Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Recherche

Playlist 2017

Classements d'albums

 
2015  2014   
2013  2012 • 2011 
2010 • 2009 • 2008 
2007 • 2006 • 2005 
2004 • 2003 • 2002 
 
23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 16:28
Suite à la discussion sous le précédent article, j'ai eu envie de détailler un peu ce que "coûte" la culture pour le consommateur. Car dans les nombreux débats sur le téléchargement qui ont lieu dans les médias, on a systématiquement des artistes et producteurs qui viennent nous expliquer que d'enregistrer, produire, créer une oeuvre a un coût... personne ne le nie, mais il faut aussi voir ce que coûte la culture pour ceux à qui elle s'adresse. Et se poser la question de l'investissement que demande la culture pour les particuliers.

Prenons comme modèle un individu plutôt jeune, d'une vingtaine d'années, qui, avec émerveillement, entre de plein pied dans le "monde merveilleux de la culture"... il est le "consommateur de culture" tel que le souhaitent les majors, producteurs, artistes : il ne copie rien, mais paie pour chaque oeuvre ou spectacle. Et regardons maintenant ce que lui coûte, en une année, tous ces produits culturels...

Les séries sont devenues incontournables, leur considérable hausse de qualité en font des "références culturelles" indispensables. Cependant, s'il est possible d'en voir un certain nombre sur les chaînes traditionnelles, plusieurs des meilleures séries (The Wire, Mad Men et bien d'autres) ne sont pas diffusées en France, ou seulement sur le cable... et notre jeune "cobaye" (appelons-le Miroslav, en hommage à l'autre) n'a pas les moyens de se payer Canal + ni les chaînes cablées. Il lui faut minimum la dernière saison de sa série favorite, les deux dernières de 2 autres séries non diffusées sur les chaînes hertziennes, et une autre qu'il tient à voir en V.O. Et puisqu'il est jeune, il a du retard à rattraper parmi certaines "anciennes" très grandes séries, des références obligées telles Les Sopranos, Twin Peaks, Oz, Six Feet Under, The Shield etc... il est économe et mesuré, ne va pas se payer des intégrales à plus de 200 euros, mais une ou deux saisons d'une ou deux anciennes séries trouvées en promo ou d'occasion... mettons 2*20 euros. 

Ce qui nous donne donc... 4 nouveautés à 40 euros, deux anciennes saisons à 20 euros, soit 220 euros dans l'année dépensés en série. Le minimum pour un amateur du genre qui refuse de télécharger, copier, et qui n'a pas Canal + ou le cable.

Cinéma

Miroslav est cinéphile, mais économe. Il ne va pas voir plus d'une dizaine de films dans le mois comme devrait le faire un vrai cinéphile, mais se contente de 2 seulement, en passant beaucoup de temps à décortiquer les critiques, pour ne voir que ce qui lui semble être vraiment les films à ne surtout pas louper. A 8 euros la place (ça peut être plus ou moins selon les salles, c'est souvent plus...), ça lui fait 2*8*12 = 182 euros dans l'année.

Mais il ne peut se contenter des dernières sorties, il lui faut voir les grands classiques du cinéma. Il en découvre certains à la télé, et achète quelques DVD... mettons 3-4 de nouveautés dans l'année, et 7-8, plus anciens, qu'il achète d'occasion. Disons 3 nouveautés à 20 euros, et 7 films plus anciens à 10 euros. Ce qui nous fait : 60+70 = 130 euros dans l'année. 

Musique

Avec un prénom pareil, Miroslav ne peut être que mélomane. Mais, je le répète, il est économe. Il ne va pas acheter les 50-60 nouveautés qui l'intéressent (fourchette très basse, il y a plus d'une centaine de disques par an qui m'intéressent) ni une cinquantaine de grands classiques du rock, jazz, hip-hop folk, blues et... classique, pour construire sa discothèque. Non, il se contentera du minimum : 2 nouveautés par mois, et 2 albums plus ancien, achetés d'occase. Ce qui nous donne 2*12*20 euros =  480 euros en nouveautés, et 2*12*10 euros = 240 euros en disques des décennies précédentes. Ce qui nous fait tout de même 720 euros en albums, alors que 2 nouveautés et 2 classiques par mois, c'est vraiment peu pour un passionné de musique. Mais disons que le reste, Miroslav se contente de l'écouter en empruntant des disques à sa médiathèque ou sur les sites de streaming légal.

On m'objectera qu'en téléchargement légal les nouveautés sont à 10 euros... mais ce système ne convient pas aux vrais mélomanes, qui préfèreront avoir l'album original plutôt que de bêtes fichiers dématérialisés pour les disques qu'ils aiment. Et, surtout, le téléchargement légal est intéressant pour les auditeurs occasionnels de musique, ceux qui privilégient les chansons aux albums... parce que 10 chansons qu'on a aimé dans le mois, ça ne fait que 10 euros en téléchargement légal pour avoir vos chansons favorites. Mais 10 albums, ça fait tout de même 100 euros... et juste pour des mp3...

Ensuite, mettons que Miroslav aille à seulement 4 concerts dans l'année, à 40 euros la place (ça peut être moins... mais aussi beaucoup plus cher), ce qui lui fait donc 160 euros de plus. Soit 720+160= 880 euros rien qu'en budget musique, sans, pourtant, en avoir une consommation boulimique. 

Jeux vidéo

Le jeu vidéo est-il de la "culture" ? Grande question, mais puisqu'on en parle souvent comme du "produit culturel le plus vendu"... et Miroslav est encore jeune, il a baigné dans cette "culture du jeu vidéo"... pour autant, ce n'est pas un obsédé du genre, il se contente dans l'année de 2 nouveautés (à 60 euros le jeu...) et 2 jeux plus ancien d'occasion, à 10 euros. Ce qui nous donne 2*60 + 2*10 = 140 euros. Un plus grand fan de jeu vidéo pourrait se payer une dizaine de nouveautés dans l'année, ce qui lui ferait : 10*12*60 = 720 euros. Exactement la même somme que pour les albums... que les majors arrêtent d'accuser le téléchargement illégal de musique, on vient de trouver où est passé le budget album de la jeunesse pendant la décennie précédente...

Livres

Dix nouveautés par an, c'est vraiment pas beaucoup pour un amateur de littérature. Mais voilà, Miroslav est non seulement économe, mais aussi patient, il pense trouver dans un an ou deux un certain nombre des dernières sorties à la bibliothèque. Il a un peu honte, il sait bien que d'emprunter à la bibliothèque plutôt que d'acheter, ça ne rapporte rien aux auteurs... mais voilà, Miroslav est brave, mais aussi un peu con : il voit sans cesse à la télé de riches chanteurs pleurnicher parce qu'on télécharge leurs albums et qu'on "tue" ainsi la musique, et ne voit jamais tous ces pauvres auteurs qui ne gagnent pas leur vie en publiant des bouquins. Alors il a l'impression qu'il faut mieux acheter de la musique que des bouquins.
Dix nouveautés par an, donc, à 20 euros, plus 4-5 livres de poche à 7 euros... ce qui nous fait en budget littérature : 10*20 + 4*7 = 228 euros.

A cela, il faudrait ajouter le théâtre, les expos, les musées... mais Miroslav est jeune, c'est moins "sa" culture que le reste.

On a donc en résumé :

220 euros en séries
182 euros en cinéma
130 euros en DVD
720 euros en albums
160 euros en concert
140 euros en jeux vidéo
228 euros en livres
    
Au total : 1780 euros par an en "produits" et spectacles culturels. Soit plus qu'un mois de salaire pour une grande partie du peuple. Et si l'on prenait le cas d'un type plus "assoiffé" de culture, qui irait chaque mois voir 5 films, un concert, qui achète 8 albums, 3 livres, 2 DVD plus une saison de série...  ça lui coûterait dans l'année 4560 euros. Soit plus de 4 mois de SMIC (net). Impossible d'être prof, étudiant, smicard, et dans le même temps boulimique de culture.   

Alors rappelons aux majors et producteurs que le peuple n'a pas la culture comme seul frais... puisqu'on est dans les chiffres, restons-y... par mois, il faut compter un loyer à 500 euros, une facture d'électricité à, mettons, 30 euros, encore 30 euros de connection internet, et encore 30 euros de forfaits téléphoniques, 120 euros de nourriture (pour un type vraiment économe, qui ne dépenserait pas plus de 4 euros par jours en bouffe... alors que 4 euros, c'est actuellement le prix d'un sandwich), l'essence, les assurances, vêtements, la mutuelle, activités sportives... sans parler de ceux qui ont des enfants avec tout ce qu'ils coûtent en frais, soins, les économies pour leurs études... 

On me dira que l'on peut se contenter, dans l'année, de 2-3 albums, de voir 3-4 films au cinéma, un concert, de ne pas acheter de séries mais regarder uniquement celles qui passent à la télé, et de 2-3 bouquins. Certes. On peut aussi ne jamais aller au cinéma, ne pas écouter de musique à part les conneries qui passent à la radio, et ne pas lire de livres. Mais dans ce cas, faudrait arrêter de valoriser la culture, de nous faire croire qu'elle est essentielle, importante, qu'elle nous relie et nous nourrit. En allant voir 2 films par an, en lisant 2 bouquins, en écoutant 4 albums, vous ne pourrez en aucun cas vous prévaloir d'une certaine culture dans ces domaines.    
1780 euros par an en "culture" pour un type plutôt mesuré, économe, qui a choisit de ne rien copier ou télécharger, ça reste une grosse somme. Pour de nombreux foyers, il y aurait de quoi se dire "cette année, soit on part en vacances, soit on se cultive, c'est soit l'un soit l'autre, on n'a pas les moyens de faire les deux..."    

S'il fallait payer pour chaque "oeuvre" que l'on découvre, la culture serait un produit de luxe réservé aux riches. Un signe de distinction, pour une petite élite ayant la possibilité de s'offrir les "produits culturels" qu'elle souhaite, ne laissant aux plus pauvres que la possibilité de s'abrutir devant les conneries qui passent en radio ou à la télé. Fort heureusement, des gens qui n'ont pas de gros moyens ont pu s'approprier une partie de cette culture, qui est après tout aussi la leur... grâce aux bibliothèques, médiathèques, à la copie qui a permis à tant de jeunes, depuis l'arrivée de la K7, à se constituer une bonne discothèque et une bonne culture musicale sans se ruiner, et depuis quelques années grâce au téléchargement illégal. Les majors, artistes, producteurs peuvent gesticuler, pleurnicher, menacer tant qu'ils veulent, ils n'y pourront rien, les gens qui n'ont pas de gros moyens trouveront toujours de quoi copier et se démerder pour avoir accès à bon nombre d'oeuvres sans payer ou trop dépenser. 

La culture doit être accessible au plus grand nombre, c'est un idéal républicain... mais même si vous pouvez commander en ligne, de n'importe quel endroit de France, à 50 euros une saison de série en DVD, 60 euros une place de concert, 25 euros un livre... rares sont ceux qui peuvent se permettre de se payer suffisamment de "produits" et spectacles culturels pour se constituer une bonne culture dans ces domaines. Il n'y a  donc que deux possibilités : soit on augmente suffisamment les salaires, le niveau de vie du peuple, pour que 2000 euros par an ne représente vraiment pas une somme importante... soit on comprend et tolère que ceux qui n'ont pas de grands moyens puissent copier, télécharger un certain nombre d'oeuvres. Et puisque la première possibilité n'est pas près d'arriver... 

A lire chez Arbobo : Pourquoi l'industrie musicale est en crise  

Partager cet article

Repost 0

commentaires

julie 24/02/2010 22:43



oui c'est vrai que ça arrive. Enfin je compare pas la qualité des mp3 illégaux et légaux. Et ça peu être extrèmement pratique dans le cas où le cd est introuvable en légal! téléchargement
inexistant ou cd non réédité.



Thom 24/02/2010 22:38


Gratuits, certes mais c'est ceux-là que je pense être de moins bonne qualité.
Alors là, détrompe-toi chère Julie ! Sans entrer dans de longues explications qui seraient rébarbatives, il arrive très souvent de tomber sur des "leaks" d'albums dont la qualité d'encodage (donc
de son) est supérieure à ce qu'on va trouver en achetant le Mp3 sur le site de la Fnac. C'est une des nombreuses absurdités du système actuel...


julie 24/02/2010 22:25



Aussi, je crois que le téléchargement illégal concernant la musique est pratiqué par une minorité en france. Réfléchissons, qui télécharge? Les jeunes evidement. Les même qui écoutent les radios
de hits, passant donc des musiques qui se vendent déjà trés bien! Et puis c'est rare que ceux-là téléchargent des albums entiers! Cela dit ça ne veut pas dire que ce sont les seuls à télécharger,
il ya aussi les autres, les grands consommateurs de musique, toujours à la recherche de nouveautés, mais bon je ne sais pas si ça concerne beaucoup de monde...



julie 24/02/2010 22:17



C'est un peu paradoxal quand même...!! D'un côté refuser le téléchargement payant pour cause de "fichier mp3" et de l'autre télécharger illégalement, ce sont toujours des fichiers mp3! Gratuits,
certes mais c'est ceux-là que je pense être de moins bonne qualité. Mais c'est vrai que quitte à acheter autant avoir le vrai CD.
D'un autre côté télécharger illegalement est avantageux pour ceux qui découvrent une tonne d'artistes tous les mois. On ne peut pas se payer autant de cds chaque mois! Du coup on peu toujours se
rabattre sur les sites d'écoute en streaming tel que deezer (même s'il n'ont pas tout) ou avec myspace.



G.T. 24/02/2010 01:17


JULIE : Si tu veux dire qu'ils ne vont pas télécharger des mp3 "payants", je suis en partie d'accord, la plupart des fanas de
musique préfèrent toujours avoir l'album, le vrai, plutôt que des fichiers dématérialisés de moins bonne qualité en général... Mais les mp3 gratuits, en général illégaux, sont une aubaine pour les
passionnés de musique, un moyen de découvrir facilement et sans se ruiner des tas d'albums... après, on peut toujours acheter les albums qui nous plaisent vraiment...


julie 23/02/2010 22:41


je suis d'accord avec ce que tu dis. Mais il ne faut pas oublier une chose, ceux qui aiment avoir les cds ne vont pas télécharger puisque ce sont des mp3 en qualité parfois douteuse. Il
nous reste encore une solution, acheter les cds à l'étranger, ya qu'en france qu'un cd vaut entre 15 et 20 euros!


G.T. 30/01/2010 11:55



ARBOBO : Je suis justement en train de lire ce pavé de Lahire qu'est la Culture des
Individus... et, en effet, CHRISTOPHE y trouverait des éléments de réponse à ses questions, quelles que soient leurs
couleurs...

LOU : C'est drôle, c'est fin, et c'est méchant... tout ce que j'aime :-)



lou 29/01/2010 21:10



 
Pourquoi l'industrie musicale est en crise ?
Parce que les artisses et leurs intermittents permanents de la lumière et du son passent leur temps au Zénith, bénévolement, pour Haïti, pour France 2, pour les opérateurs de SMS,
bé-né-vo-le-ment, mo-bi-li-sez-vous !

http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafI5HD.html

Il y avait même Obispo.
 



yosemite. 27/01/2010 11:50


Christophe:
je suis bien d'accord avec toi sur la diversité des consommateurs !
d'ailleurs, c'est bien pour ça que c'est la perception et la réception des "cultures" qui m'intéresse plus que la façon dont on se les procure ou les budgets qu'on peut investir.
à la baygon vert, je dirais, "bonne question"
à la baygon bleue, je dirais "bonne question"

(on ne va pas non plus aller lire des enquêtes, m'enfin!)


Christophe 27/01/2010 11:42


Z'avez vu comment je fais du teasing pour valoriser l'expertise de mon poteau ?  

Si c'est pas du service marketing ça...

 


arbobo 27/01/2010 11:36


la version fine, pour la question verte, étant "la culture des individus", de Bernard Lahire, un pavé qui analyse et théorise à partir de plus de 110 entretiens individuemls très fouillés
(plusieurs heures)


arbobo 27/01/2010 11:35


question verte : facile, y'en a plein,
le plus simple étant l'enquête décennale sur "les pratiques culturelles des Français", dirigées par olivier donnat (synthèses dispo sur le site du ministère de la culture
http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/cetudes-09-5-pcf.pdf

question bleue : facile aussi, et au même endroit on trouve une enquête dont j'ai extrait et commenté certaines données, là :
http://www.arbobo.fr/pourquoi-lindustrie-musicale-est-en-crise/


Christophe 27/01/2010 10:54


Introduction (des doutes méthodologiques)

Sérieux, votre JC là, il est peut-être différent :
JC n'écoute pas d'albums : il regarde M6.
Il télécharge des DivX
Il ne lit pas de livres ni de journaux. 

Postulat de réinterrogation (n'y aurait-il pas des profils très différents de comportement face à l'acquisition des marchandises culturelles ? Hm
?)
Maintenant, encore plus sérieux :
Typologiser façon storytelling (1 seul bonhomme censé incarner une moyenne générale) est une erreur d'analyse économique.
Pour typologiser, il est nécessaire d'ajouter un chouia de complexité en créant 3-4 profils pour couvrir le véritable spectre des comportements économiques des français par rapport à la
société.

1° Les non consommateurs de marchandises culturelles
Ainsi vous aurez ce méga groupe de gens qui n'achètent JAMAIS de disques ou de films, parce que la télé et la radio leur fournit tout ce qu'ils veulent (peuvent ?). Rangez-y des classes populaires
comme des vieux par exemple.
Éventuellement, intégrez à ce groupe une option : les cadeaux : aux enfants, pour Noël, etc., où ils consomment du coffret de tête de gondole ou le dernier Goncourt ou la Terre vue du ciel.

2° Les gros consommateurs de marchandises culturelles

À l'autre bout, les masses consommatrices en volume, des gosses aux bourgeois en passant par les mélomanes, cinéphiles, bibliophiles etc. Que cette masse se procure légalement ou non les
marchandises support de la culture, toute la différence se fera là : entre 100%, 50% ou 20%, cela fait une part d'évasion de revenus potentielle, si jamais ces personnes gardent le même volume
absolu (le nombre d'euros) dépensés.
mais là, il y aura sûrement trois groupes :
- ceux qui dépensent autant d'argent mais consomment plus parce qu'ils téléchargent
- ceux qui dépensent moins d'argent parce qu"'ils téléchargent mais consomment autant (ou plus)
- ceux qui ne téléchargent pas ou peu.

 3° Entre les deux, les grandes masses consommatrices ?

Il s'agit de ceux qui consomment par-ci par là un CD, un DVD, un livre, une place de cinoche.
Il y a des familles qui ne peuvent acheter trop parce que ça coûte cher (une sortie cinoche avec 2 gamins, les places + le McDo, je crois que vous voyez ce que je veux dire).
Il y a des célibataires, des anciens parents désormais seuls mais qui ne consomment pas trop pour eux mais gardent pour leurs petits enfants, etc.
Pour eux, la part du téléchargement ne change pas grand chose : gardent-ils le même niveau d'achat de marchandises culturelles ? il me semble que oui au vu des gens de ces catégories que je connais, mais à nouveau, c'est à la marge (un comportement d'achat avec + ou - 30% et c'est tout un secteur qui
en pâtit).

Hypothèses en demande d'éclaircissements (ou comment refiler la patate chaude aux spécialistes après un cadrage sociologique très mauvais puisqu'il n'a pas servi à opposer les gens entre
eux et notamment dominants contre dominés, une honte)

Je dis il me semble, mais c'est juste une perception. la question que je me pose, donc :

A(question verte)-
Pour ces grands types de consommations de marchandises culturelles (portant les "contenus", les œuvres), des enquêtes existent-elles ? 

B (question bleue)-
La consommation de marchandises culturelles de type "contenants" (lecteu!rs mp3, consoles...) compense-t-elle une moindre consommation de "contenus (livres, disques...) dans les budgets des ménages
?


(et tous ceux qui chantonneront "C'est une question bleeeeuuue, adossée à la colline, on y vient à pied... etc." auront gagné un produit culturel gratuit par cette rengaine téléchargée par
simple évocation) 


lyle 27/01/2010 09:37


Au moment où les ventes de CDs on commencé à baisser, JC n'était même pas au courant qu'on pouvait télécharger, d'ailleurs il n'avait pas forcément déjà internet. Par contre les DVDs on envahit les
rayons... C'est sûr que maintenant il n'achète plus rien du tout !


pyrox 27/01/2010 09:31


comme dirait Philippe Lucas :" je ne lis pas, les livres c'est chiant" (a peu près véridique)


yosemite. 27/01/2010 09:19


Lyle : JC ne télécharge pas de CD pour acheter des DVD car son beauf lui a montré qu'on peut aussi télécharger des films.
JC a tout simplement arrêté d'acheter  des supports physiques pour la musique et les fims : 3 cd par an (pas 1 par mois, c'est déjà beaucoup, 1 par mois, ça ferait 12 disques dans l'année) et
autant de DVD. Et comme il n'a jamais acheté de livre...


G.T. 27/01/2010 09:15


YOSEMITE : c'est vrai aussi, de ce point de vue...

THIERRY, LYLE, et PYROX : J'écoute de la musique... dès le réveil, en bossant, en mangeant, en prenant ma douche, en traînant sur
le net, en lisant, en... bref, j'en écoute tout le temps^^


pyrox 27/01/2010 08:57


moi depuis que je travaille, c'est la lecture qui est passé plus ou moins à la trappe... j'ai plein de livres en cours, dont certains qui demandent pas mal de concentration, et donc que lire le
soir n'est pas possible. Alors apres, quand je tombe sur un poche d'un auteur ou d'un héros que je suis (Connolly, Cussler), je le lis assez vite, mais comme je ne lis pas dans les transports,
c'est assez réduit.

Par contre, le temps ne manque pas pour la musique : j'en écoute en travaillant, en me douchant, en regardant du sport, etc...
Ce qui manque, c'est plus le temps pour aller fouiller dans les bacs, trouver le bidule du vieux groupe qu'on cherche... Par exemple, j'ai fait 4 magasins (Fnuck, OCD, Gibert et Virgin) avant de
trouver le dernier live de Clapton... et apres ces 4 magasins, j'ai toujours pas trouvé un live d'Aerosmith qui a à peine 10 ans. D'où il est vrai la solution du streaming, qui économise du temps
de recherche mais peine mon âme de collectionneur.

Et pis quand on travaille, la série c'est pas pratique : envie de se taper toute une saison dans la nuit, quitte à être décalquer le lendemain matin... Et j'y repensais hier : un des trucs qui
poussent surement à télécharger plutot qu'a regarder à la TV, c'est la langue : le choix de la VF sur les chaînes françaises est assez insupportable (et on peut pas tjs switcher).


lyle 27/01/2010 08:04



J'avais compris G.T, je blaguais...

En effet, la forte baisse de la place des CDs (et leur quasi-disparition des têtes de gondoles) dans les supermarchés au profit des DVDs, des jeux vidéos et même des livres a fait du mal aux
majors, les ventes de leurs plus gros vendeurs ayant chuté. On peut cependant se demander si c'est vraiment parce que Jean-Claude télécharge ou s'il s'est juste rendu-compte qu'il n'écoutait
jamais son CD mensuel acheté chez Carouf et donc qu'il fallait mieux acheter un DVD qu'il regarderait au mieux 2 fois ou un jeu vidéo pour occupper les enfants...

Pour le temps, il n'y en définitivement pas assez, surtout quand comme moi, on a horreur d'écouter de la musique dans les transports et qu'on ne peut pas le faire au boulot. Donc pas de télé et
quasi-jamais de DVD, pour avoir ma dose de 3/4 heures par jour, 10/12 le mercredi, samedi, dimanche (quand il n'y a pas des repas de famille...)



Thierry 27/01/2010 06:32


Oh oh .... j'ai 12 minutes de retard aujourd'hui.
Lecture. Voilà ! C'est parti ^^


Thierry 27/01/2010 01:28


Et bien, Yosémite, voici le schéma d'une journée-type de travail (du mardi au samedi, donc - il y a quelques variantes le week-end ou pendant les repos)

Musique de 6 h 20 à 8 h.
Je dépose Camille & Coralie chez la nourrice. Je prends le bus + le métro (avec sa belle musique de ... métro et un peu de lecture).
Je suis à nouveau entouré de musique de 8 h 50 à 18 h (avec parfois une petite pause entre les midis).
Re-métro + re-bus.
Musique de 18 h 45 à 19 h 30.
Séries TV / films de 19 h 31 (faut arriver jusqu'au lecteur DVD ou de clé USB) à 22 h 30 en moyenne.

Puis à nouveau de la musique jusque 1 h 30.
Bref, ça fait de bonnes journées. Fort heureusement, je n'ai pas besoin de beaucoup de dodo ...

Bonne nuit !


yosemite. 27/01/2010 01:16


"Pour un type "normal" qui achète un ou deux albums par an, 20 euros le disque, c'est pas si cher..."

si !
et c'est là que la chute de l'économie du disque est la plus lourde.
JeanClaude Dus (appelons-le Jean-Claude) trouve que c'est cher la tête de gondole de chez Carrouf que l'artiste il était chez Drucker et que c'est sa chanson qu'on entend 6 fois par demi-journée
sur NRJ, et qu'en plus il était en intervidouille sur RTL avec Nagui !
Justement, JeanClaude trouve que c'est cher parce qu'on lui dit bien d'acheter un écran de 120 000 cm, une WII pour son poids, des DS pour tenir les enfants tranquilles etc. (je ne refais pas le
détail), sans parler d'une baguette de pain à 0,75€ soit 5frcs (le prix d'une flûte avant)
Et donc mon bon JC, il n'achète plus de disque de... Patrick Bruel, Céline Dion et Consorts dans son hyper parce que c'est hypercher et que son beauf lui a montré (et puis ils l'ont dit sur TF1
pendant plein d'émissions) qu'on peut les télécharger avec une mule...
Et c'est bizarre, ces artistes sont dans des maisons de disques assez énormes pour être appelées majors qui passent des Millions d'Euro en pub télé (et autres investissements, je passe le détail
des putes de luxe si chères à nos lecteurs), millions jamais rentabilisés à cause de la mule justement...

"et du coup, je vois pas pourquoi je me fais chier." se dit JC

Ce n'est pas NOUS qui sommes touchés par ces prix rebutants pour un CD (6 mois après sa sortie le Third de Portishead était dans une OpéMid), nous qui collectionnons, cherchons,
dénichons (je n'ai pas dit cherchons des ni... si ?), commandons, téléchargeons, recevons et écoutons finalement des CD d'artistes qui ne sont (à quelques exceptions près) pas les"Priorités" des
maisons de disques...

C'est pour ça que le CD disparaît des grandes surfaces (sauf la Chnac - et encore -  qui est devenue une grande surface (Télé, Informatique, Photo, un peu de disques, un peu de livres)), elles
qui avaient accaparé le marché et fait fermer les boutiques spécialisées...

Ce qui est intéressant, ce n'est pas le budget que nous passons les uns et les autres dans la culture (à chacun ses moyens pour payer moins cher, voire ne plus payer ce dont il a "envie" et
assouvir nos désirs et nos soifs), ce qui me pose question (et j'en suis le premier concerné), c'est quel est le temps que nous y accordons (surtout pour les gens dont ce n'est pas le métier: la
différence est flagrante entre Thierry qui bosse dans le milieu et Xavier dont je connais quelques pratiques culturelles et qui n'est pas "du milieu" !) : avoir le temps d'écouter des albums plus
de deux fois, de lire des livres, regarder des séries télé, des fois aller au boulot (quand ce n'est pas lié), emmener les enfants (il y en a qui en ont !) à l'école et rendre visite à la
belle-famille, et même des fois lire des blogs avec des comms super longs !

Et enfin dormir, un peu, vers 1h00 du mat'...

Quelle est donc notre consommation des produits de consommation que nous accumulons ?


G.T. 26/01/2010 23:40


LYLE : C'était juste pour l'exemple et le "rapport de force"... j'aurais pu aussi dire : 1 artiste qui vend 20 millions d'albums
contre 20 qui en vendent un million... ou un qui en vend 200 000 contre 20 qui en vendent 10 000... etc... mais bien sûr que ce n'est pas un chiffre qui reflète la situation actuelle...

CHRISTOPHE : Ce n'est pas ça qui m'empêchera d'être tout de même d'accord avec ce que tu as dit :-) 


Christophe 26/01/2010 23:25


"CHRISTOPHE : Entièrement d'accord avec
toi... et puisque SKA est aussi d'accord, on est tous d'accord, non ? :-) "

Euh... mais... je... Euh non en fait, c'est le contraire que je voulais dire et je suis contre vous !

C'est scandaleux !

...

...


 


lyle 26/01/2010 23:10


20 groupes qui vendent 100 000 albums...
En quelle année vis-tu G.T ?


Pour parler des chiffres donnés par Mmarsup venant de Numerama, on peut se demander comment il faut les lire. Est-ce une moyenne ? Pour tous les disques ? Uniquement pour ceux qui ne perdent pas
d'argent ? Car selon eux, pour 100 000 disques vendus, le label récupère 869 000 € pour une marge de 148 000€. Or tous les disques vendus à 100 000 exemplaires ne font pas des bénéfices... Et sur
les coûts d'un disque il faudrait parfois aussi compter les sommes d'argent investis et perdus par les disques précédents de l'artiste...


G.T. 26/01/2010 22:37


MMARSUPILAMI : L'adami, c'est l'organisme qui s'occupe des droits des interprètes...

THIERRY : Trouver toujours les meilleurs occases, les prix les plus bas, les promos, je connais aussi... j'ai de toute
façon toujours dû fonctionner comme ça (contrairement à Miroslav^^) 

CHRISTOPHE : Entièrement d'accord avec toi... et puisque SKA est aussi d'accord, on est tous d'accord, non ? :-) 

GUIC : Le fait est qu'il n'y a pas de contradiction là dedans. Réclamer une baisse des prix, va dans le sens même de la
collectionnite.

Et c'est bien là un des "coeurs" du problème... qui participe de ce rejet des majors (en-dehors de leurs productions souvent lamentables) par bon nombre de passionnés de musique. Pour un
type "normal" qui achète un ou deux albums par an, 20 euros le disque, c'est pas si cher... mais pour les passionnés qui en achètent 2,3, 5 ou 10 par mois, c'est bien trop cher.
Certes, on se débrouille souvent pour avoir de bonnes occases, mais ça demande du temps, et on ne trouve pas toujours... Tout le marché de la musique est principalement orienté vers
l'auditeur lambda, plutôt moutonnier, qui achète ce qu'on lui dit d'acheter, pas les passionnés... puisque mettre le paquet sur la promo d'un artiste pour qu'il vende 2 millions d'albums, c'est
plus rentable que 20 groupes qui en vendent 100 000 auprès de mélomanes plus dispersés dans leurs choix...


Mmarsupilami 26/01/2010 21:26


Merci, Arbobo,
C'est ce que j'imaginais aussi...
C'est quoi l'Adami (un organisme français, j'imagine)?


arbobo 26/01/2010 20:46


les compositeurs se partagent aussi les 7% en question, mmarsu.
ces 7% sont assez stables,

en revanche pour le % des interprètes, c'est la part la plus fluctuante et la plus dépendante du rapport de force artiste/maison de disque.

ça va du simple au double.
et l'adami a listé tout ce que les contrats permettent de défalquer.
en gros les artistes touchent guère plus de la moitié de ce qui apparaît sur le diagramme.


Mmarsupilami 26/01/2010 20:25


Lyle, tu as raison, c'est une pure question de langage. C'est pour cela que j'ai avancé la définition à contrario : coût du support = tout ce qui n'est pas coût culturel. Il faut rappeler qu'avec
l'intégration verticale des majors, ces 80 à 90 % tombent entièrement dans leur escarcelle (y compris la distribution).

Je viens de trouver une source sur le coût du CD (peu sûre mais significative => si le Syndicat National de l'Edition Phonographique dit que 19 % reviennent à l'auteur, on peut
imaginer que c'est moins)  : NumeramaElle confirme que les
coûts "non culturels" sont considérables et retournent effectivement aux majors.

La répartition du prix d'un CD n'est pas une science exacte. Elle dépend de tous les contrats négociés entre les différentes parties. L'exemple suivant
prend en compte un CD acheté d'une valeur de 20€ avec des chiffres approchant au
mieux la réalité du secteur. Enlevons la TVA (19,6% en France, soit 3,28 €), il nous
reste 16,72€ à partager entre les différents acteurs de la chaîne.
Le prix d’un CD sur ce système pourrait donc être évalué comme ceci :



source : Snep
7% (1,17€) pour les paroliers. C’est peu, mais une fois la chanson écrite, que
dire...19% (3,18 €) pour l’interprète sur les 16,08 € du départ. Ce pourcentage qui
peut paraître faible est très controversé. Sur certains artistes, on serait plus proche de 10% (moitié moins !)... Tout cela dépend de la "valeur" de l’artiste, de son poids dans la balance lors
des négociations : connu/inconnu, grosse promotion/petite promotion, etc.22% (3,68€) pour la distribution. Toujours aussi gourmande, cette portion n’est pas des plus réduites. La grande distribution reste fidèle à elle-même, y compris sur les
CD...52% (8,69€) pour les maisons de disques, ça peut faire froid dans le dos, mais
détaillons plutôt ces 52% ! 
Autre source pour un MP3 et de nouveau, hors Etat, toute la structure de coût se retrouve en dehors du coût culturel (source dont je ne connais guère la validité - si vous en avez d'autres) :
Génération Nouvelle Technologie
Sur un titre téléchargé et acheté à 0,99 euro sur Internet, voici comment sont répartis les bénéfices.
- 61 centimes vont à la maison de disque, communément appellée Major.
- 19 centimes vont à l'Etat avec la TV
- 7 centimes vont à la Sacem
- 6 centimes pour le site de téléchargement
- 1 centime pour la communication de la transaction ( ' )
- 1 centime pour la licence technique de gestion
- 1 centime pour la banque ( les frais bancaires de transaction sécurisée )Sortons la calculette : total 96 centimes. Il reste donc à l'artiste 3
centimes d'euro. 
 
En gris, les citations des sites.


arbobo 26/01/2010 19:36


mais comme d'aucuns le rappellent, dans un CD ce n'est pas le truc en plastique rond avec un trou au milieu qui est cher :-)

(ah merde, c'est le cd, suis-je bête)
ce qui coûte c'est la promo et la distribution.

c'est justement parce qu'il y a quantité de coûts annexes que les 15-20% que devraient toucher les artistes sur le prix de vente d'un cd, descendent effectivement plus souvent autour de 10.
Le disquaire, lui, a une marge assez maigre.
Mais ces coûts annexes sont sensiblement les mêmes pour du numérique.
Et les coûts de stockage du numérique sont assez proches (voire supérieurs, à ma grande surprise) au coût de fabrication de la galette.


lyle 26/01/2010 19:17


Ce n'est en effet ni la musique ni le support qui sont chers, mais tout ce qu'il y a autour : promotion, distribution et point de vente. Il est d'ailleurs scandaleux de voir des labels proposer en
ligne les disques au même prix que dans le commerce...

Il y a une dizaine d'année, de nombreux albums, pas forcément d'artistes ultra-connus mais sur des gros labels avaient un seuil de rentabilité autour de 150 000 / 200 000 exemplaires tant les coûts
de sortie d'un album peuvent être relativement importants...


dr frankNfurter 26/01/2010 18:21


ce n'est pas la musique qui est chère, c'est son support
A relativiser tout de même, les coûts de fabrication du CD sont moindre que le vinyle justement. Alors certes, on a argumenté le prix élevé du CD dans les 80's du fait qu'il fallait bien
amortir les investissements... en 2010, c'est quelque peu caduc
Cela dit, on le voit bien avec les indés (enfin quelques indés), la partie promo fanfreluche and co étant réduite, le prix d'une nouveauté peut quelque fois tourner autour des 12-15 euros... mais
ce n'est pas une majorité.


Mmarsupilami 26/01/2010 18:02



A Guic' the old.

Je crois qu'il y a effectivement une incompréhension.

Qu'ai-je voulu souligner dans un raccourci dont je concède qu'il portait à confusion. J'ai voulu dire -probablement très et trop lapidairement- qu'il y a une contradiction à privilégier la forme
qui parait la plus marchande et matérielle de la diffusion musicale (le CD), alors que, en même temps, on regrette que la culture ne soit pas accessible. Il y avait certes également une moquerie
sur l'aspect très matérialiste de la démarche. Pas pour rien que j'avais mis un petit diable! Mais je n'aurais jamais utilisé" l'expression "vanité bourgeoise", d'autant plus que je suis resté
moi aussi fort attaché à mes... CDs. 

Rétroactivement, je vois également pourquoi je n'ai pas compris ta réponse sur les 5 % du support. Pour moi, hors taxes, la valeur matérielle du CD (le support par opposition au contenu culturel)
représente au moins 80 % du prix (outre la matière, il faut compter la fabrication, la production, la diffusion, la distribution, la promo, le capital, le personnel, etc), voire 90 % si on y
inclut la production "artistique". Je crois que c'est communément reconnu : pour les artistes qui ne sont pas des superstars du show-bizz, la part du prix de vente d'un CD est de l'ordre d'un
très très grand maximum de 10 % (5 % serait plus exact?). D'où, malgré tout, cet intense paradoxe : on regrette que la musique soit chère alors que ce n'est pas la musique qui est chère, c'est
son support!

Tant que j'ai le temps, je poursuis. On peut et doit objecter : avec les MP3, est-ce que le rapport est plus avantageux pour l'artiste? Non malheureusement! Pas besoin d'expliquer dans le cas du
téléchargement illégal (quoique on peut acheter après avoir écouté, quoique des groupes se financent sur leurs tournées, etc). Non, aussi, car les major labels, malgré leurs grands cris, ont très
bien organisé l'affaire. Quand nous payons 99 cents pour un morceau, il parait que trois à cinq cents reviennent à l'artiste (chiffres à vérifier). Aaaaargggghhh : c'est pas mieux que pour le
CD! 

Ce qui me fait ajouter -maintenant que j'ai un peu plus de temps!- qu'on a raté le grand virage et le vrai défi de la dématérialisation. Les MP3, c'était l'occasion où jamais de rendre la musique
plus accessible en réduisant l'intermédiaire entre le "vrai mélomane" et l'artiste ou son label indépendant. C'était une double occasion : réduire le coût final, tout en rétribuant mieux plus
d'artistes. C'était une porte ouverte à des solutions "alternatives". Mais, comme me le disait récemment GT dans une réponse à un commentaire dans son sujet sur les circuits alternatifs : "ce
sujet n'a pas intéressé, il n'y a pas eu beaucoup de réponses" (je cite de mémoire car je ne retrouve pas cet appel).

Je redoute que ce soit trop tard, mais il faut continuer à acheter le plus possible en direct. Sinon : nous n'aurons que cette alternative entre téléchargement illégal et morceaux à 99 cents avec
5 cents pour l'artiste ou le CD qui ne rapporte guère plus à l'artiste.

Enfin, terminons avec clin d'oeil que tu réciproqueras, je l'espère. Tout de même, ta dernière phrase est un chef d'oeuvre. Ce que j'écris est incompréhensible. Mais tu y réponds pour me dire que
je suis un imbécile. Et, donc, je ne peux plus contester ta réponse parce que, de toute façon, ce n'était qu'un réponse à quelque chose qui était incompréhensible. Ca donne un peu le tournis,
non?
C'est un match de catch????
C'est vrai que je reconnais que ma formulation initiale était catchy!
C'est donc ma faute...
 

Je crois que les chiffres que je cite sont plus ou moins exacts (structure de coût d'un CD et d'un MP 3), mais si quelqu'un a des sources différentes et/ou fiables, ça m'intéresse. 

 



Guic' the old 26/01/2010 16:09


Bon. Reprenons. Tu as dit:

Comment peut-on effectivement faire une démonstration sur la non-accessibilité de la culture et revendiquer des prix moins élevés, tout en transformant en fétiche la propriété physique des
disques et de la belle "étagère à disques" à montrer à ses petits camarades?

Le fait est qu'il n'y a pas de contradiction là dedans. Réclamer une baisse des prix, va dans le sens même de la collectionnite.
Concernant la non-accessibilité, là, c'est une autre paire de manches. Le mp3 permet de dégotter des trucs qu'on aurait pas forcément sous la main facilement (raretés, vieilleries...). Mais l'un
n'empèche pas l'autre, c'est pourquoi il n'y a pas d'incohérence à " faire une démonstration sur la non-accessibilité de la culture et revendiquer des prix moins élevés, tout en transformant en
fétiche la propriété physique des disques". Mon évocation des "5%", justement, va dans ce sens: quitte à faire baisser le prix des disques, il y a assez de marges à faire baisser avant de
s'attaquer au prix du support itself (ah, oui, support itself ça veut dire CD + livret + boite, bref, tout ce dont on se fait plus ou moins arnaquer en téléchargeant légalement (même prix pour des
choses en moins = combien de disques ai-je acheté 7€ au lieu de les télécharger légalement pour 10?)) pour ne pas considérer le sacrifice du CD comme la mesure idéale pour baisser le prix de la
musique.

ni plus ni moins.

Maintenant, celà ne m'étonnerai pas que tu me répondes que j'ai répondu à côté, encore une fois, pour la simple raison qu'il est dur de te contredire: on sait même pas ce que tu cherches,
effectivement, à dire.


Mmarsupilami 26/01/2010 15:55


Nguic the Old 
Explique-moi donc en quoi je me suis 'auto-piégé' et en quoi je suis 'pris en défaut'.
C'est quoi ce que tu appelles le "support itself" et pourquoi le fait qu'il représente 5 % du prix constitue-t-il une objection à ce que j'ai dit?

 


Ska 26/01/2010 11:19


:-)


Christophe 26/01/2010 11:09


Ah parce que le cinéma ce n'est pas gratuit ? Première nouvelle !


Ska 26/01/2010 10:22


Entièrement d'accord avec tes précisions, Christophe. :-)
Sur Sfar, ce qui m'a saoulé, c'est surtout d'où venait cette citation, phrase qu'il a effectivement prononcée (et qui est maladroite, c'est vrai) : à savoir un collectif qui, lui, prone le cinéma
tout-gratuit, un truc complètement en dehors des réalités d'un secteur professionnel déjà très fragilisé et qui ne me paraît vraiment pas - tant esthétiquement que commercialement - convaincant...


Christophe 26/01/2010 10:09


Ska s'énerve à juste titre mais il profite de moments pas les plus opportuns. Je m'esplique :

D'accord, le mythe de la gratuité (ou son apologie plus ou moins déguisée) mène les créateurs (qui ne vivent pas de mécénat
mais du commerce de leurs charmes) à de moindre revenus.
Et là, les plus gros perdent gros mais gardent encore gros, les moyens deviennent subitement petits, les petits tirent la langue, etc.

Pour autant, la notion de commerce de la culture pose problème : quand Sfar déclare que la culture est une marchandise, je crie NON ! (débat ici)
oui, la culture se diffuse via sa marchandisation, mais elle n'est pas une marchandise. Je ne joue pas sur les mots : une marchandise est un paquet assez défini aux contours qu'on va trimballer
d'un endroit à un autre et qu'on va vendre ou échanger. La culture, c'est l'usage des produits et des idées, son agencement dans nos savoirs et nos références. Que des chansons ou des œuvres
littéraires constituent la culture est un fait qui constitue nos sociétés depuis toujours. maintenant, que des disques ou des livres en soient le support, et que ce soient eux qui en soient
l'unique support, c'est quelque chose de très récent.
À la fin du Moyen Age, le livre est devenu un objet de la culture, mais avant qu'il le devienne, il existait une culture littéraire, parlée ou écrite différemment.

Cette boucle un peu longue pour en arriver là : d'accord Ska, cette gratuité du pillage par téléchargement (que je pratique allègrement, tu le sais, même si j'achète aussi beaucoup) n'est qu'une
mise en risque de nombreux producteurs et créateurs de culture, mais n'est nullement un danger pour la culture.

Un modèle économique s'écroule.

Des tas de créateurs et une grande diversité foisonnante en prennent un coup, et on va peut-être assister à un rétrécissement de la diversité créative (peut-être, moi je crois qu'on va seulement
perdre des quantités de références mais pas la richesse et la diversité). certes. Chômage, moins d'artistes rémunérés, etc. D'accord, c'est con. Vive Johnny à Bervy, bye bye Black Heart Procession
dans les petites caves d'Europe. 

Mais non, la culture n'est pas morte. Elle va juste rapporter moins d'argent à ses créateurs et producteurs, et les gros se gaveront encore, et les petits
trinqueront. OK pour dire ça.

Mais jamais, jamais la culture ne sera une marchandise.

C'est une illusion. 

(bon, je ne suis pas vénère, j'm'esplique ^^) 


Guic' the old 26/01/2010 09:38


Mmarsu: Ben crache ce que tu penses alors, parce que pour l'instant j'ai surtout l'imprssion d'avoir affaire à un mec pris en défaut, refusant de l'admettre, et faisant croire d'avoir un atout dans
sa manche.


Monzoeil 26/01/2010 08:16


la culture coute cher ? Ben avec quoi crois-tu qu'ils se paient putes de luxe, villas avec piscines privées, private jets et cie ?
Culturer plus pour gagner plus !


Thierry 25/01/2010 23:58


Tout comme Sunalee, mon "rapport au produit culturel" est légèrement biaisé.
Travaillant en effet pour un réseau de bibliothèques, j'ai en effet accès, tous les ans, à plus de 1000 nouveaux disques (dans tous les domaines), des centaines de DVD et des milliers de
bouquins.
Je ne profite bien entendu pas de l'intégralité de ces documments ^^ mais j'ai de quoi y piocher tous les jours !

De par ce travail et écoeuré du prix de la culture pour un citoyen moyen (qui doit faire des choix autrement plus importants au quotidien que l'achat ou non du dernier album à la mode), je suis
resté près de 6 ans sans acheter le moindre CD. J'ai par contre toujours acheté régulièrement des DVD depuis la fin des années 1990s, jamais au prix fort (pas folle la guêpe).

Les bouquins, je les emprunte.

Le cinéma, j'ai eu une carte illimitée pendant près de 4 ans et je me suis goinfré mais, depuis mon éloignement géographique du centre-ville il y a 3 ans, je n'ai quasiment plus jamais mis les
pieds dans une salle obscure.

Le théâtre : uniquement quand je gagne des entrées grâce à des concours.

Les expos : pas mon truc.

Les concerts : 4 ou 5 par an dans de petites salles (jamais plus de 20 euros par personne, donc).

Pour en revenir à la musique, depuis que j'utilise Rapidbidule, Mégamachin, Médiatruc & co, et bien, je me suis mis à racheter ... en masse. Mais jamais au prix fort non plus (pas fou le
matou).
Depuis 1990, malgré mes 6 ans d'abstinence, j'ai acheté (en original) plus de 3500 K7 (aujourd'hui toutes bazardées), CD et DVD musicaux.

J'achète désormais lors des braderies (jamais à plus de 3 euros le CD), des soldes classiques ou "événementielles" (jamais à plus de 5 euros) et sur des sites marchands tels qu'Amazon ou
Priceminister (jamais à plus de 10 euros, frais de port compris, sauf occasionnellement quelques coffrets).

Touchant un peu à tout et n'écoutant pas que de la nouveauté, il n'est pas rare que sur une période de soldes, j'achète plus de 100 CD (la plupart découverts grâce au téléchargement). Pour janvier
2010, j'en suis à une petite soixantaine.

Les DVD : je passe par les braderies, Cdiscount, Amazon, les promos FNAC (5 pour 30 euros ou 10 pour 50 euros, ...). 

Je ne tiens pas de compte précis, mais je pense que mon budget "culture" doit facilement approcher les 2000 euros par an, soit une véritable folie quand on a une famille ...

Et tout ça, c'est sans compter les différents supports vierges que j'achète en sus (clés USB, CD-R, DVD-R, disques durs externes [oui, j'en ai plusieurs presque pleins à craquer ...], ...) car, de
manière ridicule et obsessionnelle, j'accumule, et stocke encore et encore !

Qui a dit que le téléchargement tuait l'industrie ?

Dans mon cas, et dans le cas de bien d'autres personnes, il permet une alternative : celle de ne pas se faire couillonner par les critiques et de pouvoir patienter jusqu'à ce que le produit
culturel présente un prix "abordable" en rapport à cette envie de posséder.


Mmarsupilami 25/01/2010 23:29


C'est pas Chinois, pourtant.
Décompose les 95 % restants et tu sauras pourquoi je ne me suis pas autopiégé!!!

 


Guic' the old 25/01/2010 23:11


(En fait c'était tellement pas innoncent commme commentaire que tu t'es auto-piégé, c'était ça la feinte?)

(Ca t'apprendra a comparer la vanité bourgeoise qu'on a à contempler nos discothèques à une vulgaire collection d'images panini) 


Guic' the old 25/01/2010 23:10


Comment peut-on effectivement faire une démonstration sur la non-accessibilité de la culture et revendiquer
des prix moins élevés, tout en transformant en fétiche la propriété physique des disques et de la belle "étagère à disques" à montrer à ses petits camarades?

Ben ça, en fait, c'est simple: le support itself représente quoi... 5% du prix final du disque dans le commerce?
Y a aucune incohérence là. Si le disque est moins cher, justement ça va dans le sens de ce que dit G.T. sur le gout de l'objet...
 


Mmarsupilami 25/01/2010 22:35


Mon commentaire sur les disques physiques n'était, bien entendu, pas innocent...

Comment peut-on effectivement faire une démonstration sur la non-accessibilité de la culture et revendiquer des prix moins élevés, tout en transformant en fétiche la propriété physique des disques
et de la belle "étagère à disques" à montrer à ses petits camarades?




Thom 25/01/2010 22:33


Buffy te dit merci :-)


G.T. 25/01/2010 20:28


THOM : Entièrement d'accord... mais c'est vrai que ça peut prêter à confusion de la manière dont je l'ai exprimé, alors que
loin de moi l'idée de considérer que les séries modernes (enfin, certaines) ne valent pas d'autres grandes oeuvres...  


Thom 25/01/2010 20:20


(------> ce n'est pas vraiment du post-modernisme que de considérer qu'une série aussi profonde, documentée et exigeante que The Wire est de la culture)

(cela dit en passant ^^)


G.T. 25/01/2010 20:08


SUNALEE : Oui, et il ne faut donc pas oublier que si les médiathèques ont eu un moment "ce succès", c'est en partie parce que
beaucoup de gens y trouvaient un moyen de copier...

SKA : Comme THOM, je n'ai pas attendu le net pour trouver la
culture est trop chère... le net permet juste de l'exprimer publiquement.

En aucun cas je ne vante ici un idéal de gratuité, je dis juste que puisque la culture coûte chère, il faut un seuil de tolérance, il faut aussi que ceux qui ont de faibles moyens puissent y avoir
accès, et que la copie, le téléchargement, sont des pratiques inévitables quand tu trimes pour un salaire de misère, et que tu ne veux pas être "exclu" de la culture... ça ne veut
pas dire que les plus pauvres ne doivent rien payer, mais juste qu'il faut comprendre qu'ils ne peuvent pas "tout" payer, nuance...

Je ne pense pas que la question soit celle du "je veux tout, tout de suite", mais plutôt de "l'accélération" culturelle... je m'explique... avant, être cultivé, c'était essentiellement connaître
des "grands classiques"... avec une élite qui connaissait aussi l'avant-guarde... et, à côté, on avait tendance à considérer que tout ce qui était films et musiques populaires,
best-sellers, ce n'était que du divertissement, pas de l'art. Maintenant - et là, je reviens sur ce que disait Christian à raison - on est plus dans un certain éclectisme, le
post-modernisme fait qu'on a tendance à considérer que 'tout" est culture, une série télé comme la grande littérature, une comédie sympathique comme un film d'auteur pointu, du rock
comme de la musique contemporaine "savante"... donc ce pseudo "je veux tout, tout de suite", ce n'est pas qu'un caprice d'enfants gâtés, mais une réponse à un monde où tout va très vite, où l'on
est submergé de productions culturelles en tous genres, et où l'on peut très vite être largué dans un domaine si l'on n'a pas une grande "consommation" de culture... Il ne s'agit pas pour autant
d'être un boulimique comme Thom ou moi, mais un type qui ne découvrirait que 2 albums par mois, un ancien, et un récent, s'il pouvait être "à la page" dans les années 60, il sera tout de même
un peu largué actuellement...  

je vous laisse, je dois aller à mon concert à 20 euros... 

Bourgeois ! :-) Un concert à 20 euros, monsieur Ska se refuse rien... si je veux écouter de la musique live, tout ce que je peux faire avec mes moyens, c'est gratter ma vieille
guitare^^ ('tain, j'ai même pas de quoi changer mes cordes...) (ok, j'exagère un peu, mais quand même...)