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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:34

J’étais parti pour utiliser la musique de Vertigo comme une des illustrations d'un article sur les bandes originales, mais un tel chef-d’œuvre mérite tout de même d’être mis un peu plus en valeur. D’autant plus que c’est une de mes musiques de chevet. Je déroge (encore) à la règle de la « musique du lundi » (une œuvre proposée à l’écoute et sans bla bla)… car il serait tout de même dommage de ne pas donner quelques explications sur une musique qui s’accorde aussi bien au propos du film qu’elle accompagne.

Vertigo (Sueurs Froides) est un des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma, si ce n’est le plus grand. Et la partition de Bernard Herrmann une des meilleures musiques de films, si ce n’est la meilleure. Voilà qui place d’emblée le niveau…

Prelude (and Rooftop)

 

Le thème du double structure le film, comme la dualité structure le prélude… Les deux éléments sont faciles à identifier :

-          Un thème mystérieux, fluide, onirique, hypnotique ; le vertige, ou la « peur du vertige »

-          Des masses de cuivres qui viennent ponctuer ce thème. Elles sont graves, dissonantes, brutales et donnent l’impression d’une chute.

Herrmann mêle avec génie ces deux éléments pourtant opposés. A noter aussi que l’un est horizontal (suite mélodique de notes, qui tournent sur elles-mêmes en spirale), l’autre vertical (ces accords aux cuivres qui semblent « tomber »).

Les oppositions entre ces deux éléments se retrouvent sur tous les plans :

Mélodico-harmonique : Horizontalité / verticalité

Rythmique : Fluidité / rupture  (rythme continu, notes égales / ponctuations « hachées »)

Orchestration : Légèreté / gravité (dans les textures sonores, avec flûtes, vibraphone, cordes d’un côté, cuivres graves de l’autre)

Les contrastes qui distinguent ces deux éléments illustrent aussi deux des dimensions du film : l’atmosphère mystérieuse, fantastique, irréelle suggérée par le thème de départ, le drame et la tragédie suggérés par les cuivres. Mystère et tragédie sont liés dans Vertigo par la passion, vers laquelle ils convergent à 1’10 avec ce motif mélancolique et douloureux ; romantique et wagnérien…

Ces explications étaient-elles nécessaires ? Non, elles ne servent qu’à mieux conceptualiser le rapport entre le film et sa musique, mais nul besoin d’avoir perçu cette dualité musicale pour la ressentir en se plongeant dans cette œuvre magistrale, et tout simplement ressentir la parfaite adéquation entre la musique et les images…

La BO sur grooveshark ou sur youtube.

 

 

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Published by G.T. - dans Cinema
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commentaires

Hakatu 31/07/2014 13:37


J'ai hâte de la lire !

GT 31/07/2014 00:10


HAKUTU : Le côté wagnérien de la partition de Vertigo participe aussi de ma fascination pour cette musique, et de la place
qu'elle tient dans mon panthéon musical... mais, bien sûr, j'aime aussi beaucoup la BO de la Mariée était en Noir, comme tant d'autres BO de Bernard Herrmann... je ferais un jour une
"playlist Herrmann", elle risque d'être longue ! 

Hakutu 23/07/2014 00:21


Bernstein (Elmer bien sûr... par l'autre) a interprété aussi magistrement la seule suite symphonique disponible de la "Mariée
était en noir" de Herrmann, partition moins connue que "Vertigo" mais tout aussi sublime (surtout le climax lors de la scène où la mariée tue l'artiste qui avait eu le malheur de tomber amoureux
d'elle), personnellement je la préfère à celle de "Vertigo" d'ailleurs, elle est moins influencée par Wagner (clin d'oeil évident dans Vertigo) et sa mélancolie est encore plus dense.

G.T. 26/11/2013 22:35


LO : Merci à toi, ça fait plaisir de savoir que j'ai contribué aussi à faire écouter (ou découvrir) à tes
élèves cette oeuvre à laquelle je tiens tant... 


 


FWF : Ah mais il n'y a pas à être "indulgent", ton texte est très bien ! Et tout à fait d'accord avec toi sur le
fait que la version "revisitée" par Bernstein pour le remake de Scorsese n'a pas à rougir face à l'original, loin de là...

FWF 26/11/2013 10:11


C'est vrai qu'Herrmann a un vrai don pour accorder les images ou le texte à la mélodie. La composition qui m'a le plus marqué de sa part est "Cape Fear", cette descente des cuivres accompagnant
celle vers les enfers...
La réorchestration par Bernstein pour le remake de Scorsese est vraiment bien pensée je trouve.

Je viens d'ailleurs de retrouver un petit article que j'avais écrit là dessus il y a quelques années (vous pouvez être indulgents haha) :
http://alphacin-parano.blogspot.fr/2010/12/cape-fear-by-wayne.html

lo 26/11/2013 10:01


Proposition pour "une musique du lundi " fort sympathique, et sans trop de blabla,l'essentiel pour découvrir cette oeuvre ou la redécouvrir.


Je vais l'insérer dans mon cours par plaisir..une petite pensée musicale au prochain lundi


Merci 


lo


Agitatrice De Neurone en collège