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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 13:37

twin-peaks-loge.jpgNon, je n'ai pas l'intention d'ouvrir sur Music Lodge une catégorie "le programme télé de votre soirée", mais je ne pouvais ne pas glisser un mot sur la diffusion de Twin Peaks à partir de ce soir, 22h30 sur Arte. Glisser un mot pour vous dire... de ne pas la regarder. Pourquoi ? Parce qu'Arte a la très mauvaise idée de la diffuser en VF, comme elle le fait d'ailleurs pour toutes ses excellentes séries : Breaking Bad, les Tudors, The Killing (à la limite, pour la série danoise The Killing, ça peut se comprendre). 

 

Les films de Lynch sont faits pour être vus sur grand écran, ce sont des expériences cinématogrpahiques qui perdent beaucoup sur une petite télé. Twin Peaks est une série télé, mais ça reste du Lynch, le visuel et le sonore y ont une place... j'allais dire "à part", mais ce n'est pas le terme qui convient, puisqu'ils sont partie intégrante de l'oeuvre. Les mots prononcés, la façon de les prononcer ont bien plus d'importance que dans une série policière lambda. Je n'irais pas jusqu'à dire que Twin Peaks en français, c'est comme du Bob Dylan chanté par Hugues Auffray, mais c'est tout de même une grosse perte. Difficile de s'immerger totalement dans cettte Amérique profonde idéalisée / fantasmée / cauchemardesque bloquée dans les 50's sans la VO.

 

Si Arte passait Twin Peaks en prime time, on pourrait accepter qu'elle veuille toucher le "grand public" mais comme ses autres séries, elle passe qu'en deuxième partie de soirée... pourquoi alors se priver de la VO ?

 

Je ne suis pas un ayatollah de la VO. Il y a des films et séries pour lesquels VF ou VO ne changent pas grand chose. Mais pas Twin Peaks. Tout comme bon nombre de films d'auteurs américains où la langue a son importance, films que diffuse maintenant Arte en VF, alors qu'elle les passait en VO auparavant. Une véritable régression pour la chaîne qui se targue d'exigence. 

 

Bref, si vous n'avez encore jamais vu cette série géniale (mais qu'avez-vous donc fait de plus important ces 20 dernières années ?), je ne saurais que trop vous conseiller de vous procurer les DVD pour la VO. Une dérogation, tout de même, pour ceux qui ne sont pas de grands amateurs des oeuvres lynchiennes, qui n'iront jamais jusqu'à acheter les DVD de la série, mieux vaut encore la suivre en VF sur Arte que de ne jamais la voir...  

 

A lire (si vous avez déjà vu la série, sinon, vous serez vite largués), mon article sur une explication de l'univers et des personnages de la série à partir d'une de ses musiques : Audrey's Dance

 

L'article de Thom

 

 

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Published by G.T. - dans Cinema
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commentaires

Hakatu 15/08/2014 11:29

Non je te rassure... Il a 14 ans !

GT 14/08/2014 00:45


HAKATU : Beau passage de flambeau lynchien (à moins que ton fils ait 5 ans, dans ce cas, lui faire découvrir Eraserhead pourrait
te valoir de passer devant le juge pour maltraitance^^)

Hakatu 31/07/2014 14:55


Je n'ai pas revu ce téléfilm à la TV depuis le milieu des années 90 mais d'après mes souvenirs, la dernière replique de Cooper a été mal traduite en VF et ça gène un peu la compréhension de
l'incroyable fin imaginée par Lynch. Conseils pour les feignants qui n'aiment pas lire les sous-titres : activez-les au moins pour l'épisode 2.22 (le dernier de la saison).


Totalement culte pour moi, j'ai fait découvrir ce chef d'oeuvre à mon fils cette année, avec en bonus : Eraserhead ! Il a adoré...

Thom 21/04/2011 21:23



un peu moins "preux chevaliers délivrant à chaque épisode de jolies jeunes filles des forces du mal


 


Ca ira, alors (même si tu risques de souffrir encore une bonne saison au moins (quoique si le ton n'évolue pas énormément dans la seconde, la revisitation des vieux minutes est déjà nettement
plus inspirée))



GT 21/04/2011 20:31



THOM : Pas grave, si ça devient vraiment plus sombre, plus glauque, et les deux frères un peu moins "preux chevaliers délivrant à
chaque épisode de jolies jeunes filles des forces du mal", ça m'ira déjà très bien... on ne peut pas tout avoir non plus^^


 


SKA : Je suis tout à fait d'accord, et, paradoxalement, c'est pour ça que j'ai publié article. A la base, je me suis dit
"faut écrire un petit truc pour déconseiller de suivre Twin Peaks en français"... puis que ça valait pas le coup de faire un billet là-dessus... puis je me suis dit qu'il serait dommage que
ceux qui n'ont toujours pas vu Twin peaks et ne comptent pas se procurer les DVD s'en privent.


 


Même si je trouve que Twin Peaks perd vraiment à se regarder en français, c'est sûr que la série reste suffisamment fascinante pour être suivie, comprise et appréciée en VF. 



Ska 21/04/2011 17:56



Certes, G.T., mais j'ai découvert Twin Peaks en V.F. sur la 5 il y a 20 ans et je ne l'ai pas lâché au moment des vacances d'été (contrairement à la plupart de mes potes de lycée qui avaient
aussi été scotchés par sa première partie mais ont loupé la suite). Elle fut alors diffusée n'importe comment, les épisodes passant d'abord en prime time puis très vite en 2e partie de soirée.
Heureusement, j'avais un magnétoscope. Et découvrir la série alors fut un tel choc que même la VF me plut. D'ailleurs, je crois bien que l'intégrale en VHS que j'ai achetée ensuite était aussi en
VF (je ne suis pas sûr, je ne les ai plus). Paradoxalement, c'est comme avec un film comme Retour vers le futur découvert à 12 ans en salle et en VF. Quand j'entends aujourd'hui la voix de Doc en
V.O., le charme n'est plus le même. C'est très subjectif évidemment, assez sentimental. Et je regrette aussi qu'Arte diffuse Twin Peaks en VF. Mais la série est tellement bonne que c'est mieux
que rien... Bon, ceci étant, je trouve que rediffuser Twin Peaks aujourd'hui, c'est soit carrément opportuniste, soit carrément has been (plein de gens autour de moi l'ont découvert au moment de
l'édition DVD). Il y a cinq ans, ça aurait eu autrement de la gueule. Là, c'est quand même un peu un non-événement. Enfin, si cela permet à quelques milliers de spectateurs de la découvrir enfin,
tant mieux !



Thom 21/04/2011 09:19



Ah, oui, l'épisode à la Chasses du Comte Zaroff, je m'en rappelle bien (ça doit être un des rares de la saison 1 dont je me rappelle, avec le premier et le dernier... et encore, je me rappelle
surtout du premier parce que c'était avec la Dame Blanche, légende qui me terrorisait enfant, mais je n'avais pas aimé l'épisode ^^).


 


Sûr que dans Supernatural, on n'est pas dans l'ambiguité... enfin, dans le rapport au fantastique, car les deux frères sont de plus en plus ambigus avec le temps (ce qui était quasiment
obligatoire puisque la série ne repose quasiment que sur eux, pari risqué et plutôt tenu sur la durée). Cela dit, un truc qui ne disparaît jamais même lorsque la série devient très bien... c'est
le folklore et l'ésotérisme ^^ C'est dans son ADN, si elle perd son côté "monster of the week", si elle s'autorise des épisodes intermédiaires complètement délirants, si la mise en scène devient
très inspirée, si le jeu des deux gamins est de plus en plus habité, si le côté feuilleton devient vraiment scotchant... l'ésotérisme ne disparaît jamais, je suis vraiment désolé (mais je vais
pas te mentir ^^)



GT 21/04/2011 01:42



THOM : Tout ça me donne vraiment envie de continuer, et j'en avais besoin^^ Quoi que l'épisode que je viens de voir (le
15) était pas mal du tout... peut-être parce que c'est le seul jusqu'à présent sans rien de "fantastique" (ils sont capturés par des bouseux qui font dans la chasse à l'homme)... Mais, comme
je l'ai déjà dit, je n'ai rien contre le fantastique, au contraire, j'adore le fantastique du XIX°, d'Hoffmann à Poe... par contre, c'est bien en effet le "folklore" fantastique qui me
sort par les yeux. J'aime le fantastique pour ce qu'il a de trouble, sombre, inquiétant, flippant (même si c'est moins le cas chez Hoffmann, là, c'est plutôt l'inventivité,
l'extravagance burlesque)... bref, pour le "mystère". Mais surtout pas les abécédaires de démonologie et toute cette insupportable mode du "gothique pour
ado"... La grande force du fantastique c'est l'ambiguïté, l'inexplicable, l'inattendu, le dérèglement de la raison... ce qui nous ramène à Lynch...  


 






Thom 21/04/2011 00:30



Ah mais attends... Supernatural est un mélange de X-Files et de Buffy, ce n'est franchement pas la série que je t'aurais conseillée, à toi, en premier, connaissant ta phobie des trucs ésotériques
et du folklore fantastique (même si au fil du temps ils le revisitent avec de plus en plus d'inventivité et d'humour)...


 


Cela dit, comme je le disais dans mon "recensement" (ainsi que dans les articles que j'ai consacré à chaque saison), la série évolue énormément au fil des années, devenant un feuilleton
fantastique (voire d'horreur) vraiment bien foutu, de plus en plus sombre (voire glauque, parfois) et assez addictif. Je me souviens que je ne sais plus qui disait que "Supernaturel commence
comme Twilight et finit comme Roméro", il y a un peu de ça (arrivé à la dernière en saison en date il faut te pincer pour te rappeler à quoi ça ressemblait au début)... mais c'est sûr qu'il faut
se fader quelques épisodes franchement pas terribles dans les premières saisons avant d'être récompensé, moi aussi au début, je trouvais ça sympa mais sans plus, et j'étais pas franchement sûr
d'aller au bout.



GT 20/04/2011 23:46



DIANE C : Lynch n'a pas été que producteur et réal occasionnel, il a aussi - voire surtout - co-écrit la série avec
Mark Frost (et n'oublions pas non plus qu'il joue dedans...) et participé aussi à la musique avec Badalamenti, son compositeur fétiche... Que serait Twin Peaks sans sa musique...


 


THOM : En fait, on est d'accord sur à peu près toute la ligne... je ne considère pas Twin Peaks comme un "chef-d'oeuvre
indépassable", la saison 2 a ses faiblesses... et si je devais considérer Twin Peaks comme un "chef-d'oeuvre indépassable", ce serait à égalité avec les Sopranos, 24, The Wire ou Six Feet
Under, chacune dans leur genre...


(Sur ce, je m'en vais me taper un nouvel épisode de Supernatural...que je regarde par ta faute... oui, c'est toi qui, dans ton recensement des séries les plus marquantes de la
décennie précédente m'a donné envie de m'y mettre et, franchement, c'est pas génial... le début était pas mal, les deux frères sont sympathiques, l'ambiance plutôt efficace et prenante - un petit
côté Twin Peaks qui forcément me plaît, dans ces petites villes et forêts américaines - mais les histoires sont vraiment pas terribles - surtout le
fatras ésotérico-fantastique cheap à la Buffy qui me plaît beaucoup moins... mais si mes souvenirs sont bons, tu disais qu'elle se bonifait, donc je persévère, j'en suis à l'épisode 15 de la
saison 1...)



Thom 20/04/2011 23:30



Non mais Diane, je crois qu'il y a malentendu... déjà, tout à l'heure, tu m'as répondu comme si j'avais dit qu'il n'y avait rien avant Twin Peaks... alors que je venais de dire
que c'était un moment "charnière" (c'est donc bien qu'il y avait des trucs avant, non ? ^^)


 


Pareillement, je ne rabaisse aucunement Twin Peaks, et je crois qu'à coup de longs commentaires je l'ai quand même pas trop mal replacée dans son contexte. J'adore Twin Peaks, il n'y a pas de
lézard.


 


C'est vachement paradoxal, tu admettras... d'un côté tu rappelles toute l'histoire du genre (qui existait bien avant, certes), de l'autre tu donnes l'impression de vouloir la sacraliser comme si
elle avait inventé la série télé. Mais en fait, tout Twin Peaks tient dans ce paradoxe : à la fois essentielle et incomparable, une importance historique majeure mais finalement une progéniture
assez faible comparée à d'autres classiques de la même époque, une fabrication tout ce qu'il y a de plus traditionnelle en terme de production, et en même temps on n'arrive jamais complètement à
se dire que c'est une série comme les autres. Il y a un truc qui défie le rationnel, en elle. D'ailleurs, je ne dirais pas que c'est ma série préférée. Elle occupe une place particulière dans mon
panthéon. Bizarre, mais très lynchien, quelque part ^^


Bon Rubber ;-)



diane cairn 20/04/2011 23:16



@ Thom


bon là je vais me mater Rubber, on en reparle après, mais je vois que Thom reconnait la clarté dans la confusion et qu'il reconnait l'influence de Twin Peaks lui qui nous rabache les oreilles
avec John From Cincinnati. Après j'aime cette série et je trouve déplorable de la rabaisser, certes Lynch n'y a sans doute été que producteur et réal occasionel mais il a quand même fait fire
walks with me et sailor et lula... pour le reste c'est une série essentielle et Bob te bottera le cul si tu ose dire le contraire



Thom 20/04/2011 22:46



Oui mais ça, on a déjà discuté, c'est aussi parce que lorsque tu évoques Twin Peaks tu te places beaucoup plus en fan de Lynch qu'en fan de séries.


 


Des audaces extraordinaires, il y en a bien évidemment dans Twin Peaks, ce n'est pas la question et je ne remets absolument pas cela en cause (je ne remets d'ailleurs rien en cause, sinon
éventuellement le fait de la considérer comme un chef-d'oeuvre insurpassable). Je ne nie aucunement son apport au genre, le fait qu'elle ait marqué un tournant... je l'ai même écrit dans un
article que tu cites toi-même :-)


 


Je dis simplement que depuis vingt ans, le genre évolue sans cesse, par paliers franchis de manière parfois extrêmement brutale, et que Twin Peaks représente une étape dans cette évolution,
qu'elle a  révolutionné le genre mais qu'elle n'est pas une fin en soi (c'est presque poétique quand on sait que Lynch voulait que la série n'ait jamais de fin ^^). D'ailleurs, si Twin Peaks
prouve réellement quelque chose sur l'évolution du genre, c'est que contrairement à une idée reçue faussement répandue, les networks ne sont pas plus courageux aujourd'hui qu'il y a 20 ans. En
2011, la même série, tu ne la fais pas sur ABC, ce serait inconcevable. Une des idées les plus fausses que l'on retrouve le plus souvent, c'est "Twin Peaks, l'oeuvre underground qui a prouvé que
la ménagère pouvait être fan d'une série super profonde"... or Twin Peaks a très exactement prouvé l'inverse : après un départ canon, dû à une campagne promo énorme et comme on en faisait
rarement à l'époque pour une série (chance que n'avait pas eu le Prisonnier en son temps, pour revenir à ce que je disais plus haut), les audiences n'ont fait que décliner continuellement ; à la
fin de la saison 1 elles avaient été divisées par deux, et à la fin de la série elles étaient très mauvaises (dans l'époque pré-streaming, pré-p2p, pré-multiplication des chaînes sur les réseaux
US, s'entend, car les mêmes audiences aujourd'hui seraient juste moyennes). Twin Peaks n'a pas donné du courage aux patrons de networks, elle leur a au contraire donné une idée assez précise de
ce qu'ils ne voulaient jamais revoir sur leurs antennes :-D (d'ailleurs, un peu comme ils font aujourd'hui après Lost, ils ont passé quelques années après à dire "euh ? une série feuillonnante,
moui, euh, non merci en fait"... et tout ce que le grand-public a gagné, c'est que pendant les dix années suivantes il n'y a quasiment pas eu de véritable feuilleton sur les majors US)


 


Le bon côté des choses, c'est que Twin Peaks nous a donné indirectement HBO et des réseaux câblés (un peu) moins regardants sur les audiences, subitement conscients qu'il y avait un vrai public
pour des choses plus audacieuses et exigeantes. C'est bien pourquoi je la considère comme la matrice des séries modernes, mais pas uniquement à cause de ce qu'elle est en elle-même (du point de
vue thématique sa filiation est menue, et elle n'a pas constitué une révolution en terme d'écriture, au contraire Lynch et Frost se sont appliqués à coller à la perfections aux codes du genre, en
jouant avec, mais sans toutefois les transgresser, ce qui n'était nullement leur but).


 


Heureusement que j'avais dit que j'en ferai pas des tonnes sur Twin Peaks :-)



Vincent 20/04/2011 22:26



@Thom : "je trouverais presque de mauvais goût de me lancer (encore) dans un commentaires de dix pages sur celle-ci." ...Oups ! =)


 


Ce qui me semble juste dans ton premier commentaire, ça n'est pas tant la jeunesse ou non du genre de la série, mais plutôt la place croissante que sa forme intellectuelle prend, par rapport au
cinéma en particulier. Je ne sais pas si l'on peut parler d'une véritable déréliction du genre cinématographique, ce serait certainement réducteur : il est à la fois jeune (une centaine d'années,
c'est peu surtout au vu des changements extrêmes du XXe siècle) et tend à se démocratiser toujours de plus en plus. Sa variété de milieu de production ne peut pas nous faire dire qu'il ne reste
rien à défricher (cf un article du blog vision cartographique : http://blog.mondediplo.net/2011-04-06-Qui-sont-les-plus-gros-producteurs-de-films).


 


Mais à défaut, il est certainement possible de noter un plus grand nombre de séries à la fois populaires et recherchées. Et donc de s'intéresser de plus près au support proprement dit. Mais là
encore, ne dénigrons pas trop d'autres arts (musique y compris).



GT 20/04/2011 22:21



BOEBIS : Je n'y avais même pas pensé, mais c'est vrai que les quelques films en VO sur Arte, c'est sans doute parce qu'ils n'ont
pas la VF... encore pire que ce que je pensais...


 


DAHU : Je sais pas, je ne me souviens plus du tout des voix françaises "originales" (en tout cas, celle d'Andy est nulle, les
autres à peu près correctes...)


 


THOM : Obsessionel lorsqu'il est question de Twin Peaks... bien sûr. Mais ce n'est pas vraiment un article "sur" Twin Peaks,
c'est un article pour inciter ceux qui ne l'ont jamais vu de ne pas louper ça, puisqu'elle n'a jamais été rediffusée sur les chaînes hertziennes françaises jusqu'alors, ou de plutôt s'orienter
vers les DVD car, le propos de l'article, c'est tout de même avant tout la question de l'abandon de la VO sur Arte... (pourquoi est-ce que je redis tout ça, tu sais lire, je crois, et tu l'avais
donc compris^^)


 


Ensuite, sur le différent entre DIANE C et toi... je suis d'accord avec toi sur les séries antérieures à Twin Peaks, et avec
DIANE sur les audaces. Certes, Lynch n'a pas réalisé tant d'épisodes que ça, le travail de Mark Frost ne doit pas être sous-estimé... pourtant, Twin Peaks, c'est du Lynch jusqu'au bout des ongles
(de Theresa Banks). C'est typiquement son univers, ses obsessions, ses personnages, son style, son étrangeté... et le dernier épisode, réalisé par Lynch, reste ce que j'ai vu de plus barré,
expérimental et déroutant dans une série, malgré les nombreuses audaces de toutes les grandes séries des années 2000... j'ai presqee envie de faire un article sur les nombreuses audaces
de Twin Peaks afin de montrer à quel point elles sont typiquement lynchiennes, en germe (ou clairement exposées) dans ses précédents films, et anticipant les suivants... mais bon,
promis, pas de nouvel article sur Twin Peaks (du moins, pas avant un ou deux ans... pas sûr que j'arrive à tenir le coup^^)



Thom 20/04/2011 21:05



C'est pas la peine de t'énerver, Diane, et ce n'est pas la peine non plus de me prendre pour un demeuré inculte en me faisant un digest de cinquante années de télé que je connais
très bien (sinon par coeur) (et dont tu sais que je le sais). 50 ans, dans le cadre de ma comparaison avec la musique ou le cinéma, cela reste assez gamin, non ? Mais peu importe : ma réflexion
portait sur le fait que le genre série était encore loin d'avoir atteint son zénith et qu'il était encore en perpétuelle révolution, a contrario du cinéma, de la musique, du roman,
genres "installés" que l'on ne révolutionne plus vraiment tous les ans (et où par le fait, on fétichise plus volontiers les "classiques", ce qui est une telle évidence que je ne vois pas en quoi
cela justifie une diatribe de ta part (ni de quiconque).


 


Maintenant si tu veux évoquer l'histoire des séries et Twin Peaks, why not ?


 


Le fait est que les directeurs de chaînes commencent à (vaguement) s'intéresser à l'aspect artistique à partir du (bref) succès de Twin Peaks et du début des années 90. Et encore, en réalité
avant l'explosion des réseaux câblés et l'avènement du HBO à la fin de cette décennie, c'est un souci très secondaires et ponctuel. Après tu es libre de considérer que les daytime shows des
années 50 sont des oeuvres d'art ^^


 


Non, la vérité c'est qu'il n'y a pas de série potable avant Twilight Zone en 59 (et encore, la série décolle vraiment à la saison 3). Il y a de bonnes séries dans les années 60/70, mais elles
restent minoritaires et peu sont de grands succès (le Prisonnier ou Star Trek, aujourd'hui mythiques, sont à l'époque des séries de niche au succès absolument incomparable avec celui de cette
grosse daube de Bonanza ou des soap opera, dont c'est le second âge d'or). Surtout, ces séries sont des ovnis, absolument pas représentatives de leur époque télévisuelle, des oeuvres marginales
(et parfois géniales) mais qui n'entraînent pas d'émulation au sein du "genre" télé (il faudra attendre presque 30 ANS pour que le Prisonnier ait un héritage, c'est proprement énorme), qui
demeure avant tout un business où de temps en temps, un ou deux artistes s'égarent. Ce qui est en fait aussi le cas Lynch des décennies plus tard, la vraie différence était que Twin Peaks arrive
au bon moment sur la bonne chaîne et a le succès intersidéral que le Prisonnier n'a eu qu'a posteri. Ce n'est pas un affront que de dire cela, c'est la pure vérité. Jusqu'à Twin Peaks,
la série télé existe mais elle est très loin d'être considérée comme une forme d'expression artistique, même pas par ceux qui la font.


D'ailleurs on dit "jusqu'à Twin Peaks", parce qu'il y a cette mauvaise habitude très française de ne prendre en compte que les dramas, mais en réalité le véritable tournant, c'est la diffusion de
Seinfeld, un an plus tôt. Il faudrait aussi citer les show de Steven Bochco notamment Hill Street Blues, qui a au moins autant apporté au genre que Twin Peaks, sinon plus... mais évidemment ça ne
fait pas classe de le dire, Bochco est un plouc qui était "vendu aux Networks", pas un "génie" intellectuel comme Lynch. Qui au demeurant n'a pas foutu grand-chose sur Twin Peaks (il n'a fait que
co-écrire trois épisodes et en a réalisé autant, et il l'a laissée tomber avant la fin...), il faut le rappeler de temps en temps. Je ne désespère pas un jour de faire comprendre à plus de dix
personnes que le "génie démiurge" n'existe pas dans le cadre d'une série télé (il est déjà très surestimé au cinéma, mais c'est un autre débat). "un cineaste underground [qui] a lancé toutes
les audaces", c'est un fantasme de spectateur ne correspondant en rien à la réalité d'une série de network américaine, ni Twin Peaks ni aucune autre, ce n'est ni plus ni moins qu'un cliché
(et quand bien même, si quelqu'un au sein de l'équipe de Twin Peaks devait mériter ce titre, ce serait plutôt le fidèle Mark Frost, pas ramenard le gars, vu qu'on lui confisque la paternité de
son travail depuis vingt ans). Cela dit, le cliché marche aussi avec David Chase sur les Sopranos et la plupart des "auteurs de séries", qui n'en sont pas la plupart du temps, à quelques très
rares exceptions près (dont Lynch n'est certainement pas le meilleur exemple... mais il faut arrêter de croire que parce que Twin Peaks était la série de Lynch, sa production a été différente,
qu'ABC - donc Disney - ne s'en est pas mêlé, que c'est une faille spatio-temporelle dans un univers mainstream qui relève du business 99,9 % SAUF quand David Lynch entre dans une pièce...)



diane cairn 20/04/2011 20:24



les series tele sont les heritieres des serail de cinema, elles existent depuis les annees 50 sponsorisées par les marques de detergent (d'ou le nom soap opera) dire que c'est un genre jeune est
un affront, des series comme le prisonnier, the avenger, the man from the uncle, la famille adams ont passé 40 ans c'est plus si jeune, non le gros trou c'est les saloperies des annees 80 (et me
lancez pas sur miami vice je prefere un starsky et hutch ou un macgyver alors mais les series phares comme dynasty là je peus pas). Twin Peaks c'est le moment ou un cineaste underground a lancer
toutes les audaces et sans lui pas de breaking bad, de the lost room, de true blood, de mad men, de nip/tuck, de the wire ou autres dexter, 24h... merde rendez à césar lynch ce qui appartient à
david julius !



Thom 20/04/2011 20:08



Tu ne serais pas un peu obsessionel, toi ? ;-)


Bon, c'est malheureux, mais je n'ai rien à dire sur Twin Peaks (du moins que je n'aie pas déjà dit). C'est un immense classique, mais il y a tellement de bonnes séries de nos jours, le genre est
toujours si florissant, que je trouverais presque de mauvais goût de me lancer (encore) dans un commentaires de dix pages sur celle-ci. La série télé, et c'est ce qui la rend passionnante, est un
genre encore jeune, qui se renouvelle, se réinvente et dépasse ses limites en permanence... C'est peut-être d'ailleurs, en 2011, la dernière forme d'expression artistique qui puisse encore se
targuer de cela. La dernière fois que j'ai bondi sur mon siège en me disant "mon Dieu ! c'est génial, je n'ai jamais rien vu d'aussi génial à la télé !", c'était devant la troisième saison de
Breaking Bad (plus précisément l'épisode "Fly" et la fin d'une intensité extraordinaire de l'épisode "1 minute"), soit donc il y a moins d'un an. Je ne saurais même pas dire quand est-ce que la
musique ou le ciné ont provoqué chez moi une telle réaction, pour la dernière fois... sans doute très longtemps.


Bref ! Pour toutes ces raisons, en faire encore et encore sur Twin Peaks me semble presque une injustice vis-à-vis dans un genre pour lequel elle fait plus figure, tout de même, de moment
charnière, essentiel, que de chef-d'oeuvre insurpassable.



Dahu Clipperton 20/04/2011 17:27



J'en ai profité pour jeter une oreille distraite : il me semble bien que la VF a été refaite... sur le moule des 2 derniers tiers (genre Daniel Russo qui fait la voix du shérif Truman :
n'im-por-te-quoi ).


...


...


...


...


M'enfin perso, j'm'en tape : j'ai les dévédés


 


(pis ces questions-là, je vais pas m'échiner dessus : je comprends plus du tout à quoi ça sert d'avoir des chaînes de télé aujourd'hui, à part claquer des thunes en redevance pour que dalle)


(meuh non ch'uis pas snob et débile)



Boebis 20/04/2011 09:02



c'est vraiment lamentable! et je revendique d'être un ayatolah de la VO, même les grosses conneries sont encore plus mauvaises en VO.Et pour les films diffusés en VO par arte, c'est juste me
semble t il que la VF n'existe pas, s'il pouvait nul doute qu'ils les diffuseraient en VF :-( .


Tiens et comme c'est un article de télé, ça me fait penser à un commentaire que je voulais poser sur ton article sur musique et pub télé: une chanson très belle de Franco et son OK jazz, et un de
ses plus grands succès, qui est en fait une pub pour un concessionnaire Volswagen au Congo ! http://www.youtube.com/watch?v=YZDdbdj29AY



GT 19/04/2011 23:16



(Sinon, malgré tout ce que j'ai dit, alors que j'ai les DVD, je suis tout de même en train de regarder Twin Peaks sur Arte, c'est plus fort que moi^^)



GT 19/04/2011 23:12



DAHU : Je n'ai jamais vu la 2° saison en français, et j'ai apparemment de la chance. Changer les doublages au beau milieu d'une
série, ça prouve, sans doute, à quel point on n'y comprenait rien à l'époque, imaginant "parce que c'est une série", que c'est forcément un truc télévisé sans importance...


 


Mais même si les doublages français de la première saison sont très corrects, il n'empêche qu'on y perd pas mal...


 


ARBOBO : Oui, c'est un peu difficile à comprendre cette politique d'Arte. Au lieu du passer du "tout VO" au "tout VF" (à part
quelques films asiatiques ou d'Europe de l'Est après minuit...), ils auraient pu essayer de faire ça intelligemment, en fonction du type de films ou de séries. Quant à ce que dit CRAFTY, j'avoue que j'en sais rien, j'ai pas la TV par internet...


 


 


SUNALEE : Sur la BBC pour la première fois ? Classe^^ Et cette histoire de sous-titre me fait penser aussi au fait que ceux de la
VOST en français sont pas toujours très justes, il y a quelques traductions pas très bien vues...


 



Crafty 19/04/2011 22:00



Peut être je dis des conneries (et je peux pas vérifier vu que j'habite plus en France), mais pour ceux équipés de la TV par Internet (triple play etc), il y a parfois moyen, surtout avec Arte,
de passer en VOST... Ou VO tout court pour les plus courageux.


Vu que ce genre d'équipement tend à se démocratiser, ça ne m'étonnerait pas de voir Arte lâcher totalement la VOST par défaut.



Sunalee 19/04/2011 20:56



j'ai eu la chance à l'époque de voir Twin Peaks en VO sur la BBC, puis, n'ayant pas tout compris, de la revoir sous-titrée en néerlandais sur une toute nouvelle chaîne flamande à l'époque (- je
comprends mieux le néerlandais que l'anglais, même si je comprends très bien l'anglais. sur une échelle de 10, je mettrais 9 au néerlandais et 8 à l'anglais - ). Entretemps, j'ai acheté les
dvd....



arbobo 19/04/2011 17:34



le reproche principal c'est même l'absence de version multilingue, ok ça coûte un peu de sous mais la chaine est DEJA bilingue, donc la technologie ils l'ont,


et leur public est tout de même, par définition, celui qui recherche plus que d'autres la VO avec ou sans sous-titres,


c'est un truc que je n'ai jamais compris chez Arte France



Dahu Clipperton 19/04/2011 17:09



Twin Peaks en VF, quelque part ce ne serait pas un souci vu son aspect (qui n'en est qu'un parmi d'autres^^) très "feuilleton du samedi soir" un peu soap sur les bords (toujours
contre-balancé par des dérapages plus ou moins radicaux, des trous, des chausse-trappes). Surtout que cette VF est franchement bien foutue... jusqu'au 11ème ou 12ème épisode, où toutes les voix
se trouvent chamboulées d'un coup d'un seul (et en beaucoup moins bon). Du grand n'importe quoi... cette série fonctionnerait très bien en VF, si on s'en était tenu à la même équipe de doubleurs
tout du long


 


(Arte, ça fait quelques années qu'ils s'en contrefoutent toujours un peu plus, de la VO)