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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 18:32

Les genres musicaux ont-ils chacun une façon particulière d’évoluer, ou suivent-ils de même type de progression ? Grande question, qui mérite bien plusieurs articles… Commençons par nous intéresser au jazz et au classique, car j’ai toujours été frappé par les points de rencontre qui existent dans leurs évolutions (et qui sont, me semblent-ils, trop rarement discutés ou mis en évidence).

 

Pour entendre rapidement ces évolutions, écoutez les deux petites playlists :

 

-          Classique

-          Jazz

 

Baroque / New Orleans   

 

Quatre éléments importants se retrouvent dans l’esthétique baroque comme dans le style New Orleans :

 

-         Le plus marquant, à mon sens, c’est le goût pour l’ornementation… caractéristique fondamentale de toute l’esthétique baroque, et très utilisée dans le jazz New Orleans (et d’une certaine manière, dans tout le jazz qui suivra). En musique, l’ornementation, c’est le fait de rajouter de petites notes autour des notes principales de la mélodie.

-         Contrepoint (jouer plusieurs lignes mélodiques en même temps). Elément essentiel de la musique baroque… et du jazz New Orleans. Sûr que le contrepoint du New Orleans est plus rudimentaire que celui de Bach, mais ça n’en reste pas moins du contrepoint. Une trompette, par exemple, qui joue la mélodie principale, et une clarinette qui brode au-dessus…  

-         Petites formations. Les grands orchestres, c’est pour la période suivante. Baroque et New Orleans préfèrent les petits ensembles où l’on peut entendre chacun des instruments.

-         Improvisation. La musique baroque n’est pas une musique « improvisée », mais elle a une petite part d’improvisation, notamment lors des cadences. Et si elle est écrite, telle ligne mélodique ne doit pas être obligatoirement jouée par l’instrument précisé sur la partition, comme cela sera le cas par la suite.

 

Bien entendu, il ne s’agit pas ici de dire que baroque et New Orleans sont « équivalents ». Bach est déjà un sommet de l’histoire de la musique alors que le New Orleans (et le style Chicago) n’est que le tout début du jazz. L’important, c’est que l’évolution qui va suivre peut s’observer en parallèle.

 

Style Classique / Swing

 

-       Grands orchestres. Développement de la symphonie / Big band jazz.

-        Harmonie et clarté. Une musique plus « écrite », plus précise. Ce qui est logique pour de plus grandsensembles : plus il y a de musiciens, plus la part de liberté de chacun est réduite. La musique se doit d’être plus « carrée ».

-         Universalité. Musique qui s’adresse à tous les publics, et qui deviendra plus « normée » pour que chacun s’y retrouve. Formes typiques (genre forme-sonate à la période classique) / standards du jazz.

-         Plus de variations au sein d’une même pièce, architecture plus élaborée.

Romantisme / be-bop

 

-        Expression individuelle, liberté et révolte. Le style précédent privilégiait l’universalité, la clarté et l’équilibre, romantisme et be-bop vont mettre en valeur l’expression individuelle, quitte à déranger et aller en partie à l’encontre des attentes du public et de la société. Cri de révolte, quête de l’originalité et de la singularité, virtuosité, intensité. Dans le be-bop, cela se traduit par de petites formations où chaque instrumentiste a la possibilité de s’exprimer dans de longs solos. Ce qui compte n’est pas le « joli thème », souvent vite expédié en début de morceau, mais les solos très expressifs de chacun.

-        Conséquence  : Emancipation de la dissonance.

 

L’artiste romantique, démiurge, isolé, prométhéen, en lutte contre une société trop rigide, et le jazzman de l’ère be-bop, qui, plutôt que de servir de faire-valoir aux blancs venus danser sur du swing dans de grandes salles de bals, préfère s’exprimer de manière bien plus libre dans de petits clubs où l’on vient vraiment l’entendre s’exprimer.

 

Impressionnisme / Cool Jazz & Jazz modal

 

-          Apaisement. A l’expression intense du romantisme ou du be-bop on oppose des atmosphères plus contemplatives.

-          Clair – obscur, légère mélancolie, sensualité.

-          Recherche d’ambiances

-          Utilisation des modes (anciens ou exotiques), les modes étant es suites de notes différentes de la gamme tonale habituelle depuis la période classique.   

 

Néoclassicisme / Hard-Bop

 

-         En réaction au côté trop « vaporeux » de l’esthétique précédente, retour à une musique plus « terrienne », rythmée, physique… qui s’approprie des éléments d’esthétiques précédentes. Dans le cas du néo-classicisme, on trouve aussi (voire surtout) une réaction au romantisme et à l’atonalité naissante.

 

Atonalité / Free Jazz

 

-          La musique se libère des règles tonales ou modales.

-          Musique difficile d’accès, très dissonante. Le public ne suit pas.

-          Expérimentation

 

Postmodernité

 

               Après les expériences atonales, sérielles / free-jazz, un certain désir de renouer avec le public, notamment, fait que l’on revient à des règles tonales ou modales, à des musiques un peu plus faciles d’accès. Mais il n’y a plus une esthétique forte qui domine les autres et derrière laquelle se regroupent les musiciens, chacun fait sa petite cuisine, mélangeant des éléments d’époques diverses…

 

 

Classiques et jazz n’ont pas évolué non plus d’une manière aussi claire et bien découpée que je le présente ici. Il y aurait pas mal de choses à nuancer, mais, dans les grandes lignes – et c’est ce qui m’intéresse ici – cette présentation reste assez fidèle à l’évolution de ces genres.

 

Les jazzmen ont-ils copié leur évolution sur celle des musiciens classiques ? Non, évidemment, l’évolution d’un genre musical ne se décide pas comme ça… en revanche, certains se sont inspirés de la musique classique pour faire évoluer le jazz, ils y ont trouvé des idées pour enrichir et faire progresser leur propre langage musical. Mais le jazz n’a rien d’un copié-collé du classique, il a son propre langage, son identité, il répond à d’autres attentes, d’autres publics, d’autres temps historiques. Il est donc particulièrement intéressant d’observer que malgré cela, leur évolution suit un mouvement très similaire. Que nous dit ce mouvement ?

 

1.      (Baroque / New Orleans) On construit en cherchant (ornementation, tourner autour des notes principales comme si on les cherchait), et au sein d’un petit comité où chacun peut se faire entendre, des paroles différentes s’entremêlent (contrepoint) en essayant de s’harmoniser.

2.      (Classique / Swing) Société bien plus organisée, codifiée, où tout le monde doit être « en harmonie ». Le collectif prime sur l’individu.

3.      (Romantisme / Be-bop) L’individu ne veut plus être « noyé dans la masse » ni « au service de la société », mais exprimer librement sa singularité, ses frustrations, sa révolte.

4.      (Impressionnisme / Cool Jazz & Jazz modal) Evasion, dans le rêve, la sensualité, la délicatesse et la contemplation. On renonce à la « force expressive » du romantisme ou du be-bop pour s’évader dans un monde plus apaisé.

5.      (Néoclassicisme / Hard-bop) Retour à plus de simplicité, des plaisirs plus physiques et moins abstraits.

6.      (Atonalité / Free Jazz) Incommunicabilité, partir à l’aventure dans des territoires inexplorés au risque d’être totalement incompris et d’aller à l’encontre de ce qu’attend la société. Radicalité.

7.      (Postmodernité) Recyclage, mélange des genres, on tente de retrouver des références communes, un langage / projet qui puisse être entendu et apprécié, mais chacun le fait à sa manière, il n’y a plus de grande ligne directrice, de valeur qui s’impose à tous. Un nouveau monde « éclaté » et communautaire…

 

La musique a peut-être son propre langage, ses propres lois, elle reste une activité humaine. On ne s’étonnera donc pas qu’elle évolue… comme peuvent évoluer des sociétés. Non pas forcément en se calquant sur l’évolution de l’environnement dans lequel elle s’inscrit à un moment T (même si cela peut arriver, le style classique est, par exemple, en parfaite adéquation avec la philosophie des Lumières), mais en suivant un type d’évolution qui nous est propre. La musique est une activité humaine, et plus encore une activité sociale. Ce dont elle nous parle, au plus profond, ce n’est pas tant des sentiments les plus personnels d’un individu qui s’exprime par ce biais (même si lui le croit dur comme fer), que du « vivre ensemble », du rapport (ou des possibilités de rapport) de chacun aux autres et à la société en générale. La musique, c’est avant tout de la communication. Et l’évolution du classique et du jazz nous parlent de « comment communiquer » et comment trouver sa place au sein d’une société.

 

1.      On se découvre, on parle ensemble en essayant de s’entendre…

2.      Les règles ont été fixées, tout le monde est en « harmonie » et suit le même but.

3.      Noyé dans la masse, on veut faire entendre notre singularité, s’exprimer librement.

4.      Satisfait (ou pas) par l’expression de sentiments personnels, on s’évade dans une forme de contemplation et de volupté…

5.      Besoin de retrouver un contact plus direct avec les autres.

6.      Echec ou nouvelle insatisfaction, on se réinvente en-dehors des règles traditionnelles, quitte à ce que plus personne ne nous comprenne.

7.      Désir de renouer avec les autres, mais d’une manière beaucoup plus modeste et communautaire.

 

Si l’on change à chaque fois de paradigme, ce n’est pas par simple volonté d’aller voir ailleurs, mais aussi parce qu’aucune des voies précédentes n’était pleinement satisfaisante. On bute à chaque fois sur un problème de communication. Une fois résolu, on en découvre un nouveau. Tout cela pour arriver à un constat assez pessimiste : la communication « parfaite » (ou l’intégration parfaite d’un individu dans nos grandes sociétés) est impossible, d’où le sérialisme et le free jazz, puis la postmodernité qui entérine le fait qu’on ne peut tous se retrouver sur un terrain idéal, et qu’il ne reste plus qu’à fonctionner en « communautés », renonçant ainsi à LA communauté. D’une certaine manière, la musique, par son évolution, nous laisse entendre que l’idéal républicain est impossible à long terme hors de petites communautés…

 

Tous les genres musicaux n’évoluent bien sûr pas de la même manière, même si l’on peut retrouver quelques mouvements similaires, on s’intéressera prochainement à l’évolution des musiques populaires modernes.

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Published by G.T. - dans Classique
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commentaires

G.T. 08/09/2013 18:37


FWF : Oui.


 


(J'avais bien besoin de prendre une dizaine de jours pour arriver à formuler au mieux ma réponse^^) 

Fabien W. Furter 26/08/2013 09:37


Je dirais même que le post-modernisme trouve un véritable écho avec la génération internet (dont je fais partie) : le web fonctionnant comme une sorte de musée où 90% des blogs, des sites, et des
utilisateurs se positionnent en tant que curateur du rock'n'roll (ce qui est quand même absurde) allant chercher le moindre groupe obscur des années 60's pour le partager avec la terre entière,
concept gerbant de la "sharity" (share + charity) qui est au coeur même de notre époque.
Enfin bref, chacun étant un produit de son environnement, c'est normal qu'on soit tous touchés plus ou moins par cette "esthetique" post-moderne.
J'espère qu'un jour on saura couper le cordon.

G.T. 24/08/2013 00:49


FWF : Le problème du post-modernisme, c'est qu'il digère à peu près tout (on peut aussi faire de l'électro-organique
postmoderne), et que son côté blasé / relativiste est un vrai frein pour susciter un nouveau souffle. L'esthétique post-moderne, c'est presque un constat d'échec de l'esthétique (ou plutôt "des"
esthétiques), chacun fait sa petite cuisine et mélange un peu tout comme il le souhaite, puisqu'il n'y a plus de ligne directrice forte... Et pourtant, l'art occidental a toujours évolué et
inventé de nouvelles esthétiques, donc il n'y a pas de raison à ce qu'on en reste là... Mais le post-modernisme, même s'il date d'avant la révolution internet, s'accomode encore
assez bien de l'époque et de ces possibilités de mélanger des musiques extrêmement diverses, de passer de l'une à l'autre sans hiérarchisation, qu'elles soient d'époques, lieux et
qualités très diverses... les jeunes générations habituées à ce brassage des genres et cet accès à des musiques extrêmement diverses sont quelque part "conditionnées"
par leur environement à devenir postmodernes... Et j'ai beau être un peu sceptique face au post-modernisme, mon blog, par certains côtés, va vraiment dans cette direction, avec des
playlist mélangeant des musiques très diverses, un groupe de folk-rock indé des années 90 suivi par un article sur les musique de l'antiquité, de la musique romantique allemande et du rap
new-yorkais etc.  

Fabien W. Furter 21/08/2013 15:37


C'est un thème auquel je réfléchis beaucoup, l'évolution des genres musicaux, les dialogues entre eux (dialogues non hermétiques haha)... Et j'ai la facheuse impression (enfin, avec les petites
connaissances que j'ai) que nous sommes à une époque où quelque soit l'âge du genre musical (occidental), ils en sont tous arrivés à un post-modernisme qui sévit en ces années.


Y-a-t'il seulement un genre musical qui ait connu une réaction à ce post-modernisme, ou du moins une suite ?


C'est surtout ça qui m'interesse : quels peuvent être les élements d'un prochain courant ? Pour moi, j'avoue que ça serait peut être une recherche du côté de l'hybridation de l'homme et de la
machine. Un truc organico-electronique.


Ou peut être, en réaction à une société comme la notre où tout est surchargé, où il n'est plus possible d'être las de ne rien faire mais las des assauts de l'information qui nous percutte de tous
côtés, où le mode de vie est de la "frénéticité"... Une musique aux antipodes : dépouillée, simple, monolithique, contemplative ? Redonner de l'importance au silence ? (d'une façon, ça me
rappelle énormément la musique minimaliste)


Ouverture sur la musique orientale, micro-tonale, sa spiritualité, retrouver un sens à la musique ?

Oui, effectivement je me creuse la tête parfois haha

Christophe aka Mario C 26/03/2012 18:29


Impressionnant et très enrichissant, indeed !


 

G.T. 12/03/2012 18:51


THEODOROS : Merci beaucoup, ça fait toujours plaisir de lire ce genre de commentaire !  

Théodoros Dave 11/03/2012 11:27

"Faut dire que j'ai toujours l'idée un peu stupide que lorsqu'on ne commente plus, c'est qu'on ne vient plus..." Bon j'apparais. Cela fait un petit temps que sle chemins zigzaguants de TwinPeaks
m'ont conduit à votre Blog. Et par la magie des marques pages j'ai un passage secret ouvert sur votre pensée. De fait donc depuis un bout de temps je vous lis avec un bonheur égoïste. La clarté de
vos explications au Béocien que je suis, votre esprit de synthèse hors paire, et votre aisance d'écriture m'ont fidélisé. Merci pour toutes ces notes. Bon je disparais.

G.T. 07/03/2012 20:21


BENJAMIN F : Faut dire que j'ai toujours l'idée un peu stupide que lorsqu'on ne commente plus, c'est qu'on ne vient plus... alors
que je suis la preuve du contraire^^ Car, depuis plusieurs années, je commente très peu les autres blogs (ça me prenait trop de temps), mais je les lis quand je peux. D'ailleurs, je vais
régulièrement sur Playlist Societ, ne serait-ce que pour intégrer les liens dans les fiches albums du CDB ! ^^

Benjamin F 07/03/2012 13:00


Oh bah je suis toujours dans le coin, mais j'essaye dorénavant de ne laisser des commentaires que si j'ai une vraie question ou si je suis en mesure d'apporter vraiment quelque-chose à l'article
(ce qui n'arrive pas si souvent). Merci pour ta réponse en tout cas qui correspond bien à l'idée que je me faisais des rapports entre tonale et modale, tout en me permettant d'affiner. 

G.T. 07/03/2012 12:30


BENJAMIN F : Ca fait plaisir de te revoir par ici, d'autant plus pour évoquer un point très intéressant... il y a un peu de vrai
dans tout ça, mais pas totalement^^.


Une musique modale ne mène pas "naturellement" à l'atonalité. La musique modale est bien plus ancienne que la musique tonale, on la retrouve sur tous les continents, dans toutes les
civilisations, et partout ailleurs, elle n'a jamais conduit à l'atonalité. De plus, c'est la musique modale qui a mené, en occident, à la musique tonale. Et dans le classique, c'est la
complexification de la musique tonale qui mène à la musique atonale. A force de rajouter des notes étrangères, du chromatisme (ce que fait en particulier Wagner, et notamment
dans son Tristan et Isolde), on fissure la tonalité, on la brouille, on l'affaiblit, et Schönberg va pousser jusqu'au bout le chromatisme wagnérien pour en finir avec la tonalité.
Il n'y a pas vraiment eu besoin de l'impressionnisme, plus modal, pour parvenir à l'atonalité, il suffisait de continuer le travail chromatique des romantiques (lignée Chopin - Liszt -
Wagner)... Même si Debussy contribue aussi à cette direction vers l'atonalité, par ses utilisations d'accords qui, parfois, n'ont pas de justification tonale mais sont juste là pour leur
"couleur". Mais Schönberg se comprend dans une lignée essentiellement germanique, classique et romantique (Bach, Mozart, Beethoven, Brahms, Wagner, Mahler sont ses références majeures,
il considère qu'en continuant leur travail, il ne pouvait en venir qu'à l'atonalité).   


En revanche, et en effet, il y a une continuité plus marquée dans le jazz entre musique modale et free jazz. Ne serait-ce que par Coltrane, génie du jazz modal et pionnier du
free jazz. Même si c'est aussi par le chromatisme que Coltrane en arrive à des passages très free. 


Pour arriver au free jazz, d'un côté, il y a l'ajout systématique de notes étrangères, chromatismes (et accords très riches...) que l'on retrouve déjà avant le jazz modal, et de l'autre, le fait
que le jazz modal libère plus encore le soliste. Au lieu d'avoir une grille complexe avec un grand nombre d'accords, on peut (dans le jazz modal) se retrouver avec seulement deux accords, et
par dessus, le soliste a plus de liberté de broder.


Autre élément à prendre aussi en compte : l'intensité. Fondamental dans le jazz en général, et plus encore chez Coltrane. Plus tu ajoutes des dissonances, plus tu crées de la tension...


Est-ce qu'on aurait pu en venir au free jazz sans passer par le jazz modal ? On ne peut pas refaire l'histoire comme ça, mais à mon avis, en continuant le travail des boppers (comme en continuant
le travail des romantiques), oui... à force d'ajouter des notes étrangères, c'est une continuité assez logique. Mais le jazz modal a tout de même joué un rôle important, il a permis une plus
grande "libération" du soliste... Pour autant, la musique modale a ses règles, et pour en venir au free jazz, il fallait bien sortir aussi des règles
modales.     


Et puis dans le classique comme dans le jazz, règles tonales ou modales n'ont jamais été respectées à 100%, la musique est une des meilleures illustrations qui soit du fait que les règles sont là
pour être transgressées... Atonalité et free jazz, c'est aussi une radicalisation de cette transgression... qui entraîne malgré tout de nouvelles règles^^


J'ai fait un peu long, j'espère que c'est à peu près clair, sinon, n'hésite pas à me demander de préciser quelques points...

Benjamin F 07/03/2012 10:32


Vraiment intéressant cette idée d'identifier des shémas de développement. Même si l'on sait qu'il y une part de conceptualisation qui ne colle pas 100% à la réalité, le parallèle permet
d'éclairer sous un angle nouveau les évolutions. Il y aurait presque matière à un court essai sur la question.


Petite question au niveau "technique". J'avais toujours cru que c'est l'apparition du jazz modale qui avait permis le développement du free jazz, que comme on n'improvisait plus à partir des
accords, mais à partir des modes, les barrières s'effondraient et que l'on pouvait étendre les titres à l'infini. Pour moi le free jazz c'était du jazz modale qui poussait à l'extrème la
suppression des points de repère. Du coup, je n'aurais pas dit "La musique se libère des règles tonales ou modales", mais "La musique libèrée des règles tonales et ayant assimilée les règles
modales se libère des repères". (Enfin je n'affirme pas, c'est plus une question, en sachant que je n'ai pas forcément le background "musicien" pour bien cerner les subtilités).