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Classements d'albums

28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 23:45

Aftermath    2010

 

eminem-recovery.jpg

 

 

 

Cher Marshall Bruce Mathers III,

 

Je t'ai toujours soutenu, je t'ai toujours défendu.

Quand certains ne voyaient en toi qu'un "produit" pour les kids, sans ne rien connaître de ton histoire, de tes textes et de ton talent, je te défendais.

Quand d'autres mettaient en doute ta crédibilité en partie à cause de ta couleur de peau, je te défendais.

A ceux qui te prenaient pour un simple bouffon, je parlais de ta subversion.

Quand tu as sorti le grandiloquent The Eminem Show, je t'ai soutenu. Malgré cet emprunt au pénible We Will Rock You de Queen, et ce très mauvais morceau basé sur le Dream On d'Aerosmith.

Quand tu as été attaqué pour "homophobie", je t'ai défendu.

Quand tu as dû chanter en duo avec Elton John pour montrer que tu n'étais pas homophobe, je t'ai soutenu. Alors que j'ai trouvé ça parfaitement ridicule. Si un rappeur ne peut même plus tenir des propos homophobes, misogynes ou tendancieux sans devoir se farcir un duo avec le grotesque Elton, où va le monde ?

Quand tu es revenu avec cet Encore qui a pas mal déçu, je t'ai soutenu.

Quand tu es re-revenu l'an dernier avec Relapse, je t'ai encore soutenu, malgré les critiques de ceux qui t'accusaient de sombrer dans un registre trop pop.

 

Mais là... tu m'en demandes trop. Beaucoup trop. Passons sur le premier morceau, pas si mal, même si, d’emblée, on sent que tu ne t’es pas trop foulé, reprenant une ligne de basse similaire à celle du premier single de ton album précédent, Crack a Bottle (avec un sample de Joe Dassin, tu n’as peur de rien…) Des refrains un peu pourris, tu nous en as déjà pondus quelques-uns. Mais ton flow parvenait chaque fois à sauver l’ensemble. Sauf que là, tu es vraiment passé de refrains « un peu pourris » à des refrains « totalement pourris ». Des rengaines inécoutables, tel ce dégoulinant Love The Way You Lie (avec Rihanna, en plus…), l’insupportable refrain de Changes (Black Sabbath), qui ne demandait qu’à rester enterré bien profond dans les oubliettes du rock, et tous ceux, niais au possible, de Not Afraid, No Love, Seduction, Space Bound, Cinderella Man, You’re never Over… une torture, à chaque fois, de devoir se taper ces rengaines minables (mention spéciale à You're Never Over et Space Bound, deux des pires horreurs que j'ai entendu ces derniers temps). Toi qui aimes tant te foutre de Britney, voilà que tu nous sors des refrains qu’elle-même trouverait trop crétins et racoleurs. Il faudrait penser à un système qui permette de zapper systématiquement les refrains sur les disques. Ce n’est qu’à cette condition que je pourrais me repasser en entier ton dernier album.

 

A moins… à moins que le concept m'ait échappé. Recovery parle de ta désintox, peut-être, alors, as-tu fait exprès de balancer tous ces refrains moisis pour signifier, avec l’ironie et la provoc qui te caractérisent « la musique, sans la drogue, c’est de la merde, et la sobriété rend con et niais ».

 

Pourtant, il y a tout de même au moins un vrai bon titre sur cet album. Un titre où l’on te retrouve : Almost Famous. A écouter en suivant les lyrics, pour constater que ton flow et ta manière unique de jouer sur les sonorités ne t’ont, heureusement, pas quitté pendant cette cure de désintox :

 

 

  

Tiens, rien que pour ça, ton album mérite un 5/10.

Mais pas plus.

  

Bises,

 

GT

 

 

L'album en écoute sur deezer

 

La chronique de Benjamin F

 

 

 

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28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 10:54

Pas moins de 4 albums estampillés "Wu-Tang" en ce premier semestre 2010. Mais après deux albums très réussis l'année dernière (Wu-Tang Chamber Music et Only Built for Cuban Linx II de Raekwon), voilà qu'ils retombent dans leur travers : trop de dispersion et des disques assez inégaux. Heureusement, il y en a au moins un qui sauve l'honneur du Clan...

 

inspectah-deck-manifesto.jpgInspectah Deck - Manifesto (6/10)

 

Souvent dans l'ombre des "stars" du Clan (Method Man, Ghostface Killah, RZA, Raekwon...), Inspectah Deck n'en est pas moins un des membres de base, et son flow n'a rien à envier à ceux de ses petits camarades. Remarquable et toujours fidèle au poste sur les albums du Wu, ses quelques albums solos sont, par contre, plutôt décevants. Enfin, de l'avis général... car ses deux précédents, nonchalants, sombres et mélancoliques, étaient à mon sens pas mal du tout. Ce qui n'est pas le cas de Manifesto. On a l'impression qu'il tente, cette fois, quelque chose de plus clinquant et musclé, mais ça ne lui réussit pas. Quelques titres écoutables, mais rien de transcendant, et un certain manque d'inspiration dans le flow comme dans les refrains et les instrus (plusieurs sont même assez déplorables...) Ce n'est pas cet album anecdotique qui le fera sortir de l'ombre... en même temps, la lumière, c'est pas vraiment son truc... 

  

L'album en écoute sur deezer 

 

wu-massacre.jpgMethod Man, Ghostface Killah, Raekwon - Wu Massacre (7/10)

 

Les trois MC's les plus explosifs et spectaculaires du Wu-Tang pour ce "Wu Massacre", voilà de quoi nourrir de grandes espérances, et se régaler par avance du massacre à venir... Sauf qu'ici, point de massacre, de boucherie, de bombe ou de tuerie, juste un album moyen qui s'écoute sans déplaisir, mais sans grands frissons non plus. Un ou deux titres qui relèvent le niveau, un ou deux autres qui le plombent, et le reste de l'album n'est que le minimum syndical pour ces trois-là.

 

La chronique de Systool

L'album en écoute sur deezer 

 

 

wu-swarm-3.jpgWu Music Group presents Pollen : The Swarm pt. 3 (5/10)

 

Le 3° volet de la série des "The Swarm" (les membres du Wu-Tang accompagnés d'invités qui gravitent autour du Clan)... et le pire. Peut-être même une des plus mauvaises productions du Wu-Tang Clan. Old-school, mais sans la flamme qui les animait à leurs débuts. Des prods parfois consternantes (le sample du Show Must Go On de Queen sur The Testimony, les petits cris irritants sur No Game Around Here), parfois juste passables... mais, à une ou deux exceptions près, très en dessous de ce qu'on peut attendre de RZA et du Wu-Tang. Mieux vaut se replonger dans le premier album de la série The Swarm, sorti en 98 : Wu-Tang Killa Bees - The Swarm

The Swarm Pt. 3 en écoute sur deezer.

 

 

return-of-the-wu.jpgWu-Tang - Return of the Wu (8/10)

 

Après toutes ces déceptions, une vraie bonne surprise. Mathematics, le créateur du logo du groupe et un de ceux, donc, qui fréquente le Wu-Tang depuis le plus longtemps, parvient à raviver un peu la flamme avec cette très bonne compilation d'inédits et remixes. De quoi retrouver tout ce qui fait la force du Wu et oublier les 3 albums poussifs ci-dessus, en attendant le Liquid Swords II de GZA (prévu pour cet automne).

 

Le seul véritable bon album des 4... et le seul qui ne soit pas en écoute. On laisse en écoute les mauvais albums - histoire que le public réalise bien que ça ne vaut pas le coup de les acheter - et on ne fait pas écouter les bons albums, afin d'éviter d'accrocher les auditeurs avec de la bonne musique et leur donner envie de se les payer. Il y aura toujours des choses qui m'échapperont dans les stratégies des maisons de disques...

 

Vous pouvez écouter uniquement les 15 premières minutes, sur le site de l'album.       

 

 

En bonus :

 

beatles-wu-tang.jpgTom Caruana - Wu-Tang vs The Beatles, Enter the Magical Mystery Chambers 

 

Le "Grey album" (mix du White Album des Beatles et du Black Album de Jay-Z) de Danger Mouse a fait beaucoup parler il y a quelques temps, et dans le même esprit, le rappeur britannique Tom Caruana s'est lancé début 2010 dans un improbable mix Beatles / Wu-Tang Clan. Le résultat est plutôt concluant, fonctionne assez bien...  Un album "pirate" (Caruana n'est pas riche au point d'avoir pu payer les droits des chansons des Beatles) et une curiosité amusante et ludique...

           

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26 juin 2010 6 26 /06 /juin /2010 10:22

Bad Boy Records / Warner     18/05/2010

 

thearchandroid.jpgUne intro avec applaudissements, orchestre symphonique et choeurs... un concept album... une pochette kitsch... du r'n'b "moderne"... une production raffinée et très propre... une reprise du fameux Clair de Lune de Debussy... des solos de guitare (en 2010 ? quelle idée...) n'en jetez plus, on a assassiné des albums pour 10 fois moins que ça. The ArchAndroid accumule les tares et fautes de goût pour tout rockeur digne de ce nom. 

Mais qu'on l'aime ou pas, cet album est un... régal. Un régal pour les critiques, car il donne en apparence tous les bâtons du monde pour se faire battre. Il est tellement facile de taper dessus, tellement facile de sortir les gros mots "kitsch", "surproduit", "boursouflé" etc... Mais cela relèverait de la posture, voire même de l'imposture, musicale autant que politique (je déconne, là, hein, c'est juste un clin d'oeil à cet article...) Un régal, donc, pour les critiques qui peuvent, à peu de frais, s'en donner à coeur joie... et un régal, aussi, pour tous ceux qui sont capables, parfois, de laisser leurs habits d'esthètes pointus de côté pour s'abandonner simplement au plaisir d'écouter de la très bonne musique pop. A partir du moment où l'on estime que la pop, ça peut être juste léger, coloré, varié, séduisant, agréable... il n'y a pas de raisons de bouder son plaisir. Esthétisme vs hédonisme...

Quel que soit l'avis que l'on ait sur cet album, je ne vois pas trop comment on pourrait nier son efficacité, sa maîtrise et sa générosité. Il y a tant d'albums, même des bons, avec 2-3 titres plus ou moins intéressants et une dizaine d'autres qui ne sont que des redites, tant d'albums basés sur très peu d'idées musicales (et pas toujours bien exploitées), tant d'albums bâclés (par manque de temps, ou, plus grave, d'inspiration), et tant d'arnaques dans les albums pop grand public, avec deux tubes et 10 titres de remplissage... Rien de tout cela ici, bien au contraire. Bien sûr, il y a quelques moments un peu plus faibles sur l'album (notamment à la fin, et, à mon sens, surtout Make the Bus - feat. Of Montreal - et Wondaland). Mais des idées, variations, mélodies imparables, instrumentations riches, cet album en fourmille... en déborde, même. Alors si vous ne jurez que par la sobriété et l'austérité en musique... fuyez...

Une production bluffante, qui permet à chaque nouvelle écoute de découvrir toujours de nouveaux éléments, et d'admirer autant sa diversité que la cohérence de l'ensemble (l'enchaînement des premiers morceaux est assez remarquable, ils semblent vraiment couler de source). Janelle Monae aime brouiller les pistes. On imagine avoir affaire à du r'n'b, puis de la pop, du soul-funk, de l'électro etc... elle emprunte à tous ces genres sans tomber dans l'exercice de style ; elle se déplace avec grâce de l'un à l'autre et crée "sa" musique. Et dire que ce n'est que son premier album... 

 

J'en entends déjà certains s'interroger... "Comment peux-tu fustiger Muse, qui reprend du Chopin, et encenser Janelle Monae, qui reprend du Debussy ? Comment peux-tu taper sur la boursouflure du rock prog, du metal symphonique, et parler ici de générosité ?"

 

C'est tout simple. Il y a une énorme différence, qui tient en deux mots : légèreté et fluidité. C'est bien cela qui sauve Janelle Monae des envolées pachydermiques des autres. Ce n'est pas une musique qui nous gueule "We are the Champions of the Word", mais qui reste toujours suffisamment légère, groovy, ludique, peu importe les intentions et le concept. La "jurisprudence Beatles", en quelque sorte... la musique pop peut être ambitieuse, généreuse, emprunter à tous les genres, se baser sur des concepts et un gros travail de production tant qu'elle n'oublie pas ce qui fait sa force et son charme : légèreté, fluidité, immédiateté.

 

Si je ne vous ai pas convaincu d'y jeter une oreille... sachez que Systool et Mlle Eddie ont été encore plus emballés que moi. Leurs chroniques :

 

Systool

 

Mlle Eddie

 

Et l'on pourrait difficilement nous accuser d'être les blogueurs musicaux les plus accros à ce genre de pop (à nous trois, il faut aussi ajouter Dahu et El Funcionario...) Il faut vraiment que cet album soit d'une qualité peu commune pour avoir réussi à nous séduire autant (que fait le label ? on attend au plus vite sur l'album des stickers "écouté et approuvé par Mlle Eddie, Systool, Dahu Clipperton, El Funcionario et G.T."...)

 

L'album en écoute sur deezer.

 

Si vous ne deviez écouter que deux titres... je vous recommande BaBopbyeYa, qui mêle John Barry, swing, Broadway, pop et cabaret avec un talent rare, et le groovy Tightrope.  

 

La légèreté et la fluidité sont autant dans la musique et le chant de Janelle Monae... que dans sa façon de danser, comme le prouve le clip de Tightrope :

  

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