"La musique, ça ne s'explique pas, ça parle directement à nos émotions, nos sensations, notre coeur". Voilà bien un
des avis les plus répandus sur la musique. Mais surtout une vision romantique dépassée. Car les émotions et sensations ne sont pas déconnectées de la raison. L'opposition
"raison/émotion" (que l'on retrouve dans l'opposition classique/romantique) n'est plus acceptable, on sait bien que l'un va avec l'avec autre. Même sans être féru de psychanalyse, on ne
peut nier que l'émotion a sa "raison", sa logique, on n'est pas touché ou ému sans "raisons". Par exemple... contrairement à ce que dit le vieux cliché, l'amour n'est pas aveugle. Si vous
êtes beau, intelligent, sympathique, drôle, prévenant et riche, vous aurez beaucoup plus de chances de susciter l'amour que si vous êtes moche, con, désagréable, sinistre et
pauvre. J'enfonce une énorme porte ouverte, mais c'est pour briser la plus petite, tenace, qui voudrait nous faire croire qu'émotion et raison sont distincts et se confrontent, et que la
musique pourrait parler à l'une sans parler à l'autre. Les émotions ne viennent pas de nulle part, ne sont pas figées, mais évoluent de manière... "rationnelle". Vous pouvez, sans
trop l'expliquer, vous sentir bien avec une personne, mais selon ses comportements au fur et à mesure de votre relation, vos émotions fluctueront. Bien souvent de manière
extrêmement logique : plus elle se montrera désagréable avec vous, moins vous l'aimerez. C'est aussi bête que cela (à part pour quelques masos, mais c'est une autre histoire... qui
s'explique aussi par la raison).
L'amour n'est pas que de "l'émotion pure", et il n'y a aucune raison de considérer que l'art le soit. Nous sommes faits de raison et d'émotion, qui ne sont pas deux parties inconciliables,
mais plutôt des ingrédients qui se mélangent et constituent l'alchimie de l'être humain.
Même si vous n'êtes qu'un auditeur "occasionnel" de musique, qui se laisse juste emporter par telle ou telle chanson sans chercher à vous l'expliquer ni la comprendre
"intellectuellement"... votre raison intervient dans l'écoute, dans le rapport que vous créez à la musique. Tout comme elle intervient - un niveau plus ou moins conscient - dans nos
émotions.
Considérer que la musique serait avant tout de l'émotion, ce n'est qu'un point de vue, qui s'inscrit dans un contexte socio-historique particulier et nous vient du romantisme. Dans
l'antiquité grecque comme au Moyen Age, la dimension scientifique de la musique était fondamentale (voir, par exemple, La musique au Moyen Age). La première expérience de physique importante... est une
expérience acoustique et musicale, que l'on doit à Pythagore. En étudiant la vibration de cordes (certains pensent qu'il a commencé avec l'étude du poids des marteaux en fonction du son qu'ils
produisaient), il en a déduit les bases de ce que sera l'acoustique, et a théorisé les intervalles, les "hauteurs de sons", en leur donnant une assise scientifique. Pour les grecs, comme au
Moyen Age (et même encore chez Bach), la musique, c'est "l'art des nombres"... Musique, mathématiques et métaphysique sont liés, l'harmonie des nombres (mathématiques) s'exprime dans la
musique et reflète l'harmonie du monde, la perfection divine et cosmique. Cette vision de la musique dans la Grèce antique est toujours la règle au Moyen Age, où la musique
ne fait pas partie du "trivium", les arts du langage (dialectique, rhétorique, grammaire), mais du quadrivium : mathématiques, géométrie, musique, astronomie. La musique a donc plus à voir à
cette époque avec les maths et la géométrie qu'avec la poésie ou la peinture. Mais la fin du Moyen Age n'est pas pour autant la fin de cette vision "scientifique" de la musique. On connaît
l'importance du nombre dans la musique de Bach, qui relie elle aussi le nombre au divin par la musique. Un autre des plus célèbres compositeurs du XVIII° siècle, Jean-Philippe
Rameau, se considérait autant comme théoricien que musicien, il a écrit des ouvrages de référence sur l'acoustique, et appliquait ses théories à sa musique. Bien sûr, on ne
découvre pas subitement au XIX°, avec les romantiques, que la musique est aussi de "l'émotion"... mais l'émotion n'était pas le critère au coeur de la musique, celui qui la justifiait ou
l'expliquait. En réaction contre les romantiques (ou par besoin de trouver de nouvelles voies), les compositeurs du XX° vont revenir à une musique plus "scientifique", objective, et cela du
sérialisme dodécaphonique de Schönberg à la musique spectrale des années 70 (musique basée sur l'étude de l'acoustique et du "spectre sonore"), mais aussi chez Xenakis et bien
d'autres.
La musique qui ne serait que de l'émotion et n'aurait rien à voir avec le rationnel, c'est un concept qui ne peut que faire sourire les musiciens. Car lorsque l'on apprend la musique, on se
rend vite compte que tonalités, gammes, accords, tempo ; tout cela n'a rien à voir avec le hasard ou juste l'inspiration, mais que la logique interne de la musique est très complexe et
balisée. Même l'autodidacte qui gratouille sa guitare et vous dit "moi, tu 'ois, les gammes, la théorie, j'm'en tape, j'y connais rien, je fais juste ce qui me vient du plus profond, je laisse
juste parler mes émotions"... regardez-le jouer, écoutez-le chanter, et si vous connaissez la théorie, vous verrez qu'il utilise des accords, tonalités et gammes bien précises qui se
justifient rationnellement et scientifiquement. Par exemple - si vous n'avez jamais appris la théorie, vous pouvez sauter ce petit passage - dans une tonalité de Do, la structure
harmonique sera construite autour d'accords de Do, Sol et Fa (comme chez Mozart, ou dans le blues... et toutes les musiques tonales), avec quelques accords de
substitutions, des la mineur ou ré mineur pour varier de temps en temps, des modulations dans les tonalités voisines de Sol, Fa ou la mineur... bref, des rapports de quarte
(Do-Fa) et quinte (Do-Sol) déterminants dans toute la construction de ce morceau qu'il croit "libre et inspiré" et qui nous ramènent... aux expériences acoustiques de Pythagore. Et
les notes qu'il chantera sur ces accords seront dans la gamme de Do - avec des notes qui ne tomberont pas "par hasard" sur tel ou tel accord - et tout cela peut s'expliquer et se
décortiquer de manière extrêmement précise, mathématique et physique. Bref, le type qui gratte une chanson sur guitare d'un air inspiré en prétendant que tout lui
vient de ses plus profondes émotions, sans le savoir, il fait des maths et de la physique. De la plus anecdotique des chansons pop à la symphonie romantique la plus exaltée, derrière toute
musique, on trouve des règles très précises et "scientifiques", et cela même lorsqu'elles semblent détournées. En voilà une idée d'un prochain article, expliquer les théories acoustiques de
Pythagore et Rameau en s'appuyant sur une chanson de Britney Spears...
Faut-il connaître les lois de l'acoustique pour vraiment apprécier et saisir la musique ? Non, bien entendu, mais il faut savoir que derrière une chanson, une oeuvre musicale
quelconque, il n'y a pas juste un "artiste inspiré" qui laisse libre cours à son imagination, mais des bases scientifiques très carrées et rationnelles. Et les
musiciens qui croient s'en affranchir en ne les étudiant pas sont bien souvent ceux qui en sont le plus dépendants. Un musicien qui ne connaît pas l'harmonie aura
tendance à reproduire les parcours harmoniques les plus usuels là où celui qui l'a étudiée trouvera d'autres voies, et saura comment intégrer de nouvelles dissonances (il y a
bien sûr des exceptions).
Pourtant, il est évident que dans nos sociétés, l'émotion est devenue le critère déterminant lorsqu'il est question de musique. On se fout de savoir si un compositeur a bâti toute
l'architecture d'une de ses oeuvres autour du nombre d'or (enfin, pas Lou et quelques irréductibles), ce qui compte, c'est d'abord l'émotion ressenti. Qu'on le déplore ou non, c'est un fait. Il est
donc tout à fait normal que ce soit par l'émotion que l'on juge actuellement de la qualité d'une musique, que l'émotion soit un critère esthétique essentiel. Mais il faut distinguer
l'émotion très "personnelle" que l'on peut ressentir au contact d'une musique ; une émotion... qui ne regarde que nous, et l'expression de l'émotion par un artiste. Les deux
peuvent se rejoindre, lorsque, justement, on a développé un rapport esthétique à la musique. Pour bien comprendre la différence entre les deux, prenons un petit exemple :
Imaginez une femme, invitée au restaurant par un homme dont elle est tombée amoureuse, attendant ce soir-là que celui-ci lui fasse sa déclaration... ce qu'il fait, mais en sautant sur la table, en
arrachant sa chemise et en lui beuglant "Que je t'aime" devant toute la salle. Il peut le faire de la manière la plus sincère possible, penser exprimer au mieux son amour... et cette
déclaration qui lui vient pourtant du fond du coeur a de fortes chances de créer l'effet inverse à celui escompté. Si l'on ne parlait que "d'émotion pure", les choses seraient
simples : une femme et un homme qui s'aiment, un homme qui fait sa déclaration avec le plus grand enthousiasme, et la femme qui en est comblée, est encore plus amoureuse. Ils vécurent heureux
et eurent beaucoup d'enfants, fin de l'histoire. Sauf qu'il ne s'agit pas que "d'émotion"... mais aussi de style. Ce qui compte n'est pas uniquement ce qu'on exprime ou ressent, mais la façon
dont on l'exprime ou reçoit. Si c'est valable en amour, ça l'est d'autant plus en art et en musique.
Et comme l'esthète qui peut "fondre" devant telle sucrerie pop sans pour autant la considérer comme géniale, la femme dont il est ici question peut trouver "touchante" cette déclaration, mais
elle se dira tout de même que ce type est peut-être plus lourdingue et barré que ce qu'elle croyait, et il y a des chances qu'elle remette en question sa relation avec cet
homme.
Il n'est jamais question que d'émotion, mais aussi de style et d'intelligence émotionnelle, qui jouent sur notre ressenti. A partir d'une même expression toute simple ("je t'aime") et d'une
même émotion, on peut susciter des ressentis très différents selon la manière dont on l'exprime, le cadre dans lequel on se trouve, le moment choisi, etc...
Imaginez, maintenant, un film d'action où le héros bodybuildé ne cesse de balancer "Je suis le plus fort, je vais tous vous écraser," cela au premier degré, chaque fois sur une musique
pompeuse avec cuivres pétaradants... peu importe la virtuosité du metteur en scène, ce qui s'exprime est ridicule, et le film ne peut être qu'un navet. Même si l'on a envie de se
détendre devant un gros blockbuster pas compliqué, on ne peut qu'être affligé par la bêtise et la puérilité des dialogues.
C'est pour cela qu'on peut considérer que We Are the Champions de Queen... est une énorme daube. Peu importe que la mélodie soit "accrocheuse", ce qui se dit - même en faisait
abstraction des paroles - c'est un truc aussi bêta, lourd et simpliste que les exemples précédents. Les musiciens romantiques, eux, savaient aller loin dans l'héroïsme et la puissance sans
tomber dans l'emphase grossière. C'est toute la différence entre le grandiose et le grandiloquent, la grandeur et la boursouflure.
Autre exemple, punks vs néo-punks. Il est légitimement possible de dire que ces deux genres sont assez "crétins". La différence, c'est que chez les Sex Pistols, il y avait quelque chose - et
cela n'est pas lié qu'à l'attitude, mais aussi à la musique - de vraiment sulfureux, dérangeant pour la société de l'époque, ainsi qu'un minimum d'ironie et de distance. Par contre, chez
Blink machin et les autres, il ne reste plus que la crétinerie adolescente.
C'est pour cette raison que le rock des années 50 n'est pas si ridicule et simpliste que certains ont pu le prétendre à l'époque... oui, il était simple, basique, mais il y avait aussi une certaine
distance dans le fait de ne pas se prendre totalement au sérieux, une "coolitude" et une légèreté qui ont de quoi désamorcer les critiques.
En musique, on peut exprimer toutes les émotions... le problème, c'est de savoir comment les exprimer (et cela est valable pour tous les arts). Comme dans la vie, on peut, par
exeemple, exprimer la joie de tas de manières différentes. Mais ce n'est pas tout d'être joyeux, encore faut-il que cette joie se manifeste avec un minimum d'intelligence, avec une
compréhension de l'autre et de comment il va la recevoir. Si vous vous mettez à sauter dans tous les sens en embrassant le moindre passant et en lui criant "je t'aime !", vous aurez juste
l'air d'un débile profond (à moins que vous vous trouviez dans une communauté hippie). Vous ne susciterez pas la joie, mais plutôt de l'embarras, des sarcasmes et de la consternation. Il
en est de même en musique (et en art).
L'une des grandes limites de la sociologie de la musique, à mon sens, c'est de négliger ce paramètre déterminant qu'est le facteur émotionnel. Lorsque deux personnes reprochent à une
troisième d'écouter de la merde, ce n'est sûrement pas qu'une question de classe sociale, de codes et de bonnes références, mais surtout une attaque contre sa sensibilité. Nous
avons tous été blessé ou ressenti, à un moment ou à un autre, ce sentiment de "honte" quand d'autres ont ironisé sur tel ou tel de nos goûts musicaux. Non pas parce qu'on nous renvoyait à
notre classe sociale "inférieure", ça, on s'en fout pas mal, d'autant plus que depuis de nombreuses années, il est préférable de dire que l'on vient d'un milieu populaire plutôt que de
l'élite (excepté dans quelques petits cercles aristocratiques ou de la très grande bourgeoisie... et encore)... le plus dérangeant, c'est l'impression qu'on
nie la profondeur et la subtilité de notre sensibilité, que l'on est considéré comme un "bourrin" parce qu'on écouterait des musiques que d'autres jugent trop lourdingues,
ou comme quelqu'un de mièvre parce qu'on aimerait des chansons trop mielleuses. C'est en quelque sorte la "justesse" de nos émotions qui est remise en cause lorsque l'on s'attaque à nos
goûts musicaux. Nos goûts disent forcément quelque chose de nous, et si vos artistes favoris sont Queen, Bon Jovi, et votre chanson préférée l'atroce Final
countdown d'Europe, on imaginera forcément que vous êtes quelqu'un aux émotions un peu "naïves" et primaires, contrairement à un plus subtil fan de Nick Drake, du Velvet et de
Dylan. Bien entendu, il se peut que ce ne soit pas le cas, il doit bien exister quelques fans de Bon Jovi, Queen et Europe avec une sensibilité assez fine et une vraie "intelligence
émotionnelle"... mais dans ce cas, vous ne pouvez aimer uniquement ce type de groupes, et vous comprendrez parfaitement, si, mettons, vous vous mettez à discuter musique avec une fille
charmante que vous espérez séduire... qu'il est préférable d'éviter de commencer à lui parler de votre passion pour le hard FM, mais plutôt de Dylan, des Beatles, de
Bowie ou de tout autre artiste plus subtil...
Pourquoi en revenir toujours à des jeux de séduction ? Car la musique est un art de la séduction (sans doute plus que les autres - particulièrement à notre époque - mais il est vrai
que la séduction est au coeur de tout art)... et cela même dans le cas de musiques violentes, dissonantes, expérimentales. On y séduit en proposant quelque chose qui va
véritablement "marquer" l'auditeur, et l'on cherche à séduire ceux qui... refusent de se laisser séduire par la mélasse sentimentalo-niaise diffusée à longueur de journée sur les
radios commerciales.
Et comme dans tout jeu de séduction, l'autre ne peut interpréter vos émotions qu'à partir de la manière dont vous les exprimez. Ainsi, le rôle d'un critique musical, d'un "esthète", c'est
aussi d'être un "passeur d'émotion", un filtre entre les artistes et les auditeurs, qui se donne pour but d'orienter vers des musiques où les émotions s'expriment de la manière la plus
intéressante, subtile, convaincante... séduisante. Car il ne suffit pas à un album d'être original et accrocheur (après tout, certains albums de Queen le sont) pour être un grand album,
le style (donc l'expression de l'émotion) est tout autant fondamental.
Le problème... c'est bien évidemment qu'il y a une bonne part de subjectif dans tout cela. Pour deux amateurs aussi exigeants l'un que l'autre, l'un pourra trouver telle chanson
"mièvre", l'autre "magnifique". Mais c'est aussi pour cette raison que les débats sur la musique et nos goûts sont passionnants, parce qu'il n'y a pas une vérité scientifique
qui s'impose à tous et ferme le débat, mais bien parce que tout est à construire et à réinventer en fonction des époques, du contexte, de nos conditionnements, de nos rapports aux
émotions et à leur expression, qui sont eux-mêmes culturels. Ce ne sont donc pas qu'à des questions de contexte historico-social ou d'originalité que nous renvoie l'esthétique, mais aussi
à notre manière de vivre, exprimer et communiquer nos émotions...
Sur le même sujet :
Esthétique et ressenti
Par G.T.
Lundi 7 septembre 2009
1
07
/09
/Sep
/2009
21:52
-
Publié dans : Divers
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Salut G.T., très bon article, mais un passage me fait tiquer.
"Nos goûts disent forcément quelque chose de nous, et si vos artistes favoris sont Queen, Bon Jovi, et votre chanson préférée l'atroce Final countdown d'Europe, on imaginera forcément que vous êtes quelqu'un aux émotions un peu "naïves" et primaires, contrairement à un plus subtil fan de Nick Drake, du Velvet et de Dylan."
Je suis bien entendu heureux de faire partie des "subtils", mais n'en oublie pas moins que des millions de personnes sont "primaire", non pas par choix, mais plutôt par manque d'éducation et par conditionnement. Si on n'a pas le fameux petit "déclic" ou pas d' "initiateur", il peut être très difficile de sortir du schéma RTL 2 / RFM / ... Et le "pire", c'est que l'on n'a même pas conscience de son mauvais goût puisque ce schéma devient, à force de rabachage, devient le modèle par excellence.
Bref, il n'est pas forcément évident de s'élever et surtout, ce n'est pas donné à tout le monde (pour des tas de raisons : contexte familial, social, absence de déclic, d'initiateur, ...).
Tu parles de nos différents rapports à cette mièvre chanson qu'est "Every time I'm with you" sur DNOTS ? ^^
Mais je pense aussi que l'art, en général, nous permet - même si on n'en a pas conscience - d'affiner nos émotions...
Quant à "mièvre" vs "magnifique", oui, c'est cette passe d'arme entre toi et Thom sur Sparklehorse qui m'a fait ajouter cette nuance^^
"C'est en quelque sorte la "justesse" de nos émotions qui est remise en cause lorsque l'on s'attaque à nos goûts musicaux."
Un peu moins sur le reste. ll est certains qu'il y a un fondement théorique à la musique. Néanmoins, ce fondement théorique n'a été construit qu'à posteriori. Le fait qu'on construise par degré, avec les écarts types, avec les notes "imposées", n'est pas le résultat d'une théorie. Au contraire, on a construit une théorie pour justifier ce qui sonnait juste et faux. Et ca permet après en les connaissant de comprendre le pourquoi du comment. Enfin je suis pas sûr que tu disais le contraire^^
Je me permets de recopier des passages de Kant glanés sur le net, qui expriment à mon avis parfaitement la distinction et les liens entre beau, subjectivité, goût, science... Et qui rejoignent sur certains point ce que tu dis. Rien de très original n'est dit (pour aujourd'hui vu que ces idées ont influencés jusqu'à aujourd'hui), mais c'est dit de manière tellement claire que c'est génial.
"Car il ne doit pas appeler beau, ce qui ne plaît qu’à lui. Beaucoup de choses peuvent avoir pour lui du charme ou de l’agrément; personne ne s’en soucie; toutefois lorsqu’il dit qu’une chose est belle, il attribue aux autres la même satisfaction; il ne juge pas seulement pour lui, mais aussi pour autrui et parle alors de la beauté comme si elle était une propriété des choses. C’est pourquoi il dit : la chose est belle et dans son jugement exprimant sa satisfaction, il exige l’adhésion des autres, loin de compter sur leur adhésion, parce qu’il a constaté maintes fois que leur jugement s’accordait avec le sien. Il les blâme s’ils jugent autrement et leur dénie un goût, qu’ils devraient cependant posséder d’après ses exigences; et ainsi on ne peut dire : “À chacun son goût”. Cela reviendrait à dire : le goût n’existe pas, il n’existe pas de jugement esthétique qui pourrait légitimement prétendre à l’assentiment de tous."
Et plus précisement sur le sujet. En faisant abstraction de la notion "nature" qui est datée.
"Or un produit de l’art apparaît comme nature, par le fait qu’on y trouve toute la ponctualité voulue dans l’accord avec les règles, d’après lesquelles seules le produit peut être ce qu’il doit être; mais cela ne doit pas être pénible; la règle scolaire ne doit pas transparaître; en d’autres termes on ne doit pas montrer une trace indiquant que l’artiste avait la règle sous les yeux et que celle-ci a imposé des chaînes aux facultés de son âme."
La distinction entre l'art et la science. Et en quoi l'art ne peut être limitée aux règles de l'art qui n'ont d'ailleurs rien de scientifique.
" L’art, comme habileté de l’homme, est aussi distinct de la science ( comme pouvoir l’est de savoir ), que la faculté pratique est distincte de la faculté théorique, la technique de la théorie ( comme l’arpentage de la géométrie ). Et de même ce que l’on peut, dès qu’on sait seulement ce qui doit être fait, et que l’on connaît suffisamment l’effet recherché, ne s’appelle pas de l’art. Seul ce que l’on ne possède pas l’habileté de faire, même si on le connaît de la manière la plus parfaite, relève de l’art."
Ainsi, l'art est le produit du génie (parfois^^), entendu comme "un talent qui consiste à produire ce dont on ne saurait donner aucune règle déterminée. "
(ce n'est pas moi qui parle):Ce n’est donc pas une technique acquise par l’habitude. Du coup, le travail du génie est toujours original. Mais cette originalité n’est pas n’importe quoi.
Les œuvres du génie doivent être exemplaires. Elles servent de règles pour le jugement des autres, bien que le génie ne connaisse pas cette règle.
Le génie ne peut expliquer comment il produit ce qu’il fait : « Il n’est en son pouvoir ni de concevoir à volonté ou suivant un plan de telles idées ni de les communiquer aux autres dans des préceptes qui les mettraient à même de réaliser des produits semblables. »
Cette idée explique de manière lumineusele caractère a posteriori de la critique qui va dégager les règles de l'art à partir des génies, jusqu'à ce qu'elles soient chamboulées par un nouveau génie!
sources:
http://lewebpedagogique.com/philosophie-bac/trois-textes-de-kant-sur-lart-et-le-beau/http://www.lettres-et-arts.net/arts/144-iii_kant_definition_de_l_art
Sinon... quel plaisir de se lever puis de boire son café en lisant un long article où les mots "maths", "physique", "sciences" reviennent autant de fois :-)
Très bel article, intelligent et marrant (même si pour l'autodidacte qui gratouille tu avais un exemple parfait et même trouvable en vidéo... le fameux épisode de Friends où Phoebe apprend la guitare à Joey en lui explicant des accords plus fantasques les uns que les autres... mais qui sont en fait les véritables accords avec un autre nom, qu'elle ne connaît pas). Mais je trouve que, comme souvent les épisodes 2, il se termine de manière un brutale, un peu sombre... va falloir attendre le trois pour en arriver à l'affrontement final (peut-être qu'il y aura aussi des petits Christophe en peluche qui feront la guerrilla...).
Il n'est jamais très bienvenu de généraliser, mais tu as raison, la plupart du temps on peut se forger une idée de la personne qu'on a en face de soi rien qu'en parlant musique. Personellement je me méfie comme de la peste de ceux qui citent en référence le trio Beatles/Pink Floyd/Dire Straits, bien plus que ceux qui aiment la variété francaise ou le dernier tube de rnb à la mode...
Il n'est jamais très bienvenu de généraliser, mais tu as raison, la plupart du temps on peut se forger une idée de la personne qu'on a en face de soi rien qu'en parlant musique. Personellement je me méfie comme de la peste de ceux qui citent en référence le trio Beatles/Pink Floyd/Dire Straits, bien plus que ceux qui aiment la variété francaise ou le dernier tube de rnb à la mode...
Je dois dire que taper gentiment sur Queen, je m'y attendais, c'était prévisible... mais ce que c'est bon :P Ceci dit, à 3 jours près, si tu avais posté cet article le 5, ça aurait collé avec l'anniversaire de la castafiore à moustache.
En effet, le refrain habituel sur l'émotion, c'est plus que limité... à moins d'être fan de variété française ou de Hard FM? Mais comme tu le soulignes, le plus triste dans l'affaire, c'est que ça corréle surtout le manque d'ouverture d'esprit de la dite personne. Et je rebondis donc sur ce qu'a écrit Thierry à propos du manque d'éducation ou du conditionnement. Je suis en partie d'accord, mais il n'empêche, je ne peux accepter le manque d'ouverture d'esprit de la majorité de la population, à ce rythme là, on resterait toujours avec nos goûts adolescents par exemple (soit AC/DC et Maiden pour ma part... la belle lose en somme, ceci dit je serais pas le seul dans ce cas parmi les habitués de ce blog). C'est sans doute pour cette raison que je préfère paradoxalement discuter avec qqn qui considère la musique plus comme un passe temps, un auditeur occasionnel comme tu le nommes que face à un "bourrin" incapable de se remettre en cause. Allez demander à un fan de black metal de jeter une oreille sur le Hérésie d'Univers Zéro par exemple...
N'empêche que l'article est assez étonnant, en ce sens que j'ai cette impression que justement quand j'écoute ou regarde une oeuvre, je fais plus parler mon réceptacle à émotion qu'intellectualiser la chose (suffit de lire mes chros, sont pas construites, etc.). Ce post tends donc à prouver que je ne suis pas à ma place, je vais commencer à écouter Cherie FM alors... si telle est ma condition. :'(
En fin de compte, je ne sais pas si le premier serait plus à plaindre que le second, et dans les deux cas de toute façon, ils ne se permettent pas d'évaluer l'oeuvre qu'ils écoutent comme il se doit.
Comme tu l'as bien dit, il semblerait qu'au final, il ne faille pas opposer l'émotion à la raison, mais admettre que les deux sont nécéssaires lorsqu'on écoute de la musique.
On pourrait élargir au cinéma... Je l'ai déjà fait à l'occasion d'autres réflexions qui m'avaient fait tiquer par le passé. Sur le degré d'exigence du blogueur rock qui, à côté, consomme souvent du cinéma "mainstream" (je ne vise personne en particulier, c'est un ressenti...). Et je pense qu'à mes yeux beaucoup d'entre vous défendraient des choses équivalentes à Queen et consorts et que ce que je tiens pour le Nick Drake du cinéma vous ferait fuir...
Mais, bon, peut-être que cela n'a rien à voir... Je m'égare ?... Ou alors, on ne questionne pas les différents "divertissements" de masse de la même manière. Ce qui serait normal puisqu'on est sur un blog de musique. Pardon pour la digression.
Absolument pas, je précise bien ici "deux amateurs aussi exigeants l'un que l'autre" :-)
BOEBIS : Au contraire, on a construit une théorie pour justifier ce qui sonnait juste et faux. Et ca permet après en les connaissant de comprendre le pourquoi du comment. Enfin je suis pas sûr que tu disais le contraire^^
En effet, je ne dis pas le contraire... et je suis bien d'accord sur le fait que, comme le dit Kant, les génies vont - en général - "imposer" de nouvelles règles, qui deviendront la norme.
Mais il faut voir aussi voir que s'il était possible justifier scientifiquement (par l'acoustique) a posteriori la musique, c'est bien parce que celle-ci répond en grande partie à des lois physiques. C n'est pas un hasard si les intrevalles de quarte et quinte étaient privilégiés dans l'antiquité et au Moyen Age, puis les degrés I IV V à la base de toute la musique tonale qui reste "la règle" pour le public... si tu fais vibrer une corde, ses premiers harmoniques sont justement l'octave, la quinte et la quarte (et c'est dans cet ordre précis que les degrés I V IV ont un "poids" dans la tonalité).
Là, toi qui t'intéresses particulièrement aux musiques du monde, tu me diras que la tonalité n'est pas la règle sur toute la planète... tu auras raison, mais les modes aussi, et en particulier la gamme pentatonique qui est si universelle répondent aux lois de l'acoustique (j'en parlerai dans un prochain article)...
THOM : Normalement, il ne devrait pas y avoir de peluches dans l'épisode 3, ce sera le plus sanglant... (enfin, après, je ne sais pas ce qu'en donnera l'adaptation ciné "Esthétique et ressenti, le film !"^^)
XAVIER : mais tu as raison, la plupart du temps on peut se forger une idée de la personne qu'on a en face de soi rien qu'en parlant musique
En fait, ce n'est pas vraiment "on peut", c'est qu'on le fait, forcément... par exemple, on se fait tous une idée de ce que "sont" les autres blogueurs, pas seulement en fonction de leur manière de communiquer, mais aussi - voire surtout - en fonction des musiques qu'ils défendent...
(Sinon, les Beatles et Pink Floyd, ce sont tout de même deux des groupes qui m'ont le plus marqué, deux de mes références... je suis pas passé loin, heureusmeent que je déteste Dire straits^^)
Dr. F : C'est sans doute pour cette raison que je préfère paradoxalement discuter avec qqn qui considère la musique plus comme un passe temps, un auditeur occasionnel comme tu le nommes que face à un "bourrin" incapable de se remettre en cause.
Pareil, et cela même si le "bourrin" peut être un vrai fana de musique...
ROMAIN : Mais tu ne parles pas de son pendant inverse, à savoir l'auditeur qui ne serait plus capable d'écouter de la musique qu'en l'étudiant scientifiquement.
Tout simplement parce que c'est très minoritaire... c'est ce que certaines personnes imaginent, parfois, des musicologues... elles pensent qu'un type qui étudie sérieusement et en profondeur la musique ne peut plus que l'appréhender scientifiquement... ce qui est bien entendu totalement faux, ça reviendrait à croire qu'un psychanalyste serait incapable d'amour, d'émotions, ou un gynécologue de "désir"...
Il y a des oeuvres que j'ai analysées en détail, ça ne m'empêche pas de toujours ressentir les émotions les plus fortes en les écoutant.
Après, bien sûr qu'il doit exister des gens qui n'ont plus un rapport qu'intellectuel à la musique... et, en effet, ils passent à côté de l'essentiel...
SKA : Attention, je ne dis pas qu'un type fan de hard FM a un "émotionnel" forcément primaire, ni qu'un fan de Nick Drake a "forcément" une sensibilité très fine... cela peut s'avérer totalement faux en réalité. Je dis que c'est ce qu'on a toujours tendance à en déduire, de manière plus ou moins consciente. Et c'est un peu la même chose avec le cinéma... si tu croises un type qui te dit que pour lui, les plus grands films, ses références absolues sont les films de Steven Seagal et Chuck Norris, ne me dis pas que quelque part, tu ne penseras pas que c'est un "bourrin", et qu'il n'est pas la peine de lui proposer d'aller voir le dernier film, pourtant très réussi, d'Elia Suleiman... non pas simplement parce que l'on se dit "c'est pas son genre", mais plutôt parce que l'on imagine qu'il n'est pas assez fin pour l'apprécier à sa juste valeur...
Ska... je pense au contraire que l'on questionne ces "divertissements de masse" exactement de la même manière. Je ne peux parler que pour moi. Néanmoins, pour prendre un exemple extrêmement basique : je ne maîtrise que peu le langage cinématographique, lorsque dans une discussion tu vas évoquer tel ou tel parti-pris... je me sens souvent dans la position du mec à qui je vais parler de tel ou tel disque ou livre. Donc oui, ça revient au même, et c'est une des raisons pour lesquelles je ne chronique jamais de films, j'aurais l'impression de ne pas être "dans mon rôle", qui bien souvent se limite à celui du commun des mortels, c'est-à-dire à une lecture très superficielle de l'oeuvre en question.
A l'inverse, je m'arrache régulièrement les cheveux quand je lis des articles sur les séries... je parle bien sûr d'articles qui ne sont pas de moi ;-) Je trouve même qu'il y a très peu de blogs ou de sites valables sur le sujet ; en tant que divertissement de masse elles touchent un nombre considérable de gens, mais très peu connaissent réellement le code génétique de ce format, très peu comprennent les tenants et aboutissants, très peu ont une vraie culture du genre et très peu en maîtrisent les codes. Et les pires dans le genre, paradoxalement, sont souvent les cinéphiles qui se piquent de parler de séries et écrivent des imbécilités totales juste parce que comme c'est filmé aussi, ils pensent que c'est bon ils maîtrisent (alors que pas du tout).
Bref : tous les gens ont leur propre code génétique, et pour chaque genre celui qui connaît parfaitement ce code ne voit définitivement pas la même chose que celui qui ne le connaît pas.
Tu parles avec justesse de l'aspect mathématique de la musique, de cette façon qu'ont les quartes et les quintes de sonner juste (car il n'est jamais question que de ça à l'époque), mais pour moi l'émotion en musique se situe à un stade un peu différent, à ce qui fait que l'art est un art, pas une science, justement: pourquoi, mais bon Dieu, pourquoi jouer en mineur donne - t -il une impression de mélancolie et de tristesse?
Evidement, pour faire ressentir cette émotion, on va utiliser ce fait, on va composer en mineur (ou autrement, ce n'est qu'un exemple). Mais ça, ce n'est jamais qu'un outil.
Evidement que l'idée de quelqu'un composant uniquement sur l'épotion, une sorte de "génie" au sens Hegelien du terme (et surement Kantien vu les citations de Boeb'is...) n'existe pas (ou tout du moins plus, maintenant que tant de choses ont été faites et que la majorité a été théorisée... Disons que par exemple, je ne pense pas que le premier gars qui a composé un sonnet s'est livré à des monceaux de calculs savants avant d'accoucher de cette "forme parfaite"... c'est ça le génie pour moi en fait...)
En parlant ainsi de physique et maths pour parler de musique, tu oublies une chose: les maths n'ont aucune finalité en soi (oupresque). Les maths ne sont jamais qu'un outil dont a besoin le physicien pour étudier des choses réelles. Même les plus fortes abstractions mathématiciennes (univers à N dimensions, nombres imaginaires) ont une application et une modélisation physique (même si non tangible). de la même façon, les quartes les quintes, les théories pythagoriciennes de la musique, cet aspect... technique en fait, sont juste des outils pour composer des trucs qui eux, vont faire passer une émotion...
En fait pour être honnête, je crois pas trop voir où tu veux en venir. (Tiens, je vois pas non plus où JE veux en venir non plus d'ailleurs.)
Après, d'autres trucs comme ça, en vrac... Tu comparres les Pistols et Blink, en targuant Blink de ne faire preuve que de crétinnerie adolescente... Mais c'est justement leur but! (Penche toi sur les paroles, tu n'y verras pas autre chose...) C'est une musique totalement absurde, régressive, un peu con... Après, que ce but te paraisse juste, utile, interessant ou pas... Là c'est plus tout à fait la même chose, mais le fait est que l' " émotion" qu'ils sont désireux de faire passer y est, pour preuve: tu le ressens toi même.
Enfin bref...
Sinon, pour revenir sur le premier commentaire de Thierry, le gros problème de ce que vous appelez les "primaires", c'est justement que, contrairement aux animateurs débilitants des radios sus - citées ne prennent pas ceux là pour des cons ou des gens de mauvais gout. Alors que souvent, les "initiateurs" disponibles, justement, parlent comme ça, avec ce petit côté condescendant (l'utilisation du verbe "s'élever", en fait, est d'une violence assez incroyable quand on y réfléchit...)
La grosse erreur qu'on fait, c'est qu'on a beau se rappeler qu'on a eu à une époque des gouts quo'n considère aujourd'hui comme pourris on ne sait plus ce que c'est. On a oublié le pourquoi, et justement, le bon "initiateur" devrait savoir "désapprendre" son bon gout parfois.
Parce que quand G.T. parle de draguer en parlant de Dylan, Bowie et des Beatles, il oublie que les gens "normaux" (comprenez par là la majorité) ont plus de chance de connaître Coldplay que Nick Drake, et le séducteur débutant de passer pour un snobinard "qui écoute de la musique de vieux".
J'ai pensé à la fin de ton article à la musique MTV, MCM ou RTL... les émotions simples, musicalement et visuelement, des chansons que l'on retient dés la première écoute... les accords qui touchent... le style des artistes dont tu parles aussi dans la deuxième partie de ton article... la facon dont les médias jouent sur ce style et la facon de le transmettre... la mathématique de la durée d'une chason, des accords choisis, de leur enchainnement, de la durée du refrains, de sa répétition, du temps entre le début de la chansons et le début de ce refrain, ...
Tout ca a été bien décortiqué, toutes les chansons populaire se ressemble maintenant, on a créer le style universel sur base d'une analyse similaire à celle que tu viens de faire! Ils ont sans cesse amélioré le modèle, ... et peuvent même le faire évoluer et du coup changer les gouts des auditeurs... c'est presque beau de limpidité et de prefection parfois... cette musique que l'on entend le matin sous la douche et que l'on connait par coeur pour toute une vie... L'EQUATION PARFAITE...
On ne compose pas en pensant au math... mais les maths et la logique sont présentes dans l'émotion... pour avoir encore écouter Frank Zappa ce matin (et je suis pas super fan), il faut bien avouer que l'émotion est plus facile quand elle suit des régles "logiques"... Ca ne veut pas dire qu'on doit suivre des régles logiques, mais que les deux sont liés au niveau de l'émotion pur chez tout le monde. Impossible de nier qu'entre Zappa et Bach, on sent plus de logique mathématique chez Bach, et que l'émotion est plus forte chez Bach pour 99% des gens, ce qui ne diminue pas le travail de Zappa... Mozart qui est de l'émotion à l'état pur, suit des régles mathématique d'une pureté évidente, mais evidemment, chez lui, c'était inné, mais elle existe... et c'est beau aussi pour ca!
Putain, il est compliqué ton sujet GT!
la partie qui expose que, intuitivement ou parce qu'on a été formé, on copose d'une certaine manière et pas au hasard, est limpide et bienvenue.
pour le reste, en fait je m'attendais à une réponse à un commentaire récent, d'un niais qui venait apporter la contradiction en s'emmêlant les pinceaux.
donc je vais m'appuyer sur ton article pour... parler d'autre chose ^^
ce qui m'a rfappé dans le discours de l'autre crétin, ce ne sont pas les goûts qu'il défendait, c'est qu'il disait en substance ceci :
tu es du côté de l'analyse et moi du côté du ressenti, et DONC mon approche l'emporte sur la tienne.
c'et là-dessus que ton article me laisse un peu sur ma faim.
parce que, même en ayant le palais éduqué et des goûts de luxe en matière de vins, ça n'empêche pas d'aimer boire du coca.
Nous sommes nombreux à pouvoir aimer au premier degré (j'insiste, au premier degré) des trucs pas terrible, en ayant conscience que musicalement ça ne vole pas haut.
Ca a moins à voir avec l'eclectisme qu'avec le mythe erroné de l'unité du moi. Presque aucun de nous n'est parfaitement cohérent. Même des personnes qui semblent l'être ne le sont souvent que par contingence : si je consacre mes jours et mes nuits à la musique sacrée du bas moyen-âge, je n'ai pas le temps d'écouter RTL2 ou Nostalgie, mais il est très possible qu'en tombant sur Toto ou Jean-Pierre Mader je prenne mon pied.
Je me méfie du purisme affiché, il est souvent une manière de se croire plus cohérent qu'on n'est, or comme le dit fort bien un type comme bernard lahire, l'homme est "pluriel" (il parle bien de cahque individu, avec ce pluriel).
voilà une première chose.
l'éducation et la formation n'expliquent pas tout de notre ressenti, car fort heureusement nous n'avons pas qu'une vie intellectuelle ^^
secundo,
et là je reviens à notre crétin de passage, il est totalement inepte de combattre une approche par l'autre (le ressenti contre l'analyse, le goût profane contre la critique).
Expliquer qu'on se situe dans "l'autre" logique, c'est dire du même coup : je suis insensible à ton argumentation parce que je me situe sur un autre plan, elle n'a pas prise sur moi.
OR, comme tu le rappelle et comme des échanges salés l'ont démontré récemment, une appropche critique d'un artiste ou d'une oeuvre peut être perçue sur le plan émotionnel. Vu la supériorité symbolique de l'intellect dans la culture française, la critique jouit d'une certaine autorité.
Donc si un groupe que j'aime se fait patraquer la gueule sous un angle critique, ça me blesse.
Ca a beau être inepte, c'est très pertinent pourtant puisque finalement, l'approche "sensible" est bel et bien concurrencée par l'appropche critique. Et du même coup je la ressens comme une menace contre ma légitimité à être dans une approche sensible.
surtout que presque tous autant que nous sommes ici, nous passons sans nous en rendre compte de l'un à l'autre. Je m'inclue dans le lot.
Bon, sur ce je vais relire "critères esthétiques et jugement de goût", excellent petit opuscule d'Yves Michaud.
parce que, même en ayant le palais éduqué et des goûts de luxe en matière de vins, ça n'empêche pas d'aimer boire du coca.
Certes mais le coca n'a rien à voir avec le vin. Mon beau-père, qui est oenologue, tu lui feras sans problème apprécier du coca... par contre une piquette à 2 euros chez Inter, faudra te lever de bonheur même pour qu'il y trempe les lèvres ;)
C'est dans quel article? Si je rattrape ça je comprendrai surement mieux...
Oui mais bon... sans vouloir rouvrir les plaies, tu parlais plus haut de "se faire patater la gueule sous un angle critique"... l'universitaire qui sommeille en moi et se réveille une fois l'an tique quand même un peu, du coup, l'angle critique susnommé ayant été presque totalement absent de ladite bataille, d'un côté comme de l'autre. Tout dépend bien entendu ce que l'on entend par "angle critique" ; néanmoins sous un article comme celui-ci, je doute que le terme "angle critique" puisse désigner sans se salir les mains des réflexions aussi argumentées et puissantes que "Les Libertines sont de l'eau du robinet", "A côté des Pistols ils sont mignons", "c'est de la popasse fadasse", "Pete Doherty a changé ma vie" et autres "Tu comprends rien au rock'n'roll" ;-)
Ou alors par "angle critique" tu entendais "angle de tir" :-D
Arbobo : tu ne voulais pas parler du fameux Jacques (pour ne pas le nommer), qui vient lâcher ses tartines pompeuses et lénifiantes dans les commentaires de l’article sur le rock progressif ?
(ceux qui voient un rapport entre les adjectifs employés et la très grosse majorité du genre en question ont décidément l’esprit mal tourné)
Sinon, je vois que je ne suis pas le seul à tiquer sur le terme "s’élever", qui a un côté "esthète de droite" avec lequel j’ai vraiment du mal ^^
GT, il me semble que Romain évoquait une piste fort intéressante. Pas strictement dans le sens d’une oreille purement scientifique, ça me fait plutôt penser à la fixation sur la technique, qui pour le coup, n’est pas du tout un syndrome rare ! Et qui, d’après un sondage effectué par mes soins au fil des ans et des heures passées à discuter de musique(s), est un mal à 98,2% masculin.
Combien de fois ai-je entendu ces mots dans la bouche des mecs (à moins que ce ne soit d’autres organes qui parlent, le Doc doit être mieux renseigné ;)) : "ça envoie", "ouah il assure graaave le gratteux", "y tue trop le solo", "p*tain trop dur ce qu’il a fait là", "Mark Knopfler ce génie", et le jugement définitif et péremptoire : "c’est technique". Sans oublier le versant péjoratif : "pffff y’a que 2 accords", "il est quand le solo", "trop pourri le bassiste de Cure", et kaetera.
Interrogeons ledit "mec qui kiffe la bonne zik" sur les émotions qu’il ressent en écoutant les disques et morceaux qu’il aime, ce qu’ils lui évoquent, lui font imaginer, rêver, ce que ça peut éveiller comme souvenirs… Euh, bah, silence radio. Les émotions, les sentiments, tout ça, c’est des trucs de gonzesses ! Le mec aime quand c’est du lourd, quand ça en jette, quand Eddie Van Halen nous fait une démonstration de tapping de ouf, quand Paco de Lucia enchaîne les gammes tel un ouvrier qui verse avec dextérité et virtuosisme des tiges de rhubarbe sur une chaîne de production d’un vaillant fleuron de l’industrie agro-alimentaire (mais avec un rapport tendinite/gloire très très nettement inférieur, il avait qu’à mieux choisir son instrument, ce con, qui vient à tous les coups d’un milieu social l’empêchant naturellement de s’élever).
Bref, je m’égare, mais rien ne m’horripile tant que d’entendre ces mots : c’est technique. Ah ouais, c’est bien gentil, mais la technique on s’en fout. Alors, pour le reste ? Des mots que j’ai trèèèèès souvent entendus dans la bouche des fans de prog et de metal, tiens tiens…
M’enfin, je dis ça alors que mes connaissances en matière de théorie musicale avoisinent le zéro absolu (au environ de -112, ce me semble, Guic me corrigera)…
Ce qui est paradoxal (quoique) c'est que ces propos sortent généralement de la bouche de gens n'ayant que peu de connaissances relatives à la technique (l'harmonie, n'en parlons même pas). Là aussi, il y a une question de conditionnement, mais de conditionnement inversé : comme une bonne grosse part du grand public ne comprend rien à la technique, il nourrit pour elle une espèce de crainte respectueuse, comme si le fait qu'un morceau soit technique le rendait nécessairement même pas bon - juste impressionnant. Car à la vérité, sur les 1000 amateurs de hard ou de Dire Straits (je connais d'ailleurs nombre de gens aimant les deux) combien sont capables de dire ce qu'est une progression harmonique ? 10, peut-être 20, pas plus...
(-459.67 pour nos amis Ricains)
Eh bien... justement, je peux te l'expliquer sans problèmes en passant par les lois de l'acoustique ! Mais je ne vais pas le faire là, plutôt dans un prochain article, dans la semaine (ou la prochaine...) Parce que ça demande quelques développements pour être bien clair (quoiqu'on pourrait l'expliquer très rapidement, mais je veux pas gâcher le suspense^^)
En parlant ainsi de physique et maths pour parler de musique, tu oublies une chose: les maths n'ont aucune finalité en soi (oupresque). Les maths ne sont jamais qu'un outil dont a besoin le physicien pour étudier des choses réelles.
Je ne pense l'avoir oublié... et je ne vois pas trop la contradiction avec ce que je dis.
En fait pour être honnête, je crois pas trop voir où tu veux en venir.
Le problème de cet article, peut-être, c'est que - comme le note ARBOBO - il y a plusieurs sujets, et c'est vrai qu'entre le rapport de la musique à la science puis l'expression des émotions, il n'y a pas de lien évident... j'ai compilé plusieurs choses différentes sur le thème "émotion et musique"...
Ensuite, que le but de Blink machin soit d'exprimer la "crétinerie adolescente"... ça ne justifie rien. Ce qui peut être intéressant, c'est d'exprimer la 'fougue" de la jeunesse, sa révolte, son besoin de liberté etc... et ça, le rock le fait très bien depuis les années 50... par contre, se limiter à la crétinerie adolescente, s'il n'y a pas un "regard" particulier, ça donne juste... de la crétinerie adolescente, et ça craint à mort^^
Parce que quand G.T. parle de draguer en parlant de Dylan, Bowie et des Beatles, il oublie que les gens "normaux" (comprenez par là la majorité) ont plus de chance de connaître Coldplay que Nick Drake, et le séducteur débutant de passer pour un snobinard "qui écoute de la musique de vieux".
Bien sûr qu'il faut savoir prendre en compte le contexte, et la personne à qui on s'adresse...
ARNO : C'est beau ce que tu dis^^ (et en plus, c'est vrai...)
Et je suis aussi totalement d'accord avec ton commentaire 19, c'est un point essentiel, la "beauté", l'émotion que l'on ressent est souvent liée à une forme de perfection formelle (même si on n'a pas conscience de l'architecture ou de la structure d'une oeuvre)... la beauté de l'équilibre, l'harmonie qui s'en dégage (et je ne parle pas là d'harmonie musicale)... ce qui rejoint ce que j'ai écrit sur la "symétrie mélodique", les mélodies qui en général touchent le plus les gens, ont une véritable symétrie...
ARBOBO : Entièrement d'accord avec toi sur le "mythe erroné de l'unité du moi"... on a tendance, lorsque quelqu'un nous donne 3-4 de ses groupes favoris, d'en déduire -inconsciemment ou pas - que les émotions qui le dominent sont de telle ou telle sorte... ce qui bien sûr peut s'avérer totalement faux, et ne reste qu'un préjugé.
Même des personnes qui semblent l'être ne le sont souvent que par contingence : si je consacre mes jours et mes nuits à la musique sacrée du bas moyen-âge, je n'ai pas le temps d'écouter RTL2 ou Nostalgie, mais il est très possible qu'en tombant sur Toto ou Jean-Pierre Mader je prenne mon pied.
Certes... mais si ce médiéviste rencontre une femme qui lui plait et qui lui dit "Je connais rien à la musique classique... et en dehors de la musique du Moyen Age", t'écoute, quoi ?" Il y a peu de chances qu'il lui réponde "J'kiffe ma race sur Macumba de Jean-pierre Mader et sur les bons vieux Toto"... pas parce qu'il a honte de ces goûts populaires (d'autant plus que ce serait un "terrain d'entente" avec cette femme), mais parce que ce qu'exprime ces musiques populaires-là, c'est un peu con... et il risque du coup de passer pour un mélange de type austère (musique du Moyen Age) et de gros crétin... s'il écoute aussi quelques musiques populaires plus subtiles, c'est ce qu'il mettra en avant.
THOM : faudra te lever de bonheur
Joli ! :-)
(Dis-moi que tu l'as fait exprès...)
DAHU et GUIC : Je tiens tout de même à préciser - parce qu'on pourrait faire la confusion en vous lisant - que je n'ai jamais parlé de "s'élever"...
DAHU : Dans mes bras aussi !
Car on m'a parfois reproché ici de taper sur les gens qui mettent la technique en avant, en me disant que c'était un vieux combat, plié depuis longtemps... mais je suis bien d'accord avec toi, c'est toujours très ancré, et, en effet, essentiellement chez les mecs. Pourquoi ? Parce que ce qui se joue derrière l'épate technique, c'est la compétition...
Ceux qui tiennent ce type de discours sont en général incapables de comprendre l'esthétique, ils font de "l'anti-esthétique" en se basant sur ce qui est le plus "apparent" (des doigts qui bougent vite sur une guitare)...
"Je suis le plus fort, le plus rapide", ça leur parle... le reste, beaucoup moins... C'est comme si on jugeait un livre "au poids" (putain, le dernier bouquin de machin, c'est une tuerie ! 867 pages, bien plus que ce que faisait l'autre tarlouze de Rimbaud)
THOM : comme une bonne grosse part du grand public ne comprend rien à la technique, il nourrit pour elle une espèce de crainte respectueuse, comme si le fait qu'un morceau soit technique le rendait nécessairement même pas bon - juste impressionnant. Car à la vérité, sur les 1000 amateurs de hard ou de Dire Straits (je connais d'ailleurs nombre de gens aimant les deux) combien sont capables de dire ce qu'est une progression harmonique ? 10, peut-être 20, pas plus...
Exactement... et pour faire un parallèle avec la cuisine, se focaliser sur la technique, c'est comme juger un chef à la rapidité avec laquelle il coupe un poireau... alors que l'harmonie, c'est autrement plus essentiel, ce serait sa capacité à marier les saveurs... même si, pour un gastronome, pas la peine de savoir "comment il fait" pour savourer ses plats...
Ce que ma femme vient de synthétiser par "c'est pas la taille qui compte quand on fait l'amour".
Comme quoi impossible de parler de technique sans finir dans le concours de quéquettes ^^
Et concernant ce qu'arbobo a dit et que tu confirmes... c'est vrai qu'il y a tellement de trucs dans tous les sens dans cet article (et d'exemples, aussi, que je m'y suis perdu facilement - désolé.)
Concernant blink, en fait, je pense que... on s'oppose sur le fait que pour toi, c'est du mauvais art, et pour moi, du bon artisanat si tu vois ce que je veux dire... Ce ne sont pas des gars qui essayent de faire avancer les choses et se plantent, mais des gars qui s'en foutent et réussissent à s'en foutre.... (Et puis même...la comparaison aux Pistols est assez osée, parce qu'il y a 20 ans et 10000 bornes d'écart entre les deux... Rancid (même décennie même région), déjà, foutrait une patée à Blink... Enfin passons.)
Et concernant "s'élever", évidement que c'est pas toi qui l'a dit... mais t'as quand meme sortie les gouts "primaires" ;-)
(Mais s'élever, pour moi, contrairement à Dahu ca fait pas esthète de droite, mais Rastignac de la Culture ;-) )
Enfin, concernant la technique... Franchement, en terminale, vous aussi vous faisiez des dissert de philo de 8 pages (en écrivant gros) pour faire croire que vous aviez quelque chose d'interessant à dire, non? Et vous faisiez des concours de longueur avec vos camarades à la sortie de la salle d'exam, aussi, non? (Rhaa, moi j'ai fais que 6 pages... pas eu le temps de plus. Ouais, moi, 8, mais j'ai un peu baclé la conclusion...): dben voilà. la technique, c'est une passion d'ado mâle. (Mais... ce ne serai t pas la pmajorité du public d'Iron Maiden ;-)?? )
(Dans la suite de la discussion générale...)
Je suis aussi d'accord, comme tout le monde, sur le débat de ceux qui trippent sur la technique pur et dur... (mais laissons les cons de coté)
J'ai par contre du mal a comprendre le raisonnement "la technique, on s'en fout"! Ou si l'on part de ce postulat, c'est qu'on décide à un moment de limiter son analyse. Ok, pourquoi pas! Mais si on va au bout des choses, c'est un passage obligé... qui ne fait qu'enrichir la valeur un morceau en général (ou l'inverse)! De toute facon, l'analyse technique existe chez tout le monde, meme si elle n'est pas consciente...
Pour finir, je pense aussi qu'on peut aimer un morceau juste pour la technique... c'est plus rare mais pourquoi pas... l'admiration de la technique, celle qu'on aime et qui est un choix personnelle, donne aussi des émotions... Je suis pas fan de Listz par exemple, mais j'aime voir quelqu'un arriver à le jouer... ou l'écouter et me dire, "putain, trop dur"! Evidemment, faut faire la différence entre la vrai technique et le reste. A l'inverse, Mozart (sa musique est tellement simple que les exemples sont clairs). Mozart, c'est parfois 10 notes très lentes, rien de plus. Je peux en oublier la musique et seulement ecouter comment le musicien est capable de sublimer ces notes, et c'est juste alors de la technique que j'écoute : "comment fait-il pour que ca sonne aussi bien... quel touché... quel silence bien calculé... comme cette note a disparu lentement..." et ainsi de suite.
L'analyse technique n'est pas forcement donnée à tout le monde, elle n'est pas non plus indispensable, mais c'est un plus quand on veut l'utiliser.
Dahu, tu serais pas en train de me demander finalement si ce genre de mâle ne banderait-il pas après (durant?) un solo de Mark Knopfler?
La réponse est... Voulant être certain, j'ai posé la même question à un érudit progueux sur l'effet que pourrait lui provoquer un solo de Rick Wakeman. La réponse fut sans appel, il bande, certes, mais mou.
C'était la poésie du matin.
le rapport du créateur à sa création, ce qu'il y met de technique (indispensable) au service de ce qu'il veut dire
le rapport du récepteur (auditeur ici) et ce qu'il ressent: bingo s'il comprend ce que l'auteur a voulu dire.
ceci dit : il y a des morceaux "gais" en mode mineur et de très tristes en mode majeur...
ceci dit : miles davis a une certaine technique de la trompette (il me semble) mais arrive à te faire chialer avec une seule note (je dis chialer pas parce que je suis une tafiole qui adore Nick Drake - ce qui est vrai - mais je peux l'assumer parce que je ne suis pas un bourrin qui aime Lemmy)
et d'accord avec Arno et Liszt... il arrive parfois, sans concours de quéquettes ni de circonstances, qu'on se laisse à un "putain ouaou, la classe !
l'émotion et la technique sont présentes aussi bien dans le processus de création et de perception, si le mélange est bien fait, on ne fait pas attention ni à l'un ni à l'autre mais certainement à un troisième "truc", faudrait trouver un mot... qui nous touche, nous lambda, pour une raison x y & z de notre histoire personnelle et de notre perception même a posteriori de ces deux "idées" de départ.
Musique = art de la séduction
Donc, art de la séduction = mathématiques.
Intéressant...
Et voilà, on en revient encore à ce (fameux ?) live de Dire Straits...
Si vous êtes beau, intelligent, sympathique, drôle, prévenant et riche, vous aurez beaucoup plus de chances de susciter l'amour que si vous êtes moche, con, désagréable, sinistre et pauvre.
Je ne commenterai pas [smiley - lèvres pincées] un article qui me voue d'emblée à l'échec et qui, en plus, va faire > 300 coms.
un plus subtil fan de Nick Drake, du Velvet et de Dylan
Bon, si on est moche, con, désagréable, sinistre et pauvre et fan de ceux-là, on garde ses chances ?
En voilà une idée d'un prochain article, expliquer les théories acoustiques de Pythagore et Rameau en s'appuyant sur une chanson de Britney Spears...
Pas cap ! tu ne ferais pas trois coms ;)
Con com je suis, allez ! magnifique réflexion à laquelle je ne peux que souscrire !
Rappelons pour nos jeunes lecteurs que les Romantiques portaient des pantalons moulants (non, ce n'est pas une blague), ce qui fait que lorsqu'ils éprouvaient... une émotion pour une dame, point n'était besoin de rimer belle marquise etc., ça se voyait. Eh bien, même cette émotion-là vient de l'âme ou des neurones.
Christian: tu es mon Quignard; à érotisme et invisible, je rajouterai peut-être mysticisme (celui de mon athéisme forcené, pour ne pas m'attirer les foudres des dieux l'Olympe 'n' roll)
En ce qui concerne les fans de Queen , Europe et consorts , pas de discussion possible : quelqu'un qui aime ces groupes ne vit pas dans le même monde que le mien . Nous avons sous les yeux une même réalité mais la lecture que nous en faisons est forcément et diamétralement opposée . ( cf le début de Blue Velvet , avec l'herbe ).
Allez , une fois de plus , bonne chance pour répondre aux nombreux commentaires qui t'attendent !
Je ne pense vrmt pas que le fait d'aimer Telefon Tel Aviv et Public Enemy te rendes plus "subtil" qu'une personne qui ecoutes Madonna et Michael Jackson.
Moi qui ecoutes a peu pres de tout (de Alizee avec "Moi Lolita" a "Burn Hollywood Burn" de Public Enemy), je me trouves pas plus "subtil" que quelqu'un qui ecoutes Blink 182 et Sum 41.
Bon, Ok, je me sens un peu superieur par rapport a ceux (celles) qui ecoutent Tokio Hotel et les Jonas Brothers, mais c'est parce qu'on sent le marketing derriere ces groupes, on sent qu'ils visent une certaines categories de personnes.
Sinon, ca m'etonnerait que j'arriverai a charmer une fille en lui parlant de Bob Dylan ou David Bowie (Je deteste les deux soit dit en passant) parce que au lycee, si on sort des daubes du rap francais, du faux rock-rebel et du style "London" (Beatles, rolling stones, pink floyd, etc.), y a plus personne.
Voila pour te tenir au courant de la nouvelle generation!
Je ne pense vrmt pas que le fait d'aimer Telefon Tel Aviv et Public Enemy te rendes plus "subtil" qu'une personne qui ecoutes Madonna et Michael Jackson.
Faudrait mettre un écriteau sur ce blog "merci de lire les articles avant de commenter". L'article ne dit pas du tout ça.
Moi qui ecoutes a peu pres de tout (de Alizee avec "Moi Lolita" a "Burn Hollywood Burn" de Public Enemy), je me trouves pas plus "subtil" que quelqu'un qui ecoutes Blink 182 et Sum 41.Bon, Ok, je me sens un peu superieur par rapport a ceux (celles) qui ecoutent Tokio Hotel et les Jonas Brothers, mais c'est parce qu'on sent le marketing derriere ces groupes, on sent qu'ils visent une certaines categories de personnes.
Encore heureux que tu ne te sentes pas plus subtil, tu ne serais qu'un gros mégalo. Et en plus ce serait de l'ego hyper mal placé, parce que franchement, se vanter d'aimer Alizee tout en fustigeant le côté marketing de Tokio Hotel... faut pas avoir peur de se contredire - Alizee est un des trucs les plus markettés qu'il y ait eu en France ces dix dernières années ! Et en effet, ça visait explicitement les ados voire les gamins de l'époque (parce que "Moi Lolita" ça date quand même pas d'hier, ceci dit en passant, mon petit cousin - aujourd'hui majeur et vacciné - écoutait ça quand il avait 9 ou 10 ans... et me soûlait avec).
Sinon, ca m'etonnerait que j'arriverai a charmer une fille en lui parlant de Bob Dylan ou David Bowie (Je deteste les deux soit dit en passant) parce que au lycee, si on sort des daubes du rap francais, du faux rock-rebel et du style "London" (Beatles, rolling stones, pink floyd, etc.), y a plus personne.
1. tu n'es peut-être pas au courant et cela semble parfois incroyable quand on y passe ses journées, mais la drague ne se limite pas au lycée, ça dure plus ou moins toute ta vie :-)
2. le "style London"... je l'avais jamais entendue celle-là.
Voila pour te tenir au courant de la nouvelle generation!
Drôle de représentation de la nouvelle génération. Les ados (nombreux) que je fréquente n'écoutent aucun des trucs que tu cites, Alizee est pour eux une has-been, tout comme dans une moindre mesure Sum 41 et Blink...
Du reste... que de prétention dans cette petite réflexion. C'est quand même navrant. Quand j'avais 15, 16, 17, 18 ans... j'aurais fait n'importe quoi pour avoir autour de moi des gens qui m'apprennent des choses, qui m'aident à me forger une culture, une opinion, m'ouvrent l'esprit... j'aurais adoré qu'un truc comme le Net existe pour me donner accès à des articles comme celui-ci (ou d'autres) et élargir mes points de vue... et aujourd'hui que le Net existe, la plupart des ados qu'on y croise disent ce genre de conneries, ils croient tout savoir et avoir tout vu, sont encore plus pétris de préjugés que des vieux... peut-être une dérive de la surfinformation et de la surmédiatisation de notre époque. Sans doute. En tout cas c'est navrant, tu ferais mieux de lire l'article, d'y réfléchir, d'essayer de le comprendre avec de commencer direct par enquiller les conneries hors-sujet.
remarque désobligeante et assumée : quand on signe Q...
Thom : merci de tenir la boutique en mon absence. Excellent ! et encore bravo pour ton édito du jour encore plus meilleur que les précédents et s^rement moins bon que ceux à venir. Evidemment tu cites et tu allusionnes que c'est pas tout le monde qui peut le lire. Faut être subtil ^^