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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 09:45

Il est toujours difficile d'expliquer la musique à des non-musiciens, on est forcé d'employer des termes qu'ils ne peuvent connaître, et qui ne peuvent se définir facilement. L'avantage du net, c'est qu'il permet de faire écouter les morceaux, et que chacun a le temps de revenir en arrière pour essayer de bien se mettre dans l'oreille tel ou tel élément. Je me lance donc dans une entreprise risquée, essayer de faire comprendre un procédé musical à des nons-musiciens (mais les musiciens trouveront aussi de la matière, et tous les musiciens ne connaissent pas forcément la suite flamenco).

Vous n'êtes bien sûr pas obligé d'écouter tous les extraits pour arriver à saisir cette suite, j'en mets pour tous les goûts, et pour en montrer de nombreuses et diverses utilisations. Ce n'est pas grave non plus si vous ne comprenez pas tout (je mets en italique les éléments plus techniques, que peuvent sauter ceux qui n'ont pas de notions de théorie musicale et ne désirent pas approfondir). L'important, c'est moins de la "comprendre" que de l'entendre.
La théorie musicale semble généralement rébarbative... mais vous verrez qu'ici, c'est plutôt ludique, car on finit par entendre que des morceaux apparemment très différents les uns des autres ont la même "architecture" (une grille d'accords, c'est l'architecture d'une chanson). Même sans chercher à comprendre le fonctionnement, en passant sur les explications techniques, vous pourrez identifier les mêmes suites sur tous ces morceaux.
A vous d'utiliser cet article comme il vous plaira... vous pouvez vous attarder sur les quelques explications théoriques pour essayer de comprendre le fonctionnement, ou simplement vous fier aux indications de temps et écouter ces différents morceaux en vous amusant à y repérer les mêmes suites.

La suite qu'on apelle "suite flamenco" (ou suite andalouse, ou cadence andalouse), n'est évidemment pas la seule suite d'accords utilisée dans le flamenco, mais c'est la plus célèbre. Elle est constituée d'une descente de 4 accords : La mineur, Sol, Fa et Mi (tout le monde sait que do ré mi fa sol la si do, c'est l'ordre des notes quand on les monte les unes à la suite des autres, donc la sol fa mi est une descente conjointe à partir de la). On est ici en la mineur, mais on peut la transposer - comme chaque suite d'accords - dans toutes les tonalités. Si la mineur sol fa mi est la plus fréquente, c'est qu'elle sonne mieux et qu'elle est plus simple dans cette tonalité à la guitare.

Lorsqu'on note des suites d'accords, on utilise la notation anglo-saxonne, qui commence par A (la) :
A = la
B = si
C = do
D = ré
E = mi
F =  fa
G = sol  

Un "m" placé à côté de l'accord signifie qu'il est mineur (Am = la mineur), quand on ne met rien, c'est qu'il est majeur (A = la majeur)

La cadence andalouse est donc, en la mineur :

Am G  F E
la mineur sol fa mi
(I - VIIb -VI -V)

Les *** que je mets à côté de certains morceaux ne signifient pas qu'ils sont "meilleurs", mais qu'ils sont à privilégier pour entendre cette suite au mieux. 

Pour commencer, à tout seigneur tout honneur, écoutons le grand Paco de Lucia... sauf qu'il ne faut pas se baser sur les solos de Paco, mais sur la guitare rythmique. Au début, la suite est jouée assez lentement, on arrive mieux à l'identifier et à se la mettre dans l'oreille à partir de 1'22 quand elle est jouée plus rapidement (on est en mi mineur). Concentrez-vous bien sur la "descente", vous devez ressentir cette impression de descente pour bien saisir cette suite. Le plus simple quand on veut repérer une suite flamenco est de se caler sur la basse, vous devez entendre une basse jouée sur 4 notes descendantes.
La dernière partie du morceau (3'00) n'est plus, elle, sur la suite, mais sur deux accords.

Paco de Lucia - Rumba *** :





Autre exemple flamenco : Paco Cepero : Aguamarina

On retrouve la suite, en sol mineur, de 0'13 à 0'46 puis de 1'43 à 3'00, avec parfois quelques légères variations d'accords.

Mais la suite flamenco ne sonne pas forcément hispanique. Un des meilleurs exemples pour arriver à bien la ressentir et l'intégrer, c'est Hit The Road Jack, de Ray Charles, qui ne donne pas l'impression de jouer de la musique espagnole...
La suite est répétée à l'identique pendant tout le morceau, assez rapidement. Elle dure environ deux secondes, fiez-vous à la descente de basse pour arriver à bien la percevoir. Quand vous pensez "suite flamenco", pensez à la descente de basse de Hit The Road, c'est un des meilleurs moyens (un des plus simples) de la repérer. Sachant qu'elle dure 2 secondes à chaque fois, je vous laisse faire le calcul pour déterminer le nombre de fois où on l'entend dans le morceau....
  
Ray Charles - Hit The Road Jack ***



Morricone - L'homme à l'harmonica *** (Il était une fois dans l'Ouest)

Suites flamenco I :


Morceau génialissime s'il en est... qui n'est pas autant basé que Hit The Road sur la suite Flamenco... même si elle en est à l'origine. La différence, c'est que Morricone ne s'arrête pas sur le dernier accord de la suite pour recommencer, mais continue sur d'autres accords. Avec Hit The Road, on avait une suite flamenco rapide et répétée de bout en bout. Avec L'homme à l'harmonica, on a une suite andalouse lente qui dérive sur d'autres accords. 
Pour arriver à bien l'entendre, il faut la prendre au moment où débarque la guitare électrique. Le 1er accord de la suite (Am) est à 1'04, le 2° (G) à 1'10, le 3° (F) à 1'16, le dernier (E) à 1'23.
Ray Charles joue les 4 accords de la suite en 2 secondes, Morricone reste 3 fois plus longtemps sur un seul accord de la suite. Mais on a bien plus de variations chez Morricone (en même temps, c'est facile, il n'y a pas de variations chez Ray Charles, où l'on est dans la répétition). Après le passage sur plusieurs autres accords, Morricone revient à la suite en Am à 1'54, mais là, il la joue bien plus rapidement. Premier accord (Am) à 1'53, 2° à 1'56, 3° à 2'00, 4° à 2'03.  
Tout ça, ce n'est pas pour le plaisir de pinailler, c'est juste pour que tout le monde puisse se repérer (enfin, ceux qui ne survolent pas l'article mais ont envie de piger comment tout ça fonctionne), et pour bien comprendre que l'on peut la jouer à des vitesses très différentes. Hit The Road est un excellent exemple pour se la mettre en tête, mais faut pas s'attendre à ce qu'elle soit chaque fois jouée aussi rapidement.

On retrouve d'ailleurs dans un autre grand morceau de Morricone (The Ecstasy of gold, dans le Bon la Brute et le Truand) une variation intéressante sur la suite flamenco (voir lecteur deezer "Suite flamenco I" ci-dessus, comme pour les 3 morceaux suivants).        

La suite d'accords principale est :

Am - C - D - F
Am - G - C - E4/E

Ce n'est pas la suite andalouse originale, mais on s'y retrouve  : on commence par Am, on a, la 2° fois, la descente sur G, et on termine sur le E. La première ligne de cette suite de Morricone (Am-C-D-F), est la même que celle de The House of The Rising Sun.  

Autre très bon moyen de la mémoriser, l'intro de l'excellent (si si) I like it like that *** de Pete Rodriguez (en fa mineur). La suite est très clairement identifiable (on pense à Hit the road, ici) sur l'intro qui dure 35 secondes (après, c'est une autre suite d'accords, plus typiquement cubaine) :


Une des plus célèbres chansons pop utilisant cette suite, c'est Don't let me be misunderstood de Santa Esmeralda (qu'on retrouve sur la B.O. de Kill Bill,dans sa version disco par Santa Esmeralda, l'original ayant été interprété par Nina Simone...). La suite flamenco est sur le riff et le couplet (cf. lecteur).

Blue Spanish Sky *** de Chris Isaak (cf. lecteur) est construit sur cette suite (en la mineur, sur les couplets là aussi), mais on est dans un cadre tout à fait différent. Morceau sur la B.O. de Sailor et Lula de Lynch. Est-ce à dire que les réalisateurs américains sont friands de suites flamenco ? C'est bien sûr parce qu'elle a une coloration typiquement "hispanisante", qui colle aux paysages du sud des EU.

On ne s'étonnera pas de la retrouver chez Calexico, par exemple sur l'excellent Black Heart.



Cette suite andalouse a été aussi utilisée dans le classique. Par les compositeurs espagnols, bien, sûr, mais pas seulement. Un des exemples les plus connus est celui de la Chaconne de la Partita n°2 en Dm de Bach. Un exemple plus "facile" dans le Fortune Plango des Carmina Burana de Carl Orff :

Carl Orff -
Fortune Plango (facile à repérer, elle est rapide sur le passage instrumental avec tutti orchestral, la première fois de 0'41 à 0'49).


Une variation de la suite chez Led Zep, celle de 
Babe i'm Gonna Leave You
On part de Am, on descend sur G... jusque-là, on est bien dans une descente flamenco, sauf qu'on passe par le F# à la basse pour arriver sur F et finir sur E. Ce qu'on appelle une "descente chromatique", on descend les notes les plus proches les unes des autres (sol, fa#, fa, mi).

Même idée dans la non-moins célèbre While my guitar gently weeps des Beatles, la différence étant qu'on ne finit pas ici sur E, on revient sur Am après le F. Et la deuxième fois, on varie de nouveau, avec Am-G-D-E (une 2° ligne identique à la 2° ligne de The Ecstasy of Gold de Morricone vue ci-dessus). La descente chromatique n'est plus que sur 3 notes : sol, fa#, fa.



C'est exactement la même ligne de basse - là aussi célébrissime - dans Glory Box de Portishead. Elle est répétée tout du long du morceau (en Am) : la, sol, fa#, fa. 

Babe I'm Gonna Leave you, While my Guitar, Glory Box... 3 morceaux particulièrement mélancoliques... Vous voulez composer une belle ballade mélancolique ? Pas la peine d'aller chercher très loin, suffit de reprendre cette suite particulièrement triste. La lente descente chromatique à la basse a généralement quelque chose de poignant, on la retrouve d'ailleurs souvent chez Bach (et dans la musique baroque) pour signifier la douleur (dans les oeuvres religieuses de Bach, c'est notamment la souffrance des humains imparfaits qui implorent Dieu). La différence, c'est que dans Babe I'm Gonna Leave you, While my Guitar et Glory Box, on n'a pas une descente totalement chromatique, puisque l'on commence par passer de la à sol (il y a un écart d'un ton entre la et sol, alors que l'écart chromatique - par exemple sol-fa# est de 1/2 ton). Une vraie descente chromatique dans le rock, on en trouve une des plus célèbres là encore chez Led Zep, avec Dazed and Confused. Quand on est totalement dans le chromatisme, on a quelque chose de plus "inquiétant" et sombre (après, ça dépend du rythme et de la vitesse).

Je digresse... revenons-en à la suite andalouse. On en trouve une vraie, chez Portishead, dans
Roads. L'essentiel du morceau est basé sur cette descente, en la mineur. Comme quoi, encore une fois, cette suite qui permet si facilement de sonner "espagnol", on peut en faire quelque chose qui n'a aucun rapport avec le flamenco. Il y a une suite flamenco ici, mais on ne sent pas du tout de coloration hispanisante (essayez de crier "olé !" à la fin de chacune des descentes "flamenco" de Roads, vous verrez, vous aurez l'air particulièrement con).

Une "vraie", aussi, chez les Beatles... le refrain ("Life is very short...") de We can work it out est basé sur la suite flamenco en si mineur (Bm-A-G-F#) :


Dans le dernier Campbell/Lanegan, le titre Come On Over (Turn On me) *** est construit sur la suite flamenco (en fa mineur). On l'entend assez nettement... ce qui est intéressant, c'est qu'on y retrouve aussi la descente flamenco avec le chromatisme de Babe i'm Gonna Leave You ou While my Guitar...
En intro, on a 2 fois la suite andalouse... puis, sur le couplet, 2 fois la suite andalouse, avec ensuite une fois la descente "flamenco-chromatique" (fa-mi bémol -ré-ré bémol). 2 suites flamenco puis une suite "flamenco-chromatique", c'est comme ça que fonctionnent les couplets :




Une des plus célèbres "variations" de la suite flamenco, on la trouve encore chez Led Zep, sur un petit morceau sans prétention dont vous n'avez sans doute jamais entendu parler, qui a une place totalement anecdotique dans l'histoire du rock, connu seulement des exégètes les plus pointus de Led Zep : Stairway to heaven. "Variation", car on ne termine pas sur le E, mais on repasse par G. Au lieu d'avoir le traditionnel Am - G - F - E, on a Am - G - F - G.

Stairway to Heaven ***

Merci youtube, la vidéo part ici directement sur le solo et le final, qui sont entièrement basés sur cette suite. Pendant le solo, vous entendrez la basse descendre cette "suite flamenco" sans le dernier accord, puis, quand Plant reprend le chant, Page martèle ces accords sur l'électrique.
Une suite très souvent utilisée dans le rock... qu'on retrouve aussi chez Bowie, dans Ziggy Stardust, par exemple (voir lecteur deezer ci-dessous)

De 1'13 à 1'30. La similitude avec Stairway est frappante. Suite andalouse en Am, typique, avec Am- G, puis la basse alterne rapidement F et E, repasse sur G (comme Stairway) pour recommencer.
Autre suite flamenco vraiment très nette, dans le solo et final de Moonage Daydream *** :
A partir de 3'13, jusqu'à la fin, la suite andalouse tourne en si mineur (Bm-A-G-F#). Un autre bon moyen pour facilement se la mettre en tête (on reste environ 3 secondes sur chacun des accords).
On ne peut pas dire que la musique de Bowie sonne particulièrement "flamenco", pourtant, on retrouve souvent chez lui des suites andalouses. Encore un exemple, avec le refrain de Cracked Actor (et je défends quiconque de m'affirmer qu'il a toujours trouvé un petit côté flamenco sur ce refrain). Comme sur Moonage Dream, on est en si mineur avec une suite Bm-A-G-F#). Pour ceux qui sont vraiment paumés, le premier refrain est à 0'38 (la suite est jouée deux fois pendant le refrain)... bien entendu, c'est la même suite d'accords sur les autres refrains du morceau.



Découvrez David Bowie!



 

 

Aerosmith - Dream On, le refrain est là aussi sur la même suite que celle de Stairway to heaven... mais ils varient. Led Zep, sur tout le final, ne bouge pas de cette suite Am - G - F -G, alors qu'Aerosmith retombe parfois sur le E qui conclut d'habitude la suite andalouse et, surtout, ils arrivent à monter en intensité (quand Tyler hurle "Dream On, Dream On..."), en la prenant à l'envers et la remontant.... Ils sont en Fa m, on a donc la suite Fa m Mib Réb Mib (comme Led Zep, mais dans une autre tonalité), puis descendent sur le Do... et ils effectuent la remontée à partir du Sib : Sib - Do - Réb - Mib - Fa (et ils continuent).
Une bonne idée pour pousser plus loin le lyrisme à partir d'une suite flamenco.

La suite qu'utilise Led Zep, sans l'accord final, on ne la retrouve bien entendu dans des tas de chansons qui l'ont suivi...  et même précédé. Si Stairway en reste la plus marquante utilisation, elle a déjà été utilisée par Dylan dans
All Along The Watchtower (ici, la célèbre reprise d'Hendrix, on est en do mineur). Pour le meilleur, donc (Dylan, Led Zep)... mais pas seulement :  

Vivien Savage -
La P'tite Lady

Qui ne dira rien à ceux qui n'ont pas connu ces foutues années 80, mais qui rappelera sans doute des souvenirs aux autres... je vous conseille de l'écouter, vous verrez qu'il est assez drôle, pendant le refrain (à 0'55) bâti sur cette même suite, de fredonner le riff final de Stairway to Heaven, ou ce que chante Plant à ce moment '"And Everyone...".
De la même manière, on peut chanter le refrain de La p'tite lady tout au long de la 2° partie de Stairway (faut être un peu tordu pour s'amuser à ça, mais pourquoi pas...)

Puisqu'on est dans les tubes des 80's  : 

Madonna -
Papa don't preach (descente de basse flamenco assez nette, même si le morceau ne sonne pas "flamenco")

Pas étonant que le "minimaliste" Pharrell Williams, amateur de motifs instables et sombres sur quelques petites notes, lorsqu'il doit composer un Spanish Lesson pour le dernier Madonna, vire l'accord principal (Am) et se contente des 3 suivants (G-F-E)  : Madonna -
Spanish Lesson 
Un peu facile, tout de même ce titre... pas le meilleur du dernier Madonna (si si, moi qui ai toujours détesté Madonna, je trouve, sans rire, son dernier album pas dégueu)

Réhaussons le niveau tout de même, avec le très beau Comfortably Numb de Pink Floyd. Le couplet (chanté par Waters) est sur la suite andalouse, en si mineur.



Quelques variations de la suite andalouse : 


The Doors - Spanish Caravan
Pas la suite "littérale", mais on en reste assez proche (surtout sur le refrain "Take me Spanish caravan, avec la descente Em - D7 - C), d'autant plus qu'est repris Iberia d'Albeniz.


The Roots -
You got me
Après le Bm, on descend d''1/2 ton au lieu d'un ton, mais on retrouve à la fin le même 1/2 ton de la suite andalouse (G-F#).

PJ Harvey - The Dancer
Le Am-G-F-E "traditionnel" en intro et à la fin, mais sur l'essentiel du reste du morceau, elle saute le Fa.




Les Red Hot Chili Peppers virent le 2° accord sur Road Trippin', puisqu'on a Em - C -B (la suite andalouse aurait été, en mi mineur : Em - D - C - B)
Si vos oreilles commencent à bien s'habituer à cette suite, vous entendrez sur Road Trippin' cette descente qui vous rappellera les autres suites andalouses, même s'il manque un accord... car le Em dure deux fois plus longtemps, on a, pour être plus précis : Em - Em - C - B au lieu de Em - D - C - B.
C'est la même chose sur Seven Nation Army des White Stripes, dans la même tonalité (Em Em C B). Il n'y a pas l'accord de ré, qui serait le 2° de la suite andalouse, mais la note ré passe dans le riff sur le 2° mi mineur.

Led Zep virait le 4° accord sur Stairway, PJ vire le 3° accord sur The Dancer, les Red Hot virent le 2° sur Road Trippin', Pharrell Williams/Madonna virent le 1er accord sur Spanish lessons... comme quoi on peut "amputer " la suite d'un de ces accords. Cela devient en quelque sorte une "suite andalouse tronquée". 

Encore chez les Red Hot, sur Can't Stop, une inversion des deux derniers accords : en mi mineur (comme Road Trippin'), au lieu d'avoir la suite andalouse Em-D-C-B, on a Em-D-B-C.


Revenons à la suite "typique", avec un exemple célèbre  Dire Straits - Sultans of swing
On entend la suite (Dm-C-Bb-A) sur les deux premières lignes de chaque couplet. Une utilisation caractéristique de la suite, avec le dernier accord tenu chaque fois plus longtemps que les autres (2 temps pour le premier accord, 1 temps pour le 2°, 1 temps pour le 3°, et 4 temps pour le 4°). C'est ce qu'on fait généralement quand on passe assez rapidement sur chaque accord, pour se "poser". Quand on fait durer un peu plus les accords, par contre, ils ont tous la même durée chacun, comme dans le très beau
La Llorona *** de Joan Baez.
Vous entendez ici la première arrivée de la suite à 0'25. Elle est jouée sur un rythme de valse (rythme ternaire, chaque accord tient pendant deux temps, donc vous pouvez compter 2x3 pour chaque accord, chaque temps dure ici une seconde environ... donc environ 2 secondes sur chaque accord...). La suite est jouée sur chaque refrain, le premier, donc, est à 0'25, et dure jusqu'à 0'44, la suite est jouée deux fois, sur chacun des refrains. Je détaille un peu plus pour ce morceau, car on est en plein dans un cadre hispanisant, c'est une bonne manière de la ressentir.  

La suite flamenco sur un rythme de valse, on la retrouve chez It's a Beautiful Day, dans les couplets (et l'intro) de
Girl with no Eyes.

L'utilisation de cette suite dans les couplets est très fréquente, c'est le cas aussi de 
Staring at the Sun de U2 (en la mineur) ou Seven by seven de Hawkwind (en sol# mineur, le premier couplet est de 0'43 à 1'40).

Elle est très nette (assez lente, environ 4 secondes sur chaque accord) dans les couplets (et l'intro) de l'hispanisant One More Cup Of Coffee *** de Dylan :




Une des utilisations les plus courantes de cette suite, c'est dans les tubes latino de l'été. Un peu tard pour cet été, mais si vous voulez toucher le jackpot l'été prochain, mettez-vous à la suite flamenco dès maintenant :

Shakira - Objection tango


Ici, la suite se retrouve sur les refrains (de 0'37 à 1'00 pour le premier, elle est répétée 4 fois sur chaque refrain).


Les pires tubes latinos en usent et abusent, comme

Enrique Iglesias - Bailamos (suite typique, en la mineur)

Ou le pire du pire, l'infâme tube de l'été des Las ketchup... elles font durer, non pas le plaisir, mais les accords. La suite est sur le refrain, mais avec chaque accord qui dure un bon moment (je ne mets même pas de liens, démerdez-vous, pas question que je prenne 3 secondes pour vous renvoyer à cette horreur...)

Revenons à des choses plus acceptables (et beaucoup moins latino, même s'il n'y a pas de contradiction entre "acceptable" et "latino") :

The Cure - Love Song ***


S'il n'y a rien d'étonnant à trouver la suite andalouse chez Enrique Iglesias, ça l'est plus chez les Cure, on imagine moins Robert Smith dansant sur une table en habit de toréador avec des castagnettes dans une main et un verre de sangria dans l'autre. Pourtant, tous les couplets de ce morceau (et l'intro) sont construits sur la suite flamenco traditionnelle en la mineur.

(Je décline toute responsabilité en cas de suicides de jeunes gothiques apprenant avec stupéfaction qu'ils ont pleuré sur la même suite d'accord que celle de Bailamos d'Enrique Iglesias) 

La suite flamenco est idéale pour les "tubes festifs", mais aussi pour les "tubes mélancoliques". Avec Love Song des Cure, mais aussi le célébrissime refrain des Mots Bleus de Christophe, entièrement construit sur cette suite... ça ne semble pas forcément évident, mais ce refrain a tout de même quelque chose d'hispanisant. En tout cas, plus que A Love Song des Cure. 


Quelques derniers exemples pour la route :

Kinks - Rosie won't you please come home

L'intro est sur Am-G-F-E, puis, les accords changent légèrement pendant le chant, jusqu'à  If you're not, please, please, please come back  où l'on retrouve la suite (de 0'37 à 0'40, on a un accord par seconde, puis de 1'09 à 1'12... en fait, chaque fois avant de revenir au début du couplet, on passe par cette suite, qui est vraiment utilisée ici comme une "cadence").

On la retrouve aussi par endroits sur
Pictures of Lily des Who.


Nick Cave - Easy Money ***


Magnifique ballade mélancolique, dont les couplets (et l'intro) sont principalement construits sur la suite andalouse en (mi mineur). Elle est jouée 2 fois, puis on trouve une remontée qui peut légèrement faire penser à Dream On d'Aerosmith. Très facile de reconnaître la suite flamenco sur Easy Money (même si le morceau n'est pas hispanisant), la basse descendante est bien mise en évidence.


Puisqu'il est question de "descente", terminons avec le tube Hunting High And Low de A-Ha :


La suite andalouse est la base de ce morceau... mais elle y est vraiment retravaillée. On a Am pour commencer (normal), le 2° accord n'est pas vraiment un G, c'est un Am9 (mais la 9° de Am, étant G, on s'y retrouve... de plus, par la suite, ce G passera à la basse), on a ensuite le F, mais au lieu de descendre sur E, on passe sur Fm. Ce qui est pas mal vu... la 2° fois, on ne repasse plus par le Fm, toujours pas de E non plus, mais un Db à la place... plutôt original, et ça leur permet une modulation à la tierce mineure, ce n'est que là que l'on a la suite andalouse typique, mais en do mineur, avec Cm - Bb - Ab - G,et ce G leur permet de redescendre sur F et remonter cette fois la suite andalouse en Am en repassant par G pour aboutir au Am.... et ensuite reprendre leur descente Am-Am9 (ou Am/G) - F - Fm. La modulation en do mineur avec suite andalouse typique, c'est aussi ce qu'on a sur le passage instrumental "énergique" de 2'39 à 2'45 (c'est là où on la reconnait le mieux).
C'est pas du Schubert, mais c'est tout de même plutôt bien foutu, il y a aussi pas mal d'autres subtilités dans ce morceau... donc, on pourrait presque dire que A-Ha, c'est quand même des compositeurs d'un autre calibre que ce gros bourrin de Ray Charles. Dans Hit The Road Jack, Ray s'emmerde pas, il prend la suite andalouse, ne change strictement rien, et la fait tourner telle quelle du début à la fin. Pas de modulations, pas de variations, c'est hyper basique et simple. Par contre, chez A-Ha, on a quelque chose de bien plus raffiné.
On pourrait presque le dire... mais on ne le dira pas, bien sûr. Car, contrairement à ce que certains pensent, dans la pop, ce n'est pas la richesse harmonique qui fait forcément la qualité (et dans le classique aussi, d'ailleurs, suffit pas simplement d'harmonies hyper-complexes pour faire une grande oeuvre). Car au-delà de ça, il y a un côté terriblement mielleux dans Hunting High and Low, on ne peut mettre au même niveau ce morceau que
le jubilatoire Hit The road
Ce n'est pas la complexité, mais ce n'est pas non plus une suite d'accords qui peut déterminer de la qualité... à partir de cette même suite, on peut composer la plus sublime des musiques (Bach) et la plus putassière (Las ketchup). La musique espagnole la plus belle (Paco de Lucia), comme la pire (Enrique Iglesias).

Quand on voit le nombre de chansons qui se sont basées sur cette suite (et je suis loin d'avoir tout répertorié, j'ai mis celles qui m'ont sauté aux oreilles, qu'il m'est arrivé de reprendre - non, je n'ai jamais repris du Las Ketchup, Dieu m'en préserve - si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à me les proposer), on se dit que la musique pop (et pas seulement) doit beaucoup plus qu'on le pense à l'Espagne. Car ce ne sont pas ici seulement quelques "espagnolades", mais, pour beaucoup, des chansons que tout le monde a dans les oreilles... La "suite andalouse" n'est pas un simple "gimmick folklorique", elle a pris une place de choix dans les musiques populaires. Pour le meilleur, comme pour le pire, donc...

J'ajouterai toutes celles que j'entendrai où que l'on me proposera dans le lecteur ci-dessous :
Stray Cat Struts des Stray Cats (merci KMS)
Feeling Good de Nina Simone, bien sûr (merci Boeb'is)
Casey's Last Ride de Kris Kristofferson et Runaway de Del Shannon (merci Ernesto
Générique d'Ascenseur pour l'échafaud de Miles Davis et Long is the time... de Chris Rea (merci Miles)

Nneka - Come with me
Sophie Hunger - 1983

Sam Amidon -Red

Jack the Ripper - I was born a Cancer (Vincent) 

 


Découvrez Stray Cats!

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commentaires

G.T. 19/06/2013 17:30


YanG : Désolé d'avoir tardé à te répondre, mais il fallait que je me prépare psychologiquement à écouter du Queen, ça m'a pris
une petite dizaine de jours^^


Donc oui, à 3'20, à la guitare acoustique - puis à l'electrique plus tard - il y a un riff très clairement basé sur cette suite, et joué de manière à vraiment bien faire passer cette
couleur flamenco... (et il y a quelques autres "espagnolades" dans le morceau...)


 

YanG 07/06/2013 15:56


C'est trèèès bien ces remontées de commentaires, on découvre des articles... Dans Innuendo de Queen, j'ai souvenir d'une partie hispanisante ds le milieu : pas envie de me taper le morceau, mais
j'ai un vieux souvenir de tablature avec une telle descente.

Skidy 06/06/2013 18:58

Haha okey ! Pas de problème.

G.T. 05/06/2013 00:42


SKIDY : Oui mais elle est plus courte et moins nette que dans les autres exemples, le but était surtout de la "faire
entendre"... mais bon, c'est pas vraiment une excuse, j'avoue que je n'y avais effectivement pas pensé^^ 

Skidy 04/06/2013 21:22

Comment oublier Sister Morphine des Rolling Stones ! On entend la Suite Flamenco vers 1:23 et elle se termine vers 1:36 avec le moment le plus émouvant de la chançon, "Why does the doctor have no
face". En tout cas l'article est super instructif, alors tu es pardonné ! (j'avais un doute entre le tutoiment et le vouvoiment, mais le tutoiment c'est plus chaleureux)

GT 18/05/2011 22:55



VINCENT : Oui, bien sîr, l'intro à la basse sur la suite flamenco est en plus très claire... comment ai-je pu l'oublier, alors
que c'est un de mes morceaux favoris ?


 


DANIELLE : Avec beaucoup de retard : merci !



Vincent 17/05/2011 21:29



It don't mean a thing d'Ellington !



Danielle 18/08/2010 14:29



Bonjour, je viens de lire votre article par hasard ! Passionnant ! ! Et clair !


Merci  Danielle, chanteuse interprète



GT 13/06/2010 13:49



VINCENT : Bien vu ! C'est net à la basse, qui descend dès le début sur la sol fa mi...



Vincent 12/06/2010 19:36



I was Born a Cancer de Jack the Ripper !!


 


Haha, je crois que c'est pile ça, genre Am - G - F - E. C'est pas si évident, la voix et la mélodie principale, ou les mélodies principales (trompette, violon, ukulele ou banjo ou guitare, je ne
sais pas) s'indépendetisent (?) par rapport à l'accompagnement...



G.T. 10/09/2008 20:55

MILES : merci pour ces ajouts, je vais les intégrer à la playlist... le Générique d'Ascenseur pour l'échafaud, j'aurais dû y penser, j'adore cette BO... mais c'est vrai que la "suite" ne tient pas tout le long du générique, on l'entend assez rapidement...Chris Rea... un très bon exemple, et là, elle est beaucoup plus facile à identifier, on l'entend dès le début, et elle tient sur l'essentiel du morceau... 

Miles 10/09/2008 15:46

Excellent article.Il y également :Miles Davis : générique d'ascenseur pour l'échafaud :http://www.deezer.com/#music/album/100412 Chris Rea : long is the time, hard is the orad :http://www.deezer.com/#music/result/all/blue%20jukebox%20long

G.T. 05/09/2008 00:17

LOU : Bien... merci alors ! (comment ça, j'ai rien compris ?) :-)FAB : J'fais quoi, moi, maintenant?  Tu as toi-même donné la réponse... tu dépoussières ta guitare, et tu prends une journée de congé pour lire l'article et écouter tout ça ^^

Fab de l'An Mil 04/09/2008 23:14

Putain, c'est quoi cet artcile, G.T. ?T'es pas fou, non?Il va me falloir remuer ciel et terre pour trouver uine heure de temps libre et pouvoir le lire dans le détail et écouter tous les morceaux que tu prpoposes. Tu te rends pas compte?En plus, tu m'as même donner envie de dépoussiérer ma guitare.J'fais quoi, moi, maintenant?

lou 01/09/2008 22:17

Non, G.T., c'est moi qui te remercie et je ne te permets pas de me remercier plus que je ne te remercie, oui, nous nous remercions, mais je te remercie autant que tu me remercies, oui, merci G.T.Ceux qui ne connaissent pas par coeur Dr Folamour ont du mal à suivre...Merci de tes réponses sur les craquements et les harmonies (je n'étais pas loin).J'ai sauté Madonna, c'était voulu et elle était (largement) majeure et con(sen)tente, un peu déçue, elle m'a dit : pourquoi tu as cliqué, j'avais le K2 en vue - une brève rencontre, quoi !

G.T. 01/09/2008 01:51

LOU : Alors là... merci, mille fois mercis. ça, c'est du commentaire comme on oserait même pas l'imaginer... du commentaire de très grande classe, et qui fait vraiment très très plaisir...Bon, sinon... Marie, non, ce n'est pas une suite flamenco, même si on est en la mineur...Les craquements sur Portishead, c'est sur l'album, ça fait partie de leur son... pour essayer de retrouver un peu de la "chaleur" du son des vinyls.Stairway, ce n'est pas moi qui l'ait monté pour le mettre sur youtube (j'en serais bien incapable^^), il y avait déjà une version coupée avec juste la 2° partie... (j'ai sauté Madonna)  non, je ne relèverais pas, ce serait indigne comme réponse à un si beau commentaire :-)La Marseillaise, non ? (abreuve nos sillons).Non (pas plus que France de mich), mais je viens d'esayer, on pourrait coller une suite flamenco rapide sur "abreuve nos sillons"... ce serait marrant, on pourrait en plus conclure "abreuve nos sillons, olé !" une idée à proposer en haut-lieu...Voilà voilà... et merci encore !

lou 31/08/2008 17:47

la mineur sol fa mi
Paco de Lucia, Rumba
 
Paco Cepero, Aguamarina
la suite, en sol mineur
 
Ray Charles, Hit The Road Jack
là, comme j'avais déjà un peu compris et que je connais par coeur... ! étonnant !
Ennio Morricone, c'était devenu tout aussi évident. Seulement, il y a cette improvisation qui dérive et que tu décris très bien et puis le tempo.
L'art des rencontres... et, oui, on a envie de piger comment tout ça fonctionne ;)
The Ecstasy of gold [...] La première ligne de cette suite de Morricone [...] est la même que celle de The House of The Rising Sun.
C'est pourtant vrai !
 
I like it like that, c'est clair - on révise les notions de base, même si l'oeuvre... enfin...
Don't let me be misunderstood [...] La suite flamenco est sur le riff, oui, passons...
Blue Spanish Sky, évidemment !
Pendant ce temps, j'entendais quelque chose d'Isaac Albeniz ? ou de Francis Lai ?
 
Bach, Partita 2, comme tu le dis, il y a plus facile et pourtant c'est clairement lisible - quand on suit...
Et tu as choisi la belle interprétation, sèche, de Jascha Heifetz (il nous arrive de préférer et nous aurions choisi Yehudi Menuhin ou Itzhak Perlman - au risque de nous faire massacrer).
 
Un exemple plus "facile" dans le Fortune Plango, les guillemets sont bien placés.
Led, no problem.
Et là, maintenant, à c't'heure du soir, j'entends Marie, paroles et musique de Gérald De Palmas, dans la superbe interprétation de Johhny Hallyday ***, on y trouve bien une des suites flamenco que tu décris ? G.T., c'est une question technique !
 
[je n'ai pas tout bien suivi ? il y a comme une omission, involontaire, dans l'article ? bon, j'y suis depuis une heure et demie, je marque une pause, je me fais un souper]
 
--- C'est un des avantages de la solitude de pouvoir, la nuit, allumer la lampe de chevet.
Gabriel Matzneff, Isaïe réjouis-toi - incipit ---
___
 
Alors, pour des filets de limande panés, la sole, c'est bien, mais c'est plus cher, le carrelet, c'est le meilleur, mais c'est très fragile et puis en panure, ce serait gâcher, il vous faut de belles limandes, des vraies, vous levez les filets ou vous demandez à votre poissonnier, si c'est un vrai, de le faire, ensuite vous préparez la panure, non ! pas avec de la chapelure industrielle, du pain rassis légèrement repris au four, c'est comme une biscotte, on émiette, un oeuf, de la crème, si on veut, pas de sel - il y en a déjà dans la panure et le poisson de mer est salé. On cuit doucement, sur un fond de margarine végétale, c'est à dire essentiellement à base d'huile de palme non hydrogénée, autrement il y a des margarines promo avec de la graisse de baleine et les baleines sont des mammifères, comme nous, alors c'est non ! pendant ce temps, on prépare des fagots de haricots verts, surgelés, oui, mais du jardin et liés par de la ciboulette. Avec les restes du poisson, on fait bouillir rapidement pour les chats ou bien on cuit à la vapeur, on épluche et on mélange avec des tomates réduites à la cocotte, des champignons finement émincés, des herbes aromatiques et le prélèvement des feuilles d'artichaut, puisqu'on va servir le tout sur des fonds d'artichaut, avec une pointe d'ail, de la crème si on veut, ça se présente en entrée froide avec quelques brins de fenouil. On n'est pas rendu !
___
 
While my guitar gently weeps, c'est évident immédiatement, quand on a suivi. On peut aller plus vite, pas trop, il y tout de même le plaisir d'écouter cette anthologie !
Oui, Portishead également et c'est là que tu vois qui écoute, gnarf, sur ton lien deezer, pour Glory Box, il y a des craquements - une version microsillon ? ou c'est dans l'original numérique ?
Autrement, qu'est-ce que c'est noir, Portishead ! on croirait le Godard de Masculin féminin.
Stairway to Heaven, oui, on révise, c'est clair, et pour monter l'ensemble, il t'a fallu 3 heures (il y a le temps du téléchargement) ou 3 mois au rythme de lou ?
Hendrix, The Doors (Albeniz, on l'entendait dès le début)... (j'ai sauté Madonna)... Seulement, comme tu admets des variations et des dérives... La Marseillaise, non ? (abreuve nos sillons).
PJH, Joan Baez, c'est évident (il y a les étoiles), Dylan et The Cure, c'est pourtant vrai, mais alors mais alors mais alors, Le France de Mich [je fais une différence, j'ai été net ? entre Mich et Johnny], c'est pas du flamenco ? C'est clair pour Les mots bleus, une jolie chanson.
Une superbe collec, tu recueilles tout de même, au fur et à mesure de l'article, des illustrations plus lointaines, on en vient à se demander si Au clair de la lune, des fois...
Encore, G.T. - smiley d'extase -

G.T. 31/08/2008 13:32

THIERRY : Pas de problèmes, je le sais bien :-)CHRISTIAN : La 8ème fille n'a pas toujours un accent espagnol. La mienne avait un accent japonais. En effet... ça dépend aussi de la manière dont c'est joué... mais lorsqu'on met une étrangère VIIb dans la bande, ça donne un côté "modal", et on peut utiliser la gamme pentatonique qu'on retrouve dans de nombreuses civilisations... bref, cette étrangère peut avoir un accent asiatique, africain, irlandais, noire des EU... ça donne accès à des femmes d'un peu partout sur la planète... il serait dommage de s'en priver !

Christian 31/08/2008 00:59

La 8ème fille n'a pas toujours un accent espagnol. La mienne avait un accent japonais.

Thierry 30/08/2008 22:26

désolé G.T., tu sais bien que le "décortiquage", ce n'est pas trop ma tasse de thé ;-)

G.T. 30/08/2008 21:51

Dr. F : mais elles sont très bien tes pochettes... et ne vas surtout pas les rhabiller :-)LOU : Tout ce que je connais du portab de Sol Majeur, c'est sa sonnerie : "sol si ré" (ça s'invente pas... les 3 notes de l'accord de sol majeur)...GUIC : Quand je parlais de récurrence de la suite d'accords, ce n'était pas dans un morceau, mais plutôt dans l'ensemble de la production pop et rock que tu présentes  Oui... mais si je te parlais de morceau en particulier, c'est pour te montrer que ce qui est valable à petite échelle (dans un morceau, il faut répéter pour se repérer) l'est aussi à grande échelle (les chansons utilisent souvent des mêmes bases, pour que l'auditeur s'y retrouve et sente une "familiarité" avec la chanson)une absence totale de sentiment face à un accord isoléEn fait, un accord isolé "n'exprime" pas grand chose (enfin, c'est à nuancer, et ça dépend de quel type d'accord)... c'est l'enchaînement d'accords qui lui donne une "fonction"..."Pourquoi 8 filles"... tu as à peu près saisi, ça correspond aux possibilités d'accords les plus évidentes (il en existe des tas d'autres, mais on passerait dans d'autres tonalités).En gros, quand tu es dans une tonalité, il y a 6 accords qui sonnent bien et sont plutôt "normaux" (les 6 filles sympas). Le 7°, lui, est un peu bizarre. Puisqu'on retrouve les mêmes rapports et rôles des accords quels que soient les tonalités, on écrit les accords en degré (I II III... VII) Dans la tonalité de la majeur, le I est la majeur, le II est si mineur... dans la tonalité de sol mineur, le I est sol mineur...Reprenons donc ces 8 filles... il y en a 7 qui font partie de la même bande (tonalité). 6 qui sont sympas, 1 qui est zarbi... mais les 6 sympas ne sont pas identiques pour autant, elles n'ont pas la même place dans la bande. Imaginons ces filles en train de discuter (donc, de jouer ensemble)... il y a la chef de la bande, la I, celle qui généralement parle en premier et en dernier, et celle qu'on entend le plus... après, il y a la V, qui est un peu grande gueule, il y a de peties luttes de pouvoir entre I et V, même si I a toujours le dernier mot... après, il y a IV, qui s'affirme aussi pas mal dans la bande, mais qui est moins en tension avec I. Ces 3 filles-là sont celles qui s'affirment, qui ont la plus forte personnalité. Dans l'ordre : I - V - IV.Les 3 autres sont plus discrètes, douces, mélancoliques, on les entend moins, et elles parlent plus timidement. Ce sont II, III et VI.après, il y a la zarbi, la VII... normalement, on l'entend pas, elle est plus ou moins écartée des discussions, et quand elle y participe c'est pour dire des choses désagréables.Enfin, il y a VIIb (sol majeur, donc, en la mineur), qui est étrangère à la petite bande, mais s'intègre plutôt bien... elle apporte une petite nouveauté, quelque chose d'un peu exotique (mais pas forcément non plus, elle peut très bien passer pour une fille du pays)... comme tu l'as deviné, elle  généralement un petit accent espagnol...BOEBIS : Tu n'en joues plus depuis longtemps, peut-être, mai les bases (et mêm plus) sont toujours là et bien là !  KMS : c'est sûr qu'un blues en 12 accords, ça ferait bizarre.. (surtout si c'est 12 accords sur 3 mesures^^)THIERRY : merci... mais il n'y a pas besoin de comprendre non plus, tu peux juste te contenter d'entendre dans toutes ces chansons cette descente caractéristique tirée du flamenco... mais bon, si t'en as pas envie, faut pas te forcer non plus, ça n'est pas indispensable, bien sûr... 

Thierry 30/08/2008 21:36

G.T., c'est plus fort que toi ...Respect ... même si je n'y comprends rien et n' en ai pas vraiment envie !

Guic' the old 30/08/2008 21:33

KMS: Désolé... me suis embrouillé tout seul. Le pire c'est que ca c'est un des rares trucs que je sais...Quel con quel con quel con!

Kill Me Sarah 30/08/2008 20:53

Euh Guic le prend pas mal, mais le blues c'est 12 MESURES et 3 ACCORDS.

Boebis 30/08/2008 20:39

En fait, il y a des notes qui "naturellement" sonnent bien ensemble, et d'autres qui sonnnent discordant. C'est notamment car quand on joue une note, la vibration de l'air créé aussi des harmoniques, c'est un peu comme des échos de la note, mais sur une autre hauteur (et difficile à entendre pour une oreille non entrainée). Ainsi une note a naturellement d'autres notes qui lui sont associées. Et un accord c'est juste jouer ces notes, qui vont bien entre elles et dont les harmoniques correspondent.On appelle un accord parfait, quand les harmoniques des notes de l'accord sont en accord avec celles de la note fondamentale.Et dès qu'on s'écarte de ces accords "parfaits", la couleur va changer. Ca va être à cause de l'intervalle entre les deux accords, ou bien au sein de l'accord lui même en ayant un accord comportant plus de notes que les 3 de bases (comme la septième par exemple).Ainsi, si je joue deux notes très proches, séparées seulement d'un demi ton ou d'un ton (alors que pour un accord parfait, l'écard entre deux notes est de 3 ou 4 demi ton), ça créé une sorte de dissonnance, qui dynamise le morceau. L'oreille habituée à l'harmonie occidentale attendra la "résolution" de la tension et de cet enchainement "posé/tendu" naîtra la cadence, le rythme, le groove. Par exemple, quand Brassens joue de la guitare, comme dans "gare au gorille", le côté entrainant vient qu'il alterne les deux accords de bases (le I et le V), et qu'en même temps, au sens de chaque accord, la ligne de basse alterne entre le I et le V de chaque accord, le fameux pom papom.Ainsi, si la chanson est jouée en do. Il jouera un accord de do, puis un accord de sol, puis un accord de do etc...Et à la basse, en jouant le do, il jouera "do-sol-do-sol.."  puis en jouant l'accord de sol il jouera en basse "sol-ré-sol-ré...".voilà j'espère être clair :-) et désolé pour les approximations et les erreurs éventuelles car  je ne joue plus de musique depuis longtemps..

Guic' the old 30/08/2008 19:50

la "répétition" est indispensableQuand je parlais de récurrence de la suite d'accords, ce n'était pas dans un morceau, mais plutôt dans l'ensemble de la production pop et rock que tu présentes... Il est logique qu'un morceau soit toujours basé sur la répétition... Et que si, par exemple, dans "Smoke on the Water", le riff etait joué qu'une fois... Ceux qui seraient passé dessus une fois s'en souviendraient pas et les décortiqueurs de morceaux vivraient dans la frustration.elle "marche" parce qu'on en a l'habitude, parce qu'on l'a entendu à de nombreuses reprises... mais pas seulement. Si tu fais un album avec une suite flamenco sur chaque chanson, ça risque aussi de devenir monotone...En gros, la clé d'un bon morceau, de l'évolution de la musique, ce serait l'alliance de la tradition et de l'innovation formellement parlant.Après je comprends bien le côté construction de la grille (enfin suite) d'accords, le fait est que cette suite fait partie de ce qui peut être agréable à l'oreille (dans nos civilisations...)... enfin en gros "on peut pas enchainer les accords n'importe comment". Concernant la construction de la grille, je remercie Boeb'is pour l'explication mais je n'arrive pas à saisir en quoi un accord peut apporter un déséquilibre qui appelle à être résolu (nota: je suis certainement le pire guitariste du monde pour la tres simple raison que je n'ai pas l'oreille musicale du tout... Pas assez travaillée, elle est pas foutue de reconnaitre un accord ou meme une note. ou peut etre ma mécompréhension de celà est elle juste due à une absence totale de sentiment face à un accord isolé... que sais je)Concernant la grille des 12 accords du Blues.... la clé est aussi purement traditionnelle... La différence entre le blues et le Rock 50's restant basiquement une différence de tempo...et de thème. Après, l'origine de ces 12 accords, de ce "choix" de cette "limite"... Je sais pas.Sinon.... L'exemple est très parlant en plus d'être très marrant (j'aurais pas honnetement cru eclater de rire au  milieu d'un cours de solfège ;-) ) Par contre la question qui vient évidement concernant ces 8 filles, c'est "pourquoi 8"?? Il y a en gros en théorie, 8 accords possibles pour suivre un la mineur?Mais dois-je en déduire que la bien nommée "Sol majeur" a un léger accent espagnol?Sinon concernant le commentaire 32/métaphysique... Je pense qu'il touche beaucoup aux mystères de la composition et de l'Art avec un grand A...Enfin quoiqu'il en soit cet article a la facheuse tendance à vouloir me faire replonger dans ce put*** de solfège pour pouvoir y comprendre un peu mieux les choses... (Et franchement t'as pas de quoi etre fier vu le calvaire qui m'attend...)

lou 30/08/2008 19:12

c'est quoi le portab de sol majeur ? parce que les mineur, on sait pas.Allors, maintenant, G.T., tu fais des cours en commentaires, pas courts ? ce n'est pas pour déplaire !Encore !

dr frankNfurter 30/08/2008 18:56

euh bah moi avec mes pochettes moisies on peut aller se rhabiller... ça va pas d'écrire des posts aussi complets! malade va! :P

Guic' the old 30/08/2008 16:17

G.T: Tu me fais peur. Une innocente question, une telle réponse!! C'est me faire trop d'honneur. Bon, je serais plus constructif apres lecutre de ce pavé.

G.T. 30/08/2008 16:11

GUIC : Très bonnes questions... La 1° (commentaire 28) : Pourquoi cette suite d'accord se retrouve dans plein de morceaux comme ca? En fait, en musique, la "répétition" est indispensable... parce que contrairement à une peinture, où le tableau est "fixe", contrairement au cinéma où à la littérature, où l'on trouve un sens "rationnel", une histoire que l'on comprend, la musique est abstraite et éphémère. Un riff joué une seule fois dans un morceau ne marquera pas, il faut le répéter pour qu'il nous touche. Idem pour une mélodie, une suite d'accords. Si tu fais une musique où tu changes chaque fois la mélodie, l'harmonie, le rythme, l'auditeur est perdu... il y a une "satisfaction" dans la répétition, car on s'y retrouve. C'est aussi ça qui est très simple et accrocheur dans la chanson pop : couplet/refrain, couplet/refrain etc... on retrouve chaque fois quelque chose de "connu". Non seulement on y retrouve une structure commune à quasiment toutes les chansons pop, mais en plus dans chaque chanson, on a systématiquement le retour de ce qu'on a entendu (ouf, on sait où on est...)Pour revenir à la suite flamenco... elle "marche" parce qu'on en a l'habitude, parce qu'on l'a entendu à de nombreuses reprises... mais pas seulement. Sinon, il suffirait de répéter toujours la même suite d'accords, dans tous les morceaux. Il faut de la répétition en musique, que l'on retrouve des choses déjà entendues ailleurs, mais aussi de la nouveauté, sinon, on se lasse. Si tu fais un album avec une suite flamenco sur chaque chanson, ça risque aussi de devenir monotone... tout comme si tu fais une chanson avec juste un refrain répété, et pas de couplets.Le cas intéressant, c'est celui de la grille de blues en 12 mesures... qui, elle est utilisée dans la majorité des morceaux de blues, et aussi dans celle des morceaux de rock 50's. Mais on l'utilise assez peu maintenant dans le rock, elle est devenue trop habituelle... par contre, elle continue toujours à fonctionner dans le blues, car c'est la "marque de fabrique" du genre, et parce que les amateurs de blues ne cherchent pas vraiment des harmonies et des mélodies, mais plutôt du groove, un "feeling"... c'est pour ça que très peu de jeunes sont fanas de blues, ce genre leur semble trop monotone, pas assez de mélodies-harmonies accrocheuses, nouvelles... La suite flamenco est très fréquente, mais elle peut être utilisée de manières très différentes. Entre l'homme à l'harmonica de Morricone, Hit The road, les Mots bleus, Stairway, Roads etc... on n'a pas l'impression, à première vue (ou plutôt écoute) d'avoir la même chanson, ou que ces chansons sont basées sur la même suite.Pourquoi cette suite flamenco plait tant ? Déjà, parce qu'il est facile en l'utilisant d'avoir une coloration typiquement espagnole... on a quelque chose à la fois"d'exotique", mais aussi de familier (parce que si tu utilises une suite d'accords "folklorique", mais d'un folklore peu connu, ça risque plutôt de sonner "bizarre" pour les occidentaux)Quand tu entends Blue spanish sky ou One more cup of coffee, tu es tout de suite transporté en Espagne (ou dans le sud des EU).Selon comment elle est jouée, elle peut aussi ne pas sonner très espagnole, comme c'est le cas de pas mal de morceaux que j'ai listé... mais si elle fonctionne bien et plait tout de même dans ec cas, c'est pour d'autres raisons :- Il y a une certaine "mélancolie", parce que le mouvement est descendant (et parce qu'on est dans une tonalité mineure). Des notes qui montent, ça donne du lyrisme, de la puissance, c'est "volontaire"... des notes qui descendent, plutôt une sensation de repli, d'enfermement, d'accablement... ce n'est pas aussi simple, bien sûr, on peut parfaitement avoir quelque chose de puissant et lyrique avec une basse descendante... c'est le cas de Stairway (c'est dû aussi au rythme martelé)... mais il y a tout de même une certaine "tristesse" dans cette 2° partie de Stairway.hit The Road ou l'intro de I like it like that - comme beaucoup de tubes latinos sur cette suite - c'est au contraire plutôt festif et "joyeux"... c'est là aussi le rythme qui change la donne : sur un rythme rapide et sautillant, des notes descendantes, en mineur, peuvent être utilisées pour des musiques "festives".  - Un des attraits de cette suite, qui lui donne un certain "exotisme", ou une petite originalité harmonique quand on l'utilise dans un cadre pas vraiment hispanisant, c'est qu'elle ne respecte pas totalement les règles de la musique "tonale". La musique tonale, en gros, c'est Mozart et les classiques du XVIII°-XIX°, puis quasiment toutes les chansons pop, rock, variété, etc... bref, c'est la musique que tout le monde a dans l'oreille, avec ses gammes, enchaînements d'accords caractéristiques... on y est tellement habitué, elle est devenue tellement naturelle, qu'il est difficile d'écouter des musiques "non-tonales" (c'est pourquoi la musique de Mozart est bien plus accessible que celles de Boulez et des compositeurs du XX°, musiques atonales pour la plupart, ou qu'on est plus sensibles aux chansons pop qu'à des musiques "exotiques")Cette suite est dans un cadre harmonique tonal, mais pas totalement non plus... car le 2° accord de la suite, le Sol lorsqu'on est en la mineur... n'appartient pas à la tonalité de la mineur... normalement, il faudrait jouer un accord de sol#mineur diminué pour bien être dans la tonalité de la mineur... sauf que le paradoxe est que cet accord de sol# n'est généralement pas utilisé quand on joue en la mineur, il est assez particulier, c'est l'accord à éviter. On le remplace dans la suite flamenco par un accord qui n'est pas dans la tonalité de la mineur, mais qui, au final, est moins "désagréable" à l'oreille (le sol majeur).On se retrouve donc avec un accord qui n'est pas dans la tonalité, ce qui crée une petite tension, un peu d'inattendu (mais très relatif, puisqu'on a l'habitude de cette suite), quelque chose de plus "attractif".Pour prendre un exemple plus parlant... tu te retrouves dans une soirée, et il y a 8 filles célibataires, 8 filles que tu connais déjà, et que tu connais bien. Tu te demandes avec laquelle sortir... il y en a 6 qui sont tout ce qu'il y a de plus sympathiques et normales et que tu connais depuis très longtemps... une qui est un peu zarbi, mais parfaitement intégrée à la bande (on l'appelera "sol#mineur diminuée", doux prénom pour une fille, non ?) et une qui est un peu moins intégrée à la bande (disons qu'elle est étrangère, mais parle bien le français, avec un petit accent charmant, appelons-la Sol majeur), qui apporte donc quelque chose d'un peu "nouveau", mais sans dénoter complètement non plus...Les 6 normales et sympa, tu te dis : bof, je les connais déjà bien, il n'y aura pas de surprises... la zarbi, tu te dis "à tous les coups, elle va vouloir se lancer dans des trucs SM, pas trop mon truc" (bon, après, si tu aimes être fouetté et menotté, l'exemple marche moins bien)... par contre, la "nouvelle", sol majeur, elle a forcément quelque chose d'un peu plus "attractif" que les autres... elle n'est pas aussi prévisible que les 6, mais pas aussi tarée que sol# mineur diminuée... il y a de fortes chances que celle  qui te séduise le plus, qui t'attire le plus pendant cette soirée, ce soit Sol majeur.C'est sol majeur en la mineur, mais on peut transposer ça dans n'importe quelle tonalité, ce sera, par exemple, mi bémol majeur en fa mineur... bref, c'est le VII bémol plutôt que le VII. Ta 2° question (commentaire 32), je viens de donner quelques éléments, mais ce serait assez long à expliquer en détail... et j'avais prévu d'en faire un article, donc, patience... ^^ ROMAIN : S'il n'y a pas de jazz, c'est parce que je voulais surtout faire entendre des suites assez simples, plutôt répétitives pour qu'on les identifie bien... alors que dans le jazz, avec tous les accords de substitutions et les enrichissements, les lignes de basses plus aventureuses, c'est plus dur à repérer. C'est aussi pour cela que j'ai mis peu d'exemples classiques... BOEBIS : d'accord avec ce que tu dis très bien dans le comm 31... ensuite, dans le 34 : faut pas oublier que ce VII est tout de même un VIIb.Mais sinon, tu as tout à fait raison, il y a cette alternance stable/instable, ou tension/détente... d'ailleurs, toute la musique repose là-dessus, c'est ce qui crée le "plaisir" dans la musique, des tensions pour être captivé, tenu en haleine,  et des détentes comme soulagement... et ça, c'est, comme tu l'expliques, très net dans la suite andalouse...  LAST NIGHT IN ORIENT : merci à toi, et à bientôt !  

Boeb'is 30/08/2008 15:08

je trouve que ces différents morceaux évoquent des sentiments différents.Pour décortiquer cette suite d'accord. Ca fait I VII VI V .On commence par le I, la note de référence, celle qu'on choisit comme 0 en gros. Après on va à la VII, qui est instable (comme la note 7eme dans un accord). Elle est instable car elle proche du I, ce qui fait qu'elle "appelle" le I. Après on a un VI, qui lui est instable car il est très proche du V (un demi ton plus aigu) qui est la complémentaire du I. Et enfin on arrive au V qui est la résolution de la tension. Donc en gros la suite, telle que je la comprends, c'est on part du stable, on est déséquilibré un peu, puis encore plus et on retombe sur ses pattes. Et enfin, la grille recomence, on passe du V au I, CE qui est le changement d'accord le plus bateau.Enfin pour ce que les accords en eux même évoquent, c'est vrai que c'est mystérieux. Par exemple un accord mineur (ex: do, mi bémol, sol) sonne triste et un accord majeur (ex: do mi sol), sonne plus dynamique, plus gai. Mais encore, chaque accord prend un sens par rapport aux autres, et par rapport à ce qu'on a l'habitude d'entendre. Une suite d'accord, ou l'accord lui même dans un style sonnera comme bateau, et très audacieux dans un autre, donc forcément ce qu'on ressentira en écoutant les deux sera différent.

Last night in Orient 30/08/2008 13:57

Mille merci pour toutes ces précisions, je reviendrai certainement sur ton blog.

Guic' the old 30/08/2008 13:53

Mais le sens est différent, OK, dans la notion de construction, dans la façon donnt ca va influencer la construction basique du morceau, pas à pas, comme un légo (comparaison ordurière: un accord en appellera un autre comme on fera des accords entre les mots d'une phrase....)Mais cette suite d'accord, elle a forcément un sens dans le sentiment qu'elle veut inspirer (tristesse, lamentation....) mais pourquoi?Qu'est ce qui fait qu'au final les notes, des simples notes des simples sons,évoquent au final tel ou tel sentiment?!Je vire métaphsique, là désolé.

Boebis 30/08/2008 13:35

C'est même plus simple que ça, selon les règles de l'harmonie qu'on utilise dans la musique européenne, le passage d'un accord à un autre son assez limités, dès qu'on en sort, ça sonne faux. Par exemple, quand on passe d'un accord I à V, ça créé une sorte de cadence, de même une note 7eme créé une tension qui appelle à être résolue etc. C'est pas des clichés c'est plus comme des couleurs pour un peintre, c'est juste le langage de la musique européenne. Après le langage change selon les styles mais on reste dans le même type de langue.Un exemple amusant est l'accord 7eme, c'est à dire un certains type d'accord composé d'une 4eme note en plus des 3 habituelles. En musique classique on le considérait comme instable, on l'utilisait pour créer une tension; quand on le mettait, on résolvait la tension en mettant un accord non 7eme à la suite. Et bien en jazz, cet accord est également utilisé et même à gogo mais on considère qu'il est stable. Dans ce cas, c'est un peu comme si on gardait les mots (les accords), mais qu'on changeait leur sens. Désolé du charabia. Je veux juste dire que ça n'a rien d'étonnant de retrouver des grilles d'accord, que ce soit la flamenco ou une autre et qu'en réalité, les combinaisons sont assez limités par les règles d'harmonie qu'on a apprise depuis tout petit. Comme trouver du rouge dans un tableau, on en trouvera toujours mais ça sera pas forcément le même selon les époque et les cultures (comme on n'utilise pas les même gammes partout) mais même quand ce sera le même rouge, il n'aura pas le même sens (la colère, le sang, l'amour en Europe, le bonheur ou la chance en Chine...), comme un accord 7eme peut avoir un sens différent en musique classique et en pop, et en jazz.

Romain 30/08/2008 13:19

Bonjour,Peu de références au jazz. Un oubli ?@+

kfigaro 30/08/2008 12:56

A mon avis, ce sont des résurgences musicales comparables aux "clichés", clichés musicaux qu'on retrouve d'ailleurs sous d'autres formes dans la musique savante et surtout dans l'opéra (qui abonde également de "clichés" du même type). Presque une sorte d'"inconscient musical collectif" quasiment entièrement d'origine européenne et nourri à toutes sortes de vieilles "mamelles musicales" : airs irlandais, danses italiennes ou latines, modulations ou marches harmoniques espagnoles (comme c'est le cas ici), modes religieux d'origine grecques, etc... on retrouve aussi ce type d'influence dans le jazz (qui, comme René Langel l'a expliqué, doit ses origines musicales presque entièrement à l'Europe ou à la musique sacrée "populaire")

Guic' the old 30/08/2008 12:11

Bon, une question intellectuelle ou presque qui me torture depuis la lecture de cet article: le pourquoi.Pourquoi cette suite d'accord se retrouve dans plein de morceaux comme ca? Un truc de composition (pour pas dire un tic de compo)? Une façon de volontairement rendre hommage?Ou alors un truc beaucoup plus psychologique, genre c'est inscrit dans notre inconscient, et bizarrement ces accords ressurgissent régulièrement sans qu'on puisse rien y faire, dès l'instant ou on ecrit un morceau un peu triste ou déprimé. (parce que quand meme, dans l'ensemble c'est pas la joie les morceaux présentés...Parce qu'au final, montrer la récurrence de cette suite d'accord dans monceaux de morceaux... OK, mais pourquoi on le retrouve comme ça partout? Une théorie?

Ernesto Violin 30/08/2008 02:10

En fait, c'était surtout pour faire de la pub pour le premier album de Kristofferson (à se cogner la tête contre les murs)(sérieusement : Beat The Devil, Help Me Make It Through The Night, Me And Bobby McGee, Casey's Last Ride, Darby's Castle, Sunday Morning Coming Down, tout ça sur le même album ?)(l'espace d'un instant je me sens dans la peau de KMS).Quant au canon de Pachelbel, le meilleur "hommage" (?) c'est Blue Moon, de Big Star, sur le plus grand album de tous les temps. (même si la plus grande chanson du monde, on le sait, est de Chris Bell (qui peut écouter I Am The Cosmos sans se jeter d'un pont, hein ? (oui, les jeunes, je suis né en 1927, à l'âge de la prohibition, quand les filles coutaient moins cher qu'un album de Lou Reed en soldes (j'en ai vu plein en Allemagne, les Teutons ne sont pas fous))))

G.T. 30/08/2008 01:25

ERNESTO : Merci pour ces morceaux, je les rajoute dans la dernière playlist... de bien belles suites flamenco, en effet :-)Sinon, le mi mineur... oui, le plus bel accord du monde, mais à la guitare acoustique, surtout...BOEBIS : merci encore, je rajoute le Brassens dans la playlist... et merci surtout pour l'indication sur cette excellente vidéo qu'a retrouvé GUIC (que je remercie lui aussi, je fais dans la remercionite aigue ce soir, mais il y a de quoi)... excellente vidéo, le type est vraiment hilarant... et il m'évite de fair un article sur la suite de Pachelbel, il le fait mieux que moi, en plus drôle et plus facile à capter... -)  Je mets le lien direct, c'est à ne pas louper :http://fr.youtube.com/watch?v=JdxkVQy7QLM&feature=related

Guic' the old 29/08/2008 20:38

Boiebis: je voulais (sa)voir, alors je l'ai cherché... autant en faire profiter les autres: http://fr.youtube.com/watch?v=JdxkVQy7QLM&feature=related

Boebis 29/08/2008 20:01

il y a aussi Quand on est Con de Brassens! D'ailleurs, il y a aussi la grille du canon de Pachebel qui a aussi été reprise 1millions de fois. J'avais vu une vidéo d'un comique sur youtube qui faisait un medley parodique de toutes ses chansons.

Ernesto Violin 29/08/2008 18:49

Essentiel ou pas, c'est bien expliqué. Je n'ai pas trop d'exemples en tête, à part Casey's Last Ride de Kris Kristofferson. Ah si, l'inoubliable Runaway de Del Shannon est construit dessus aussi, avant une modulation en majeur. A quand un article théorique sur le plus bel accord du monde (le mi mineur, bien sûr) ?

G.T. 29/08/2008 18:01

THOM : c'est sûr que KMS a déjà pris beaucoup d'avance... ça va être dur de rivaliser... mais ne partons pas battus...K. : Ah non, je n'ai pas du tout l'oreille absolue... mais pas besoin de ça pour la repérer, c'est juste l'habitude.Quand j'ai commencé la guitare (il y a longtemps), il m'est souvent arrivé de tomber sur cette suite en reprenant des morceaux (d'oreille ou avec tablatures)... j'ai constaté qu'elle sonnait flamenco... et réalisé ensuite, en m'intéressant un peu au flamenco que c'était vraiment une suite espagnole typique.Il y a donc dans cet article des morceaux que j'ai repris (Stairway, comme tous les guitaristes, Babe I'm gonna leave you, While my guitar gently weeps, le PJ Harvey, Morricone, Hit The Road, Cracked actor, All along the watchtower, Blue spanish sky, Comfortably numb etc...)Certains dont je n'aurais sans doute pas entendu la suite si je ne les avais pas repris, comme Roads de Portishead, où elle ne "saute pas aux oreilles"...Et beaucoup dont la simple écoute m'a suffit, à un moment ou à un autre, pour la repérer... Easy Money de Nick Cave, One more cup of Coffee, le dernier Campbell/Lanegan, le Carl Orff, Joan Baez, Moonage Daydream, Don't let me be misunderstood, Black heart etc... ou les titres "subis", comme les tubes latinos...Et pour faire l'article, juste en la jouant, plusieurs titres me sont revenus en tête... voilà pour le "making-of" :-)

kfigaro 29/08/2008 17:11

GT :
>même sans ne rien connaître au flamenco, tu connais forcément cette suite...
>ne serait-ce que pour l'avoir entendu dans des tas de morceaux
>qui n'ont rien de flamenco...

effectivement je connaissais bien plusieurs des morceaux que tu as présenté ici, mais en fait je n'avais jamais réellement fait attention au nom de cet enchaînement d'accords "descendants" et très populaire (par ailleurs plutôt basique en fait, d'où mon désintérêt relatif à son sujet...)

Sinon techniquement tu as fait comment pour retrouver tout ça ? uniquement d'oreille ? (à ce moment là tu as sans doute une oreille absolue) ou bien en t'aidant des grilles d'accords de guitare qu'on trouve maintenant très facilement sur le net ?

Thom 29/08/2008 16:24

Mais bon, il est marrant ton nouveau jeu... il s'agit donc d'aller
casser les enthousiasmes dans les commentaires à la suite des articles
de l'autre ?Oui :-DC'est Civil Servant qui m'a donné l'idée (mais j'ai peur que KMS nous batte tous à plate couture...);-)

G.T. 29/08/2008 14:30

THOM : Essentiel ou pas, peu importe, je ne crois pas de toute manière avoir jamais écrit un "article essentiel" (sinon, il aurait sans doute dépassé les limites de la petite blogosphère rock).Non, ce qui est essentiel, en fait, pour moi, c'est ce que GUIC en a tiré, exactement ce que j'espérais, permettre à des gens qui ne connaissent pas la théorie de la musique de saisir un procédé musical, "d'entendre" la petite cuisine des musiciens.Quand on ne connaît pas la théorie, quand on n'est pas soi-même musicien, ça peut avoir quelque chose de "vertigineux" de comprendre comment des morceaux aussi différents en apparence que Hit The Road et les Mots Bleus sont construits sur une architecture similaire... ou de comprendre que tant de chansons pop-rock ont une origine espagnole qui ne saute pourtant pas aux oreilles... pour plagier Christophe: ça, personne ne le dit jamais. Il n'y a pas de raison que ça reste un truc seulement connu des musiciens, c'est tout à fait accessible à tous.Ce n'est pas, par exemple, comme de comprendre comment se construit un accord de D#m9... ce qui n'a pas d'intérêt pour de nons-musiciens, ça ne les aide pas vraiment à "entendre".Bref, si GUIC et LOU y ont trouvé quelque chose "d'essentiel", tant mieux, et je veux bien croire que c'est le cas :-) Mais bon, il est marrant ton nouveau jeu... il s'agit donc d'aller casser les enthousiasmes dans les commentaires à la suite des articles de l'autre ? ça promet... :-)K. :  je connais que dalle en matière de flamenco (genre que je ne goûte guère !)même sans ne rien connaître au flamenco, tu connais forcément cette suite... ne serait-ce que pour l'avoir entendu dans des tas de morceaux qui n'ont rien de flamenco...LOU : et rien ne dit que tout fera plaisir à G.TAïe...enfin, si, il aura seulement un fou rire dadaïste ça, je préfère :-)quand on écrit @ Thom qu'il est excellent, il en est tout heureux, quand on fait de même pour G.T. ~~~ ? Ne te prive surtout pas ^^ 

lou 29/08/2008 12:04

je veux dire Thomle père et le fils se ressemblent tellement !

lou 29/08/2008 12:02

G.T., j'avais bien lu et il n'y a pas de contradiction.Puisque on en redemande...C'est curieux, le site de G.T. est exceptionnel, comme tous nos sites, où nous hébergeons les SDF de la Toile.Quand G.T. publie un article pour (de) rire, il y a une avalanche de commentaires sérieux, quand il publie un article sérieux, on se marre.Serait-il mal lu ? Soeurette, il m'a eu ---Non, je suis en train de refaire le coup de Montserrat Caballé remontée par l'OULIPO.Comme le dit un de mes ennemis chasseur : mon cerf a cavalé. Ou mieux, mon cousin viticulteur : mon cher, à cave, allez ![la dernière variante n'est pas dans la collection de l'OULIPO]

Thom 29/08/2008 11:32

Lou >>> quand on écrit @ Thom qu'il est excellent, il en est tout heureux, quand on fait de même pour G.T. ~~~A mon avis tu n'as sans doute pas dû lire mes réponses aux commentaires sur l'article "Deux hommes en colère". Je t'y renvoie de bon coeur, d'autant que précisément, mon commentaire piquant ci-dessus était une allusion directe à ma réponse à Guic et GT et toi hier...Kfig >>> ah oui oui... j'avais lu ta réponse, mais je n'avais le temps de répondre à mon tour, et là du coup, j'avais oublié.

lou 29/08/2008 11:18

Thom, tu as un problème.1/ article essentiel était de ma part une citation du com 1 de Guic qui avait formulé cette formule avec esprit, comme il l'a confirmé.2/ René Magritte, quand on s'adresse, assez clairement, à lou, en convoquant, certes, tout également G.T. et Guic, ce n'est pas une bonne idée pour faire la leçon.3/ Je poursuis ma lecture de l'article, je lis et j'écoute, il faudra patienter, ce sera long et bon et rien ne dit que tout fera plaisir à G.T.[enfin, si, il aura seulement un fou rire dadaïste et nous ajouterons peut-être un brin d'alizé pour donner un air doux à notre propos][[c'est curieux, vous avez remarqué ?]][[[quand on écrit @ Thom qu'il est excellent, il en est tout heureux, quand on fait de même pour G.T. ~~~ ]]]A bientôt, Thom ;)