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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 12:16
               


Il est de bon ton de taper sur Michael Moore. De faire la fine bouche et de le trouver démago, excessif, maladroit. Avec le Syndrome du Titanic, Nicolas Hulot s'est vu, lui, pas mal critiqué sur le caractère trop "déprimant" ou désordonné de son film. S'ils ont tout de même bénéficié de nombreuses critiques positives, il est pour le moins étonnant d'en lire certaines vraiment à côté de la plaque.
Dieu sait que l'esthétique, le style, ont une importance considérable pour moi.... mais devant de tels films, pinailler sur des questions formelles, de réalisation, de cohérence narrative, de mise en valeur de certains effets "spectaculaires" semble limite obscène. Ou, du moins, parfaitement décalé. Ce serait comme gloser sur la chevelure approximative et le costume mal taillé d'un type qui vient révéler un gigantesque scandale politico-financier. Car face à ces deux films les questions de style sont anecdotiques. Ils touchent à des choses véritablement essentielles, bien trop rare et précieux dans nos sociétés hyper-superficielles.        
Dans Le Monde, un critique blasé estime que "Si l'on s'est un peu intéressé aux événements financiers de ces derniers mois, la démonstration de Michael Moore n'apporte pas grand-chose de neuf". Je le plains sincèrement. Son film au contraire, nous en apprend beaucoup, car apprendre, ce n'est pas seulement collecter des infos... Tout le monde a entendu parler de la crise des subprimes, de ces gens expulsés de leurs maisons alors qu'ils ont trimé toute leur vie. Mais voir dans le film de Moore comment plusieurs familles l'ont vécu nous en apprend bien plus sur l'absurdité du système qu'un article du Monde, aussi détaillé soit-il. Certains pourraient penser "Bah, Hulot nous parle encore de désastres écologiques, de l'écart entre les pays pauvres et les pays riches, de la sur-consommation, Moore va nous en faire des tonnes sur les riches qui se goinfrent pendant que les pauvres trinquent... pas besoin d'aller perdre deux heures pour voir ça, on le sait tous..." Ils auraient tort. Car il y a un fossé entre voir et savoir, entre être au courant d'un phénomène et en prendre réellement conscience. Même lorsque l'on est parfaitement convaincu et bien informé sur ces sujets, ce sont des choses qui méritent d'être dites et redites, vues et revues. Dans ce monde de bruit et de fureur où tout le monde s'excite pour n'importe quoi, les oeuvres de Hulot et Moore sont salutaires, parce qu'elles, au moins, ciblent les vrais problèmes.  
Moore en rajoute parfois dans le pathos, avec des violons en fond sonore ? Il est trop vindicatif contre les grands patrons de la finance ? Mais tout ça n'est vraiment rien face à la cruauté de ce système, il aurait pu aller encore plus loin...
Certes, Michael Moore ne fait pas dans la finesse, ses films sont trop chargés, il use de grosses ficelles, passe des sujets les plus dramatiques à des épisodes comiques... ce n'est pas Raymond Depardon, mais lui cherche vraiment à toucher le plus grand nombre, pas une toute petite poignée d'esthètes exigeants. Et il a bien raison. Car ce qu'il dit, comme ce que dit Hulot, doit être entendu par le public le plus large possible (et malheureusement, le film de Nicolas Hulot n'a pas eu un grand succès, la faute en partie aux médias qui ont trop insisté sur son côté sombre et déprimant). Parfois, la fin justifie les moyens, et Capitalism : A Love Story est bien plus utile avec ses effets pas toujours très subtils, son rythme nerveux et son humour potache qu'un documentaire austère qui n'attirera que 2-3 enseignants. Tant mieux si les films de Moore sont plus divertissants et moins sérieux que les documentaires d'Arte (et encore, ça dépend lesquels), au moins, ils sont plus accessibles, le grand public sait qu'il ne va pas s'ennuyer deux heures à écouter les silences entre les mots.     
Appliquer les mêmes critères de jugement à ces films qu'à n'importe quelle oeuvre est absurde. Les films de Moore et Hulot remplissent parfaitement leur fonction : mettre nos sociétés face à leurs pires travers, leurs plus grandes injustices. Se focaliser sur la forme quand le fond touche à des questions aussi fondamentales, faut vraiment manquer sévèrement d'humanité et d'empathie.
Il est tellement facile, le cul confortablement assis sur sa chaise, de distribuer de bons et de mauvais points à Moore et Hulot, de jouer au critique "à qui on ne la fait pas". Mais c'est si petit, si mesquin à côté de ce que nous disent ses films. Bien sûr, on peut toujours discuter de leurs qualités, de certains raccourcis... mais avant toute chose, comment ne pas saluer le travail et l'engagement de Hulot et Moore, nécessaires comme peu le sont. Et si j'osais - et j'ose - je dirais que leurs films sont les deux seuls vraiment indispensables de l'année... pas simplement parce qu'à part Gran Torino et Looking for Eric, peu de films m'ont emballé, mais vraiment parce que rien, au fond, n'a autant d'importance que ce sur quoi ils mettent le doigt. Ils ont les défauts de leurs qualités, dans deux styles opposés (Le Syndrome du Titanic est grave, mélancolique, poétique par endroits, parsemé de doutes ; Capitalism : A Love Story est tonitruant, volontaire, rentre-dedans, drôle, speedé), mais se rejoignent parce qu'ils dressent deux portaits de notre monde à voir absolument.

Cette chronique, vite-faite, n'est sûrement pas ma meilleure, sûrement pas la mieux écrite... peu importe, là aussi, la seule chose qui compte vraiment, c'est de vous pousser - que dis-je, vous pousser... vous exhorter ! - à les voir.
Alors si vous vous sentez un minimum concerné par le monde dans lequel vous vivez, ne faites pas l'économie de ces deux films, il ne faut jamais bouder... sa capacité d'indignation.

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Published by G.T. - dans Cinema
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commentaires

G.T. 11/12/2009 12:48


JEANBATMAN : Je comprends, et je suis assez d'accord avec toi...


Jeanbatman 11/12/2009 11:39


Lecture très intéressante...
La gêne que j'ai ressenti devant le film de Nicolas Hulot n'était pas tant sur le fond que sur la forme. Je pensai qu'Hulot avait les moyens filmiques de filer la métaphore du paquebot pour donner
un certain liant à des scènes qui en était (par leur nature même dépourvus).
Ceci dit, c'est un objet filmé non dénué d'intérêt et qui a le mérite de mettre en lumière les dégats subis par la planète.


G.T. 07/12/2009 19:28


DAHU : C'est sûr... mais bon, quand on voit aussi tous les bouquins sur l'écologie, et même des magazines, maintenant, ça en fait
des forêts saccagées pour dire qu'il faut protéger les forêts...

LYLE : excellent :-)

BOEBIS : Ce n'est pas ça du tout, la question n'est pas d'être moins exigeant esthétiquement avec le cinéma qu'avec la musique,
mais avec des documentaires face à des oeuvres de fiction.
Bien sûr qu'un film plein de bons sentiments, mais avec une histoire stupide, des personnages niais, et une réalisation plate, c'est de la merde... mais là, je ne parle pas de ça, je parle de
documentaires où ce qui compte avant tout est le message... pour le dire plus simplement, quand on te montre dans un doc des gens dans une situation misérable, je ne comprends pas qu'on puisse - si
l'on a un minimum de sensibilité - se poser la question de savoir s'il n'aurait pas fallu placer la caméra plus à droite ou plus à gauche, faire un plan'séquence etc... au lieu d'être avant tout
saisi par la "réalité" de ce qui nous est montré et l'injustice de telle ou telle situation... ici, l'esthétique passe après...


boebis 07/12/2009 17:51


Je n ai pas vu les deux films cites (desole pour les accents), mais ce que tu dis m interpelle. Car j ai l impression que tu pardonnes a des films ce que tu refuse pour la musique seulement car le
cinema t interesses moins. On a des bons poetes engages, des bons ecrivains engages et je vois pas pourquoi on se contenterait d etre moins exigeant pour les cineastes sous pretexte qu on est d
accord avec leurs idees... ca rejoint l idee qu on  ne peut pas separer la forme du fond. Si un cineaste est simpliste, ou maladroit, consensuel ou trop grand public ca deforme les idees qu il
defend et ca ne sert pas sa cause. Un mauvais film restera un mauvais film meme si l intention est louable, et sur des sujets aussi connus que ceux dont parles les films evoques, il y a bien
matiere a trouver de la qualite.

Je ne parle qu en en general puisque je n ai pas vu les films que tu cites, et ils me plairaient peut etre, d ailleurs mais je reprouve a 100 pour cent de rabaisser son esprit critique des lors qu
on est en face d un sujet important. Je ne sais plus qui disait dans les commentaires que c est pareil que saluer une chanson de reggae ou de nouelle chanson francaise niaise pour proteger les
dauphins. Ca restera nul, et pourtant des bonnes chansons engagees qui ne font pas que convaincre les convaincus, ca existe (il parait)




lyle 05/12/2009 22:58


Obama au Modem ?
Non, il est trop classe pour porter une chemise orange...

Quand aux hélicoptères, ceux-là ce sont des modèles à pédales qui ne polluent pas du tout.


Dahu Clipperton 05/12/2009 20:58



Me lancez pas sur Hulot et Arthus-Bertrand, je vais me sentir obligé de parler de leurs hélicos chéris...

(il paraît qu'un hélico, c'est plus écologique qu'une porsche)

(à ce qu'on dit)



G.T. 05/12/2009 19:44


GUIC : Tryo ? Connais pas... (et j'exagère à peine)

THOM : Je me souviens aussi d'une américaine interviewée qui disait qu'elle craignait vraiment pour son pays avec l'arrivée
d'Obama, qu'elle craignait que les USA deviennent communistes comme la Russie, l'Allemagne, la France (!)... bref, pour certains américains, l'Europe est une gigantesque dictature
communiste :-)
Et il y en a même une autre qui affirmait qu'Obama était du côté d'Al-Qaida, Ben Laden, etc... et qu'il allait leur permettre de se développer aux EU ! Il y a vraiment de ces cas...

DAMIEN :
C'est comme ça un peu partout, les plus grands spécialiste de telle ou telle discipline ne sont pas forcément ceux qui apparaissent dans les médias et deviennent porte-parole... on peut le déplorer
ou non, mais pas y changer grand-chose. Le charisme joue beaucoup... Et un Nicolas Hulot, qui est plus un "passeur", qui parvient à éveiller les consciences, à se faire entendre, est aussi
important - voire plus - qu'un chercheur hyper-pointu en la matière.   


damien 05/12/2009 13:46


Ce qui m'énerve avec hulot c'est pas comment il a réalisé son film ni le ton employé ni le coté déprimant parceque de toute manière il y a de quoi déprimé. Non, ce qui me tape sur le système c'est
qu'il ne comprend pas grand chose aux sujets qu'il traite. J'ai fait des études en environnement et je suis attéré de voir que c'est le "Monsieur écologie en France" alors qu'ily a de vrai
spécialistes de la question bien meilleur de lui qui meriterait eux pour le coup de passser a la télé et de faire des films histoire de tordre les coups a toutes les idées recu sur le réchauffement
l'écologie tout ca.
Et ca vau aussi pour Yann arthus Bertrand. C'est un Photographe connu, il se sent concerné par les problèmes environementaux alors il devient une figure incontournable de l'écologie même si il n'y
connait pas grand chose... normal


Thom 05/12/2009 11:32


Et quand tu dis, à propos de Moore, que l'idée que le capitalisme est "mauvais" est une des plus répandues, tu te trompes, parce que tu négliges la réception, la destination première de
l'oeuvre... Moore est un américain qui s'adresse d'abord aux américains, et là bas, on n'entend pas tout le temps dans les médias que le captialisme est mauvais, loin de là

Tu es même en-dessous de la réalité. On parle d'un pays où la gauche n'existe pas en tant que gauche, et dont le Président "plus à gauche que d'habitude" pourrait avoir une carte du Modem s'il
était français ^^


Guic' the old 05/12/2009 11:04


Une chanson écolo engagée qui nous dit qu'on détruit la planète, que les pays pauvres seront les plus durement touchés, qu'il faut faire quelque chose etc...
Mais dis le! Tryo que ça s'appelle ;-)


G.T. 05/12/2009 00:33


ANNE : Il y aurait de quoi nourrir une bonne dizaine de débats... et il va sans dire que sur ces points, je ne suis pas du tot
d'accord avec toi...

Tout d'abord, le lien avec les chansons engagées n'est pour moi pas du tout pertinent, car les comparer avec les films de Moore et Hulot revient à la différence dont je parle entre "être
informé" et "prendre conscience". Une chanson écolo engagée qui nous dit qu'on détruit la planète, que les pays pauvres seront les plus durement touchés, qu'il faut faire quelque chose etc...
ça ne nous apprend rien, c'est en quelque sorte de l'info mise en musique, mais écouter la chanson n'apporte vraiment pas grand chose. Par contre, voir un documentaire, avec des exemples, une
argumentation, une illustration du phénomène dont il est question, là, c'est tout à fait autre chose...
C'est bien pour ça qu'il y a des documentaires et des reportages, ils ne sont pas là pour seulement nous dire des choses qu'on sait souvent déjà lorsqu'on est informé, mais pour nous permettre d'en
"prendre conscience" en nous mettant face à telle ou telle situation, en créant une plus grande empathie, par exemple, parce qu'ils mettent des visages, des individus "réels" sur des
statistiques.

Tu parles de Wiseman et de magnifiques documentaire sans "nous faire la leçon en prime"... mais bordel, face à l'état actuel du monde, je ne vois vraiment pas où est le problème de "nous faire la
leçon"... au contraire, on mérite largement qu'on nous la fasse, la leçon, et plutôt 10 fois qu'une ! 

Ce qui nous différencie, c'est la question de la "réception"... d'une certaine manière, tu es plus une "esthète hardcore" qui voit l'oeuvre avant tout... ce n'est pas mon cas. La question de
l'accessibilité, de la manière dont une oeuvre peut toucher le public particulier d'une époque est essentielle pour moi (ce qui ne m'empêche pas d'aimer certains trucs très pointus), et je suis
toujours prêt à accepter que l'on sacrifie une part d'exigence esthétique si l'on gagne en accessibilité... tant qu'on ne prend pas les gens pour des crétins congénitaux en leur proposant une
soupe infâme...

Et quand tu dis, à propos de Moore, que l'idée que le capitalisme est "mauvais" est une des plus répandues, tu te trompes, parce que tu négliges la réception, la destination première de
l'oeuvre... Moore est un américain qui s'adresse d'abord aux américains, et là bas, on n'entend pas tout le temps dans les médias que le captialisme est mauvais, loin de là... les américains qui
pensent qu'Obama, c'est un socialiste, et que le socialisme, c'est Staline, les goulags etc... il y en a des tas... qui sont convaincus, aussi, que le capitalisme est le seul système où
les citoyens sont réellement "libres"... bref, il y a beaucoup de boulot pédagogique à faire, et Moore le fait bien mieux que tout un tas d'intellectuels pointus qui ne sont lus... que
par une toute petite poignée d'intellectuels pointus.  

Qui connaît Michael Moore ? Qui connaît Frederik Wiseman ? Pour moi, la réponse à cette question est un élement fondamental... si tu as un message "fort", que tu veux adresser au monde, à
partir du moment où il n'est pas entendu, c'est que, d'une certaine manière, tu t'es trompé quelque part. Et c'est bien pourquoi les documentaires engagés ne peuvent se juger d'après
les mêmes critères esthétiques qu'une oeuvre d'art.

Tu dis que Moore s'appuie sur la pitié du spectateur, que c'est donc encore plus horrible et malsain... je ne vois pas en quoi, face à certaines situations révoltantes, on ne pourrait s'appuyer sur
la pitié du spectateur...

LOU : sans alluvions

Pas mieux :-)

Y : Bien sûr qu'on te pardonne... d'autant plus qu'on est nombreux dans ce cas-là... 

MONZOEIL : On est d'accord, et salut à toi aussi ! 
 


Monzoeil 04/12/2009 07:48


exact, on se fout des questions de style, on n'est pas à Bolliwood. C'est bien le contenu qui est important !
salutations de Monzoeil


Y 03/12/2009 23:01



Je suis embêtée...
Parce que c'est vrai, la planète meurt. La couche d'ozone rétrécit et bref, tout le monde est au courant non ? Seulement voilà, j'ai 20ans seulement (oui je ne connais pas grand chose de la vie
et à tout les coups, j'écrit sûrement très mal mais c bien aussi d'avoir des avis d'autres générations non?) et j'aimerais faire quelque chose. Sauver les requins et les bébés baleine, un
truc du genre... J'aimerais pouvoir partir et saboter toutes les centrales nucléaires, les pompes à pétroles etc, tout ça avec mes petites mains!
Mais le problème, c'est que, tout ce que je fais, c'est d'arrêter l'eau quand je me brosse les dents et de trier mes ordures. Point. Rien d'autre. Alors j'ai bien pensé faire un
groupe sur facebook : "pour que le 21 décembre 2012, on aille tous détruire les installations qui polluent la planète; comme ça, si c'est pas la fin du monde, ben on l'évitera plutôt deux fois
qu'une" mais je crois bien que les gens penseront à une blague (d'ailleurs je devine vos sourires derrière les écrans). J'aimerais vraiment m'appeler Sarkozy pour faire de la politique à
21ans et avoir un peu d'influence sur les choses. J'aimerais aller dans les pays en guerre et dirent "arrêtez, ça sert à rien de vous entre-tuer, de toute manière on va tous mourir si on se bouge
pas le ***" sans me faire exploser par une bombe (ce qui soi dit en passant polluerait encore plus la planète).
Malheureusement, j'ai bien peur que mes idées ne changent rien. Je vois déjà les infos "une jeune française de 20ans seulement emprisonnée pour appel à la violence et à la révolte populaire"
parce qu'après tout, le "devoir de réserve", c'est pour tout le monde au final non? Oups, excusez-moi, je m'écarte du sujet. Défault générationnel.
Revenons à nos moutons, tant qu'ils sont encore vivants, et essayons malgré tout de changer les choses avec le peu de moyens dont nous disposons. C'est-à-dire internet. Pour protester
désespérement contre le réchauffement climatique et tout et tout parce qu'après tout, au moins, même si on meurt, on ne pourra pas dire qu'on a pas essayé.

P.S.: c'est mal écrit, l'esthétique est nul et c'est probablement même pas drôle mais comme je m'attaque à un sujet très important et que en plus, je suis TRES jeune, vous me pardonnerez,
n'est-ce pas ?



Anne 03/12/2009 21:46



Je précise aussi d'emblée que je n'ai pas vu ces 2 films... J'ai préféré aller voir le documentaire de Wiseman...

Même si le sujet n'est pas très représenté dans le cinéma, et encore on n'a bien (l'horrible) into the wild pour dénoncer le système capitalisme,
on n'a (l'horrible) home pour dénoncer ce que l'homme fait de la planète, etc., ils sont quand même rabattus tous les jours dans tous les
médias.
Franchement t'appelles ca des films engagés? Excuse moi mais aujourd'hui si y a bien 2 opinions répendues c'est bien les deux qu'ils ont choisies: le capitalisme c'est pas bien et l'homme est un
connard qui pollue la planète... Je ne vois pas bien où ces opinions gênent les spectateurs.(Et c'est pas non plus sur la forme qu'on va trouver quelque chose d'engager de ce côté là ca ne risque
rien...). Qu'est ce qu'ils disent de nouveau? OK Moore nous montre une pauvre famille en pleurs qui s'est bien fait baisée, mais moi au contraire je trouve ca très limite. Moore s'appuie toujours
sur la pitié des spectateurs pour faire passer son message. C'est peut être encore plus horrible et malsain. En plus, à ce que j'ai compris on pose Obama en sauveur, on montre quelques prêtres
pour attendrir la petite famille américaine...

J'avoue que je n'ai jamais pu voir un Moore sans être consternée, je n'y arrive pas. Je le trouve trop caricatural, moralisateur,...  Et pour Hulot, c'est la même chose. Bon ok je ne suis
pas écolo (cyborg tu m'excuseras) mais franchement ca sert à quoi de faire un film qui nous montre comment l'homme a bien bousillé la planète maintenantt qu'on est tous au courant? Aucune
réponse, aucune solution. Je ne vois encore pas où c'est révolutionnaire ou même comme tu dis engagé de nous montrer quelque chose que tout le monde a conscience aujourd'hui.

Là où je ne suis pas d'accord non plus c'est sur le coté esthétique. Je ne sais pas mais moi que j'aille voir des documentaires ou des fictions je veux voir de belles séquences, des beaux
mouvements de caméras, etc.
Wiseman d'ailleurs montre bien qu'on peut faire des magnifiques documentaires et pas chiants du tout et sans nous faire la leçon en prime.


Et si j'osais - et j'ose - je dirais que leurs films sont les deux seuls vraiment indispensables de l'année... pas simplement parce qu'à part Gran Torino et Looking for Eric, peu de films
m'ont emballé, mais vraiment parce que rien, au fond, n'a autant d'importance que ce sur quoi ils mettent le doigt.
Tu n'aurais pas du oser... Bon ok je n'ai pas vu les 2 films mais bon quand même je doute fortement, qu'il dépasse la qualité de Ce Cher Mois
d'Aout ou d'United Red Army... Je ne pense pas que le cinéma doit nous présenter une critique  politique de la société ou nous peindre
un tableau explicite du monde, les médias sont là pour ca. Le cinéma c'est un art. C'est comme la musique. Est ce que tu mettrais un album à la tête de ton CDB complètement pourri d'un point de
vue technique, absence de rythme, d'harmonie, mais qui a un texte qui dénonce le capitalisme?

Arf, je crois que je fais partie des pauvres personnes que tu critiques qui ne comprennent absolument pas où Hulot ou Moore sont salutaires.






lou 03/12/2009 21:27


 
Monsieur Jean-Pierre,
êtes-vous sûr que ce genre d'aticle améliore votre blogrank ? relisez votre méthode !

Il y a quelque chose de curieusement juste, pour moi, ici et là, mais quoi au juste ?

Autrement, GT, on voit que tu connais bien les profs ! total soutien, sans alluvions (oui, j'ai écrit alluvions).
 


Christophe 03/12/2009 13:44


A propos de zombies


G.T. 03/12/2009 12:04


JP : C'est noté, j'irai avec mon thermos...

CHRISTOPHE : C'est vrai qu'il est pas mal du tout, District 9... et Johnny Cash, c'est bien, oui^^

Dr. F : Si tu crois que je ne te vois pas essayer de relancer un fight avec des histoires d'ados et de vampires :-)



cyborg 07 03/12/2009 12:01


Savoir, c'est choisir en toute liberté.
Un max de bobos, d'irresponsables et de lèches bottes (croisement entre le lecteur du monde, celui de Gala et celui de Ouest-France) déclarent souvent faire un geste pour sauver la planète ! Et le
geste le plus cité, c'est de couper l'eau pour se brosser les dents. Super...
Je n'ai pas vu "Sydrome...", mais la possibilité qu'à moyen terme le règne animal (nous, pour faire court) subisse les conséquences de l'ultralibéralisme forcené en disparaissant du globe est une
hypothèse à ne pas prendre à la rigolade. Des millions de gens meurent aujourd'hui, pour qu'on est un distributeur d'argent en bas de la rue, les éco-voitures polluent de par leur existence, l'air
est saturé en co2, l'effet de serre, les OGM qui contaminent les autres cultures, la production naturelle d'oxygène (forêts) est rassée pour faire des jolies maisons bouygues, l'appauvrissement du
sol (notre survie dépend uniquement de 10 centimètres d'épaisseur de terre; l'humus)...etc.
Et les Peoples au micro parlent de stopper l'eau quand ils se brossent les dents. Le truc sympa, comme pour aider un pote et se faire bien voir; ils rendent service, quoi. Un geste pour la planète.
Misère ! Pourtant ils savent. Pourtant ils ont choisi.
Même si Hulot vient de la maison TF1, qu'il était lui même le gars qui stoppe l'eau avant de prendre son 4x4, son changement d'attitude est à féliciter. Le journal le Monde et ses lecteurs
préféreront toujours critiquer ce genre de film et stopper l'eau du brossage de dents plutôt que d'arrêter de conduire, d'arrêter d'avoir en permanence 10 écrans chez eux, un portail qui s'ouvre
tout seul, des dizaines d'appareils en veille, du suremballage et plus d'espace pour vivre qu'ils n'ont besoin...
Ces documentaires parlent de nous, et c'est gènant.
Bon OK, j'arrête de blablater. Sinon, même quand tu fais simple parce que t'as pas le temps, je trouve que tu arrives toujours à l'essentiel.

PS : les millions de blogueurs que nous sommes participent à multiplier la production énergétique des data-centers et du nucléaire. Dilemme... Kill Facebook ! Pourtant j'avais dit que j'arrêtais...


dr frankNfurter 03/12/2009 10:55


Le film de l'année c'est Twilight 2, bande de ringards!


Ska 03/12/2009 10:28


Oui, Vincere, c'est vraiment très bien...
Dans un genre très différent, Bienvenue à Zombieland aussi... :-)


Christophe 03/12/2009 09:07


Perso, j'm'en fous, je crois qu'on est foutus alors je grille mes dernières cartouches dans la boulimie de produits culturels.

Comme District 9, le meilleur film de l'année 2009. 

J'écoute aussi Johnny Cash. C'est bien Johnny Cash. Non



J-P. 03/12/2009 01:21


@ G.T. : oui, "The Limits Of Control" m'a beaucoup déçu... par rapport notamment à la bande annonce très prometteuse que j'avais vue quelques jours auparavant. La citation de Rimbaud en exergue et
la magnifique photographie de Christopher Boyle (on lui devait déjà celle de "In The Mood For Love") ne suffisent pas à faire du film une oeuvre poétique ! C'est au contraire un pur exercice de
style très abstrait qui finit par tourner à vide... (1h 56' quand même !) Et puis Jarmush a fait tellement mieux avec "Strangers Than Paradise / Dead Man / Ghost Dog" dans la même veine... Si tu
vas le voir, fais comme le personnage principal : bois deux expresso bien serrés avant pour rester éveillé :)


G.T. 03/12/2009 00:23


THOM : En effet... je me souviens de la presse totalement dithyrambique sur Bowling for Columbine, et, alors que Moore a toujours
la même démarche, le même style, elle lui a de plus en plus tapé dessus... elle attend quoi, que Moore "expérimente de nouvelles formes", qu'il se mette à faire des documentaires sobres
et contemplatifs sur la pêche aux moules à l'Ile de Ré ?

ARBOBO : Oui, c'est tellement plus facile, aussi, dans notre époque cynique, de taper sur des mecs
qui défendent de grands idéaux... de les trouver "naïfs", "simplistes", etc...
Ca peut parfois vraiment être le cas, comme certains chanteurs variét démagos qui nous disent, l'air inspiré "la guerre, c'est pas bien"... Mais Moore et Hulot ne sont pas des types qui vont
se draper derrière tel message pour vendre leur soupe, ce sont des types - qu'on les aime ou pas, qu'on trouve leurs films bons ou non - vraiment engagés, qui font passer le message avant
le reste,e t qui ont une vraie sincérité dans la démarche, une réelle envie de faire bouger les choses. Certes, Moore est assez cabotin, il aime aussi se mettre en scène (quoiqu'il n'apparaît
pas tant que ça, dans Capitalism : A Love Story... il n'est pas sur les 3/4 des images)... et alors ? Tant mieux, justement, si grâce à cela, il a pu faire preuve de tant de volontarisme,
d'audace, de provocation, et distraire le public tout en le mettant face à des questions essentielles...

JC : Ah merde, il est pas bon, le Jarmusch ? Et moi qui l'attendait comme le messie... en tout cas, j'irai sans faute
voir Vincere, qui a l'air remarquable...   


J-P. 02/12/2009 22:42


Convaincu : j'irai voir le Michael MOORE, encore à l'affiche près de chez moi. Jusqu'à présent j'hésitais et lui avais préféré "Vincere" dimanche dernier (encore un excellent film de Marco
Bellocchio) et le dernier Jarmush aujourd'hui (mauvaise pioche celui-ci... d'un ennui abyssal) "Ne jamais bouder sa capacité d'indignation", bien résumé !


arbobo 02/12/2009 22:31


de toute façon oublions les critiques contre moore, vu qu'il s'attaque comme hulot à des problèmes majeurs.

"tirer sur le messager" c'est classique, il suffit d'insister sur la crédibilité douteuse du messager pour s'épargner de se prononcer sur le fond,
donc la question du style est secondaire, oui,
du moment que les enjeux sont soulevés

étrange similarité souterraine entre ton billet et celui de thom, en effet


Thom 02/12/2009 20:13


De toute façon il ne faut pas se leurrer : Moore est victime de son succès, lécher, lâcher, lyncher, la règle est connue, souvent exploitéé par des crétins, mais se vérifiant parfois. Il y a dix
ans tout le monde trouvait Moore génial, ou du moins ceux qui avaient des réserves sur son tyle étaient clairement moins nombreux. Quand Moore faisait "Canadian Bacon" , "The Big One", "Bowling for
Columbine"... il était encensé par les mêmes qui lui tapent dessus depuis "Sicko". La palme d'or et le succès public sont passés par là, ce à quoi il faut ajouter qu'une partie de l'intelligentsia
n'a jamais digéré que Tarantino file la palme d'or à un film comme "Fahreneit" et s'est mise à systématiquement l'allumer par la suite. Or Moore fait du Moore ; contrairement à Hulot, qui s'est
clairement radicalisé avec son "Syndrome" (mais a été lui aussi une icône), Moore n'a pas changé son style d'un iota, alors pourquoi ce qui était le top du cool il y a dix ans serait aujourd'hui de
la râclure démago ? Moi, je n'ai jamais été très fan de Moore, mais ça me fait quand même doucement rigoler...


G.T. 02/12/2009 19:48


SKA : D'une certaine manière, c'est un peu pareil pour moi... car moi aussi, ça me met face à mes propres contradictions. Je suis
loin d'être un fana de Michael Moore (même si l'article pourrait faire penser le contraire), pendant Capitalism.. il y a plusieurs moments où je me disais "ça, c'est trop gros", ou "un peu
simpliste" ou "un peu naïf", il va dans la surenchère là où il aurait fallu être plus fin... mais je me sentais aussi un peu con d'avoir ces quelques réserves, alors que je n'étais qu'un
spectateur assis bien peinard dans une salle, face à un type qui se démène vraiment pour une très bonne cause, et qui met le doigt sur quelques injustices assez monstrueuses,
dont on entend pas souvent parler pour certaines...
Avoir ces réserves sur ce film, c'est un peu comme si, face à un type vraiment généreux, plein d'empathie et de compassion, toujours prêt à aider les autres, à leur consacrer son temps, mais
qui pouvait être parfois un peu soulant et manquer de finesse, je me mettais à bloquer uniquement sur les aspects négatifs de sa personnalité, alors que ce ne sont que de petits défauts pour
d'immenses qualités, trop rares chez les autres.
Oui, Moore et Hulot sont parfois un peu maladroits (même s'ils peuvent être extrêmement pertinents), mais, franchement, à moins d'être idéologiquement opposés à eux, d'être un cynique absolu
qui voit le monde comme une jungle où seuls les plus forts doivent survivre et s'éclater et tant pis pour les autres, les maladresses et raccourcis n'ont vraiment pas grande importance
face à ce qui se dit dans ces films et à l'engagement de leurs auteurs...

Quant au raccourci sur les profs... j'admets, c'est un peu caricatural, mais bon, faut pas se leurrer non plus, ce n'est pas tout le monde qui va voir des documentaires (d'ailleurs, dans ma
ville où il n'y a que 3 cinémas, on n'en voit vraiment pas beaucoup passer), et ça m'étonnerait que celui, hier soir, sur Arte, sur le capitalisme dans les pays de l'Est ait rameuté les foules
et touché un public varié... de toute façon, les films de Moore et Hulot ne sont pas vraiment des documentaires, plutôt des "films engagés"... ce qu'ils peuvent perdre en "rigueur" (enfin, surtout
le film de Moore), ils le gagnent en force de frappe et en accessibilité.

ARBOBO : Le pire c'est que c'est vrai...


arbobo 02/12/2009 19:38


joke ^^


arbobo 02/12/2009 19:38


mouais, honnètement le style de cette critique n'est pas très fouillé :-/


Ska 02/12/2009 18:29


Hmmm... Quelque part tu as raison... Mais je n'ai pas vu ces deux films, je le précise d'emblée.
Mieux vaut cela que rien du tout sans doute (idem pour le fameux docu sur la 2e guerre mondiale, Apocalypse, passé récemment et dont je n'ai vu que des extraits - que j'ai trouvé assez consternants
dans leur traitement, dans leur manière de sonoriser, recadrer des images d'archives pour leur faire dire d'autres choses... il y a eu un débat très intéressant là-dessus, dans Télérama
notamment).
Mais les raccourcis sont parfois dangereux aussi. Et fais gaffe aussi à tes amalgames à toi (les profs, arte, tu vois ce que je veux dire...). Je sais que tu as écrit l'article rapidement mais
quand même...
Parce qu'un truc comme Apocalypse, s'il est défendu aujourd'hui même par des profs justement, traduit aussi le renoncement de certains à montrer des oeuvres pour le coup essentielles
cinématographiquement (Nuit et brouillard, Shoah, par exemple). Si Shoah est difficile à montrer, j'en conviens, ce n'est pas le cas du film de Resnais, court, éminemment lisible...
Il y a des tas de documentaires qui sont intéressants par leur sujet, pas par leur traitement. J'y suis quotidiennement confronté dans mon travail. A-t-on, ceci dit, envie d'être devant la télé ou
devant du cinéma ? C'est aussi la question qui se pose. Un film peut-être didactique sans être truqueur comme peuvent l'être ceux de Moore (car ce qui agace beaucoup c'est Moore lui-même qui se met
toujours en scène en parangon de vertu et qui use parfois de raccourcis très hasardeux). Ainsi, le bon sujet ne fait pas forcément le bon film (je sais que ce n'est pas ce que tu as dit).
Maintenant, je suis sûr que j'apprendrai des choses en voyant ces deux films-là et il y a très certainement un mépris implicite qui s'exprime dans certaines critiques qui leur ont été adressés. Du
coup, je comprends très bien ta réaction et suis assez partagé car elle me met moi-même (qui écrit beaucoup sur le cinéma avec tout plein de théories sur la mise en scène, etc) face à mes propres a
priori et face à mes contradictions...