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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 20:29

 La dernière fois que j’ai écrit un billet pour critiquer l’article d’un blogueur, je me suis pris une volée de bois vert… ce qui est somme toute compréhensible, j’y étais allé un peu fort. Pas de ça ici, il s’agit juste d’apporter une précision, de réagir sur une petite chose qui m’a fait bondir, sans aucune volonté de nuire. Il n’y aurait d’ailleurs pas lieu, le site Chroniques électroniques est un excellent site, indispensable pour tout amateur de musiques électro, les articles sont bien écrits et intéressants, les albums encensés par les auteurs du site sont de qualité (même si je suis loin d’être toujours d’accord avec eux). Bref, aucune raison de leur chercher querelle.

La petite phrase qui m’a fait bondir se trouve dans un article sur l’album de VNDL :    « Je dois avouer que j'étais plus que sceptique sur le potentiel de VNDL. Je n'ai certes pas l'oreille absolue et je m'efforce chaque jour un peu plus d'accepter (à défaut de respecter) le goût des autres. »

Si un passionné de musique, qui a manifestement une bonne culture musicale et des goûts exigeants, se trompe sur ce qu’est l’oreille absolue, c’est donc qu’il doit y avoir beaucoup de gens pour lesquels cette notion n’est pas claire. L’occasion d’écrire un article pour l’expliquer.

Contrairement à ce que peut laisser penser la phrase citée, posséder « l’oreille absolue » ne vous donne pas plus de légitimité ou de pertinence pour juger de la qualité d’une musique ou du potentiel d’un musicien. L’oreille absolue ne préserve pas du mauvais goût. Vous pouvez avoir l’oreille absolue et aimer les pires tubes variétoche, et ne pas l’avoir mais vous délecter des quatuors de Schubert ou des œuvres expérimentales les plus pointues.

L’oreille absolue, au fond, ce n’est que de la technique. Sans rapport avec l’esthétique. Qu’est-ce que l’oreille absolue ? La capacité d’associer leurs noms aux notes que vous entendez, sans s'aider d'une note de référence. Si je joue un fa, vous entendez précisément qu’il s’agit de la note fa. Quelle importance pour un auditeur ? Aucune. J’exagère un peu, mais c’est d’une utilité très limitée. Transposé au cinéma, c'est un peu comme si vous connaissiez le nom de chacun des acteurs d’un film, ou que vous puissiez identifier le type de caméra utilisé pour chaque plan. Mais ce n’est pas ça qui rendra votre avis plus pertinent que d’autres sur le film que vous venez de voir.

L’oreille absolue est surtout utile pour les musiciens (car il ne s’agit pas seulement de repérer le nom des notes, mais aussi de mieux identifier l’harmonie des accords via les notes qui les composent). Mais le plus important pour un musicien, c’est déjà d’avoir l’oreille relative. C’est-à-dire de repérer non pas les notes par leur nom, mais par l’intervalle utilisé (vous n’entendez pas qu’il s’agit d’un sol et d’un si, mais vous savez qu’il y a là une tierce majeure). Et encore, nombre de musiciens dans les musiques populaires modernes n’ont quasiment aucune notion de solfège ou de théorie, ce qui ne les empêche pas de composer et jouer de la bonne musique…

Bach, Mozart, Beethoven et Chopin avaient certes l'oreille absolue... mais paraît que Mariah Carey et Malmsteen l'ont aussi. Comme quoi, elle n'est pas gage de qualité.

Il en va de même pour l’oreille que pour la théorie harmonique, le plus important, ce n’est pas le nom des notes, ce sont les intervalles. Savoir que tel accord est un accord de sol majeur, et telle note un ré, ce n’est pas ça qui nous dit quoi que ce soit d’intéressant sur le fonctionnement de l’harmonie d’une musique. Ce qui compte (pour un musicien, surtout), est de savoir que cet accord, par rapport à l’accord fondamental, est un accord du IV° ou V° degré, par exemple, et que le ré est la quinte de cet accord. Un morceau peut se transposer dans toutes les tonalités, vous le reconnaitrez toujours et n’aurez pas l’impression qu’il s’agit d’un autre morceau (à moins de l’écouter transposé immédiatement après l’original), tant que l’on respecte les mêmes rapports entre les accords, les mêmes intervalles. Il n’y a que ceux qui ont l’oreille absolue qui entendront que l’on n’est plus dans la tonalité d’origine. Je suis rentré dans des questions un peu techniques… pour simplifier, prenons un exemple d’actualité, le foot. Si vous voulez comprendre le déroulement d’un match de foot, l’essentiel n’est pas de savoir que le prénom du n°8 est Michael, mais de savoir quelle est sa place dans l’équipe, quel est son rôle sur le terrain.

Posséder l’oreille absolue, c’est en quelque sorte avoir un diapason, ou un accordeur dans le cerveau. Ce qui vous permet d’identifier une note avec justesse, mais en aucun cas d’avoir un avis plus juste que d’autres sur les qualités de telle ou telle musique.

En savoir plus sur l’oreille absolue : Wikipedia (l’article est assez complet)

Pour en savoir plus sur la théorie de la musique, cf. Gammes et tonalités 

 

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Published by G.T. - dans Divers
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commentaires

diane cairn 30/07/2012 15:23


non non bien compris, on parle entre gens civilisés aussi, et finalement ton interrogation sur la normalisation de l'oreille au système occidental rejoint mon questionnement sur le formatage. Mon
souci c'est que j'ai tenté pas mal de fois de jouer avec un musicien classique en impro ou sur d'autre mode/accordage et là c'était le néant total, pas de créativité et impossible pour eux
d'improviser ça m'a semblé étrange sur le moment bon on était encore aodlescents à ce moment là et je dois dire que j'ai remisé ma guitare il y a longtemps. je sais bien qu'on peut reprogrammer
les accordages, les pionniersdans le genres c'est par exemple http://en.wikipedia.org/wiki/Geinoh_Yamashirogumi enfin c'est clair le sujet est vaste je retourne écouter mon eletronica-yodel coréen

Nicolas_TB 29/07/2012 00:41


Lien d'une discussion sur un forum où ça parlait de ça :


http://www.audiokeys.net/forum/showthread.php/27395-Oreille-Absolue

Nicolas_TB 28/07/2012 20:45


L'oreille absolue, j'aurai aimé l'avoir, j'ai plutôt une oreille relative, mais le top c'est unr oreille interne, tu lis une partition et tu arrives à entendre la mélodie, l'harmonie, dans ta
tête sans chanter. Bon je simplifie.


Sur un blog de musique j'avais déjà réagi à cette histoire d'oreille absolue faudra que je recherche ce que j'avais dis. Mais je me demandais une chose :


Est-ce que l'oreille absolue n'est pas aussi culturel? Je m'explique.


Un bébé, peut exécuter avec sa bouche tous les sons qu'il veut. Cependant pour apprendre à parler, son palais va se former d'une certaine manière et de ce fait il va perdre des possibilités de
sons. Je me demandais si avec l'oreille ce n'est pas la même chose ? Une oreille habituée à entendre que de la musique occidentale sera peut être plus à même de réagir, reconnaître les notes de
cette musique qu'une oreille orientale ?


Le changement de diapason entre la musique Baroque et contemporaine, avec système tempérée ou non a peut être aussi fait évoluer l'oreille absolue ? Et l'oreille absolue de Bach n'est peut être
pas la même que celle de Boulez ?


Je vais essayer de retrouver plus précisément ce que je disais sur l'oreille absolue.


ensuite pour la musique occidentale une musique de fénéant je ne crois pas. Si on reste dans la musique classique encore moins. Chaque musique à son système, S'il y a bien des musiques "fermées"
ce sont bien les musiques "folkloriques", avec souvent des gammes précises, des rythmes codifiés. Ce qui ne veut pas dire qu'elles sont plus ou moins bonnes que la musique occidentale. Mais la
musique occidentale à petit à petit intégrée des musiques "exotiques", au début du 20ème l'exotisme c'était l'Espagne, Milhaud a puissé dans la musique latine, Messiaen la musique indienne etc...
Et inversement les musiques du monde se sont occidentalisées aussi parfois. Chaque système évolue et on ne peut pas reprocher à Mozart d'écrire selon certaines règles parce que c'étaient ces
règles là qu'il devait suivre à l'époque. Puis non les instruments actuels ne sont pas forcément fait pour le tempérament. Tu peux accorder un piano autrement qu'avec le système tempéré. Avec
certains (déjà cités, violon, trombone etc) on peut jouer avec les 8ème, 10ème, 16ème de ton et autres - voir Ligeti-, on peut adapter d'autres instruments, et enfin avec la synthèse on peut tout
faire. Sur informatique, dans les logiciels de composition tu peux aussi choisir d'accorder ton instrument virtuel selon une gamme ancienne. Tout est possible, vive l'exploration!! ;)


Bon c'est une discussion assez vaste et c'est difficile d'en parler en commentaire comme ça, il ya toujours le risque d'être mal compris aussi.


Enfin vive la musique ;)

Zelig 27/06/2012 14:28



Zelig 27/06/2012 14:26



Zelig 27/06/2012 10:14



G.T. 26/06/2012 17:55


DIANE C : J'en ai effectivement parlé dans "Esthétique et ressenti", mais - comme le dit VINCENT - ça
nécessiterait d'être creusé plus en profondeur avec un article vraiment sur le sujet, qu'on ne peut pas évacuer en quelques lignes... 


 


JX75 : Bien vu^^ (même si sa surdité ne l'empêchait pas de garder l'oreille absolue)

JX75 26/06/2012 09:25


Je ne sais pas si Beethoven avait l'oreille absolue quand il était jeune, mais il paraît qu'il n'avait plus d'oreille du tout quand il a vieilli.

Vincent M. 25/06/2012 00:42


Bonjour Diane, 


Oui, c'était effectivement le même thème. Mais s'il essayait d'objectiver le jugement de goût, GT ne faisait pas tant de place à une analyse en terme de classe... Envisager le bon goût comme
appareil de légitimation et de renforcement d'un statut social est assez fertile. En fait, c'est précisément la confrontation de ces deux thèses (objectivation du bon goût d'une part,
légitimation pour dominer de l'autre)  qui est intéressante. Mais j'attends avec plaisir l'article qui s'en chargera !

diane cairn 24/06/2012 17:02


tu as déjà répondu à cette question GT ici

G.T. 22/06/2012 00:10


Argh, je m'absente quelques jours et je loupe un débat passionnant...


 


ED LOXAPAC : De rien, et désolé quand même, c'est pas super élégant de partir d'une "erreur" d'un petit camarade pour en faire un
article...


 


MOUMOU : Excellent ^^


 


DIANE CAIRN, ZELIG et BLACK TRUST : Pour commencer en répondant à Zelig, oui, l'oreille absolue est bien sûr un peu plus que le
gadget que je décris... mais, justement, comme cela a été dit, elle peut être aussi handicapante quand on est face à des systèmes qui n'ont pas notre tempérament. Pour caricaturer (encore) un
peu, l'oreille absolue a quelque chose de mécanique, robotique... comme un ordinateur qui a une puissance de calcul tel qu'il peut analyser bien plus rapidement et précisément des données
complexes, mais dès qu'il est face à quelque chose qui n'a pas été intégré dans son système, il bugue... alors que ceux qui ont une oreille "humaine", peuvent s'adapter plus
facilement... Et je suis d'accord avec DIANE CAIRN sur le fait que le tempérament, c'est tout de même un peu un truc de feignasse. L'oreille absolue, c'est, pour continuer à filer la
métaphore, un super-logiciel si tu tournes sur un Windows à 440 Hz, mais avec un système d'exploitation moins courant, un Linux à 416 Hz, ça déconne... Et le gros problème,
tout de même, c'est que pour construire notre tempérament "égal", ce qu'on a fait a été de rendre toutes les notes de notre gamme tempérée "un peu fausses" (plutôt que d'avoir plusieurs notes
parfaitement justes et quelques-unes vraiment "fausses", comme la fameuse "quinte du loup", on les a toutes faites légèrement fausses). Ce qui faisait débat, certains musiciens ne voulaient pas
de ce système ou "tout est faux", même légèrement.


Le grand paradoxe de l'oreille absolue (j'ai oublié d'en parler dans l'article alors que ça méritait bien quelques lignes), c'est que son détenteur perçoit comme "parfaitement justes"
des notes qui, au fond, ne le sont pas...


 


Concernant l'importance des tonalités dans les oeuvres classiques (symphonie en ré majeur, sonate en si mineur etc.), il n'y a pas de différence de couleur musicale quand on
transpose. Seuls majeur et mineur diffèrent. Si l'on a pris l'habitude de préciser "oeuvre en FA majeur", c'est parce qu'avant le tempérament égal, les différences de couleur
étaient perceptibles entre deux tonalités majeures, ou deux tonalités mineures. Le tempérament égal a supprimé ses différences (en revanche, il facilite les modulations dans une même
oeuvre). Les tonalités peuvent malgré tout avoir un sens chez certains compositeurs, par exemple, chez Mozart, le ré mineur est la tonalité de la mort (Requiem en ré mineur, Don Giovanni...) mais
dans un tempérament égal, le ré mineur n'a pas une couleur plus "funèbre" que n'importe quelle autre tonalité mineure... après, ça peut dépendre quand même des instruments utilisés, par exemple,
jouer sur une guitare acoustique en mi mineur te donne la possibilité d'avoir comme accord de base un mi avec 4 cordes à vide (cordes qu'on laisse sonner sans appuyer dessus), ce qui donne plus
de résonance, d'ampleur, de gravité... (quoique dans l'absolu, en désaccordant, on pourrait avoir ce même accord pour jouer ré# mineur, ré mineur, fa mineur... mais si on désaccorde trop, le
son devient un peu bizarre...et, en général, un type qui compose sur sa guitare acoustique va pas s'emmerder à la désaccorder chaque fois qu'il part dans une autre tonalité que mi... bon, on peut
aussi utiliser le capo pour barrer les cordes, mais le son n'a pas vraiment l'ampleur des cordes à vide...) 


 


 


VINCENT : Grande question, à laquelle je ne vais pas répondre maintenant... non pas que je veuille l'esquiver ou qu'elle ne
m'intéresse pas, bien au contraire, c'est un point essentiel à mon sens, la critique la plus pertinente qui soit de la légitimité du goût, mais elle mérite vraiment un article qui lui soit
consacré, et un débat sur ce sujet...

BlackTrust 21/06/2012 18:30


Je sais pas trop^^ mais si on prend Messiaen, il transcrivait tous les chants d'oiseaux à l'oreille et était considéré comme une des oreilles les plus précises : du coup il entendait les 1/4 de
tons et 1/8 de tons...


Effectivement il y a énormement de cordes frottés dans Ligeti par exemple, et dans l'ensemble, les instruments utilisés sont plutot conventionnels. Alors dans le détail je sais pas trop mais il
me semble, notamment avec les instruments à vent qu'il est possible de jouer "hors de l'accordage" en soufflant d'une certaine façon...


Sinon, effectivement sa se joue à l'accordage bête et méchant. Après tout ce qui est synthé et instruments electro-acoustique peuvent avoir un accordage autre que standard sans trop d'effort
théoriquement. D'ailleurs, il y a un simulateur de piano "Pianoteq" qui propose une dizaine façon d'accorder (tempérament de pytagoricien à nos jours) et à partir du moment ou on compte en
fréquence, tout est possible.


Mais c'est vrai qu'il parrait que si on a une oreille absolue "normé" à l'occidentale on a du mal avec d'autres types d'accordages mais je suis pas sur que ça ne puisse pas se travailler : Boulez
par exemple, considéré comme ayant une oreille très pointue, a dirigé des oeuvres de Christophe Bertrand (que je conseille vraiment^^) qui utilisent de la micro-tonalité, d'ailleurs, son cas
montre que l'oreille absolue n'engendre pas forcement une écoute analytique, bon c'est personnel mais je trouve que ses interprétations de Debussy ou de Bartok sont géniales, oreille absolue et
relative ne s'opposent pas forcement je pense.

diane cairn 21/06/2012 15:56


intéressant tout ça, mais comment ça marche sur nos instruments standardisé ? a part les cordes frottées, le chant et le trombone je vois pas trop comment sortir de nos 12 notes. Effectivement on
a pas fini c'est clair, c'est juste que pour bcp de gens tout se résume à ce sytême et n'ont même pas conscience qu'il est certes bien foutu mais arbitraire, et que l'on a tendance à confondre
oreille absolue avec ce systême. Ma question est naïve mais justement, un musicien doté de ce super pouvoir mais endoctriné dans la notation tempérée, comment il fait en face d'autres approche,
il pête un cable ou se met un turban sur la tête ?

BlackTrust 21/06/2012 11:37


Bah, j'ai pas fait de cours en concervatoire moi enfait, ça a surtout été effectivement d'abord concervatoire et je suis partit au bout de 3 ans, puis école de musique privée avec des méthodes
moins conventionnelles mais surement plus adaptés...
Bah le classique, oui, ça correspond en gros à la vie de Mozart et la musique savante occidentale contemporaine ne se résume pas du tout au tempérament égal ou à la musique classique : on prend
Xenakis : tout se compte en fréquences, Ligeti utilise des dixièmes de ton, Boulez n'accorde pas d'importance à une note seule mais à ce qu'il appelle un "objet", Messiaen utilise les systèmes
rythmiques indiens couplés à la transcription du chant des oiseaux (qui ne sont pas tout le temps des notes au tempérament égal) et à des echelles sérielles suivant le rythme, Marc Battier
utilise des tableaux pour créer des sons (avec des systèmes de synthèse granulaire par exemple), et y en a un paquet comme ça...
Le problème, je pense pour les conservatoires, c'est que c'est déjà très dur d'apprendre à maitriser le système occidental, si en plus faut apprendre tout le reste on a pas fini. D'autant que au
XXeme siècle chaque artiste dévelloppe son propre langage et effectivement on accorde de plus en plus d'importance aux systèmes "étrangers" ce qui rend encore plus compliqué l'apprentissage. Par
exemple, il n'y a aucun traité d'ochestration contemporain simplement parce qu'il y en aurai beaucoup trop à dire.

diane cairn 21/06/2012 04:37


si j'en crois GT, la période classique correspond à une période précise, maintenant on dit musique contemporaine, je sais pas trops ce qu'il en est des recherches ou non par rapport à la
tempérance, quoique si comme je le pense les instruments en occident sont eux-mêmes conçus pour y coller on va pas en sortir. Là où on pourrait s'amuser c'est avec les synthés, physiques et
encore plus virtuel, pour refaire des gammes bordéliques à transpositions foutraques. Maintenant est-ce de la musique d'un autre âge... c'est surtout, et c'est d'autant plus compliqué quand il
s'agit de grand orchestre, que l'on se repose sur le chef d'orchestre et qu'on est interprète, la formation en académie c'est pas pour apprendre à faire de la musique, c'est apprendre à jouer
comme on dit de jouer. Mais là on touche au débat stérile qui sépare l'interprète du compositeur/interprète. Bon dans ce cas mon avis est fixé tout styles de musiques confondus, j'aurai toujours
plus d'empathie pour ceux qui créent la partition que pour ceux qui l'anônent. Mais bon la forme orchestrale de grande envergure ne permet pas à chacun de composer interpréter son bout pour le
tout, c'est possible en rock et autre musique populaire occidentale, c'est clairement le cas en jazz pré et post big band, et dans plein de musique du monde qui sont majoritairement pas écrites
de manière aussi poussée qu'en Europe. De là à la condamner au placard d'un autre âge ... ce serait se priver de beaucoup. Je tape pas sur le classique, je suis pas un vieux frustré qui râle pcq
il s'est fait recalé, je me rend compte que l'enseignement est très orienté d'une part, et que l'on n'enseigne même pas les bases comme la psychoacoustique et l'harmonie, histoire de dire c'est
quoi un son, une gamme, un mode, et toutes les possibilités qui vont avec. Non c'est le La c'est ça (déjà on te dit pas que dans le monde anglo-germanique c'est ABCDEFG, muarf) et maintenant les
intervalles c'est ça paf c'est plié. Moi je veus bien apprendre l'annuaire téléphonique par coeur mais ça servirait à rien vu qu'il change tout le temp et ça me rendrait pas plus intelligent pour
autant mais surtout on y perdrait beaucoup de temps, par contre apprendre à s'en servir pour faire qqch de précis là c'est utile, pareil avec les sons et leurs organisations. Voilà c'est juste
sortir du guidon. Maintenant ma question à GT... l'oreille absolue se sclérose t'elle quand on apprend la théorie musicale tempérèe et quand est-il justement pour les musiciens qui ne sont pas
enfermé dans ce schéma, bref percoivent t'ils avant tout des hauteur débarassées de toutes classifications où tentent ils de les raccorder à un schémà d'écriture lié à leur culture ? et deuxio,
même si les accordages collent pas comme évoqué plus haut, ne s'en délectent-ils pas finalement vu qu'ils ont plus de finesse, pcq dire que cela les insupporte c'est quand même partir du
présuposé que en dehors de l'harmonie post Bach point de salut et que c'est de la merde, là dessus je vous laisse à lire ceci http://fr.wikipedia.org/wiki/Maq%C3%A2m

BlackTrust 20/06/2012 23:19

Diane Cairn : On est d'accord, le classique est une musique d'une autre époque^^

Vincent M. 20/06/2012 22:34


 


     « Est-ce que ces œuvres sont "de bon goût" ? A partir du moment où elles sont "écoutées et approuvées" par une frange très exigeante et cultivée du public, elles le
sont de fait... »

     Je sais que c'est une question assez rebattue... Mais ce que tu écrit ne prête-t-il pas le flanc aux critiques bourdieusiennes de l'art légitime ? À savoir que cette
frange est aussi relativement aisée économiquement et / ou culturellement – elle est éduquée. Et elle a par son statut au sein de la société un pouvoir de légitimation de ses comportements
musicaux. Comme par exemple le fait d'être exigent : qu'est-ce que ça veut dire ? Avoir une écoute attentive, je suppose. Or ce n'est pas certain que ce soit nécessairement de cette manière que
l'on touche au bon goût.

diane cairn 20/06/2012 22:13


Black Trust ah beh je suis d'accord avec toi sans souci, apprendre à situer les écarts ça va vite, surtout comme tu le dis avec la gamme tempérée de Bach, c'est encore plus
facile, mais je me faisais sytématiquement recalé pcq je repérais pas la note de départ et bon... franchement mes parents m'ont foutu au solfège pour se débarasser de moi les mercredi et samedi
après-midi, pcq c'était chic, mais ils écoutaient jamais de musique et certainement pas du classique et moi ça m'intéressait pas à 7 ans, bref j'ai survécu 5 ans en redoublant 2 fois puis on m'a
dit l'instrument ça va mais vous avez pas le solfège, alors que bordel la première chose à apprendre c'est l'harmonie pas reconnaitre une note pile poil, là je suis en plein dans l'harmonie des
raga et j'aimerais bien pouvoir accorder un clavier sur un gamelan pour le fun et surtout sortir de la gamme tempérée, elle est très bien quand on gère plusieurs instruments en grand orchestre
occidental mais c'est une spécificité occidentale, et avec les musiques du monde on se réouvre à bcp plus, j'affectionne particulièrement ce non-tempéré et les sons parasites des doigts et
glissés qui ornent le son comme dans le jeu du qin http://www.chineseculture.net/guqin/qinmusic.htm, http://www.youtube.com/watch?v=5_G4CGCTcDM je crois que la musique classique tempérée c'est
une musique de psychorigide feignasse autocentré à force, je dis pas fuck la technique, la théorie, je dis juste sortir le nez du guidon pas étonnant qu'on soit passé par le dodécaphonisme ou le
chromatisme mais en remettant rarement le principe de tempérance en cause. Si la musique doit ou peut retranscrire des émotions/sensations alors il ne faut pas l'enfermer systématiquement dans
une structure figée mais s'autoriser le plaisir du son, sinon c'est stérile ce qui n'empêche pas de faire bien avec notre petit octave transposable et de faire de la bouillasse avec moultes
electro bidules à fréquences qui n'ont aucune structure... finalement la musique ce serait pas l'art d'agencer des sons dans le temps et l'espace avec une structure ?

BlackTrust 20/06/2012 21:18

diane cairn : j'ai aussi fait du solfège et des dictées de note, je peux t'assurer que sans oreille absolue j'y arrivait très bien^^ l'oreille relative permet d'entendre la différences entre les
notes lorsqu'elle est bien entrainé ça va tout seul. Ensuite, en faisant confiance à sa mémoire on peut assez facilement retenir que par exemple la première note de la 15eme sonate pour piano de
Mozart c'est un Do, pareil pour la première note d'Ainsi parlait Zarathoustra de Strauss, pareil pour le Boléro de Ravel et en recoupant plusieurs morceaux comme ça on arrive assez vite à s'en
sortir, aussi pour les degrés : le premier interval de la 5eme de Beethov c'est une quinte, le premier interval du premier prélude de Bach c'est une tierce etc... Pas besoin de prendre des
références classiques évidement ,mais en tout cas de cette manière on peut petit a petit aquérir des automatismes et personnellement sans avoir l'oreille absolue je me débrouillais plutot bien en
dictée et j'arrive assez facilement à trouver des thèmes à l'oreille, voir totalement de mémoire (pas forcement dans la bonne tonalité mais c'est tout a fait faisable). Même Mozart, qui avait a
priori l'oreille absolue disait que "la musique c'est ce qui se passe entre les notes" ce qui, si on ne prend pas la citation sous son interprétation romantique veut bien dire que l'important ce
n'est pas les notes mais l'équart entre plusieurs notes... Concernant les accordage, le problème n'est pas tant la note de départ (la 438 au lieu de 440) mais l'équart entre plusieurs notes (le
tempérament), c'est à dire qu'aujourd'hui on a ce qu'on appelle le tempérament égal ce qui fait que toutes les notes sont à égale distance ce qui n'était pas le cas à la renaissance/début du
baroque par exemple où de fait l'instrument paraissait de plus en plus "faux" (ou en tout cas différent) suivant la tonalité dans laquelle on jouait et plus il y avait de bémol ou de dièze à la
clé, plus la tonalité parraissait éloigné de la tonalité de base. Mais aujourd'hui, avec le tempérament égal (dont les premiers essais remontent à Bach d'où "le clavier bien tempéré") qui
permettent de jouer dans toutes les tonalités sans modifier la perception d'une gamme par rapport à l'autre. Et du coup, un clavier accordé en 442hz en tempérament égal parraitra juste à quelqu'un
qui a une oreille relative^^.

diane cairn 20/06/2012 13:44


j'ai parlé de l'âge du capitaine ? http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/74/30/05/La-Psychoacoustique_Mod.pdf

diane cairn 20/06/2012 13:36


ZELIG:


et c'est sans parler des instruments qui se désaccordent pendant le concert, c'était le gros problème des moogs, mais n'importe quel instrument à corde à une foutue tendance à partir en sucette
après un moment

diane cairn 20/06/2012 13:29


le pire reste quand même la tyrannie de l'oreille absolue qui voudrait que pour être un bon musicien on puisse reconnaître la hauteur de chaque précisemment et qui m'a foutu dedans pendant les
dictées de solfège.... Déjà que d'un instrument à l'autre avec le timbre, l'attaque et les harmoniques sans parler des instruments non-occidentaux qui n'ont pas les mêmes accordages et fréquences
de base et encore moins de gammes tempérées ou des instruments libres comme le violon sur lequel on peut jouer toutes les notes et quart/huitième/microdixième de ton... Ah pour les exercices
d'écritures et d'interprétation ça allait, mais pour la dictée... vos intervalles sont plus ou moins bon mais c'était une gamme de do pas de mi... pfff ben oui moi je fais guitare classique déjà
alors votre piano avec la pédale tout le temps merci pour me confusionner les esgourdes... anyway je vais vous dicter du Fennesz

BlackTrust 20/06/2012 12:51

Très bon article ;) Je rajouterai que l'oreille absolue est une particularité très française : on a cette culture de l'exactitude scientifique ce qui en musique donc de l'art n'est peut être pas la
chose la plus importante... Au moyen age, par exemple, dans les chorales d'églises, les choristes avaient des malus sur leur salaire si ils chantaient une fausse note, des musiciens les écoutant
attentivement et notant toutes les fausses notes. Aussi, en Allemagne par exemple on apprend pas le solfège avec des notes mais effectivement avec des degrès, pour finalement faire de
l'apprentissage quelque chose de bien plus musical (en france, on entend rééllement parler de degrès que lors du second cycle d'apprentissage et personnellement, avant de faire des cours d'harmonie
j'en avais jamais entendu parler) Aussi, les russes de la période impressionniste (Rimski-Korsakov, Mussorgsky...) n'ont, je ne pense pas (et je tien ça d'un prof d'histoire de la musique^^), cette
culture de l'oreille absolue venant du simple fait qu'ils soient autodidacte, ce qui leur a tout de même permit d'écrire des choses magnifiques... Quand au choix précis d'une tonalité bah, y a
plusieurs choses : déjà le tempérament égal est quelque chose d'assez nouveau, même à l'époque des romantiques il n'existait pas, donc on avait clairement une perception différente de chaque
tonalité. De plus, les modulations qu'elles soient classique (tons voisins) ou non (chromatismes) changent à chaque tonalité. Sans entrer dans les détails une modulation c'est passer d'une tonalité
à l'autre et, suivant le rapport entre les deux(relativement donc), la sensation sera différente ce qui peut expliquer le choix d'une tonalité plutot qu'une autre. Aussi, dans une symphonie par
exemple, il y a plusieurs mouvements ayant chacune sa propre tonalité et le rapport entre les mouvements peut être aussi un une façon de faire un choix.

Ed Loxapac 19/06/2012 17:52


Très bon article, et merci pour le demi hommage.

Zelig 19/06/2012 14:48


Aaaaah, un article sur l’oreille absolue. Voilà un sujet qui m’intéresse hautement et sur lequel je n’ai jamais pu acquérir de certitudes. A vrai dire ;, plus j’essaie de trouver des
réponses à mes questions, plus j’ai de questions. Je ne vais pas les énumérer ici car ce n’est pas le but. Je trouve ton billet bien fait mais tu mésestimes quand même l’intérêt et la complexité
de l’oreille absolue que tu sembles considérer comme un simple gadget intellectuel pour musicien.


Tu as raison de dire que les intervalles entre notes  et donc, les harmonies, sont les plus importants, ce sont même les seuls qui comptent dans certains types de musique comme
le jazz où on changera un morceau de tonalité sans aucun état d’âme. Mais la « hauteur absolue » de la note) revêt une importance énorme par exemple  en musique
classique.


Les tonalités de concerto ou de sonate ne sont pas du tout choisies par hasard dans le répertoire classique. Si Beethoven écrit un concerto en do majeur, il a une raison impérieuse. Un chef
d’orchestre m’a expliqué ça en détail il y a bien longtemps mais comme c’est un peu compliqué pour un musicien limité comme moi, j’en ai oublié la moitié.


Deuxièmement, la hauteur d’accordage a aussi toute son importance. Si le la classique (le diapason moderne)  est accordé en 440 hz, on utilisera un accordage un peu en dessous
(436 hz) pour la musique baroque (j’ai entendu toute sorte de raisons dont une faisant référence à l’acoustique des instruments et des salles de l’époque). Dans le même ordre d’idées mais dans un
autre genre musical, beaucoup d’accordéons sont accordés un peu plus bas, ce qui leur confère cette tristesse de goualante de marin malheureux qui nous séduit ou nous insupporte mais donne un des
aspects fondamentaux  de l’instrument. Pour le piano soliste classique, on accorde en revanche l’instrument un peu plus haut, à 442 hz pour des raisons de brillance de la
sonorité.


Bref, la hauteur absolue de la note n’est pas sans importance du tout et avoir l’oreille absolue peut se révéler déterminant pour certains aspects musicaux contrairement à ce que tu sous-entends.


Je rajouterai également qu’avoir l’oreille absolue est paraît-il un enfer pour celui qui la possède. Parce qu’il ne supporte pas ou difficilement le manque de justesse (un piano à 442 hz qui joue
avec un accordéon à 438, j’ai déjà entendu ça et même pour moi c’est un enfer) et aussi parce que le musicien au pitch parfait à souvent une écoute analytique. Il n’entend pas une mélodie il
entend le nom des notes et leur hauteur.

Moumou 18/06/2012 23:50


Juste en passant ... En quoi les "pires tubes de variétoche" feraient partie du mauvais goût ? J'en écoute toute la journée, n'aurais-je pas bon goût pour autant ?


 


(Et sinon, VNDL, c'est du bon ou du mauvais goût ? Il parait que son label déchire)

G.T. 17/06/2012 23:19


OLIVIER : Tout comme l'oreille absolue ne conditionne pas le bon ou le mauvais goût, il n'est pas pas besoin d'écouter les
oeuvres expérimentales les plus "pointues" pour avoir bon goût, bien entendu. Je les prenais en exemple juste pour dire qu'on peut être un mélomane très pointu sans avoir l'oreille absolue.


Est-ce que ces oeuvres sont "de bon goût" ? A partir du moment où elles sont "écoutées et approuvées" par une frange très exigeante et cultivée du public, elles le sont de fait...

Olivier 17/06/2012 23:00


Juste en passant ... En quoi les "œuvres expérimentales
les plus pointues" feraient partie du bon goût ? Je n'en écoute jamais, ai-je mauvais goût pour autant ?