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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 17:02

Cet article était à la base un commentaire en réponse à l’article de Thom (oui, comme à la grande époque, nos articles se répondent)… mais le commentaire était tellement long que j’ai finalement décidé de le publier ici.

Il ne me semble pas que ceux qui condamnent la fermeture de MegaUpload, et qui considèrent qu’elle est grave, le fassent en défendant réellement le site. Au contraire, je n’ai lu quasiment que des articles qui, à raison, disaient bien que MegaUpload n’est sûrement pas un modèle et qu’il est même difficilement défendable (bon, je ne parle pas de commentaires de téléchargeurs dégoûtés qu’on ait cassé leur jouet, mais d’articles plus sérieux sur le sujet). Ce n’est pas le système MegaUpload que l’on défend, ce n’est même pas sa liberté d’exister, c’est la façon dont cela a été fait. Je suis désolé, mais que la police d’UN état puisse, sans aucun procès, interdire l’accès à la planète entière à un site utilisé partout dans le monde, et un site sur lequel se trouvait aussi bon nombre de contenus parfaitement légaux, ce n’est pas tolérable.

Imaginez que sur blogger refleurissent des mp3-blogs, plus de très nombreux blogs qui proposeraient des liens vers des contenus illégaux (films, jeux vidéos etc…) Imaginez que les dirigeants de blogger, en douce, rétribuent ces blogueurs qui leur apportent une grosse audience… vous trouveriez normal que le FBI, sans crier gare, devant les dizaines de milliers de blogs « illégaux », interdise à toute la planète l’accès à blogger et ferme ainsi tous ses blogs ? Vous trouveriez normal que Le Golb disparaisse du jour au lendemain de la toile ? Moi pas. Et je suis désolé, mais c’est exactement la même logique que pour MegaUpload. Qu’on ait 20, 50, 80 ou même 90% de blogs « illicites » sur blogger ne change rien à l’affaire.

Le DDL et ces sites de stockage qui s’engraissent considérablement grâce à du contenu illégal, on est d’accord, c’est pas glorieux, le p2p était plus « démocratique » et fidèle à l’esprit du net. D’ailleurs, je n’ai moi non plus jamais payé le moindre abonnement à ces sites. Car les gros sites de stockage style MU, c’est bien dans la lignée de ce mélange d’efficacité et de régression (oui, l’efficacité peut-être une régression) qui transforme le net en un « super-minitel ». Au lieu d’avoir des internautes qui interagissent tous les uns avec les autres, fidèles à l’essence du net qu’est la décentralisation, on a quelques gros sites auxquels tout le monde se connecte. Paradoxalement, il y a tout de même dans le DDL quelque chose de plus démocratique que dans le p2p, mais du point de vue des œuvres uniquement, qui sont toutes logées à la même enseigne. Que vous téléchargiez le dernier blockbuster ou un petit film roumain, ça vous prendra autant de temps (après, il est vrai qu’il est plus difficile de tomber sur ce petit film roumain que sur un blockbuster… mais à partir du moment où il est uploadé, il est aussi rapide d’accès que les derniers Spielberg). Avec le p2p, moins ce que vous demandez est médiatisé, plus il est long de l’obtenir. Vous voulez télécharger le dernier single de Rihanna, c’est hyper-simple et rapide, des millions d’individus l’ont, il est possible de le récupérer en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Par contre, si vous cherchez un obscur album, qui n’a jamais été réédité, d’un petit groupe post-punk polonais… il faut être connecté en même temps que le seul type au monde qui l’aura mis dans son dossier de partage.  Ca peut prendre des jours, des semaines, voire des mois…  Et, bien évidemment, si je suis depuis le début un défenseur du partage sur le net, ce n’est pas tant pour que tout le monde télécharge le dernier Rihanna, c’est bien en premier lieu pour que l’on puisse découvrir des œuvres moins médiatisées, ou que l’on puisse donner une nouvelle vie à celles qui ne sont plus disponibles dans le commerce (mais qui sont toujours protégées par le droit d’auteur et fait que celui qui voudrait les partager risque gros). Ce qui « tue » une œuvre n’est pas qu’on la télécharge illégalement (les œuvres massivement téléchargées rapportent toujours beaucoup de pognon), mais bien qu’elle ne soit plus accessible au public.

Ce qui est à mon sens le plus pernicieux et le plus dangereux pour la liberté et la neutralité du net dans toute cette histoire, c’est que les politiques et industries nous poussent de plus en plus vers un système où celui qui transmet, héberge, guide, est responsable du contenu des autres. Vous êtes responsable des commentaires postés sur votre blog. Si un type balance des conneries qui tombent sous le coup de la loi, s’il met un lien vers du contenu illégal, vous êtes en tort, et passible de sanctions (amendes, procès, voire fermeture du blog… même si vous êtes en désaccord avec ce que le type a écrit et l’avez critiqué !) Et ils veulent chaque fois un peu plus que tous les maillons de la chaîne aient leurs parts de responsabilités et soient condamnables. Le blogueur responsable des commentaires de ses visiteurs, l’hébergeur responsable du contenu des blogueurs, les moteurs de recherche responsables du contenu vers lesquels ils dirigent, les FAI responsables des contenus de tous les sites auxquels ils donnent accès… avec cette logique, que connaissent si bien les politiques, même pas besoin d’exercer une vraie censure, que tout le monde peut voir et donc critiquer s’il y a de l’abus, ce sont les autres qui censurent à leur place ! Personne n’a envie de se retrouver dans la merde, donc tout le monde y va de sa censure, de son filtrage, et, dans le doute, on supprime tout ce que l’on « pense » être trop tendancieux. Plus efficace que la censure, l’autocensure.  Je vous laisse imaginer les conséquences que cela aura sur le net… et vous en détaille une petite.

Imaginons qu’un nouveau blogueur, sans foi ni loi et suffisamment doué en informatique pour ne pas se faire repérer, considère que mon blog (ou le vôtre) est un concurrent pour le sien. Qu’il se dise que sans mon blog, on irait plus souvent sur le sien. Qu’est-ce qui l’empêche d’aller poster des contenus illicites, condamnables dans les commentaires de mon blog ? Injures racistes, propos homophobes, liens vers du téléchargement illégal, voire même photos pédopornographiques. Je ne suis pas 24h/24 sur mon blog, vous le savez bien, il m’arrive de mettre du temps à répondre aux commentaires (et même d’en louper et d’en redécouvrir une semaine, un mois, voire 2 ans plus tard)… donc il se peut que je puisse en louper, ou ne pas réagir à temps pour les supprimer. Ce nouveau blogueur, juste après avoir posté ces contenus et propos condamnables pourrait alors contacter Over-Blog et leur donner le lien vers cette photo pédophile dans les commentaires. Ils la voient, suppriment le blog, et voilà des années d’écrits, de travail, de discussions et débats anéantis.

Des contenus censurés suite à des plaintes illégitimes, il y en a eu… venant des ayants droit et de l’industrie qui, par exemple, se plaignent auprès de youtube. Le site ne veut pas prendre de risque, supprime les vidéos, alors qu’il n’y avait parfois pas lieu d’être ! Ce qui nous amène à ces cas absurdes et profondément injustes, comme celui d’Edwyn Collins, qui voit son tube (dont il détient les droits) retiré de Myspace, suite à une plainte de Warner (qui non seulement n’en avait pas les droits, mais continuait à le vendre et va même jusqu’à interdire l’auteur et détenteur des droits de l’utiliser) et n’a pu le récupérer qu’après des mois de procédure (j’en parlais ici).

Un blogueur a bien été condamné à 6 mois de prison non pas pour ce qu’il écrivait sur son blog, mais pour ce que ses visiteurs écrivaient. 

Le garant de notre liberté d’expression sur le net – et donc de notre liberté d’expression tout court, puisque c’est bien sur le net qu’elle s’exprime en public de la manière la plus simple et démocratique possible au XXI° siècle  - c’est la neutralité du réseau. Ce n’est pas plus aux FAI qu’aux hébergeurs de contenu de censurer en amont sous peine de sanctions, mais à la justice, si l’on est bien dans un état de droit.  

La fermeture de MegaUpload, au fond, ce n’est pas le problème. Le vrai enjeu dans cette histoire, enjeu essentiel pour les années à venir, c’est celui du filtrage. Donc de l’autocensure de contenus, autocensure pratiquée par tous les intermédiaires. Blogs et sites webs qui filtrent les commentaires, hébergeurs divers et variés qui filtrent les sites webs ou contenus, FAI qui filtrent les hébergeurs, le tout avant même que la justice n’ait à intervenir… à force de filtrer, c’est sûr, il ne restera plus rien qui dépasse. C’est exactement ce que souhaitent les industries du divertissement (« industries culturelles » étant un bien grand mot pour ce qu’elles font), bon nombre de gouvernements, de médias bousculés par l’arrivée du web, et de marchands en tous genres. S’ils pouvaient faire du web un gigantesque Disneyland familial, inoffensif et commercial, ils le feraient. A nous de nous battre pour les en empêcher.

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commentaires

G.T. 07/02/2012 20:52


ARNO : Un petit couple ? Un vieux couple, tu veux dire^^ (Très vieux couple, même, sur le net, 5 ans, c'est énorme...)

Arno 02/02/2012 18:25


Ouch... ca c'est des coms! Heureusement, vous allez avoir un nouveau forfait super pas cher en france (free?). Vous pourrez vous téléphoner comme ca...


(PS : deso, j'ai lu ton article quand il est sortis... mais j'ai pas le courage de lire les coms)(mais j'imagine la suite au vue du début du premier com de Thom... on dirait un petit couple) A+
et très bon classement... j'adore les classements de films, même si je ne sais pas ou je vais les trouver pour les voir maintenant! A 15€ le DVD, ca doit faire dans les 600€... Merci le FBI &
co... l'industrie de l'art est sauvée! Nous, ca va être plus dur. Maintenant, on sera tous incultes, et toujours pauvre. Bon, je m'arrête d'écrire. (j'essaye de faire aussi long que vous mais
c'est dur)

G.T. 01/02/2012 00:19


UN LECTEUR : déjà que les chances que Pascal ait lu ma lettre sont inférieures à 0,1%, alors le FBI, c'est même pas la peine
d'essayer ^^


 


PRM : Merci, même si je l'avais déjà lu !

PRM 30/01/2012 19:33


Pour ce qui est de la régularité de la procédure utilisée par le FBI:


Ici

Un lecteur 29/01/2012 17:57


Tu devrais faire une lettre au fbi comme celle à Pascal Negre.

G.T. 27/01/2012 23:46


(petite rectification, le droit d'auteur aux EU n'a pas été rallongé à 94 ans - c'est de toute façon 95 ans - c'est juste que ce droit concernait les oeuvres américaines, et s'étend maintenant,
sur le territoire américain, aux oeuvres dont le copyright n'est pas américain)

G.T. 27/01/2012 23:33


THOM : 1 et 2. Ce n'est pas la fermeture en elle-même de MU qui entrave la liberté d'expression (quoique dans le cas de gens
habitant dans un pays au régime autoritaire, et qui utilisaient des sites de stockage type MU pour faire circuler des infos, des textes, vidéos, en gardant le moins de choses possibles sur leurs
DD, c'est leur liberté d'expression qui en prend un nouveau coup). C'est le principe, la méthode, et le message envoyé "si vous ne filtrez pas tous les contenus qui passent chez
vous, voilà ce qui peut vous arriver". Parce que quoi que tu en dises, c'est vraiment ce qu'on a lu et entendu ces temps-ci. L'impression que j'ai (mais peut-être que je me trompe,
et j'espère me tromper), c'est qu'avec les lois qui se préparent, avec la volonté toujours plus affirmée des gouvernements et de l'industrie de contrôler le net, la fermeture de MU est
un premier coup porté pour nous conditionner à un filtrage toujours plus grand. Si je m'interroge dans le premier article sur le fait que le stockage de fichiers soumis aux droits
d'auteur soit une raison suffisante ou pas pour le fermer, c'est bien parce que le FBI et les autorités ne semblent pas communiquer clairement là-dessus. Ca les arrange que ce soit un peu flou,
que tout le monde puisse penser que l'on puisse femer comme ça un site, même représentant 4% du traffic web. Ils commencent de manière spectaculaire avec un site particulièrement difficile à
défendre, puis viendront les autres. Je suis peut-être un peu parano, mais les lois à venir me donnent plutôt raison. Il ne faut pas oublier que le premier homme politique à s'exprimer sur
la fermeture de MU, et très rapidement après, c'est Sarkozy qui s'en est félicité. Non pas pour des questions de blanchiments d'argent de ses responsables, mais uniquement parce qu'il y
avait des oeuvres protégées par le droit d'auteur sur le site.


3a) J'ai lu (je ne sais plus où, désolé) que le FBI n'envisageait pas de réouvrir le site. Parce qu'évidemment des gens se sont plaints pour leurs contenus légaux, mais il semblerait
vraiment qu'il n'y ait pas de réouverture prévue. Enfin, sait-on jamais...


b) Si ça peut te rassurer, moi aussi je me suis toujours demandé comment MU pouvait continuer en toute impunité^^ Mais bon, une évolution vers plus de "légalité" et respectabilité était tout
à fait possible, la preuve, avant qu'ils ne se brouillent sévère à cause de la chanson de MU et sa censure, Universal négociait avec MU pour un "partenariat" (tout est relatif, de mon point
de vue, un contrat avec Universal n'est sûrement pas gage de respectabilité...)


c) le fait que l'industrie de la musique (par exemple) ait balbutié dans l'illégalité légalise-t-il en quoi que ce soit les autres industries s'enrichissant dans l'illégalité ? Curieux
raisonnement.    


Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, je suis allé un peu vite (malgré la longueur du commentaire). Bien sûr que ce n'est pas parce que les industries américaines de la musique et du cinéma se
sont développées dans l'illégalité qu'il faut accepter que toute entreprise se développe dans l'illégalité. C'est avant tout une question de nouvelle technologie. Chaque fois que de nouvelles
technologies apparaîssent, ça remet en cause les questions de droits, et la plupart des entreprises qui se développent grâce à ces nouvelles technologies le font en partie par le "piratage" ou
l'illégalité. C'est ce qui leur permet de croître rapidement. Les vieilles industries voudraient voir interdites ces nouvelles (ou étouffées), on ne plie pas pour autant, au nom du
progrès, on discute des questions de droits, on trouve des arrangements, des compromis, et les industries "pirates", la plupart du temps, finissent par devenir légales. Mais là, on ne
prend vraiment pas la mesure des changements considérables qu'induisent le net. Les "vieilles" industries ne veulent rien lâcher, pire, on voit même les droits se rallonger (70 ans
maintenant pour les interprètes, et les Etats-Unis allongent eux le droit d'auteur à 94 ans !) Et les gouvernements font le jeu de ces industries. Ils ne cessent de durcir quand il faudrait
assouplir, qu'ils fassent gaffe, ça risque vraiment de casser...  


  

Thom 27/01/2012 22:07


1. Sur la forme, de toute façon nous sommes tous d'accord. Sur le cas de MU, là encore, de quelle liberté parlons-nous ? En quoi sa fermeture entrave-t-elle la liberté d'expression ? En quoi
empêche-t-elle la circulation de l'information ? MU n'était qu'un moyen parmi des milliers d'autres de faire circuler des informations. Ce n'était d'ailleurs même pas un moyen, juste une marque.
C'est comme si on Peugeot était sous le coup d'une liquidation judiciaire suite à des fraudes. Ca ne t'interdit pas de rouler en Renault. Et quand bien même on déciderait de supprimer les
voitures, il resterait toujours le bus, le métro, le vélo, la marche à pieds, le train... etc.


 


2. Je me suis peut-être mal exprimé : il est évidemment que c'est le contenu illégal qui a motivé l'action du point de vue politique. Mais c'est parce qu'il y avait de vraies violations plus
graves que l'action judiciaire a été possible, ça n'aurait pas pu se passer autrement. Un truc qui m'a beaucoup agacé dans les articles sur le sujet, c'est bien la manière qu'ils avaient de faire
passer les USA pour un pays où les lobbies étaient omnipotents et où le FBI peut fermer un site sans autre forme de procès. Aucun pays ne bénéficie d'autant de contre-pouvoirs que celui-ci. S'il
n'y avait pas eu de délit avéré (notamment - et selon les dernières révélations - le blanchiment d'argent), le FBI n'aurait sans doute pas eu de prise sur le site. Et moi-même, je n'aurais pas
grand-chose à y redire. J'ai lu qu'Anonymous projetait éventuellement de lancer un site de DDL maison... s'il est réellement gratuit et défend réellement les valeurs du partage et de la
libre-circulation de l'information, je serai le premier à le trouver formidable. S'il s'agit de faire du pognon sur le dos d'un énième flou juridique...


 


(j'en doute)


 


3. a) Tu sembles considérer comme acquise la fermeture définitive de MU et la destruction intégrale des fichiers qui ont pu être hébergés dessus. Tu as donc des informations que ni moi ni
l'ensemble des médias français ne possèdent, car absoluement rien ne le prouve. Il n'est en aucun cas exclu que MU revienne sous une forme ou une autre. Et que, par extension, les abonnés
puissent à terme (plus ou moins long) récupérer leurs contenus légaux. A l'heure actuelle et pour autant qu'on le sache, le site est "suspendu", rien n'a été "détruit".


 


b) à moins d'avoir vécu dans une grande naïveté ces 10 dernières années, tout le monde savait plus ou moins que MU ne pouvait pas continuer éternellement (enfin je dis ça mais depuis une semaine,
j'en viens à me dire que j'étais la seule personne sur cette planète à se demander comment ces sites pouvaient exister en toute impunité ^^). Comme tu le dis, peut-être se serait-il
progressivement "légalisé". Ou autre évolution de ce type. Dans tous les cas, rien n'est plus éphémère qu'un lien hypertexte (qu'il soit de DDL ou autre), et les contenus "persos" auraient sans
doute subi le même destin que les "uploads persos" qu'on a tous vu désingrés sur Deezer quasiment du jour au lendemain (je ne fais que reprendre ton exemple, parfaitement bien choisi, pour le
coup ;-)) On a tous vu des centaines, des milliers de liens morts, pour une raison ou une autre. Laisser reposer la sauvegarde de ton fichier, que tu considères comme important, sur ce genre de
truc, c'est sans doute dommage à terme, mais ce n'est pas une question de morale ou de justice, c'est juste une question de bon sens. Je maintiens donc que ce n'est pas un argument valable, même
si je te sais très sensible sur le sujet des crashes de DD ;-)


 


c) le fait que l'industrie de la musique (par exemple) ait balbutié dans l'illégalité légalise-t-il en quoi que ce soit les autres industries s'enrichissant dans l'illégalité ? Curieux
raisonnement. Et puis le temps que l'industrie de la musique arrive au niveau de profit de MU, elle était légalisée depuis belle lurette...


 


Bon, je n'ai pas le temps de répondre au reste. J'y reviendrai peut-être.


 


Bonne soirée dans tous les cas !

G.T. 27/01/2012 21:39


THOM : Ton commentaire n'est pas mauvais dans l'absolu, mais il manque tout de même un  peu de discernement - et je le dis
moi aussi en toute amitié^^


1. Je ne vois pas trop d'où tu tires que la "guerre" dont je parle est celle des pro et anti téléchargement illégal. Je dis bien dans l'article précédent à cet endroit que c'est la question de la
liberté qui est en jeu, et je le précise encore ici, en disant sans ambiguité, que le problème n'est pas la fermeture de MegaUpload, l'enjeu, c'est le filtrage, donc le contrôle du web. Que je
sache, les Anonymous, qui ont contre-attaqué, ne l'ont pas fait pour des questions de téléchargement, mais bien de liberté sur le net. Que l'on soit d'accord ou non avec leurs
actions, c'est en tout cas leur but et ce qui les préoccupe avant tout. Pas que chacun puisse télécharger gratuitement le dernier film à succès.


2. Dans l'article précédent, je pose bien la question de la raison principale de cette fermeture du site. Parce que je suis désolé, ce n'est pas clair. Ce qui a été mis en avant, même par le FBI,
c'est tout de même qu'on y trouvait du stockage de fichiers illégaux. Si c'est une raison suffisante (et seulement si), là, c'est vraiment grave, c'est vraiment toute la question du filtrage, de
l'hébergement et de la censure qui est en jeu. Si ce n'est pas une raison suffisante, ça n'a pas une importance considérable, je ne dis pas le contraire. Et ce n'est pas parce qu'auparavant on
n'a pas sanctionné de la sorte les hébergeurs qui comportaient des contenus illégaux qu'on ne s'y dirige pas et que la fermeture de MegaUpload n'est pas juste le premier coup porté. Bon
nombre des lois à venir semblent malheureusement aller dans ce sens (oui, toutes ces lois liberticides qu'on déguise sous des noms en "i" et "a" pour faire plus "doux et féminin" ^^
PIPA, SOPA, ACTA, HADOPI 3, LOPPSI...)


3. c'est une hypocrisie absolue, ou au minimum une grande méconnaissance du sujet, que de laisser entendre que la vocation de MU n'était pas principalement le téléchargement illégal...


Je ne pense pas être d'une hypocrisie absolue ni avoir une grande méconnaissance du sujet... quand un des membres de MU disait (avant cette affaire) que 2/3 des plus grosses entreprises
françaises ont des comptes chez eux, je suis bien d'accord sur le fait qu'on ne doit pas le prendre comme parole d'évangile, et qu'il est possible que ce n'est pas le cas. Il n'empêche. Moi, ce
qui me dérange un peu dans ce que tu dis et ce qu'on entend depuis un moment (comme de la part de DR. F), c'est que MU serait essentiellement destiné au téléchargement illégal et que le
contenu légal serait anecdotique. Sur le point précis du pourcentage d'oeuvres illégales et légales, je l'avoue sans honte, j'ai une "grande méconnaissance". Mais je n'ai jamais
prétendu le contraire, jamais dit qu'il y avait tant ou tant de pourcentage de fichiers légaux. Alors que tant semblent dire que le contenu légal sur MU était complètement anecdotique, alors
qu'ils n'en savent rien. Sur la question par exemple des mods, pour répondre à ton commentaire sous l'article précédent, si toi, ça ne te dérange pas qu'on vire l'accès à des milliers de contenus
légaux sous prétexte qu'ils sont "normalement" sur le DD de l'uploader, on ne va pas être d'accord. Tout d'abord, des disques durs qui crashent, ça arrive (et j'en sais quelque
chose)... comme des ordinateurs qui plantent, Windows à réinstaller qui demande de reformater un DD... mettons que sur le DD où tu as ton Système d'eploitation, tu as des fichiers
légaux mis sur MU, quelques autres que tu peux mettre sur une clé USB... tu ne sauvegardes pas les fichiers qui sont sur MU, pensant les récupérer plus tard... mais non, plus possible.
Ensuite, ce sont des milliers de contenus légaux sur MU dont on pouvait trouver les liens sur des blogs, forums. Tu crois vraiment que tout le monde va tout réuploader ailleurs et penser à
changer les liens sur tous les forums et blogs où il est allé ? Toi qui a fait des fiches albums, tu devrais savoir que c'est chiant d'aller chercher et placer des liens^^ Il y a des gens qui ne
réuploaderont pas leurs contenus légaux et utiles, pour X raisons... parce qu'ils n'ont pas le temps, parce qu'ils sont flemmards, parce que ça ne les intéresse plus (alors que ça intéresserait
ceux qui les cherchent), ou, surtout, parce qu'avec la fermeture de MU, Fileserve et Filesonic, on ne sait plus à qui se fier. On ne sait plus si le contenu légal qu'on stockera à un endroit
ne sera pas supprimé le lendemain parce que le FBI l'aura décidé. Et puis qu'est-ce qu'on connaît de l'utilisation qui peut être faite de MU ou autre site de stockage dans des pays
lointains, plus pauvres, moins démocratiques etc ? Peut-être que certains font circuler des contenus (vidéos, écrits) contestataires, qu'ils ne gardent pas sur leur DD par peur de sanctions,
mais consultent dans des cybercafés via MU. Rien que pour cette éventualité, je trouve que l'on n'aurait jamais dû fermer MU si brutalement. Ou, en tout cas, le rendre inaccessible
au monde entier.


Je ne vois pas vraiment ce que tu veux dire par "vocation". Que MU se soit développé et engraissé en grande partie grâce au téléchargement illégal, ça me semble évident. Mais il y a
d'autres sites (et des industries, comme, au hasard, Hollywood et l'industrie de la musique) qui se sont développés et engraissés dans l'illégalité. Ou, plus récemment, pour revenir au web,
les sites type deezer, illégaux à la base, légaux maintenant. La vocation de deezer, c'était de se faire du pognon en faisant écouter "illégalement" de la musique ? Comme tant
d'autres sur le web, on aurait pu penser que MU, au fur et à mesure, se légalise, mette en avant ses contenus légaux, supprime définitivement les contenus illégaux signalés comme tels par les
ayants droits, et paie une taxe...


Il y a quelques années, je n'arrêtais pas d'aller sur Blogger... où je trouvais une très grande quantité de mp3-blogs. Ces blogs de passionnés qui faisaient découvrir tant
de perles oubliées (pour beaucoup, mais pas tous, il y en avait aussi qui mettaient évidemment les derniers albums en vogue) qui se sont développés avec le DDL, puisqu'il suffisait de
mettre un lien vers un site de stockage pour télécharger directement l'album (c'est le principe), sans avoir à attendre qu'un individu l'ayant dans son dossier de partage ait son ordinateur
allumé et son logiciel de p2p lancé. Qui sait, si ça se trouve, Blogger a rétribué en douce certains de ses blogueurs qui avaient de très nombreux visiteurs. En tout cas, Blogger s'est
aussi développé - et engraissé - grâce à tous ces contenus illégaux, et grâce à MU, RS & co. Etait-ce une raison suffisante pour fermer la plateforme et interdire l'accès à
tous les blogs, même légaux ? Et considérer que ceux qui s'emmerdaient à écrire des articles bien foutus, sans rien d'illégal, après tout, n'avaient qu'à sauvegarder d'abord leurs
articles sur word, il ne leur restera qu'à trouver une autre plate-forme de blog et copier-coller...


Sinon, pour revenir à des choses plus terres à terres, c'est sûr que mon exemple de fermeture du site est mal foutu, je l'ai écrit comme il est venu dans tes commentaires sans penser en
faire un article... il faudrait que je le remanie.   


 


           

Thom 27/01/2012 18:51


J'ai rarement vu un exemple aussi confus, tiré par le cheveux et ridicule que ton truc avec le blogueur, les images pédopornographiques et le téléchargement illégal ^^ Cela dit, c'était très
amusant à lire, surtout quand on sait que faire "fermer "un blog par son hébergeur est encore plus facile que cela (heureusement, les hébergeurs savent faire preuve de discernement).


 


Pour revenir sur ton précédent article, que je n'avais donc pas lu avant d'écrire le mien (ces efforts que tu fais pour que je te lise, tout de même ! ;-)), il n'est pas mauvais dans l'absolu
mais - comme je le craignais un peu - il manque tout de même, à mon sens, cruellement de nuances, et d'un minimum de précautions oratoires. Je suis d'accord, tu n'y défends pas MU stricto sensu
(je n'ai d'ailleurs pas dit le contraire, vu que je ne l'avais pas lu) ; en revanche, tu sembles - et je le dis en toute amitié - y ruer dans les brancards sans faire preuve de beaucoup de
discernement (le ton très emporté n'aide pas, et la forme est peut-être plus en cause que le fond). Tu vas tout de même jusqu'à parler explicitement de guerre - sous-entendu entre ceux qui sont
pour et ceux qui sont contre le téléchargement "illégal". Avoue que ce n'est pas d'une grande  subtilité et que, dans le contexte de la fermeture d'un site que l'on pourra difficilement
qualifier d'autre chose que de "voyou", cela peut sembler légèrement décaler. Faut-il rappeler les chefs d'accusations bien plus graves que le simple "viol" du droit d'auteur ? Il est évidemment
que MU n'aurait pas fermé en dehors du contexte politique américain sur ce sujet, mais il est tout aussi évident que MU n'aurait pas fermé s'il avait "juste" violé le droit d'auteur, ou, à tout
le moins, que les charges auraient moins lourdes et l'intervention moins spectaculaire : ainsi la plupart des trackers torrents ayant fermé ces dernières années l'ont été sans que quiconque aille
en prison, et même avec un simple "rappel à la loi" - largement dissuasif - pour leurs dirigeants. Ce qui ne sera pas le cas de Kim Dotcom, loin s'en faut.


 


Je te rejoins bien évidemment sur le point le plus essentiel de ton texte, celui de la tendance voulant rendre chacun responsable du contenu publié qui sur son blog, qui sous son hébergement,
qui... etc. Mais précisément, si MU est tombé de manière aussi spectaculaire, c'est parce qu'il ne se contentait pas d'une responsabilité indirecte. Cette tendance s'inscrit d'ailleurs dans la
volonté politique de plus en plus affichée de taxer les FAI (je note d'ailleurs - et j'applaudis- que Hollande a prévu de ne pas "que" les taxer eux dans ses projets de potentiellement probable
et hypothétique licence globale, mais tout le monde dans la chaîne), ce qui est une aberration : ils n'ont donc pas compris que c'est exactement comme ça qu'ils avaient ruiné l'industrie
automobile, autrefois florissante, dans un pays qui ne s'en est jamais véritablement remis. C'est un autre débat, tout aussi intéressant au demeurant.


 


Cela dit, je persiste à considérer que MU n'est pas à loger à la même enseigne (et d'ailleurs - pour reprendre un argument de ton premier article - je n'ai pas encore trouvé une seule personne,
en une semaine, dont la boite utilisait MU à des fins professionnelles... et pourtant j'ai réellement cherché ; c'est une hypocrisie absolue, ou au minimum une grande méconnaissance du sujet, que
de laisser entendre que la vocation de MU n'était pas principalement le téléchargement illégal... et d'ailleurs quand, comme toi ou moi, on défend le p2p, je vois mal quel problème il y a aurait
à énoncer cette évidence). On a passé suffisamment de temps à expliquer que les internautes n'étaient pas des "voleurs" parce qu'ils téléchargeaient, pour ne pas se montrer aujourd'hui coupables
de complaisance vis-à-vis de sites qui, eux, sont véritablement des voleurs, détournant des fonds, se rendant coupables de contrefaçon ou encore blanchiment de l'argent. Et je ne parle même pas
de l'argent qu'ils ont volé à leurs clients, car il va sans dire que ceux qui venaient de souscrire des gros abonnements à MU - voire avaient souscrits des abonnements "à vie" (l'idée semble
folle mais il doit bien y en avoir) - ne reverront jamais leur argent.


 


Voilà, c'est un peu confus tout ça, et vite torché, mais au moins tu ne penseras plus que je te trompe avec Dieu sait qui :-)