple au départ, qui va s’enrichir au fur et à mesure. A partir de 0’06, un coup de caisse claire s’ajoute au rythme… j’ai hésité à le placer, parce qu’il donne un côté moins tribal et plus « rock » à ce rythme… mais je l’ai gardé car j’aime bien l’impression qu’il crée. Un coup de caisse claire en plus, et pourtant le rythme se ralentit et perd de son côté martial.

La batterie s’enrichit au fur et à mesure et devient assez dense, il me fallait donc, pour trouver l’équilibre et ne pas surcharger, une ligne de basse plus minimaliste. Une ligne de basse simple, sur quelques notes rapprochées, saccadées et chromatiques (sol – sol #  – fa – fa #), un peu à la Massive Attack. Après la batterie et la basse, entrée du piano… j’aime particulièrement les notes graves et tenues au piano, qui servent de ponctuation (ça me vient d’un de mes morceaux favoris, la 2° Musica Ricercata de Ligeti, et… du fameux thème de Laura Palmer dans Twin Peaks).

 

 

0’40 : Percussions tribales, basse à la Massive Attack, chromatisme, demi-ton, notes graves de piano… des éléments que j’affectionne particulièrement, il en manquait un, les cordes. Et des cordes comme je les aime : graves avec un thème orientalisant. Tout au long de cette première partie, ce thème va monter, comme un danger qui se rapproche (c’est en tout cas de cette manière que je l’entends).

1’27 : J’aime ces différents éléments, j’aime aussi les musiques hypnotiques, donc je voulais faire tourner tout ça un moment… sans tomber dans quelque chose de trop répétitif non plus, il me fallait un ou deux autres éléments qui à la fois cadrent avec le reste et perpétuent cette même ambiance, mais amènent aussi quelque chose d’un peu nouveau. Tout d’abord, des nappes de synthé, pour accentuer le côté hypnotique et planant… j’ai fait pas mal d’harmonies avec, puis je les ai retirées toutes pour ne laisser que… deux notes. Et puisque la basse, le piano et les cordes partaient chacun d’une montée d’un demi-ton, je me suis dit qu’il serait pas mal de partir ici d’une descente d’un demi-ton… ce son électronique est censé apporter quelque chose de plus aérien, mais lui descend alors que les autres montent.

2’05 : Histoire de ne pas revenir ici directement sur le son électronique « planant », de créer un peu plus de tension (le son électronique, lui, la faisait baisser), j’ai mis cette partie de percussion. A la fois en contraste avec le son « planant », et cohérent avec le rythme tribal (mais aussi le petit passage percussif, autour de 1’00, avec les coups de baguette sur le cercle de la caisse claire – le terme technique est « rimshot »).

2’44 : Le passage avec le son planant dure ici plus longtemps, mais je sentais qu’il manquait quelque chose à cet endroit. Tout, depuis le début, est sombre et grave, je me suis dit qu’il serait pas mal d’introduire là une petite touche d’émotion, un motif mélancolique… d’autant plus que ça permet de préparer l’auditeur à la 2° partie qui sera, elle, plus dans « l’émotion ». J’ai pris le piano pour cela, qui n’avait jusqu’alors qu’une partie limitée…

3’22 : Il me fallait un thème pour servir de transition avec la partie suivante… je ne savais pas grand-chose de ce à quoi elle ressemblerait, si ce n’est qu’elle serait plus lyrique et puissante. Ce que j’ai alors décidé de composer, c’est un thème qui va se développer de cette partie à l’autre… Des thèmes avec les mêmes notes de départ, qui s’enrichiront de nouvelles notes au fur et à mesure…

3’50 : Transition, où l’on retrouve le thème précédent suivi de nouvelles notes… pour la première fois, on quitte le rythme de basse et batterie qui tenait depuis le départ. Je voulais que ce passage donne l’impression qu’on est sur le point de décoller… à la fois dans la retenue, et le mouvement (rythme jouant particulièrement sur les contretemps).

Deuxième partie :

4’09 : C’est là où arrive le thème qui m’a tant posé problème. L’accompagnement de ce thème  a été écrit assez rapidement, mais le thème en lui-même, j’y suis revenu de nombreuses fois, sans trouver la solution. Voilà comment il était lorsque j’ai sorti l’album (à 4’09) :

 

C'était avant le mixage, le son est donc nettement moins bon que sur la dernière version...

Je trouvais que le thème fonctionnait pas trop mal, il était en plus issu de ce qui précédait, donc je ne voyais pas trop comment le laisser tomber pour en écrire un autre… mais le gros problème, c’est qu’il restait beaucoup trop lyrique à mon goût, voire pompeux… dès le début, ça m’a dérangé, et la première chose que j’envisage (et garderai jusqu’au bout), c’est un accompagnement qui « pervertisse » le thème. C’est comme si je me disais à moi-même, d’une manière un peu schizophrénique « Tu tiens à garder ce gros thème lyrique ? Alors je vais le massacrer par l’accompagnement… » Par un accompagnement lourd, sombre, de plus en plus chaotique, comme si ce chaos allait engloutir et détruire ce lyrisme. Le thème essaie de nous tirer vers quelque chose de grandiloquent, mais l’accompagnement va l’étouffer et finalement tirer l’auditeur vers la noirceur… Cet accompagnement, une forme de « bourdonnement chromatique » dans le grave, commence au piano, puis se poursuit avec des sons électro, et enfin avec une guitare saturée. C’est d’ailleurs le seul passage de l’album avec un son de guitare (alors que je suis tout de même guitariste à la base). Et, dans la fin des phrases du thème aux cordes, j’ajoute à chaque fois de nouvelles notes, des harmonies de plus en plus dissonantes… A partir de 5’07, des notes tenues aux cordes viennent s’ajouter au thème, un procédé que j’affectionne particulièrement… comme les coups de timbales, qu'on entend pendant toute cette 2° partie, et qui me viennent de loin, de la BO de Blade Runner (même si ce n'est pas le même rythme)

(première apparition des timbales à 15'') :  

Cette idée d’accompagnement qui va faire tomber le lyrisme dans le chaos, ça me plaisait beaucoup… mais, plus tard, en réécoutant le morceau, je continuais à être gêné par ce thème. J’ai essayé de le retravailler de nombreuses manières, mais ça ne me satisfaisait jamais. Je sors tout de même l’album… et une semaine après, c’était vraiment le seul passage de l’album que je n’assumais pas vraiment. J’y suis revenu, et là, j’ai enfin trouvé une manière de le faire sonner qui me convenait. J’ai enfin trouvé comment lui faire perdre le côté lyrique un peu « naïf » qui m’emmerdait pour ajouter plus d'ampleur et de gravité. C’est une question de rythme et de mélodie dans le thème, mais que l’on pourrait presque résumer à une note au fond, un fa (tierce mineure du ré), voire un si qui traînait aussi en même temps que le fa… il suffisait en fait juste de tenir plus longtemps la note précédente, de virer celle-là, et ça change complètement – de mon point de vue – l’impression que suggère le thème. Et d’y arriver, c’était un soulagement, jubilatoire, même... mais aussi un motif de consternation : comment est-ce que j’ai pu avoir tant de mal à résoudre un problème compositionnel finalement si simple ? Alors que dans d’autres morceaux, je suis arrivé à résoudre plus facilement des problèmes plus complexes ? Une bonne leçon d’humilité, au fond…

Il reste une chose qui ne me satisfait pas totalement dans ce morceau : la conclusion (5’45). J’ai là aussi essayé pas mal de choses, j’ai même écrit à un moment une véritable cadence de symphonie classique aux cordes… j’étais fier de ma cadence, qui sonnait bien, je me repasse le morceau pour voir l’effet qu’elle donnait avec l’ensemble… et c’était complètement ridicule. J’ai éclaté de rire tellement c’était grotesque et inapproprié. Finalement, j’ai trouvé une solution de compromis, une cadence plus originale, même si elle me semble un peu trop « sèche »…

Le problème aussi, dans cette 2° partie, c’est qu’on ne distingue pas forcément bien certaines harmonies aux cordes… le prix à payer pour donner cette impression « chaotique ». Pour l’occasion, j’ai isolé la partie de cordes de la 2° partie, juste accompagnée « discrètement » par la batterie dont j’ai baissé le volume :

 

Pourquoi le morceau s’intitule-t-il Tribal R ? Je compose en général sans « concept », sans chercher à exprimer quelque chose de précis, les images viennent au fur et à mesure. Donc lorsque je sauvegarde les premières esquisses de mes compositions, je leur donne juste un nom tout bête à partir des éléments musicaux utilisés. Par exemple, un morceau avec un piano rapide sera nommé « fast piano »… et « Tribal R » pour rythme tribal… à la fin, je change n général le nom, sauf que j’aimais bien "Tribal R", et puisque je suis souvent revenu sur ce morceau, il s’était imposé avec ce nom dans mon esprit.

Quelles images est-ce qu’il m’évoque ? Qu’est-ce qu’il me raconte ? Je visualise le plus souvent, dans la première partie, une forêt d’un pays du Sud (d’Afrique ou d’Amérique du Sud, selon les jours), mélangé à quelques images du Moyen-Orient. Un phénomène dangereux, mystérieux et indéfinissable s’approche, inéluctablement… puis, 2° partie, surgit de la terre quelque chose de monstrueux qui s'étend en largeur… quoi donc ? J’en sais foutre rien…

Vous me direz, c’est vraiment très vague comme sens donné à une de ses propres compos qui dure plus de 6 minutes… mais lorsque je compose, et lorsque j’écoute mes morceaux, j’essaie de ne pas les enfermer dans des significations trop précises. C’est ce qui permet de garder le plus de liberté dans la manière de faire évoluer un morceau, d’ajouter ou non tel élément, de le transformer en profondeur… bref, de se laisser guider dans l’écriture avant tout par des considérations musicales. C’est aussi pour cela que j’ai toujours été attiré par la musique instrumentale, c’est elle qui nous laisse en général le plus de liberté d’imagination…

L'album à écouter sur bandcamp

Si, vous aussi, vous voulez raconter l'histoire d'une de vos compositions, voir ici.

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 09:40

Après Blue Chill, c’est au tour de The Bankees, groupe pop-rock français, de nous raconter l’histoire d’une de leurs chansons, The Plumber Life.

Il est amusant de constater que les deux premiers groupes qui se sont prêtés au jeu ont une manière de parler de leur chanson à l’image de leur musique. Plus tourmenté et « dense » chez Blue Chill, plus accessible et simple (donc pop) chez The Bankees, mais avec de la finesse, de l’élégance et de la poésie.

 

  

The Bankees - The Plumber Life

 

Scénario :

Arpèges en escaliers sculptés dans le bois d’une guitare folk, une entrée sur la pointe des pieds au rythme des notes d’un piano esseulé. Puis la complainte de celui qui a passé sa vie à trimer et à tout perdre. La misère sociale n’est belle qu’à travers le prisme d’un accord mineur. Notre Eleanor Rigby ne reprise pas des chaussettes comme chez McCartney, mais répare des tuyaux. L’homme a du plomb dans l’âme. Un refrain, qui élève et en même temps condamne, la grâce et la sentence. Enfin, une guitare psychédélique qui descend en enfer et puis le silence, avant que l’histoire ne recommence le temps d’un second couplet. Un peu plus de noirceur et en même temps ces chœurs angéliques qui donnent espoir, avant que ne s’abattent une dernière fois des guitares apocalyptiques.

Making Of :

Notre processus de création est intuitif, il ne répond pas à une démarche logique et planifiée et il n’est pas toujours simple, rétrospectivement, de l’analyser. La chanson a été composée sur une guitare acoustique et enregistrée il y a quatre ans dans la « Blue House », une maison située en pleine forêt ardéchoise. Les moyens de l’époque ne permettaient pas d’obtenir l’ampleur musicale et dramatique suffisante. Notre style a aussi évolué au fil des années. Nous essayons aujourd’hui de construire un délicat équilibre entre simplicité et sophistication, élégance et saturation. Reprendre ce morceau a été très stimulant ; il était possible de se concentrer davantage sur la production, et moins sur la composition. La guitare folk a servi de base, sur laquelle est venue se greffer cette ligne de piano improvisée sur le moment. La batterie, assez primitive, a remplacé le métronome et la basse s’est discrètement insinuée. Ce sont les guitares et le clavier qui ont demandé le plus de travail. Il fallait trouver un son assez ample pour le refrain. La deuxième guitare devait ajouter un côté abrasif, avec une légère distorsion. Le clavier pouvait amener le côté un peu aigu et anxiogène. Le chant est toujours difficile à poser. On cherchait l’émotivité sans le pathos. La deuxième voix vient rajouter de la puissance au refrain et les chœurs à la fin de chaque couplet accompagnent la montée des guitares.

Tout a été enregistré à la maison, sur un simple huit pistes. La chanson raconte l’aliénation psychologique d’un travailleur, elle est en même temps notre ode à l’artisanat musical…

Le morceau est aussi en écoute sur soundcloud 

La page Bandcamp de The Bankees. Avec leurs 3 EP :

Heaven (2013)

Home (2012)

Kimono (2011)

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