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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 23:02

 led-zep.jpgthe-who.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un chanteur blond et beau gosse… un guitariste sombre et ténébreux, cerveau du groupe… John, le bassiste effacé mais au jeu remarquable… un batteur « fou » et virtuose qui martèle sa batterie comme un malade, et décèdera à cause de ses problèmes d’alcool. Voilà un portrait qui pourrait être aussi bien celui de Led Zeppelin que des Who, deux des grands groupes de rock dont les similitudes sont parmi les plus frappantes.

 

Cette distribution des rôles au sein du groupe a été maintes fois copiées (surtout dans le hard), mais elle répond aussi à une certaine forme de « tendance naturelle » des musiciens. Evidemment caricaturale, vous trouverez, heureusement, de nombreux contre-exemples, mais elle n’en est pas moins prégnante.

 

Le chanteur, c’est celui qui est le plus dans un rapport de séduction. Celui sur lequel se focalisent les regards de la majorité du public, celui qui s’adresse directement à vous par sa voix, celui qui se met le plus à nu puisqu’il s’exprime sans passer par le filtre d’un instrument. Le guitariste, dans une formation guitare-basse-batterie, c’est celui qui a l’instrument le plus riche harmoniquement et mélodiquement, c’est naturellement celui qui est amené à composer la majorité des morceaux. Dans l’imagerie rock, c’est « le » musicien de la bande. Moins en vue que le chanteur qui attire tous les regards, il est pourtant celui qui tire les ficelles.

 

Le bassiste, c’est le type qui soutient tout le groupe, qui fait le lien entre la batterie et la guitare, mais celui que personne ne remarque. Une tâche assez ingrate. Si personne ne le remarque, c’est parce que la ligne de basse est d'ordinaire ce à quoi on prête le moins attention lorsqu’on écoute un morceau de rock (à moins d’être soi-même bassiste). Mis à part le funk (ou le funk-rock, comme celui des Red Hot à leurs débuts), il n’y a que très peu de genres musicaux où les lignes de basse captent l’attention plus que les parties des autres instruments. Pourquoi se mettre à la basse plutôt qu’à la guitare lorsqu’on veut se lancer dans le rock ? Flemme de jouer sur 6 cordes et de bosser les accords et suites d’accords, ou manque de talent, on met le moins bon guitariste de la bande derrière une basse… voilà ce qu’on imagine souvent à propos des bassistes rock. Ce n’est ni le meilleur, ni le plus motivé, ni le « leader naturel » au sein d’un groupe qui se forme. Mais dans le cas de Led Zep et des Who, même si le bassiste est bien le plus discret du groupe, il n’en est pas moins un instrumentiste d’exception (chez les Who, Entwistle était même à l’origine un meilleur musicien que Townshend). Autre grand point commun entre les Who et Led Zep, le bassiste avait sur scène et sur disque des moments où il pouvait se mettre en évidence, pas banal dans un groupe de rock des 60’s. 

 

Qui dit « faire de la musique », en occident, pense d’abord mélodies et harmonies. Alors préférer cogner sur une batterie, c’est… un peu particulier. D’où la célèbre blague de musiciens « Comment appelle-t-on un type quoi traîne avec des musiciens ? Un batteur » (elle existe aussi avec le bassiste). Forcément, le batteur n’apparaît pas comme le type le plus subtil de la bande, c’est rarement le poète ou le cerveau du groupe (même si l’on trouvera toujours des exceptions, tel Christian Vander dans Magma). Le batteur, c’est celui qui semble vivre le rock pour se défouler, pas pour exprimer quelque chose de très personnel. C’est celui qui amuse la galerie, le « bourrin » de la bande… et ce n’est pas totalement un hasard si deux des plus grands batteurs de l’histoire du rock, Keith Moon et John Bonham (lequel a d’ailleurs pris des cours de batterie avec Keith Moon à qui, selon la légende, on doit le nom Led Zeppelin), sont morts prématurément de leurs excès il y a une trentaine d’années alors que les autres membres des deux groupe sont restés en vie bien plus longtemps (ils le sont toujours, sauf Entwistle, décédé en 2002).  

 

Cette distribution des rôles au sein d’un groupe rock trouve une certaine légitimité en fonction de l’instrument pratiqué, et Led Zep et les Who sont sûrement ceux qui l’ont incarné au mieux. Ce qui les relie d’autant plus que la majorité des grands groupes rock de l’époque ne fonctionnaient pas de la même manière (Beatles, Doors, Velvet, Pink Floyd…)

Le plus marquant dans cette structuration des rôles, c’est l’opposition entre le chanteur et le guitariste. Ange et démon. Féminin et masculin. Parfait pour séduire et faire fantasmer la jeunesse. Un chanteur lumineux, flamboyant, aux boucles blondes et au petit côté féminin touchant et rassurant pour les jeunes filles de leur public, et un guitariste plus sombre et tourmenté, le leader de la bande, le chef d’orchestre du groupe qui dirige non pas à la baguette, mais derrière cet instrument éminemment phallique qu’est la guitare (Page va jusqu’à exhiber un double-manche… Townshend n’en avait pas besoin, son légendaire appendice nasal remplissait ce rôle symbolique), bref, celui auquel s’identifient les garçons. Ces clichés féminins et masculins se retrouvent aussi entre les deux autres membres du groupe, la section rythmique, avec la bassiste réservé, discret, au son de basse « rond », qui fait le lien entre tous, et le batteur exubérant, limite bestial, qui cogne comme un damné et fait étalage de sa force.

 

Les ressemblances entre les Who et Led Zep ne s’arrêtent pas là, on notera aussi :

 

-         La violence. Les Who se vantaient d’être le groupe qui jouait au volume le plus fort, et avaient comme "marque de fabrique scénique" de casser leur matériel à la fin des concerts, Led Zeppelin est considéré comme le groupe pionnier qui a mené le rock vers le hard-rock.

-         Ambitions, lyrisme et respectabilité. Ce que les fans de rock reprochent fréquemment au prog, ils le pardonnent assez facilement à Led Zep et aux Who. Morceaux à rallonge, structures riches, emprunts à des genres musicaux divers et longs solos pour l’un, opéra-rock pour l’autre (pas un, mais deux), Led Zep et les Who ont, avant le rock progressif, montré une volonté de s’affranchir du côté « singles courts et efficaces » du rock pour se lancer dans des œuvres plus ambitieuses. Cela rejoint aussi un autre des grands points communs entre Led Zep et les Who : le lyrisme et la grandiloquence. Des morceaux puissants, qui emportent tout sur leur passage…       Mais s’ils ont été vite pardonnés, c’est parce qu’ils n’ont jamais laissé tomber l’intensité rock’n’roll dans leur musique. Led Zep a su garder son groove imparable, les Who leur urgence et leur sens des mélodies percutantes.

-         Les deux groupes se sont formés à Londres, et les musiciens les ont intégrés dans le même ordre. D’abord le guitariste et le bassiste, puis le chanteur, et le batteur pour finir.  

-         Led Zep et les Who ont aussi en commun une durée de vie relativement longue pour un groupe rock, au moins 10 ans sans changer de formation ni devenir pathétiques. Même si, bien entendu, leurs meilleures années ont été les 3-4 premières.

 

 

Led Zep et les Who, même combat ? Deux groupes clones ? Tous ceux qui les ont écouté savent pourtant que ce n’est pas le cas. Alors qu'est-ce qui les différencie vraiment ?

 

Pour faire simple et aller tout de suite à l’essentiel, la musique des Who est une musique de l’immédiateté, celle de Led Zep une musique du développement. Malgré les nombreuses similitudes entre les deux groupes, ils représentent deux conceptions très différentes de l’écriture musicale rock. Les Who, c’est la mélodie qui claque, directe, séduisante et spontanée, typique de la pop anglaise. Led Zep, c’est une musique qui se déploie, qui se comprend et s’écoute sur la longueur… que ce soit par la force hypnotique du blues et du groove, ou la richesse formelle de leurs nombreux morceaux de bravoure, loin du format typique de la chanson pop de 3 minutes. Même lorsque Led Zep trouve un riff simple et génial, parfait pour un single rock, ils ne peuvent s’empêcher d’y mettre au milieu deux minutes assez « expérimentales » et inattendues (Whole Lotta Love). Et à partir d’une mélodie et d’une suite d’arpèges particulièrement envoûtantes, ils ne se contentent pas de faire une agréable ballade, mais développent et se lancent dans un épique crescendo de 8 minutes qui vire au hard furieux (Stairway to Heaven, mille fois copié par la suite, jamais égalé). C’est l’inverse chez les Who. Même lorsqu’ils se lancent dans un opéra-rock, malgré quelques passages instrumentaux pour faire le lien entre les morceaux et quelques mélodies récurrentes, impossible de s’y tromper, il s’agit avant tout d’une suite de singles. L’intérêt de Tommy, ce n’est pas la construction musicale de l’ensemble, mais bien l’efficacité de ses morceaux, redoutables singles rock pour la plupart (The Acid Queen, I’m Free, Pinball Wizard et compagnie). S’il fallait, toutes proportions gardées, trouver un lien avec l’opéra classique, ce ne serait sûrement pas avec l’opéra wagnérien, mais avec l’opéra « à numéros » du XVIII°. Opéra où l’on passe d’un air à l’autre, ce qu’abolira Wagner qui cherchera à donner à l’opéra une dimension plus « organique », moins artificielle, avec un travail en profondeur sur le développement. Primauté de la mélodie chez Mozart, travail de développement, d’architecture et de cohérence organique chez Wagner… Même distinction que celle entre les Who et Led Zep.

 

Mozart et les Who vs Wagner et Led Zep… au niveau qu’est celui du rock, bien entendu, on ne mettra pas sur le même plan Tommy et Don Giovanni… à moins d’avoir assisté à tous les concerts des Who des années 60 et d’avoir les oreilles vraiment bousillées. De toute façon, nul besoin d’invoquer Mozart ou Wagner pour illustrer ce qui différencie la musique des Who et celle de Led Zep, il suffit de se pencher sur leur époque, et l’opposition mods – hippies. Les Who sont le groupe emblématique du mouvement « mods », et Led Zep arrive un peu plus tard, au moment où le mouvement hippie est à son apogée et supplante, en Angleterre, les mods.

 

Mods et hippies ont en commun une philosophie de vie hédoniste, mais ils l’expriment de manière totalement différente. Pour les mods, tout est dans l’apparence. Elégance vestimentaire, présentation impeccable, scooter customisé… les mods ne cherchent pas à changer le monde, ils veulent juste y briller. Des jeunes qui acceptent n’importe quel petit boulot, sans vision à long terme, sans stratégie de carrière, ce qui les intéresse, c’est d’avoir vite un peu de pognon, et de tout claquer en fringues, en scooter et en fêtes. Peu importe ce que tu es, ce qui compte, c’est ce que tu montres. Avoir l’air classe, avoir l’air cool. La forme plutôt que le fond. Si, en fin de compte, beaucoup de mods préféraient – parce que c’était plus cool – les musiciens noirs américains de jazz et de soul aux jeunes groupes anglais associés à leur mouvement, ce sont bien ces groupes anglais qui les représentaient au mieux. Les Who en tête… Car Tommy est à l’opéra classique ce que le mods est au dandy du XIX°.  L’opéra, pour les Who, n’est au fond qu’un costume classieux, mais en dessous, il n’y a que du rock brut, efficace et séduisant… et sous le costume élégant du mods, derrière son assurance, il n’y a pas – en général - de dandy philosophe, poète et fin lettré, juste un gamin qui cherche à s’affirmer d’une manière plutôt superficielle. Le rock très direct et punchy des Who sous l’habillage de l’opéra, c’est un peu comme le côté hédoniste, voire primaire et violent de certaines bandes de mods, malgré leurs tenues choisies avec soin…

La musique des Who est à la fois très nerveuse et très mélodieuse, la musique d’une jeunesse impatiente de briller, et trop impatiente pour attendre d’avoir « réussi dans la vie ». Une musique de singles qui accrochent instantanément l’auditeur par leurs mélodies pop agréables et leurs rythmiques tendues et puissantes. Bref, même lorsque les Who ont adopté le look hippie et sont passés par l’opéra-rock, l’essence de leur musique est toujours restée fidèle à l’esprit mods.

Pas surprenant que Nik Cohn, grand fan des Who dans les années 60, ait fini par délaisser le rock et se passionner pour le gangsta-rap… l’attitude des gangsta-rappers n'est pas si éloignée de celle des mods, une manière de s’approprier, sans légitimité (les uns parce qu’ils sont trop jeunes, les autres parce qu’ils sont trop… noirs), des codes et accessoires luxueux de l’élite, ils y ajoutent leur touche de fantaisie, et les arborent avec autant d’arrogance que de coolitude.

 

Les hippies, eux, font l’inverse. Tenue débraillée, cheveux longs, allure de vagabond, rejet du clinquant et de tout « signe extérieur de richesse ». L’important n’est pas ce que tu montres, seulement ce que tu es. Rejet des codes sociaux, des valeurs traditionnelles, du système dans son ensemble (politique, économique, familial). Rejet de la société de consommation, pas question de trimer dur pour quelques dollars de plus. Retour à la nature, fascination pour les cultures et modes de vie dits « primitifs », liberté à tout prix… une vision plus poétique, métaphysique et aventureuse du monde. Ce qui distingue fondamentalement les musiques des Who et de Led Zep, c’est exactement ce qui distingue mods et hippies dans leur rapport à la société. Les premiers cherchent à y briller, les seconds à la fuir et partir à l’aventure. Les morceaux de Led Zep sont ainsi de véritables « trips ». Malgré quelques efficaces brûlots rock’n’roll de moins de 4 minutes, Led Zep reste surtout célèbre pour ses longs morceaux. Dazed and Confused, Babe I’m Gonna Leave You, Stairway to Heaven, Since I’ve been loving you, The Rain Song, No Quarter, Kashmir, Achilles last Stand font tous plus de 6 minutes, et Jimmy Page retravaillait ses titres pour les jouer chaque fois différemment en concert, et les rallongeait encore avec de longues phases d’impros. Le public n’allait pas voir Led Zep pour entendre des singles accrocheurs, mais pour vivre une expérience, se laisser transporter, s’évader… une musique de l’évasion, qui refuse la plupart des codes et formats habituels de la pop, qui s’inspire d’éléments de musiques d’autres cultures, qui se réinvente et s’aventure dans des contrées inédites… une musique narcotique, par son groove et son étirement dans le temps. Les musiques des Who et Led Zep sont d’ailleurs parfaitement en phase avec l’effet des drogues des mouvements mods et hippies. Amphétamines pour les mods, herbe et psychotropes pour les hippies. Avec les Who comme bande-son idéale de la prise d’amphétamines, Led Zep pour celle d’herbe et de LSD. On en revient toujours à l’immédiateté et l’intensité d’un côté, l’évasion, la fuite et l’aventure de l’autre.

 

Les Who et Led Zep, parfaites incarnations des mouvements de leurs époques, sont-ils du coup démodés ? Vestiges d’autres temps, d’autres mœurs, à ranger dans un poussiéreux musée du rock ? Non, bien sûr. Car même si le revival 80’s est à la mode depuis un bon moment, les ombres de Led Zep et des Who continuent de planer sur le rock actuel. L’ombre des Who est évidente sur toute cette vague de jeunes groupes rock anglais depuis une dizaine d’années, des Libertines aux Arctic Monkeys, qui marient mélodies pop accrocheuses et rythmiques rock nerveuses… et celle de Led Zep se retrouve sur beaucoup des groupes marquants de la dernière décennie (Radiohead, Queens of the Stone Age, Black Mountains, The Raconteurs, Akron/Family, And You Will know us by the Trail of the dead). Deux modèles qui ne sont pas prêts d’être oubliés, puisque le rock continue encore et toujours de creuser ces deux mêmes voies…

 

Pour conclure, je pensais mettre deux vidéos qui montrent bien la ressemblance entre les deux groupes. Les Who des années 70, au look hippie et avec un Roger Daltrey aux longs cheveux blonds et frisés qui ressemble à s’y méprendre à Robert Plant… mais les photos en tête d'article sont suffisamment éloquentes, et il est tout de même plus intéressant d’en choisir deux qui illustrent vraiment la différence entre les Who et le mouvement mods d’un côté, Led Zep et le mouvement hippie de l’autre. Je ne suis pas allé chercher bien loin : mon morceau favori de chacun des deux groupes.

 

The Who – Substitute (vidéo de 1966)

 

 

 

 

Led Zeppelin – Dazed and Confused (vidéo de 1969)

 

 

 

Il y a quelque chose d'assez vertigineux dans le fait de passer d'une vidéo à l'autre, séparées seulement de 3 ans (et ce n'est pas seulement une question de couleur, mais de musique, de manière de s'exprimer et se présenter)... preuve en est, si besoin était, que l'évolution du rock dans ces années-là a été, comme celle de la société, particulièrement spectaculaire. Depuis, beaucoup moins...

 

A lire : 

 

L'article de Xavier (BlinkingLights) sur les batteurs, où Keith Moon a, évidemment, une place de choix.

La série d'articles, drôle et bien vue, de Guic sur "comment monter son groupe rock" et les rôles des différents musiciens... 

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Published by G.T. - dans Rock
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commentaires

Hakatu 31/07/2014 15:09


Il y a tout de même un album sur lequel les Who allaient pouvoir proposer beaucoup plus de chansons à "développement" : il s'agit du stupéfiant Live at Leeds :


http://www.youtube.com/watch?v=9g30nwCpyaA


Le solo de guitare est absolument dément avec une montée d'accords chromatiques quasiment digne de Messiaen (si, si...)


Sinon je suis un inconditionnel de chansons comme "I can see for Miles", ""The Ox" (du pré Can !) ou "The song is over" (John Cale s'en souviendra sur "Fear")

G.T. 01/09/2012 14:06


PROF : Merci, je vais regarder ça...

Prof 31/08/2012 17:09


Toujours sur le même sujet avec la dualité britannique entre les mods et les rockers, mais également avec les beatniks, ici en 1965 :


http://www.dailymotion.com/video/xj4bj1

GT 15/11/2011 20:33



JICE : Merci beaucoup, et bonne soirée à toi !


(sinon, c'est vrai qu'il y a le cas un peu particulier des bassistes-chanteurs, souvent dans des trio - de Mötörhead à... Police)



JiCé 15/11/2011 18:36



C'est vrai qu'il y a des ressemblances entre ces deux groupes... D'autant plus  que c'est Keith Moon, batteur des Who, qui aurait suggéré le nom du groupe: Led Zeppelin! Pour ce qui est des
bassistes, il y a quand même des exceptions: Phil Lynott ou Lemmy, par exemple. Mais c'est vrai qu'ils sont (ou étaient) aussi les chanteurs de leurs groupes, Thin Lizzy et Mötorhead. Excellent
blog que je découvre! Bonne soirée!



GT 22/09/2011 22:39



Messieurs Ska & the Old,


 


Je ne suis qu'en partie d'accord sur The Who Sell Out. Très bon album, certes, mais pour moi, ça reste de "l'immédiat", il n'y a pas ce sens de la construction et du développement que l'on
retrouve chez Led Zep.


 


Monsieur California,


 


Jimmy Page est peut-être une belle enflure, mais je crois que je préfère une belle enflure qui pique les morceaux des autres pour les transcender et en faire quelque chose de vraiment nouveau,
qu'une vilaine enflure qui crédite l'auteur original et massacre son morceau, ce qui est en général la règle.


Bien à vous...



Guic' the old 21/09/2011 15:59



Je suspecte Randy California de venir plutôt d'un atoll de l'hémisphère sur montagneux, perso, je sais pas.



Randy California 21/09/2011 15:20



Bonjour,


 


Monsieur The Old a bien évidemment raison au sujet de The Who Sell Out.


 


Par ailleurs, il est toujours bon de le rappeler : Monsieur Page est effectivement une belle enflure.


 


Cordialement



Ska 21/09/2011 11:32



En effet, je n'ai pas passé beaucoup de temps en compagnie de ce disque. Si peu d'ailleurs que je ne saurais qu'en dire... Il faudra peut-être que je retente le coup...



Guic' the old 21/09/2011 11:28



Messieurs, vous dites qu'aucun album des Who ne vous a vraimetn marqué, c'est juste parce que vous n'avez pas passé assez de temps en compagnie de leur chef d'oeuvre absolu, "The Who Sell out"
splendeur de pop foutraque où le quatuor fait montre d'un sens inné de la mélodie accrocheuse et du poussage à bout de concept à faire palir d'envie les Kinks.



Ska 20/09/2011 14:44



Très chouette article.


Pour moi, Led Zeppelin est un grand groupe tout court, et les Who un grand goupe à chansons (à singles).


Pour le dire autrement, il y a plein de chansons des Who que j'adore, mais il n'y a pas vraiment un album des Who qui m'ait marqué comme le moindre album de Led Zeppelin (oui, Guic, même ceux que
tu qualifies de "gros cul" !)...


Pour le reste, nuançons le passage sur la discrétion du bassiste en nous souvenant du superbe costume de squelette de Entwistle...



GT 20/09/2011 00:25



BLACK DOMINA & LES CAFARDS (ça ferait un chouette nom de groupe^^) : Merci beaucoup !


 


PROF : En effet... et merci pour ce reportage des années 60, éloquent.


 


PIETRO : Même à leurs débuts, j'ai jamais trop aimé les Red Hot... mais bon, c'était tout de même mieux que ce qu'ils font
maintenant...


Quant aux "plagiats", merci à GUIC pour ces liens... (je répète tout de même que c'est fréquent dans le blues et bon nombre
de musiques populaires, on prend des morceaux qu'on aime, on les adapte et on ne crédite pas l'auteur original - quand on sait qui il est... mais bon, à la fin des années 60, ça ne se faisait
normalement plus, et c'est pas très glorieux de la part de Page de ne pas avoir mis les noms des auteurs originaux).



Guic' the old 19/09/2011 20:47



http://www.youtube.com/watch?v=JyvLsutfI5M


http://www.youtube.com/watch?v=zThdTAWQFAQ&feature=related


http://www.youtube.com/watch?v=K5uMQDlKn8g&feature=related


 


Ces vidéos montrent bien le concept de Led Zep qui pique partout sans créditer les originaux...



Pietro 19/09/2011 17:11



J'ai une autre question. Certains parlent de Led Zep comme un groupe qui a plagié d'autres artistes. De quoi il en retourne vraiment? 



Pietro 19/09/2011 17:04



J'adore ces deux groupes. Je les connais assez bien. Par contre que vaut les Red Hot des débuts? Je ne connais que les Red Hot putassiers de Californication.



les cafards 19/09/2011 08:17



excellent article ! chapeau ! et vive le rock !



Prof 18/09/2011 09:27



Très bon article !


L'opposition mod/hippie dans l'Angleterre 60s reproduit +/- le même shéma que l'opposition hipster/beatnik 40s : des fils de prolos qui jouent les riches vs des fils à papa qui jouent les
pauvres. Ca se retrouve depuis dans la majorité des sous-cultures liées à la musique populaire.


A lire sur le sujet : Subculture de Dick Hebdige.


Et ce reportage de 64 assez marrant sur le clash rocker vs mod (opposition 50s
vs 60s).



Black Domina 17/09/2011 17:28



Super Article! Je n'avais jamais réalisé toutes ces ressemblances.



GT 17/09/2011 15:56



GUIC : Je te rassure, tu n'es vraiment pas le seul à voir le double-sens de la pochette du I^^


Quant à un article sur les textes salaces dans le rock... c'est une idée. Mais je ne sais pas si "émouvant" est le terme adéquat pour une étude de "presse mon citron" :-)


 


XAVIER : "Déconne" dans le sens "humour et bouffonerie", c'est sûr que Led Zep n'est pas le premier groupe rock auquel on
penserait^^ De ce point de vue, je suis tout à fait d'accord avec toi... 


 


 



Guic' the old 16/09/2011 15:41



C'est clair que voir G.T. parler des textes, ce serait presque émouvant, je trouvE.



Xavier 16/09/2011 15:00



On a tous en tete ces stéréotypes de musiciens (cf l'article de Guic, très drole), ce qui est étonnant c'est la simultanéité de nos deux articles... (et merci pour le lien)


Alors sur le sérieux de Led Zep, attention, je connais les anecdotes sur le groupe, mais pour moi sex drugs & rock n roll ce n'est pas etre déconneur, au contraire ca fait partie du job,
c'est presque "sérieux". Que Led Zep parle de cul ou soit vulgaire (au passage merci pour les explications de textes, très sympa - une idée pour un article?), ok ca les démarque de groupes
"intellos", mais ca n'enlève rien à leur attitude sur scène. Je ne pense pas qu'ils sont allé jusqu'à jouer des roles (cf A Quick One, un ridicule mini opera ou chaque Who interprete un
personnage, Daltrey jouant une nana), à se déguiser ou à mettre des poissons rouges dans la grosse caisse... (Happy Jack a un petit coté mélancolique, c'est pour ca que je l'ai pas cité dans
les titres déconne).



Guic' the old 16/09/2011 14:57



Sinon, tout à fait d'accord avec l'obsession pour le cul dans les paroles des Led Zep des débuts, surtout.


 


Le côté Tolkien (et Homere - Achille's Last Stand, quand même) C'est Battle of Evermore en particulier, Misty Mountain Hop et Ramble On... Mais à côté de ça, c'est du cul partout (les Who sont
soft à côté. Et surtout plus... disons "solitaires".) LA pochette du premier album, je suis quand même pas le seul à me dire qu'elle est à double sens, non?


 


(Derrière, Kiss ils sont petits joueurs.)



GT 16/09/2011 14:52



GUIC : Le truc c'était une catégorie!!! ;-)


Oui, mais je suis vraiment très flemmard (je dois avoir un petit côté bassiste^^)



Guic' the old 16/09/2011 14:28



http://espritorture.over-blog.com/categorie-10493097.html


 


Eh l'autre eh. "J'avais la flemme de chercher dans ses archives" Le truc c'était une catégorie!!! ;-) Mais aps grave. Et tu remarqueras que je ne t'accuse pas de plagiat. Tu n'est pas le premier
Jimmy Page venu :-)



GT 16/09/2011 13:14



XAVIER : Ah merde, j'avais pas vu... ça m'apprendra à ne pas aller plus régulièrement sur ton blog^^ (excellent article sur les
batteurs, d'ailleurs... même si chacun aura sa petite liste de batteurs à ajouter...) Je vais le mettre en lien, et à propos de liens, en écrivant la première partie sur le rôle de chacun
des musiciens, je pensais à l'article que GUIC avait fait sur le sujet, mais j'ai eu la flemme d'aller fouiller dans ses
archives, donc s'il peut me le retrouver... 


Quant au côté déconneur des Who, sérieux de Led Zep... c'est vrai, en partie, ça se comprend en effet dans l'opposition mods/hippies, et ça rejoint aussi cette différence
entre "immédiateté" chez les Who, "construction et développement" chez Led Zep. Mais c'est tout de même à nuancer. Led Zep est loin du cliché du groupe prog anglais 70's "sérieux"
qui lit Tolkien autour d'une tasse de thé (je dis bien cliché, cf. le débat sur le rock prog et les propos de punkicide qui imagine que les goupes progs étaient sobres, sages et uniquement
concentrés sur leur musique). Les mecs de Led Zep ont été aussi parmi les pionniers de cette "grande tradition rock'n'roll" de saccage de chambres d'hotel (voire d'étages d'hotel), et ils
étaient connus pour leur consommation effrénée de groupies... le "sex, drugs & rock'n'roll", ils l'ont vécu à fond. Et, surtout, faut pas oublier que leur base, c'est vraiment le blues.
Les textes plus sérieux de Led Zep (tiens, d'ailleurs, dans les chansons sur des thèmes à la con des Who, je m'étonne que tu n'aies pas cité Happy Jack, c'est la première à laquelle j'aurais
pensé^^) ne doivent pas faire oublier que leurs paroles étaient souvent crues et scabreuses, et ils ont été particulièrement critiqués et attaqués là-dessus (c'est, d'après ce que j'ai
lu, la critique qui revenait le plus souvent à l'époque sur Led Zep). On les trouvait aussi trop misogynes, sexistes, "vulgaires"... ce qui vient de leur base blues, des textes
salaces, à double-sens, dont le deuxième sens est assez évident. Dans Whole Lotta Love, Plant chante "Shake for me girl, i wanna be your back door man"... Back Door Man, ce blues
de Willie Dixon, repris par les Doors, "l'homme de la porte de derrière" étant une expression pour désigner l'amant d'une femme mariée, mais, évidemment, avec un double-sens (et c'est le cas
de le dire)... Plus suggestif encore, sur The Lemon Song, toujours sur le 2° album de Led Zep : "Squeeze me baby, till the juice runs down my legs, The way you squeeze my lemon,
I'm gonna fall right out of bed, Yeah". J'ai pas lu Tolkien, pas trop mon truc (j'ai juste vu les films^^), mais je doute fort que ce texte soit tiré de ses
bouquins :-) 


 


Bref, le sérieux chez Led Zep, oui, mais à relativiser... un peu comme chez Morrison, d'ailleurs, qui avait certes des prétentions "poétiques", mais n'en restait pas moins un sale gosse
volontiers salace, cru, barré et provocateur...         



Xavier 16/09/2011 01:32



hey, t'as piqué mon intro d'article pour le VIP#2 sur les bassistes! (le VIP#1 sur les batteurs est en ligne, j'y parle bien sur de Keith Moon).


Je m'étais souvent fait cette reflexion des ressemblances entre les Who et Led Zep. En fait, ce sont deux groupes à avoir 4 solistes (4 "génies" sur leurs instruments respectifs) et à avoir tenu
le coup ensemble. Ils ne doivent pas etre nombreux dans le rock dans ce cas... (déjà, il y a peu de groupes qui accordent autant d'importance à chacun des instruments). enfin, ca sera mon intro
du VIP5 ou 6 consacré aux groupes...


Par contre j'avais jamais creusé leurs différences, belle analyse! j'en ajouterai une autre, ou plutot un complément à l'opposition mods/hippies: les Who sont déconneurs et Led Zep sérieux.
beaucoup des premieres chansons des Who parlent de personnages improbables, d'histoires à la con ("i'm a boy", "a quick one", "magic bus"), sans parler de Tommy... Je connais moins Led Zep, mais
je crois que leurs textes s'inspirent plutot de Tolkien, de littérature etc... Je pense qu'ils prennaient leur musique plus au sérieux (meme si après Tommy Townshend a commencé à imaginer des
trucs comme le projet Lifehouse et ces conneries, ce qui a justement éteint la spontanéité du groupe et l'a fait décliner de plus en plus...)



GT 16/09/2011 01:18



PTILOU : On est bien d'accord... les quelques plagiats de Page sont évidemment une des principales critiques qu'on puisse faire à
Led Zep. Un vrai paradoxe, d'ailleurs, Led Zep est à la fois un des groupes qui a le plus "révolutionné" le rock, qui a le plus innové, mais c'est aussi un groupe qui a été l'auteur de
quelques plagiats... mais bon, il y a une tradition de "réappropriation" dans le blues (et les musiques populaires traditionnelles en général), et je les excuse d'autant plus que
le jeu en valait la chandelle... Dazed and Confused, justement, un des morceaux très clairement "pompé", Page a su en faire quelque chose d'exceptionnel, d'unique... ça reste un
des morceaux de rock qui m'aura le plus fasciné, et qui continue toujours.


Je te rejoins aussi sur le volume, d'ailleurs, en cherchant une vidéo de Dazed and Confused, j'ai écouté d'abord celle-là un volume pas très élevé, je ne l'ai pas trouvé
géniale, mais en la réécoutant à fond, au casque, c'est le pied total... ou presque, c'est sûr que ça ne remplace pas de l'écouter sur une bonne chaîne, avec un son suffisamment
ample...


 


CHRISTOPHE : Osé ? moi ? quoi ? ^^  



Christophe aka Mario C 15/09/2011 21:36



Whalaut' ! tu as osé ! rhalalaaaa... ^^



ptilou 15/09/2011 20:37



Excellentissime ce point de vue... as usual ! Indémodable ces deux monstrueuses machines du rock... ça tient toujours le choc sur la platine, pour qui ose l'écouter avec les décibels qui vont
avec... c'est aps fait pour el mp3, cette musique !


Coté originalité, ne pas oublier que de temps en temps... ils plagiaient et picoraient un peu des riffs à droite et à gauche, chez les anciens notamment... surtout Led Zep et Mr Page...


m'enfin ! qui aime bien, chatie bien !



GT 15/09/2011 20:21



GUIC : Merci... et je suis d'accord avec toi sur à peu près tout^^


Pour les vidéos, je voulais Substitute et Dazed and Confused, et je me suis pas emmerdé, j'ai pris quasiment les premières qui me sont tombées sous les yeux... même si,
pour Led Zep, ç'était bien sûr plus compliqué, il en fallait une qui tienne sur moins de 10 minutes, et pas coupée en 4 avec une version live d'une demi-heure^^


D'accord aussi sur les Small Faces, plus spécifiquement mods que les Who... mais bon, les Who sont devenus le groupe "emblématique" du mouvement mods. S'ils incarnent bien le mouvement dans leurs
premières années, on ne peut évidemment les limiter à ça, ils sont avant tout... un grand groupe de rock. Comme Led Zep, qui n'est sûrement pas le groupe hippie-type, et qu'on ne peut non
plus limiter au hard. Si la musique de Led Zep et des Who a parfaitement capté et traduit l'esprit de son époque, elle n'en est pas prisonnière...  



Guic' the old 15/09/2011 13:47



Article très bien vu, très juste, sur comment ces deux groupes sont en quelques sortes le même cliché sous deux effets différents.


Après, faut admettre quand même que tu aurais pu choisir une meilleure vidéo pour les Who (celle-ci, avec ce honteux playback ne rend pas assez grâce au jeu fascinant de Moon... Comme toujours,
je conseille le "A quick one" du Rolling Stones Circus dans ce cas là)


Après... je tique un peu quand tu dis que les Who sont le plus grand groupe mod... Parce que non, c'est juste le plus connu en fait. Malgré Quadrophenia, le groupe n'était pas forcément vraiment
"acquis à la cause", et c'est plus Kit Lambert (leur manager) qui les a poussé dans cette direction, parce qu'il y avait un marché à saisir - voire les vidéos des débuts, genre "Shout &
Shimmy" où l'on peut admirer Townshend se forcer à esquisser quelques pas de danse apprécié des modes (oui, parce que les amphets, c'est aussi - surtout pour la danse dans le mouvement mod...)


(En fait, mod, pour moi, c'est les Small Faces des débuts à 200 %)


 


Mais mis à part ça, très bon article, très judicieux, même si j'ajouterai un point, à savoir Qu'ils ont en comment d'avoir viré sévèrement gros -cul au bout que... 6 / 7 ans de carrière. (Who's
next pour l'un, Physical Graffity pour l'autre... Bref, dans les deux cas, à partir du 5/6 eme album)